Nina : Hahaha je prends ça pour un compliment ! Je trouve le Harry de cette histoire drôlement adorable alors s'il te rappelle toi, c'est que tu dois l'être aussi ! Pour les couples, c'est bon je les ai défini mais ils ne plairont peut-être pas à tout le monde malheureusement ! J'ai déjà un personnage Ace et aromantique ! En tout cas merci pour ton commentaire !
Lauranne : Merci pour ton commentaire ! Pour Lux, j'adore voir chacun de vos théories, c'est vraiment cool !
Je vous remercie à tous pour vos commentaires, les lire me donne vraiment envie d'écrire !
Partie 1 - Quête n°08 : Couché, Touffu !
Quand Harry se lève le lendemain et qu'il accompagne ses amis jusqu'à la grande salle pour prendre son petit-déjeuner, il ne s'attend pas à ce que les tables soient aussi fournies en nourriture que lors du banquet de rentrée et pourtant... Il salive face à tous les plats qui se présentent à lui. Timidement, il prend un toast et croque dedans. Le pain est tellement moelleux, fondant dans sa bouche, qu'il lâche une exclamation de joie qui attire l'attention de ses amis. Avec des yeux brillants, il leur explique à quel point son toast est bon et Pansy fait remarquer que c'est une juste un toast des plus banals. Mais pour lui, ce n'est clairement pas le cas.
Même après deux ans, Harry a toujours des problèmes concernant la nourriture. Il mange mieux et ne se plaint jamais de ce qui se trouve dans son assiette mais... Il se limite. Il n'ose jamais faire preuve de gourmandise ou prendre plus que nécessaire. Alors pour lui, quand un aliment est bon, il doit être d'autant plus apprécié étant donné que contrairement aux autres, il ne pourra en manger qu'en petite quantité. C'est pour cela qu'une fois le toast terminé, ce dernier lui laisse un arrière goût de regret. Il était tellement bon, tellement appétissant mais... Harry n'en a pas le droit un deuxième. C'est mal. Il ne sait pas pourquoi manger plus que nécessaire est une mauvaise chose, mais c'est ce que sa Tante lui a appris et son cerveau l'a retenu. Il n'y a que lorsque Remus ou Vesna lui autorisent de manger un peu plus qu'il y parvient.
Alors il se contente de regarder ses amis manger avec un petit sourire résigné, les écoutant discuter des différents cours de la journée. Néanmoins, Harry clignent plusieurs fois des yeux lorsqu'un toast couvert de marmelade se présente sous son nez. C'est Théodore qui le lui tend. Il l'a lui-même préparé pour Harry. Le brun ignore s'il doit l'accepter ou non mais sous l'insistance de Théo, il n'y résiste pas. Son sourire est si éclatant que le groupe de Serpentards en oublie le sujet principal de la conversation. Leurs regards sont tournés en direction d'un Harry rayonnant de bonheur.
Pour un simple toast.
Instinctivement, Draco, Blaise et Pansy réunissent chacun un aliment qu'ils fourrent entre les bras d'Harry et ce dernier s'illumine d'autant plus en goûtant les différents plats avec une innocence hypnotisante.
« C'est dangereux », souffle Pansy.
« Très dangereux », confirme Blaise sans pouvoir détacher son regard d'Harry.
Ce garçon... Serait capable de manipuler n'importe qui grâce à cette innocence. Le quatuor doit se retenir pour ne pas donner encore plus de nourriture à Harry simplement pour le voir sourire.
De son côté, Harry est complètement ignorant de l'effet qu'il a sur ses amis, il est juste heureux qu'on lui ait autorisé à goûter chacun de ces mets.
Le cours de potion. Harry n'arrive pas à rester calme sur sa chaise tandis qu'il attend l'arrivée de son professeur. Severus Snape. L'homme doué en potion mais aussi l'âme sœur de son père. Il lui tarde de le rencontrer même s'il espère que l'homme ne le détestera pas trop en raison de son passé avec James Potter.
« Dis Draco », demande-t-il à son voisin de droite. « Tu connais le professeur toi ? »
Il a l'impression que contrairement à lui, tous les autres élèves connaissent déjà une bonne partie des professeurs. Un peu plus tôt dans la journée, ils ont cours de métamorphose avec le professeur McGonagall et grâce à Théodore, il a pu apprendre un certain nombre d'informations sur cette femme. Apparemment, elle est une sorcière vraiment douée et réputée.
« C'est mon parrain », répond Draco avec une certaine fierté. « C'est lui qui m'a appris tout ce que je sais sur les potions. Je suis assez doué, tu verras ! Je pourrais t'aider si tu n'y arrives pas. Par contre, mon parrain est un homme assez austère et il donne difficilement des bonnes notes. »
Harry se demande si Draco pourrait vraiment l'aider en potion. Pas qu'il se pense supérieur à lui, loin de là, mais Vesna ne cesse de lui répéter que son niveau en potion est surprenant alors... Peut-être qu'il n'a aucun retard sur les autres, contrairement à d'autres matières. Mais si le professeur est aussi doué en potion et que Draco, en tant que filleul, a également été son élève alors... Draco doit avoir un bon niveau. Harry se demande tout de même ce que son ami entend par « austère ». Il n'a jamais entendu ce mot et ne peut pas le demander à voix haute à Lux et encore moins à Draco. Il ne veut pas qu'il se moque de lui pour son ignorance.
La porte de la salle de potion claque brusquement derrière eux et l'homme en noir qu'il a aperçut lors du banquet se dirige d'un pas vif vers le bureau. Severus Snape... C'est lui ? C'est assez surprenant de se dire que c'est de cet homme que le côté loup-garou de son père a désigné comme âme soeur mais il ne faut jamais juger quelqu'un sur son apparence. Même s'il est vrai que cet homme n'attire pas vraiment la sympathie avec son regard noir et méprisant.
« Il n'y aura ni baguettes magiques, ni incantations idiotes dans ce cours », dit le professeur de potion, une fois l'attention des élèves dirigées vers lui. « Aussi, je ne m'attends pas à ce que vous compreniez l'art subtile et rigoureux de la préparation des potions. »
Harry comprend ce qu'il entend derrière ces paroles. Les sorciers ont tendance à négliger les potions pour se reposer uniquement sur leur magie. Il a pu le lire dans de nombreux livres consacrés à la discipline mais aussi le constater face aux interrogations de son père quant à sa passion pour la concoction de potions. Pourtant, les potions sont si diversifiées que parfois, elles présentent plus d'intérêt que la magie. Bon évidemment, c'est à condition que la potion soit bien réalisée car dans le cas contraire, cela peut entraîner des catastrophes. Harry s'empresse de noter toutes les possibilités de potions qu'énumère le professeur – ensorceler l'esprit d'un homme, mettre la gloire en bouteille, enferme la mort dans un flacon – jusqu'à ce qu'un coup de coude de Draco l'interpelle. Il relève la tête et se retrouve confronter au dédain évident du professeur de potion.
« Je vois que certains préfèrent être dissipé plutôt que d'écouter mon cours, n'est-ce pas, Monsieur Potter ? Est-ce votre célébrité qui vous monte au cerveau ou bien vous pensez-vous suffisamment doué pour vous permettre de ne pas m'écouter ? »
Harry est perdu. Il suit le cours, alors pourquoi le professeur pense-t-il le contraire ? Puis il remarque qu'à part lui, personne n'a pris la peine de prendre ses paroles en note. Pourquoi donc ? Ce qu'il dit est si intéressant ! Harry ne savait même pas que mettre la mort dans un flacon était possible mais est-il le seul à être aussi ignorant ? Et qu'est-ce que vient faire sa 'célébrité' dans l'histoire ? Harry est juste un élève normal qui prend en note le cours, il ne comprend vraiment pas pourquoi on l'accuse de dissipation. Il s'apprête à se justifier, ne voulant vraiment pas être détesté par cet homme mais ce dernier lui coupe la parole en posant une question.
« Dites moi Monsieur Potter, vous qui vous pensez si intelligent. Qu'obtient-on quand on rajoute de la racine d'asphodèle en poudre à une infusion d'armoise ? »
La fille aux cheveux bouclés à ses côtés lève la main en sautillant presque sur sa chaise pour montrer qu'elle connaît la réponse et Harry se demande pourquoi elle veut montrer à ce point ses connaissances alors que la question est d'une simplicité terrifiante.
« On obtient un somnifère puissant, Monsieur. Ce somnifère porte plusieurs noms mais le plus connu reste la Goutte du Mort Vivant. La seule possibilité pour sortit une personne d'un sommeil provoqué par ce mélange est d'administrer à la victime une potion Wiggenweld. »
Il sent les regards des autres élèves converger vers lui et fronce les sourcils devant la surprise de Draco. A-t-il dit quelque chose de mal ? Severus Snape renifle face à la réponse, grognant que c'est bien le cas, et en pose une seconde. L'endroit où il irait pour ramener un bézoard. De nouveau, la Gryffondor à ses côtés lève la main mais avec moins d'enthousiasme que précédemment. Ah, le bézoard. Tout mordu des potions se doit de connaître une réponse aussi évidente.
« On peut le trouver dans l'estomac d'une chèvre, Monsieur. C'est un ingrédient vraiment très recherché car utilise dans de nombreux antidotes. Mais même si l'on peut penser, au regard du nombre de chèvres existantes sur Terre, qu'il est évident d'en récupérer, ce n'est pas le cas. Les potionnistes qui parviennent à en récupérer sont vraiment chanceux. »
Cette fois, un silence s'élève dans la salle. Même l'élève à sa droite à la bouche grande ouverte de surprise.
« J'aimerais vous posez deux dernières questions, Monsieur Potter », dit le professeur avec un air un peu moins méprisant. « Pouvez-vous me donner la différence entre le Napel et le Tue-loup ? »
La fille aux cheveux bouclés commence à lever la main mais la rabaisse aussitôt, son attention concentrée sur Harry. De toutes les questions qu'il pouvait poser, aucune n'aurait pu paraître plus aisée pour Harry. Après tout, il s'occupe régulièrement de la potion Tue-loup de son père et avant sa rentrée à Poudlard, il a préparé suffisamment de flacons pour que Remus tienne même en son absence.
« Il n'existe aucune différence, professeur. Le Napel et le Tue-loup sont tous les deux des appellations de l'aconit, une plante toxique pour les loups et toutes créatures qui s'en rapprochent. »
« Bien. Et que pouvez-vous me dire sur les effets du venin des démonzémerveilles ? »
Il entend Draco et ses amis se concerter, chuchotant entre eux pour chercher la réponse. Même la Gryffondor semble en pleine confusion, comme si elle n'avait pas la solution à cette question. Il s'attend presque à voir Severus Snape le fixer d'un air suffisant, persuadé que lui aussi est ignorant, mais au contraire, il l'observe patiemment, avec un réel intérêt. Peut-être qu'en répondant parfaitement à ses questions, Harry est parvenu à amoindrir son dédain à son égard ? Il sourit à cette constatation puis réfléchit à la question. Pour son dixième anniversaire, Nevertilis avait récupéré ce venin et le lui avait offert en présent. Il avait expliqué à Harry les effets et ce dernier avait hésité un instant à l'ingérer. Une fois bien dilué, ce venin est capable d'une chose extraordinaire.
« Il peut effacer les mauvais souvenirs s'il est parfaitement préparé. »
Harry avait longuement hésité à l'utiliser pour chasser tous les souvenirs de Dursley et avoir une vie véritablement paisible et Lux l'avait encouragé à le faire mais... Supprimer ses souvenirs était-elle réellement la solution ? Harry n'en était pas certain. Il a lu que la force se forgeait dans la douleur des souvenirs et Harry était partisan de cette pensée. Il devait puiser dans son passé, dans sa souffrance, pour devenir plus fort. Ce n'était pas une chose aisée, ses traumatismes étant puissant mais en grandissant, Harry était certain qu'il deviendrait plus endurci grâce à tout ce qu'il avait vécu aux côtés des Dursley.
Harry sort de ses pensées lorsque son professeur dépose un parchemin sur son pupitre avec une lueur indescriptible dans les yeux.
« Rendez-moi ça dans une semaine Potter. J'espère que votre devoir vaudra la peine d'être lu. »
Harry explore du regard le parchemin et sourit. En voilà un devoir qui promettait d'être captivant. Comme si de rien était, Severus Snape reprend son cours avec le même ton froid qu'au tout début et cette fois, tout le monde note ses paroles.
« Je n'ai jamais vu quelqu'un répondre aussi bien aux questions de mon parrain », souffle Draco de façon à n'être entendu que par Harry. « Il faut croire que ce sera toi qui devra m'aider en potion ».
Harry lui sourit maladroitement et son regard devient las lorsque son attention se porte sur Lux, silencieux jusque là.
[HAHAHAHA tu pensais qu'Harry n'allait pas répondre à tes questions et que tu pourrais l'humilier, hein Snape ?! Malheureusement pour toi, ce gosse est un geek des potions ! Tu ne t'y attendais pas, hein !]
Pourquoi est-il aussi satisfait qu'il ait réussi à répondre aux questions du professeur et surtout...
C'est quoi ça encore, un 'geek' ?
« Franchement Harry, où tu as appris tout ça ? »
Harry prend l'assiette fournie que lui tend Théodore pour leur repas de midi – a-t-il compris qu'à moins qu'on ne l'autorise à manger à sa faim, il se restreint ? - et sort l'un de ses livres de potions de sa sacoche pour le tendre à Blaise. Il lui explique que, vivant une forêt peuplée de créatures magiques, il a aussi eu l'occasion d'apprendre les effets de nombreux ingrédients, ce qui impressionne Blaise. Un peu gêné, le garçon soupire que lui et Pansy n'ont pas le même savoir en ce qui concerne les potions et Harry croque dans une frite avant de le rassurer.
« Moi je n'ai rien compris au cours d'Histoire de la magie de ce matin alors que toi, tu répondais facilement aux questions, donc ne te sens pas idiot si on n'a pas les mêmes connaissances pour les potions, je pense qu'on a chacun nos points forts et nos points faibles. »
« Harry a raison », sourit fièrement Pansy. « Je suis peut-être nulle en potion mais je suis sûre que je vous dépasserais tous en astronomie ! »
Draco lève les yeux au ciel en lui rappelant que dans quelques années, c'est une matière qu'ils auront complètement oublié et s'en suit d'une dispute entre les deux. Harry les observe en mangeant silencieusement, trouvant parfois de nouveaux aliments dans son assiette lors que son regard délaisse ses deux amis. Il jette un coup d'œil à Théodore à ses côtés, dont le visage ne montre absolument aucun sentiment et Harry sourit, sachant pertinemment que c'est lui qui ne cesse de remplir son assiette dès qu'il s'aperçoit qu'Harry aime un aliment en particulier. Avec lui, Harry a l'impression d'avoir un vrai ami qui veille sur son bien être.
Un hululement attire son attention et il lève la tête. Une centaine de chouettes et de hiboux volent au dessus de leur tête et Draco lui explique que c'est l'heure du courrier. A peine eut-il prononcé ces mots qu'Harry se met à chercher Hedwige du regard. Il ne tarde pas à la remarquer grâce à son plumage neige et lorsqu'elle se précipite sur lui, il la réceptionne avec affection, frottant sa joue contre la tête de sa chouette. Il lui donne de quoi se nourrir et la délivre de son fardeau. Deux lettres. Il a reçu deux lettres. Une de Remus et une de Vesna. Il s'empresse de les lire et sourit devant leurs mots. Son père prend de ses nouvelles, lui demande s'il s'est fait de nouveaux amis, si Poudlard lui plaît – ça ne fait même pas un jour depuis son départ et ses parents prennent déjà de ses nouvelles, ça lui fait tellement plaisir ! - et la lettre de Vesna est similaire, avec quelques recommandations en plus, comme ne pas se battre ou ne pas, par simple curiosité, braver des interdits. Harry mord sa lèvre. Sa mère possède-t-elle un don de télépathie ? Parce qu'en effet, il avait pensé à sortir en cachette pour découvrir la forêt interdite – qui doit sans nul doute regorger d'ingrédient – ou même découvrir pourquoi le troisième étage est interdit.
Harry n'est pas un Serpentard pour rien, surtout quand il s'agit de faire des bêtises, mais pour autant, il ne veut pas décevoir sa mère. C'est avec un peu de regret qu'il met son idée d'aller chercher des ingrédients de côté.
[Ne sois pas déçu, Harry. Tu auras l'occasion d'aller dans la forêt interdite un bon nombre de fois, crois-moi.]
Lux a du voir la lettre Vesna et faire le rapprochement avec son air déçu. Harry ignore comment il peut être aussi convaincu qu'il s'y rendra mais son attention se porte soudainement ailleurs. Sur le journal que lit Draco, plus précisément. Harry se colle à lui, histoire de pouvoir lire l'article qui l'intéresse, sans se rendre compte que Draco rougit de leur soudaine proximité.
« Un cambriolage à Gringotts ? »
« O-oui », répond Draco en toussotant pour reprendre contenance. « Apparemment, l'un des coffres a été dévalisé mais rien a été volé. Le coffre avait été vidé un peu plus tôt dans la journée. »
C'était exactement le même jour où lui et ses parents s'y étaient rendus. Et Harry se souvient qu'Hagrid, le demi-géant, était venu récupérer quelque chose de confidentiel ce jour-là. Était-ce en rapport ? Harry a beau se le demander, il préfère garder ses doutes pour lui-même. Il ne faut jamais sauter aux conclusions sans preuve. Harry pousse un petit cri surpris quand Théodore l'écarte soudainement de Draco pour le ramener à sa place. Il ne comprend pas dans un premier temps, jette un regard confus à son ami mais quand il perçoit la gêne de Draco, il se rend compte d'à quel point ils étaient proches.
Ah. Il faut vraiment qu'Harry apprenne à respecter l'espace vital des autres pour éviter ce genre de situation. C'est juste qu'il apprécie tellement ne pas être rejeté par eux qu'il se permet ce genre de choses mais il a oublié à quel point ça reste gênant. Dépité, il picore son dessert en prenant soin de bien rester à sa place cette fois.
Près d'une semaine s'est écoulée depuis son arrivée à Poudlard et aujourd'hui commence les cours de vol sur balai. Harry est euphorique. Voler, il adore ça. Presque autant que les potions. Sentir le vent dans ses cheveux, avoir cette sensation de liberté, c'est tellement exaltant. Harry est seulement frustré de ne pas avoir pu emmener son propre balai. Pour lui, un balai, c'est comme une baguette. Le sorcier a une forte connexion avec lui et en utiliser un autre dont on est pas le propriétaire, c'est un peu comme trahir son balai. Alors quand il arrive sur le terrain de vol et qu'il aperçoit les différents balais posés au sol, il soupire. Sa Flèche d'Argent qu'il a reçu en cadeau l'année dernière lui manque déjà.
Il écoute attentivement les directives du professeur Bibine, bien qu'il sache parfaitement comment se servir d'un balai, et au coup de sifflet, il demande à son balai se lever. Ce dernier atterri presque immédiatement dans sa main et en jetant un coup d'œil à ses amis, il sourit en les découvrant eux aussi en possession de leur balai. Draco est celui qui a l'air le plus à l'aise, il n'hésite pas une seule seconde à l'enfourcher, attendant le signal de départ. Il a l'air tellement serein, tellement confiant qu'Harry se demande si lui aussi a déjà volé, comme lui. L'idée de faire des courses avec lui le rend particulièrement enjoué. Il se demande qui gagnerait. Peut-être que sur un balai, il aurait toutes ses chances, qui sait ? Remus dit souvent qu'il semble né pour voler.
« Outch ! »
Harry tourne son regard vers l'adolescent qui vient de se prendre le manche de son balai dans la figure. C'est le garçon aux tâches de rousseurs qu'il a vu le premier jour. Il se frotte le nez, les larmes aux yeux à cause de la douleur et Harry fronce les sourcils en ne voyant personne lui venir en aide. A la place, les autres élèves de sa maison se moquent de lui et ça agace Harry. Lui aussi, quand il a eu sa Flèche d'Argent, ça lui est arrivé. Les balais sont souvent capricieux. Et recevoir un manche de balai, ça fait vraiment, vraiiiiment mal. La dernière fois que ça lui est arrivé, il a saigné du nez pendant presque une heure et sa mère était en panique complète. Pour éviter que ça se reproduise, il s'est fait tout un stock de potion visant à stopper les saignements et par prudence, il en a amené une avec lui aujourd'hui.
Il repose délicatement son balai au sol et se dirige en trottinant vers le garçon avant d'empoigner son visage pour le pencher en avant et placer la potion sous son nez. Elle fonctionne mieux par inhalation. Le Gryffondor est étrangement docile et Harry remarque que tout le monde les regarde. Pourquoi, au lieu de l'aider, ils se contentent de rester là sans bouger ? Et le professeur, c'est censé être son rôle plutôt que le sien, non ? Une fois certain qu'il n'existe plus de risque de saignement, il se détache du roux et lui sourit.
« Ton balai s'énervera s'il te sent stresser. Alors prends une grande inspiration et quand tu l'appelles, pense seulement au fait que tu vas t'amuser dans les airs. »
Et comme si cela suffisait, le balai s'envole dans les mains du garçon au premier appel. Son sourire est si reconnaissant qu'Harry se prend immédiatement d'affection pour lui. Il jette un regard noir à ceux qui se sont moqués de lui et retourne à sa place, reprenant son balai pour l'enfourcher.
« Pourquoi avoir aidé Weasley ? », le questionne Draco en posant son regard métallique sur lui.
Alors ainsi, ce Gryffondor s'appelle Weasley.
« Pourquoi pas ? », répond tout simplement Harry avec un sourire et Draco secoue la tête, comme s'il ne comprenait pas. C'est assez marrant pour lui de trouver ça étrange quand lui-même n'a pas hésité à lui tenir la main à la rentrée juste par crainte qu'il se perde. Parfois on veut aider les autres, sans aucune raison. C'est aussi simple que ça.
Au sifflement du professeur Bibine, ils commencent à s'élever dans les airs et Harry avait raison. Draco sait déjà maîtriser à la perfection son balai. Ils n'ont pas le droit de voler haut pour leur premier cours mais cela suffit à Harry et Draco pour s'amuser. Pansy est un peu plus hésitante une fois en hauteur, Blaise fait l'imbécile en essayant de s'allonger sur son balai et Théodore... Il attend. Il n'a pas l'air d'apprécier voler. Weasley semble se débrouiller malgré ses gestes maladroits et tout semble aller parfaitement bien. Du moins, le pensait-il juste avant qu'un objet percute sa tête. Il retourne son balai pour rattraper l'objet et se retrouve en possession d'une balle en verre dans laquelle virevolte une fumée blanche. Nullement gêné d'avoir la tête en bas, Harry observe l'objet avec intérêt avant de lever les yeux et de les écarquiller.
Il se redresse vivement et cherche son professeur du regard. Elle est concentrée sur les élèves restés au sol, incapable de voler. Mais ne devrait-elle pas surveiller ceux qui volent plutôt que ceux qui sont à l'abri, sur la terre ferme ? Il se précipite vers la source de son inquiétude. Un second élève de Gryffondor qui a perdu le contrôle total de son balai. Il tente de lui expliquer comment se reprendre en main, mais le balai s'agace devant sa peur et l'éjecte sous le regard effrayé d'Harry. Il voit le garçon chuter et même avec toute la vitesse du monde, Harry est trop haut pour le rattraper. Il entend néanmoins quelqu'un lancer un sort d'allègement et du coin de l'oeil, Harry perçoit Théodore se précipiter pour le rattraper. Grâce au sort d'allègement, être deux sur le balai ne pose pas de problème et le Gryffondor ne cesse de s'excuser et de remercier Théodore, de la morve au nez. Même si son ami semble un peu dégoûté par ce dernier détail, il dépose délicatement le garçon au sol et ce n'est qu'à ce moment que leur professeur se rend compte du problème.
« Dis-moi Lux, je peux te poser une question ? »
[Oui, Harry ?]
« Est-ce que beaucoup de professeurs sont aussi incompétents et imprudents qu'elle ? »
[Malheureusement oui, tu en rencontreras beaucoup durant ta scolarité... Des professeurs dangereux également. Tu dois faire attention.]
Harry garde l'avertissement dans un coin de sa tête.
Son parchemin en main, Harry comprend pour la première fois ce qu'est l'angoisse de rendre un devoir. Quand il était à l'école primaire, même s'il avait des mauvaises notes, personne n'y prêtait grande attention. Au départ, il avait tout fait pour ramener des bons devoirs, mais le jour où sa note a surpassé celle de Dudley, son oncle Vernon l'a frappé jusqu'à ce que son visage soit à peine reconnaissable. Il a dû louper deux semaines de cours et après ça, il a tout fait pour n'obtenir que des mauvaises. Même s'il était un enfant curieux et assoiffé de connaissances, il a dû apprendre à détester ça et aujourd'hui, il a encore du mal avec les cours purement théoriques.
Mais pour la première fois depuis longtemps, il désire réellement présenter un devoir correct. Le sujet l'avait en premier lieu étonné, mais lorsqu'il avait débuté ses réflexions, il s'était laissé porté par la passion. « Quelles genres de potions peut-on créer avec du venin de démonzémerveille ? ». Le venin de démonzémerveille étant connu pour sa particularité d'effacer les mauvais souvenirs, Harry ne s'était jamais demandé quel autre usage on pourrait en faire. Il était déjà particulièrement difficile de s'en procurer et de le diluer que personne ne se risquerait à le tester pour d'autres usages. Une seule mauvaise dose et ça peut entraîner une perte totale de mémoire.
Harry a appris dans un livre que le venin dilué était surtout utilisé par les psychomages pour les cas les plus graves et que, malgré l'attirance que l'on peut avoir à effacer ces mauvais souvenirs, il existe plusieurs effets secondaires, dont l'un des pires : la folie. Mais certains patients ont également changé du tout au tout étant donné que tous les souvenirs qui avaient fait d'eux ce qu'ils étaient avaient été effacés.
Harry avait réfléchi, encore et encore à la question, mais n'était pas parvenu à trouver de réponses convaincantes. La seule chose qu'il peut présenter aujourd'hui au professeur Snape est la solution inscrite sur son parchemin. Il prend une profonde inspiration et frappe à la porte de la salle de potion. La voix froide du potionniste l'invite à rentrer et Harry prend garde à ne pas s'emmêler les pieds à cause de sa nervosité pour ne pas se ridiculiser. Severus Snape lui jette un regard quelque peu méprisant – il doit vraiment détester le fait qu'Harry ressemble à son père parce que chaque fois qu'il pose ses yeux sur lui, l'homme semble clairement dégoûté – et tend la main pour récupérer le devoir. Harry ne perd pas une seconde pour le lui donner et se recule de quelques pas du bureau, la tête rentrée dans ses épaules. Le professeur ne l'aime déjà pas beaucoup, alors il ne s'attend pas à autre chose qu'à des critiques.
Pourtant, Severus, tout en gardant son air sévère et peu avenant, semble sincèrement considéré sa réponse.
« Une potion qui, au lieu d'effacer les souvenirs, les boosterait ? »
« Oui. Nous savons que le venin de démonzémerveille efface les mauvais souvenirs, mais d'après certains chercheurs, il pourrait, en quantité infime, avoir seulement une influence sur les souvenirs, sans qu'on ne sache vraiment quoi. Alors je me suis dit qu'en le mélangeant avec des œufs de Runespoor dont la propriété est d'augmenter les capacités mentales, on pourrait de cette manière se rappeler de choses qui nous semble impossible à nous souvenir. Mon... Père m'a déjà parlé de magie capable de fouiller dans les esprits, mais cette potion ne nécessite pas la présence d'une autre personne pour l'utilisation donc la personne qui la boit pourrait par elle-même se souvenir de choses qui lui paraissent trop lointaine. Mais... Je sais que c'est imparfait... »
« C'est vraiment... Intelligent mais cela ne repose que sur des suppositions. Comme vous l'avez dit, nul ne sait réellement quel impact ce venin a sur les souvenirs en petite quantité. »
Harry baisse la tête, conscient qu'il a raison. Ce n'est rien de plus que des hypothèses, ce n'est pas certain que ce soit réalisable mais pouvait-on seulement donner une véritablement réponse à ce devoir ?
« Comment vous est venu cette idée, Monsieur Potter ? »
Harry se gratte la joue, embarrassé.
« Disons que je me suis demandé ce que j'aimerais pouvoir faire d'une potion qui influence les souvenirs. Et la première chose qui m'est venu en tête, c'est ma volonté de me souvenir de l'unique année passée avec mes parents biologiques. Découvrir à quoi ressemblait en réalité mon père mais surtout... Ma maman. Sur les photos que j'ai vu d'elle, elle avait l'air d'être une femme vraiment douce. Vous étiez son ami, non ? »
« Qui vous a raconté cela ? », l'interroge le professeur d'un ton si tranchant qu' il fait reculer Harry.
« Euh bah, c'est juste que vous apparaissez dans un des albums photos de ma mère, quand vous étiez plus jeune », ment Harry, soudainement terrifié par le regard sombre du professeur. « Je pensais que vous accepteriez peut être de m'en parler. »
Le professeur soupire et lorsqu'il pose son regard sur Harry, tout ce que l'enfant y lit, c'est une souffrance des plus déchirantes. Comme si l'évocation de sa mère avait réveillé en lui des souvenirs dont il aurait préféré ne pas se souvenir. Mais contrairement à ce qu'il aurait pensé, le professeur l'invite à s'asseoir sur une chaise et Harry ne se fait pas prier. Même si ça semble douloureux, parler de sa mère à l'air... De le soulager, comme s'il n'avait jamais eu personne d'autres à qui parler de leur amitié.
Apparemment, ils se sont connus avant Poudlard, alors même que Lily ignorait tout de la sorcellerie et du monde magique. Un peu comme moi, constate Harry en écoutant avidement les paroles du professeur. Le portrait qu'il dépeint de Lily est différent de ce qu'il a pu entendre dans la bouche de Remus. Ils avaient beau être amis, Remus était bien plus proche de James que de Lily et tout ce qu'il lui disait de sa mère, c'était que c'était une femme courageuse et d'une gentillesse sans pareille. Mais quand c'est le professeur Snape qui en parle... C'est différent. Avec lui, il découvre que sa mère avait un fort caractère, qu'elle ne se laissait jamais marcher sur les pieds et qu'elle avait un côté quelque peu manipulateur qui aurait pu lui valoir une place à Serpentard.
Il en parle avec une telle douceur, un tel amour et pourtant, Harry sent une certaine culpabilité derrière ses paroles. Il se demande bien pourquoi. Et il s'interroge sur la nature de l'amour que portait le professeur Snape à sa mère. La frontière entre l'amour romantique et l'amitié est fine mais Harry a l'impression qu'il n'en était pas vraiment amoureux mais qu'il avait pour elle une affection sincère comme pour tout premier ami. Lui aussi a une forte affection pour Draco, Théodore, Blaise et Pansy vu qu'ils sont ses premiers amis et il ne serait pas surpris de parler d'eux de cette façon plus tard.
« Quand je suis né, vous étiez encore amis ? »
« Non. Votre mère et moi avons eu un différend qui nous a séparé lors de notre sixième année. »
« C'est dommage de ne plus se parler à cause d'une dispute... »
« Croyez-moi, si vous étiez à sa place, vous non plus vous n'auriez plus voulu parler à la personne. Mais j'ai tout de même une interrogation, Monsieur Potter. Vous ne semblez pas savoir grand-chose de votre mère. Vous avez paru étonné quand j'ai évoqué sa place de préfète-en-chef alors que c'est un fait assez connu. Qui vous a élevé durant votre enfance pour que vous en sachiez aussi peu ? »
« Ah, j'ai vécu jusqu'à mes neuf ans chez ma Tante Pétunia et mon Oncle Vernon mais ils ne me parlaient jamais de maman. »
« Pétu- La sœur de Lily ?! Je peine à comprendre pourquoi on vous a placé chez eux, Pétunia a toujours haï votre mère et l'a toujours jalousé et considéré comme un monstre. Vous ont-ils appris la moindre chose sur le monde sorcier au moins ? »
« Non », répond Harry en secouant la tête. « Tout ce que je sais, je l'ai découvert durant ces deux dernières années, avec la famille qui s'occupe actuellement de moi. Eux ne me traitent pas comme un monstre et parfois, mon père évoque mes parents mais... Je suis heureux d'avoir aussi eu votre point de vue sur ma mère Professeur ! »
Harry se lève de sa chaise, sentant le temps filé et remercie chaleureusement le professeur de potion pour le temps qu'il lui a accordé.
Cet enfant... Il ressemble tellement à Lily que Severus en a oublié de le détester. Il est le rejeton de Potter, l'homme qui lui a pourri la vie, certes mais il est également le fils de la seule femme qu'il a un jour aimé, sa meilleure amie et Severus se rend compte que ça, il l'avait oublié. Il retrouve tellement de Lily en Harry. Ses yeux. La même innocence que durant leur première année à Poudlard. Sa passion pour les potions – bien celle de son fils soit bien plus prononcée. Et voir que cet enfant n'est pas le gamin arrogant qu'il pensait... Severus ne sait pas mettre de mots sur ce qu'il ressent.
Néanmoins, une chose l'inquiète. Il sait à quel point Pétunia peut être tordue et il n'imagine pas les horreurs qu'à pu vivre l'enfant en sa présence. En observant Harry, il a pu remarquer certains détails, comme le fait qu'à table, il ne mange jamais plus que nécessaire à moins que le jeune Nott ne l'y pousse. Il a remarqué aussi que la présence d'adulte le place parfois dans l'inconfort, même si cela ne dure qu'une seconde. Harry ne semble pas s'en rendre compte lui-même mais son corps trésaille instinctivement lorsqu'il s'approche de trop près. Severus connaît bien cela. Lui aussi a eu le même problème durant son enfance. C'est une réaction traumatique d'enfant battu. Harry a sans nul doute subi des coups. Severus se demande comment aurait réagi Lily en sachant ça. Elle aurait sûrement tué n'importe qui ayant touché à son fils, famille ou non. Lily était le genre de personnes à chérir ceux qu'elles aimaient plus que tout alors...
Il soupire en plongeant son front dans la paume de sa main. Qu'aurait-il fait si Harry n'avait pas répondu correctement à toutes ses réponses le premier jour, attirant son attention, et s'il ne lui avait pas donné ce devoir ? Il serait resté convaincu, simplement à cause de son père, qu'il n'était qu'un petit arrogant en recherche sans cesse d'attention et un profiteur, utilisant sa célébrité à mauvais escient. Vraiment tout l'opposé du réel Harry.
S'il était vraiment ainsi, alors jamais Draco et ses Serpentards ne l'auraient apprécié. On peut penser que c'est tout à fait le genre des Serpentards d'être ainsi, de profiter de leur statut souvent aristocratique, mais il n'en est rien. Ils ne le montrent qu'en face des autres maisons pour qu'on cesse de les prendre de haut, mais au sein même de leur maison, l'égalité prône. Personne n'est supérieur à personne. C'est la règle qu'il a mis en place lorsqu'on lui a confié le poste de directeur de Serpentard et ses élèves respectent la règle à la lettre.
Il se demande néanmoins avec qui Harry a pu apprendre tout ce qu'il sait sur les potions. Il l'a aussi aperçu faite quelques sorts avec ses amis, signe qu'il n'est pas totalement ignorant de tout. Harry ne lui a-t-il pas dit qu'il avait une nouvelle famille ? Est-ce une famille sorcière qui, dans sa grande bonté ou plutôt pour profiter du statut d'Harry, l'a adopté ? Ou alors...
Il se laisse envahir un instant par les souvenirs. Par un sourire si chaleureux qu'il lui a fait louper un certain nombre de battement de cœur. Par une tendresse qu'il n'avait avec nul autre que lui. Et par une soirée où tout ce qu'il espérait a été réduit à néant.
S'il est la famille d'Harry, Severus est convaincu qu'à part ses transformations, il sera incapable de mettre Harry en danger. Il doit sûrement avoir trouvé un moyen de les réfréner si l'enfant a pu lui être laissé. Et dans cette hypothèse, la potion Tue-loup qu'il a préparé n'a plus aucune utilité. Il a passé des années à se demander s'il devait ou non faire le premier pas, chercher à comprendre ce qui s'était passé ce soir-là, mais sa couardise l'en a empêché. Il a toujours eu peur de se rendre compte que ce qu'il prenait pour des signes, enfant, n'était en réalité que le fruit de son imagination débordante. Et puis, arrivera-t-il seulement à lui pardonner d'avoir conduit indirectement le Seigneur des Ténèbres à tuer ses plus proches amis ?
Severus ne préfère pas y penser. Mais au fond de lui, il espère sincèrement que le père adoptif d'Harry n'est autre que Remus. Avec lui, l'enfant est certain d'être aimé à sa juste valeur et non pas pour son statut.
« J'arrive pas à croire qu'ils soient allés à la bibliothèque sans nous. On avait pourtant bien prévu d'apprendre les cours ensemble, non ? », bougonne Blaise en serrant ses manuels contre son torse.
« S'ils trouvaient le temps long, ils n'avaient qu'à nous réveiller », renchérit Pansy en pestant. « Ce qui m'étonne c'est que Théo ne t'ait pas attendu Harry. Il passe son temps à veiller sur toi comme une mère poule, je ne pensais pas qu'il serait du genre à te laisser derrière comme ça. Nous on a l'habitude avec lui mais toi... »
« Oh, c'est moi qui lui ai demandé de ne pas me réveiller. Je dors plutôt mal en ce moment donc... »
« Je vois. »
Depuis quelques jours, les rêves d'Harry sont sombres, terrifiants. Il ne se rappelle jamais du sujet de ses songes, de ce qui s'y passent, mais la peur qu'il ressent au réveil est suffisamment parlante. Parfois, il parvient à se rendormir mais la plupart du temps, il reste figé dans son lit, incapable du moindre mouvement. Et dans ces moments-là, quand bien même il l'appelle, Lux n'apparaît jamais. Comme s'il était en 'veille'. Ça ne fait que rajouter à l'angoisse d'Harry.
Alors oui, en ce moment, le sommeil lui échappe.
Il frotte ses yeux de fatigue et trésaille lorsque les escaliers sur lesquels ils se trouvent se mettent à bouger. Pansy s'accroche à lui, rouspétant contre 'ces foutus escaliers qui n'en font qu'à leur tête' et ces derniers ne se stoppent qu'une fois le trio en face d'une porte en bois sombre. Blaise, qui s'est placé derrière eux au cas où l'un d'eux trébucherait – mine de rien, il fait très attention aux autres dès qu'il s'agit de ses amis -, les pousse en direction de la porte avant que les escaliers ne se remettent à bouger pour les traîner on-ne-sait-où.
Harry est le premier à la franchir et un frisson l'envahit devant l'obscurité de l'endroit. Il a le sentiment qu'ils ne devraient pas être ici mais... L'endroit l'intrigue. D'autant plus lorsque les torches s'allument par elles-mêmes au fur et à mesure qu'ils avancent dans le couloir. Du bout des lèvres, Pansy leur demande s'ils ne se trouvent pas en réalité au troisième étage, là où ils ne sont pas censés être, mais au lieu de dissuader les deux garçons d'avancer, ça les intrigue d'autant plus. Tout est silencieux, seul le bruit de leurs pas résonnent dans le couloir. Ainsi qu'une sorte de... Ronflement ? Harry n'en est pas certain.
Leur marche les mène finalement en face d'une porte verrouillée et, après une légère hésitation, Blaise prononce le sort Alohomora pour briser le cadenas. Ce qu'ils font, c'est mal, ils en ont conscience. Mais leur curiosité est dévorante et puis... Ce n'est pas de leur faute mais celle des escaliers. Ils n'avaient pas qu'à les mener là, un point c'est tout. Ils ouvrent rapidement la porte et la referment tout aussi vivement pour que personne ne remarque leur intrusion – bien qu'ils soient seuls dans le couloir – et se retournent pour observer la pièce.
Si Harry a bien développé une chose durant ces deux dernières années, c'est sa capacité de réaction. Face à des créatures toutes plus dangereuses les unes que les autres, il a dû apprendre à se sortir des situations les plus périlleuses dans un temps très réduit. Et quand il voit le chien endormi, son premier réflexe est de couvrir la bouche de ses amis. Les humains normaux, dans ce genre de situation, hurlent mais lui a l'habitude. Ce n'est pas pour autant qu'il n'a pas peur. Une sueur froide glisse le long de son dos. Il a beau connaître cette créature, il pensait qu'elle n'était qu'une simple légende. Jamais il n'en avait rencontré dans la forêt, seulement dans les livres.
Quand il était en primaire, sa professeure d'Histoire était une passionnée des religions païennes et ne cessait de leur faire lire les livres d'images sur les différentes mythologies, dont la mythologie grecque. Et Harry se souvient parfaitement des créatures mythiques de ce pays. Ce qu'ils ont face à eux, c'est un Cerbère, un chien gardien des enfers et un gros, qui plus est. L'une des têtes commencent à s'éveiller et grogne en les voyant. Il sent ses amis trembler sous ses mains et commencent à s'inquiéter sérieusement pour eux.
'Ting'
[Quête n°08 – Couché, Touffu !
Bravo Harry, après le basilic, te voilà face à un Cerbère, bien que je ne devrais pas être vraiment étonné. Tu as le don de te mettre dans le pétrin, comme toujours.
Dans tous les cas, tu dois trouver un moyen de te calmer, la fuite est impossible. En règle général, il s'apaise grâce à de la musique mais tu n'as aucun instrument à ta disposition. Néanmoins, ça reste un chien, ne l'oublie pas Harry.
Récompense : Découverte d'un passage secret. Cela te sera utile pour le futur, c'est un élément à ne pas oublier.
Échec : Servir de repas à Touffu.]
Pourquoi la fuite n'est pas en option ? Et puis il se passerait bien de ses messages sarcastiques. Il voit du coin de l'œil Blaise tenter une approche vers la porte et soudain, il comprend pourquoi la fuite est impossible. L'une des têtes se met à grogner méchamment et de la bave coule entre ses dents, signe qu'au moindre mouvement, c'est la mort assurée. Harry fait signe à ses amis de n'émettre aucun bruit et jette un rapide coup d'œil aux alentours et se rend compte que l'une des pattes de l'animal repose sur une trappe. Ainsi, il protège quelque chose. Son énervement est compréhensible, ils ont envahi son territoire et présentent une menace pour l'objet qu'il garde.
Une seconde tête se réveille et Harry entend un déglutissement mélangé à un sanglot derrière lui. C'est Pansy. D'eux tous, c'est elle qui semble le plus effrayé. Harry prend son visage en coupe et met leur yeux à la même hauteur de façon à ce qu'elle ne voit que lui. C'est ce que Vesna fait toujours pour le calmer lors de ses crises d'angoisses. Elles surviennent parfois, quand les souvenirs remontent ou quand sa cicatrice à la côte le fait souffrir et pour le calmer, la vélane prend toujours soin que leurs yeux soient connectés. Il l'oblige à calquer sa respiration sur la sienne pour qu'elle se calme, ce qui semble fonctionner. Mais le grognement derrière lui lui rappelle l'urgence de la situation et cette fois, ce n'est plus deux mais trois têtes qui sont éveillées. Il doit agir rapidement. Il confie Pansy à Blaise et plonge sa main dans sa sacoche. Malgré son calme apparent, ses mains ne cessent de trembler de peur et il peine à trouver ce qu'il cherche.
Où est-ce que c'est ? Il sait que la potion de pétrification ne marche que sur les humains, elle serait inutile dans cette situation. Il ne lui reste plus que... Harry arrive finalement à mettre la main dessus et il n'hésite pas une seule seconde avant de jeter le flacon rempli sur le Cerbère. Lux lui avait précisé de ne pas oublier la nature canine de la créature, n'est-ce pas ? Alors la poudre de cataire devrait faire effet. Si sur les chats, elle a un effet stimulant et énergétique, c'est tout le contraire sur les chiens qui se retrouvent adoucis grâce à cette plante. Et cette poudre, mélangée avec d'autres ingrédients visant à amplifier les effets, agit comme un somnifère sur les chiens. Enfin, c'est ce qui devrait arriver, mais Touffu étant bien plus grand que n'importe quel canidé, cela a seulement pour effet de le rendre complètement patraque.
[Quête n°08 – Achevée.]
Harry souffle à ses amis qu'ils peuvent y aller à présent mais lorsqu'ils tournent le dos à la créature, celle-ci se met à geindre. Ses gémissements sont si déchirants qu'Harry se demande ce qui lui arrive et quand il tourne son attention vers le Cerbère, il comprend le problème. Touffu n'arrive plus à se lever et encore moins à protéger la trappe. En plus de ça, il a retiré sa patte, ce qui laisse l'entrée secrète visible aux yeux de tous. Harry se sent un peu coupable. Après tout, le chien ne faisait que garder l'endroit, c'est de leur faute à eux s'ils se sont trouvés dans le pétrin. Par leur faute, Touffu a failli à sa mission et il doit craindre les remontrances.
« Partez sans moi, je dois faire une dernière chose », dit Harry en s'éloignant de ses amis mais Pansy le rattrape par la manche.
« N-Non ! Il faut partir Harry ! »
« Je veux juste l'aider à mettre sa patte sur la trappe, là-bas. Comme ça il se sentira moins triste. »
« On a failli lui servir de repas mais toi, tu veux l'aider, tu es vraiment étrange, Harry. »
Mais devant son regard innocent, Blaise et Pansy cèdent évidemment. Seulement, hors de question pour eux de laisser Harry seul avec la créature. Alors, ensemble, ils déplacent l'immense patte du Cerbère, ce dernier ne pouvant rien faire d'autres que les observer, et grâce à leurs efforts, personne ne soupçonnerait l'existence d'un passage secret dans cette pièce. Harry se demande quel objet peut cacher ce passage mais aussi curieux qu'il soit, il ne veut pas rendre l'animal encore plus malheureux. Et puis, vu la récompense, il ne doute pas qu'il devra revenir dans cet endroit, tôt ou tard..
Puis, discrètement, Harry, Blaise et Pansy regagnent les étages inférieurs. Quand ils vont raconter ça à Théodore et Draco... Harry sourit en imaginant leur tête et s'arrête lorsqu'une main agrippe sa robe de sorcier. C'est à nouveau Pansy.
« Au fait Harry, merci pour tout à l'heure. J'étais vraiment en panique et ça aurait pu être pire si tu ne m'avais pas calmé alors juste... Merci. »
[Rapprochement avec Pansy 1/1]
Harry lui sourit joyeusement et dit que c'est normal, entre ami.
Et aucun d'eux ne se doute que, caché derrière un mur, quelqu'un les observe.
