Bonjour, bonjour ! Comment ça va ?
Bon, vous commencez à avoir l'habitude, je publie mes chapitres avec un énorme écart au niveau du temps, je sais et j'en suis vraiment désolée. Aucune excuse mais je finirai cette histoire quoi qu'il en coûte ! Mdrr, on dirait pas un héros de shônen ?
En tout cas, voici un chapitre plutôt important dans l'évolution de l'histoire, j'espère qu'il vous plaira.
Comme d'habitude, un petit rappel :
Dans le "faux" monde, l'ennemi au masque orange, le "maître" de Kidômaru et probablement celui qui l'a tué n'a pas été retrouvé. Le soir même, Hinata a finalement fait face à Naruto et à sa véritable identité.
Mais quand dans le "vrai" monde, Ino a essayé de rentrer dans l'esprit du blond, celui-ci a eu une grande migraine. La "fausse" Hinata a tenté de le soigner avant qu'elle et la "vraie" Hinata voient le reflet de leur propre chakra le temps d'un instant avant que la "vraie" Hyûga ne demande de tout stopper. Suite à ce sauvetage raté, l'équipe en est venue à plusieurs conclusions :
-ce reflet d'Hinata est donc la preuve que Naruto était dans une sorte de rêve, à cause d'une sorte de Tsukuyomi que l'ennemi a créé.
- l'ennemi garde l'esprit de Naruto enfermé par une barrière mentale.
-Pour faire cela, il doit être, aussi bizarre que cela puisse paraître, à l'intérieur de Naruto
-Et pour avoir toute l'énergie nécessaire, il s'empare du chakra de Kyûbi
L'équipe ne peut, que pour l'instant, tenir Naruto en vie avec son chakra et attendre que le Héros de Konoha se réveille de lui-même.
Juste pour prévenir, attention à l'identité des personnages ! Les deux mondes, faux et réel, commencent sérieusement à se mélanger, alors normalement, tout devrait être compréhensible par des indices que j'ai laissés mais s'il y a encore des incompréhensions, n'hésitez pas à laisser un commentaire pour que je puisse éclairer l'histoire et les chapitres.
Une très bonne lecture à vous,
La petite conteuse :)
Chapitre 11 : La remise en question
Si Hinata avait une force, c'était sa capacité à se remettre en question.
Parce que, bien-sûr qu'elle avait des défauts, évidemment qu'elle n'était pas parfaite et se remettre en question, c'était vouloir toujours s'améliorer, mieux progresser et encore se perfectionner.
Malheureusement, cette force, à une certaine époque, n'était qu'une faiblesse.
Cher lecteur, vous apprendrez un jour si ce n'est déjà, qu'à trop se remettre en question, on ne se voit plus vraiment tel que l'on est. C'est une sorte de poison, une maladie que la victime cache, addicte et honteuse, comme un alcoolique cachant sa réserve. En fait, même la principale concernée ne le voit pas immédiatement.
Cela commence juste par des réflexions sur les capacités des autres.
Qu'ils sont forts, qu'ils sont intelligents, qu'ils sont beaux...
Ensuite, vient la comparaison.
Et moi comment je suis ?
Une simple pensée devant le miroir, innocente et insouciante.
Voilà la remise en question. On observe les autres, on prend du recul, on trouve ses propres défauts puis on cherche à les effacer et à s'améliorer.
À ce moment, cela paraissait plutôt être une bonne idée, vu vos progrès.
Pour un temps, vous aurez peut-être raison...
Puis, un jour, vous observez un voisin, une sœur, un ami ou un ennemi et brusquement, une petite voix dans votre tête vous annonce que vous ne serez jamais à leur niveau.
La petite voix vous chuchote alors tous vos défauts. Elle les transforme, les exagère, les défigure... À tel point que dans le miroir, c'est étrange, mais vous ne voyez plus qu'une chose difforme et monstrueuse.
Vous êtes faible, vous êtes stupide, vous êtes laide. Chaque mot, chaque action que vous faîtes est inutile et nulle. Alors laissez tomber, de toute façon, personne ne vous aime.
Du moins, à ce moment précis, c'est ce que vous ne cessez de répéter.
Hinata connaissait ce poison. Durant son enfance, ces réflexions toxiques la submergeaient et sa famille avait beau essayer de la sauver, les pensées la noyaient lentement et discrètement.
Et ce, jusqu'à ce jour.
Un jour de neige, une écharpe rouge et des gamins effrayants, c'était tout ce qu'il avait fallu pour que sa vie change à jamais.
"Je m'appelle Naruto Uzumaki, et un jour, je deviendrai Hokage !"
Les grands se moquaient des yeux de la petite fille quand Naruto s'était interposé. Mais il n'était lui aussi qu'un petit, comme elle, et malheureusement il n'avait pu faire grand chose contre les géants qui leur faisaient face. Donc oui, il s'était fait complètement anéantir.
Et ce jour-là, ils étaient devenus meilleurs amis.
"Je m'appelle Naruto Uzumaki, et un jour, je deviendrai Hokage !"
Il répétait souvent ces mots. Pourtant, la jeune femme ne s'en était jamais lassée. Après tout, ils le définissaient, lui. Et ces mots ainsi que son être tout entier l'avaient aidé à sortir la tête de l'eau. Sa bouée de sauvetage, c'était son meilleur ami, Naruto Uzumaki. En plus, il ne s'était pas contenté de la sortir de cet océan toxique, il l'avait poussée à construire son identité, sa petite île paradisiaque. À présent, elle était fière d'elle, fière d'être Hinata Hyûga, la Princesse au Byakûgan. Elle était une ninja de Konoha, puissante et douée.
Cette habituelle remise en question était devenue une force puisqu'elle se jugeait sans surestimer ni sous-estimer. Elle continuait encore et toujours à corriger ses erreurs mais félicitait enfin ses exploits.
Aujourd'hui était un jour de questionnement.
Il y avait un imposteur dans son équipe. Elle en était persuadée, ce n'était pas le "vrai" Naruto. Il y avait tellement de preuves flagrantes qu'elle était sidérée que personne ne l'ait encore compris.
Tout d'abord, son chakra était différent, il y avait, en plus de celui de Naruto, une autre force plus sauvage, brutale, plus rouge.
Ensuite, la façon qu'avait le blond d'intéragir avec elle était différente. Auparavant, il ne lui adressait pas un mot, était froid et l'ignorait dès qu'il le pouvait. Maintenant, il était gentil, lui parlait, la défendait et, parfois, sans qu'elle ne le comprenait, il était jaloux.
De plus, même sa force était différente. Ce qu'il s'était passé avec Kidômaru n'aurait jamais dû arriver, Naruto étant habituellement plus endurant et plus fort. En fait, cet imposteur lui ressemblait à la moustache près mais demeurait complètement différent.
Et hier soir, elle en avait eu la confirmation. Ce n'était pas lui. Pourtant, d'après lui, elle devait lui faire confiance, qu'en effet, il n'était pas "son" Naruto mais qu'il ne leur voulait aucun mal et qu'il serait coincé dans ce monde parallèle au sien à cause d'un ennemi invisible.
Honnêtement, cette histoire était complètement absurde.
Mais, ce chakra qu'elle avait sentie... C'était le sien à elle. Enfin, pas tout à fait. Quand la jeune femme y repensait, elle avait eu plutôt l'impression de faire face à un miroir. Tout était pareil mais inversé.
Alors peut-être avait-elle tort ?
Peut-être devrait-elle l'écouter ?
Ils venaient de finir la mission, étaient arrivés à Konoha, avaient fait leur rapport à Kakashi-sensei et elle n'avait encore parlé de son dilemme à personne.
Parce que, qui voudrait croire à cette histoire ? D'ailleurs, comment, elle, pouvait-elle y croire ?
Elle n'en savait absolument rien mais au fond, elle le croyait.
Donc, peut-être devait-elle lui laisser une chance ?
-..nata ! Hinata ! l'interpella une voix.
Elle sursauta lorsqu'une main se posa sur son épaule.
Elle se tourna et vit Akihiko l'observer comme s'il attendait une réponse.
Un peu perturbée, elle s'excusa et lui demanda de répéter sa phrase. Il sourit et répondit :
-Je vous demandais si vous seriez intéressé pour un dîner ce soir, dans un restaurant de votre village. Je voudrai vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi.
Elle cligna des yeux. Un dîner ? Avec elle ? Mais pour la remercier de quoi ? C'était son travail après tout, elle était payé pour ça et puis, elle n'était pas seule à l'avoir fait.
Est-ce que ce dîner serait plus ? Est-ce que ce serait un rendez-vous ?
Elle le regarda dans les yeux et aperçut une lueur chaude et lumineuse à travers ses prunelles qui la fit rougir, son ancienne timidité reprenant le dessus. Mais les paroles de l'homme qu'elle avait entendu à travers la porte hier lui revinrent : "À la fin de ce voyage, je l'aurai convaincue d'arrêter ce travail trop dangereux et de me rejoindre pour me tenir compagnie, peut-être même devenir ma femme."
Elle détestait qu'on décide son avenir à sa place, pour une raison qu'elle ne comprenait pas vraiment. C'était comme si, durant toute son enfance, on avait choisit son futur dans le clan de sa famille. Mais, c'était faux, sa famille avait toujours été à ses côtés, la soutenant dans toutes ses décisions. Pourtant, cela restait un sujet sensible, sans qu'elle n'en comprenne la raison.
En tout cas, elle ne voulait pas accepter l'offre. Et elle s'apprétait à refuser quand son regard dévia vers la droite, au-dessus de l'épaule du Daimyô : Naruto les observait d'un regard noir. Le vrai, ou le faux peu importe, semblait être jaloux de Saito. C'était une bonne occasion pour se venger de tout ce que "son" Naruto lui avait fait subir. Tant pis si ce n'était pas celui qu'elle connaissait, il allait payer pour lui. Alors elle sourit et acquiesça à la proposition.
...
Il mourait d'envie de l'arrêter. Il voulait lui crier après, la rattraper, l'emmener loin de cet abruti, mais qui était-il ? Pourquoi le préférerait-elle lui plutôt que le Daimyô du Pays de la Terre ? Il était énervé, triste et épuisé.
En fait, il n'avait pas dormi une fois qu'elle avait quitté sa chambre, livide et muette. Premièrement, parce qu'il était extrêmement inquiet à propos de cette voix qui avait retentit dans son esprit. En effet, il ne savait pas son origine mais pourtant elle lui avait semblé familière... Ou peut-être qu'il devenait juste fou. Il n'avait pas encore fait son choix.
Deuxièmement , il craignait la réaction d'Hinata. Il s'était attendu à ce qu'elle l'ait dénoncé ou même qu'elle l'ait enfermé, mais rien. Elle n'avait rien fait.
Elle l'ignorait juste, comme auparavant.
Ça l'énervait tellement !
Et ça, Kiba l'avait bien remarqué. Oui, il n'arrivait pas à le croire mais l'Uzumaki était jaloux de Saito. Pas parce qu'il discutait avec Sakura mais parce qu'il draguait Hinata. Or, il n'allait pas rater l'occasion de taquiner l'idiot. Peut-être en profiter pour lui faire comprendre ses sentiments pour Hinata ? Bah, ça c'était juste la cerise sur le gâteau. On allait bien se marrer... se dit-il avec un sourire narquois.
Il jeta un coup d'œil aux autres garçons et il s'aperçut rapidement qu'ils étaient tous sur la même longueur d'onde. Ils adoraient tous Sakura, mais ils savaient tous que le nom du couple NaruSaku ne sonnait pas très bien aux oreilles.
Naruto, plein de jalousie et de colère, était planté là, le regard rivé sur le couple Akihina - Kiba avait déjà déposé le brevet du nom - tout en serrant les points.
L'Inuzuka prit alors "innocemment" la parole :
-Dis donc les gars, vous pensez qu'Akihiko serait bien pour Hinata ?
Le blond se retourna brusquement vers lui les prunelles brûlantes de haine alors que les trois, Sasuke, Shino et Kiba lui souriaient diaboliquement. À cela, l'Uzumaki se détendit un peu, ria nerveusement et passa alors une main dans les cheveux, gêné sans savoir réellement pourquoi.
-Où est partie Sakura ? demanda-t-il pour changer de sujet.
Tentative qui fut vaine puisque l'Inuzuka balaya rapidement la question en répondant qu'elle était allée réserver une table chez Ichiraku pour fêter la réussite de la mission.
Il déclara ensuite :
-En tout cas, Hinata a l'air de bien lui plaire...
Naruto se retourna à nouveau vers le couple. Akihiko embrassait à présent la main de la jeune femme et l'observait intensément. Quand le héros de Konoha vit la réaction de la courtisée, il pâlit. Hinata avait un grand sourire, un magnifique qui l'aveuglait. Une légère rougeur au bord de ses joues, elle retira sa main puis joua avec ses doigts, gênée de cette attention mais sincèrement flattée. Elle était détendue, heureuse et resplendissante.
Jamais, il ne l'avait vu comme ça.
À présent, il se rendait compte qu'elle était toujours sur la réserve avec lui, comme si sa compagnie ne la mettait jamais assez à l'aise. Il le voyait bien maintenant, jamais Hinata n'agirait avec lui comme elle agissait avec Akihiko Saito. Le regard toujours fixé sur elle, il observa l'homme lui susurrer des mots doux et elle glousser joyeusement.
-Oui, continua Sasuke, en passant un bras autour des épaules du blond, après tout il est beau, intelligent, drôle, riche... Il a tout ce qu'il faut pour elle.
L'Uzumaki ne l'écoutait même plus, emporté par ce tableau qui le torturait.
C'était avec lui qu'elle devait parler. C'était avec lui qu'elle devait sourire. Elle devrait être avec lui.
Soudain, une brise de vent passa et une mèche du chignon de la jeune femme s'échappa. Akihiko replaça cette mèche au coin de son oreille droite et Naruto sentit un pincement au cœur. Bon dieu ce qu'il aurait pas donné pour être Akihiko Saito à cet instant. Cela aurait dû être lui. Il aurait dû l'emmener au restaurant, et ce, depuis un bon moment. Il voulait vraiment rentrer chez lui, revoir la vraie Hinata et essayer de lui tirer ce magnifique sourire qu'il avait aperçut. Peut-être arriverait-elle à être naturelle avec lui ? Il se promit qu'une fois rentré, il l'inviterait chez Ichiraku.
Alors qu'il rebroussait chemin parce que cela faisait tellement mal d'assister à cette scène, il se tourna, disant aux autres qu'Hinata n'aurait qu'à les rejoindre.
Mais parce qu'il semblait vraiment masochiste, il lui jeta un dernier coup d'œil. Coup d'œil qui fit renaître sa jalousie, l'incendie, le brasier dans son cœur. Cet abruti rapprocha sa sale tête doucement de la jeune femme et tendit ses lèvres en quête d'un baiser.
La seconde qui suivit, ses sourcils se froncèrent, ses muscles se tendirent, une hargne s'empara de lui et, sans réfléchir, il s'empressa de rejoindre Hinata pour la sauver des lèvres gluantes de cet enfoiré.
-Hinata ! l'appela-t-il fortement.
Il la vit sursauter alors que Saito s'éloignait rapidement et il ne put empêcher ses lèvres de dessiner un sourire mauvais. Parfait, il avait totalement brisé le moment.
Aveugle, il ne remarqua pas la jeune femme pousser légèrement un soupir, soulagée.
Lorsqu'il arriva à leur niveau, il s'empara de la main droite de l'Hyûga et lui déclara :
-On a pris une table chez Ichiraku, tu viens ?
Hinata hésita alors qu'elle jetait un regard vers l'autre abruti :
-Et bien...C'est que je devais manger avec Akihiko et...
Akihiko ? Depuis quand l'appelait-elle par son prénom?
L'homme secoua la tête en balayant sa gêne de la main.
-Ne vous inquiétez pas, Hinata. Nous organiserons ça une autre fois. Je reste ici pour plusieurs jours. acheva-t-il avec un clin d'œil.
Connard.
-Oui c'est ça Maître Daymiô, une autre fois ! enchaîna le ninja jaloux.
Il tendit la main vers lui et Saito la lui serra.
Bien-sûr, tel un mâle de l'âge de pierre, il força légèrement sur la poigne, tira même une grimace de l'ennemi et l'homme des cavernes sourit, satisfait. Parce que s'il avait l'occasion de lui péter une fallange, il n'allait pas dire non.
Aussi longtemps qu'il sera un ninja, jamais elle ne mangera avec cet enfoiré.
Il lâcha Saito et entraîna Hinata, la main toujours dans la sienne. La jeune femme s'offusqua :
-Naruto ! De quel droit tu...
-Hinata, tu peux me crier dessus, m'insulter, me frapper même, je n'en ai rien à faire. Tant que tu restes avec moi, tout ira bien.
Il sourit de plaisir quand il la vit rougir. Oui, c'était lui qui lui faisait ressentir ça.
Le blond ne lui laissa pas vraiment le temps de saluer l'autre idiot et tous les deux coururent pour rejoindre les garçons, qui eux n'avaient rien raté du spectacle.
...
Un homme se trouvait dans une salle, sombre et silencieuse. En fait, celle-ci n'était meublée que d'un seul bureau, au centre de la pièce et qui était éclairé par une seule petite lampe. Il n'y avait aucun autre objet, aucune décoration et aucune photo, comme si l'endroit était inhabité. L'homme, lui, observait à travers la fenêtre le paysage nocturne d'un œil morne et froid. Même si la vue omnisciente de ce monde était époustouflante, il n'en avait rien à faire. Une seule personne l'intéressait : Naruto Uzumaki.
Depuis que le garçon était arrivé, tout se passait à merveille. Kidômaru avait fait un travail excellent, jusqu'à ce qu'il se fasse capturer par la femme du clan Hyûga. L'araignée allait trop parler donc il avait dû le tuer, mais tant pis. Cela ne dérangeait absolument pas ses plans.
Sa technique, le Tsukuyomi mortel, était sa plus grande œuvre, c'était grâce à elle qu'il pouvait tuer le héros de Konoha. Un pouvoir grandiose, oui, pourtant il restait frustré de ne pas trouver une meilleure appellation. Le Tsukuyomi rêveur ? Le rêve infini ? Le songe des victimes ? Un monde parfait ?
Non, c'était si horrible et si gênant qu'il en avait des frissons.
Bref, le but du Tsukuyomi mortel - ça sonnait pas si mal au final - était d'offrir à la victime un rêve si plaisant qu'elle ne souhaitera pas se réveiller. Voilà pourquoi le "faux" monde ne devait pas être sa création à lui, l'ennemi, mais celle de la victime, Uzumaki. Respecter ses souhaits avaient une importance capitale dans l'élaboration de son imaginaire.
Il n'y avait qu'un seul problème à tout ça : sa technique n'était pas encore au point. En effet, elle ne prenait en compte que les désirs principaux de Naruto, désirs déjà identifiés par l'homme avant le début de la mission. Tout comme leur possesseur, ils étaient ridiculement simples et dégoulinaient de mièvrerie. Car dans le monde parfait de Naruto Uzumaki, il fallait que ses parents et son sensei ressuscitent, que Uchiha redevienne son meilleur ami pour la vie et qu'il puisse sortir avec la bruyante Haruno.
C'était donc ce que l'imagination de Naruto avait mis en place, une fois que l'homme lui avait offert le chakra nécessaire.
À partir de là, le "faux" monde créait la suite indépendamment du blond : le fait qu'il vivait avec ses parents, que le clan d'Uchiha ne se soit jamais éteint, les "faux" souvenirs, les photos... Tout découlait de ces principaux désirs. Cela aurait très bien pu n'avoir aucun impact sur la mission. Naruto aurait pu s'habituer à tous ces changements et même s'y plaire mais un détail semblait le déranger : sa relation avec Hinata Hyûga. Si Naruto n'appréciait pas quelque chose ici, il allait vouloir retourner chez lui et l'homme n'avait pas le temps ni la puissance de contrer son souhait. Dans ce monde, la volonté de l'Uzumaki avait le pouvoir, en perdre le contrôle signifiait la fin de sa mission mais aussi de son existence.
Hinata était donc l'alarme qui rappelait sans cesse au ninja que tout était faux et l'homme ne pouvait se permettre de l'ignorer.
Malheureusement, le Tsukuyomi mortel demandait déjà beaucoup de chakra et même s'il le prenait chez le démon à neuf queues, il ne pouvait gérer une plus grande quantité. C'était pour cela qu'il ne pouvait simplement faire disparaître la jeune femme imaginaire. La seule chose qu'il pouvait faire, en réalité, était d'utiliser des personnages de ce monde comme Kidômaru pour tuer.
La seule chose qu'il avait pu créer lui-même, de justesse et par un petit miracle, était un clone et son petit QG, là où jamais l'Uzumaki ne penserait à le chercher.
-Maître ? retentit une voix derrière lui, quelque peu hésitante.
L'homme leva les yeux au ciel avant de répondre.
-Qu'y a-t-il, Tadashi ?
-Maître, il semblerait que la barrière de chakra a été attaquée par une force psychique extérieure.
-Je sais, et ?
-Et bien, continue Tadashi, un peu plus fébrile, Naruto Uzumaki risque de comprendre ce qui le bloque dans ce monde et il va essayer de détruire la barrière.
Le maître se retourna pour faire face à son serviteur. Il répondit d'une voix doucereuse :
-Tadashi, tu sais que tu n'es qu'un clone, n'est-ce pas ?
-O-Oui, maître. chuchota-t-il.
-Et à ton avis, pourquoi est-ce que je m'embêterais à créer un clone ?
-Pour savoir ce que vous ne voyez pas. Je suis vos yeux et vos oreilles. répondit-il mécaniquement.
-Précisement. J'ai donc besoin que tu m'informe sur ce que je ne sais pas. Est-ce que tu pense réellement que je ne suis pas au courant de ce genre d'événement ? Le ciel entier en a tremblé ! D'ici, évidemment, que je le vois et le sens, espèce d'idiot !
De colère, il frappa la fenêtre. Il ne le voyait pas mais il était certain que Tadashi avait sursauté au son. Pathétique.
Tadashi était certes un clone qu'il avait pu créer avec sa propre petite réserve de chakra, mais son caractère... L'homme ne l'avait absolument pas choisi. C'était comme si ce monde imaginaire avait une influence sur ses habitants, comme si l'esprit du ninja crétin avait des anticorps fictifs.
Tadashi était donc peureux, stupide et maladroit. Vraiment très pratique.
Il inspira un grand coup, retira son masque orange, le posa sur le bureau et reprit d'une voix d'un semblant calme :
-Ne t'inquiète pas pour l'intrus. Il doit y avoir, à l'extérieur, des personnes tentant de le réveiller. Mais la barrière est solide et elle rejette toute forme qui ne ressemble pas à son monde. Le seul moyen de la traverser serait qu'un objet, ou une personne soit exactement la même ici et à l'extérieur. Or, un désir ne peut pas déjà exister, sinon il ne serait pas souhaité.
En plus, Naruto lui-même n'est pas comme à l'extérieur. Car ici, il ne désire plus rien. Il est donc impossible que la barrière soit traversée.
Tadashi acquiesça mais son regard vide lui indiqua qu'il n'avait pas tout saisi. L'homme soupira et lui donna congé en lui ordonnant simplement de garder un œil sur l'Hyûga. Tadashi le quitta, le silence revint et l'homme se frotta les yeux. Contrôler tout ce chakra le fatiguait énormément, il allait devoir agir rapidement s'il voulait parvenir à ses fins. Il regarda Naruto Uzumaki dîner avec ses amis, insouciant et il esquissa un sourire malveillant en tirant le rideau de sa fenêtre.
La nuit n'allait pas tarder à tomber, et malheureusement, s'il ne fermait pas tout, il risquait d'être aveuglé par la lumière.
C'était le seul point négatif de ce lieu, il ne voyait jamais la nuit et encore moins la lune. Il ricana puis bâilla.
Pas de repos pour les méchants.
Si on demandait à Hinata une de ses qualités, c'était sa capacité à se remettre en question. Alors bien-sûr, c'était une qualité à double revers puisqu'elle pouvait être son pire défaut mais, d'après la jeune femme, c'était cette particularité qui lui permettait de toujours s'améliorer.
Cependant, à cet instant, ce n'était qu'une faiblesse. Puisqu'en observant ses mains émettre du chakra dans le corps de Naruto, elle ne cessait de se poser les mêmes questions inutiles :
Est-ce qu'elle était réellement d'une grande aide ?
Si c'était quelqu'un d'autre à sa place, Naruto aurait-il moins de difficultés à se réveiller ?
Est-ce qu'elle n'était pas un poids pour Sakura ?
Il était 11h, Ino était arrivée vers 6h du matin. Elle avait remplacé quelques fois les filles depuis, dans une sorte de roulement rapidement en place puis, affamée, a déclaré chercher de la nourriture.
Hinata jeta un petit coup d'œil à Sakura qui piquait un peu du nez et elle sourit tristement.
Heureusement qu'Ino était là maintenant, grâce à elle, la jeune Haruno pouvait enfin se reposer plus longuement.
L'Hyûga ne voulait pas être un poids pour les deux femmes. Alors les questions qui se ressassaient dans son esprit ne lui étaient pour l'instant que contre-productif. C'était en tout cas ce que lui aurait dit Neji. Une nostalgie s'empara d'elle en pensant à son cousin mort pendant la guerre. C'était en grande partie grâce à lui si elle ne se rabaissait plus autant qu'auparavant.
C'était en grande partie grâce à lui si maintenant, se remettre en question n'impliquait plus de se dénigrer.
Voilà pourquoi il fallait qu'elle stoppe ces réflexions toxiques. C'était inutile et n'aidait absolument pas Naruto.
Par contre, elle ne pouvait empêcher de laisser arriver une pensée vicieuse, honteuse et inapropriée pour la situation :
Si Hinata, était dans le Tsukuyômi brouillon de Naruto, restait-elle la même personne ou devenait-elle une toute autre ?
