Chapitre XX
J'étais bien, il ne manquait qu'une chose pour que tout soit parfait, que mon trou de mémoire se referme et je comptais bien y arriver avec ou sans l'aide de mes proches.
BPOV :
En me réveillant, j'avais eu l'impression d'avoir dormis pendant des jours et des jours, je me sentais mal, comme après une énorme cuite – ce qui ne m'était d'ailleurs jamais arrivé. Je me demandais combien de temps j'avais dormis et j'eu un semblant de réponse en voyant que la nuit était déjà tombée, j'avais donc dormis toute la journée. Génial. Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire maintenant ?
Je repensais à la journée d'hier, elle avait mal commencé et pourtant le moment où Edward était arrivée l'avais rendu parfaite. Je n'avais aucune idée de pourquoi je me sentais si bien quand il était là, vivante, c'est comme si je le connaissais hors c'était impossible il venait seulement d'arriver.
Je tendais le bras pour atteindre mon portable sur la table de chevet afin de dire à Rose que j'étais réveillée. Un brin de toilette ne pourrait pas me faire de mal. En le déverrouillant, je vis qu'il était deux heures du matin. Impossible ! Je n'avais pas pu dormir autant… Je regardais l'écran une seconde fois qui me confirma l'heure, je secouais la tête et composais le numéro de Rosalie. Je laissais sonner deux fois comme d'habitude et raccrochais. J'attendis patiemment dans mon lit comme si j'avais le choix et décidais d'allumer ma chaine hi-fi puisque la télécommande était à côté de mon lit. Au son des première note, je me relaxais cette chanson avait un effet apaisant sur moi. J'avais horreur de chanter, mais quand j'entendais les paroles c'était automatiques, le son sortait naturellement.
« Where are you now? (Où es-tu à present) / As I'm swimming through the stereo (alors que je traverse la radio) / I'm writing you a symphony of sound (j'écris une symphony de son) / where are you now? (Où es-tu à présent) / As I rearrange the song again (alors que je réarrange une nouvelle fois cette chanson) / this mix could burn a hole in anyone (la mélodie pourrait incendier n'importe qui) / but it was you I was thinking of (mais c'était à toi que je pensais)»
Je mettais sur pause le temps de lire le message que je venais de recevoir, c'était Rose. Apparemment elle avait profité de mon tour de compteur pour voir Em ce que je comprenais parfaitement. Je remettais la stéréo en route et recommençais à fredonner.
« I read your letter (J'ai lu ta lettre) / the one you left when you broke into my house (celle que tu as laissé quand tu es entré chez moi) / Retracing every step you made (en retraçant tes pas) / and you said you meant it (et tu avais dit que tu le pensais) ...
«And there's a piece of me in every single (Et il y a une partie de moi dans chacune) / Second of every single day (des secondes de chaque jour) /But if it's true then tell me how it got this way (mais si c'est vrai alors dis-moi comment nous en sommes arrivés là) »
Oh mon Dieu ! Le problème ? Simple, la deuxième partie du couplet et bien ce n'est pas moi qui l'ai chanté. Le comble ? C'était Edward.
« Bonjour, enfin bonsoir, Bella »
« Hum… Salut… »
Heureusement qu'il faisait nuit sinon j'aurais une fois de plus été gênée d'être rouge comme une pivoine. J'adorais cette chanson (très peu connue du grand public) et lui la connaissait aussi. Comme si je ne m'étais pas assez ridiculisée par le fait qu'il m'entende chanter, lui avait eu une voix irréprochable. Il avait la voix d'un ange, si je n'avais pas connu la voix de Jack's Mannequin j'aurais sans doute pensé qu'Edward en était le chanteur.
« Comment vas-tu aujourd'hui ? Tu te sens mieux »
« Oui ça va »
Okay, d'accord sur ce coup là je n'avais pas vraiment été super bavarde mais ce n'était pas ma faute, je me sentais frustrée d'être clouée dans ce satané lit et de ne rien pouvoir faire moi-même.
« Oulà ça n'a pas l'air… t'es sûre de ne pas vouloir en parler »
« Pfff tu t'ennuierais, c'est rien de bien intéressant crois-moi »
« Allez, je te promets que je ne m'ennuierais pas », j'étais prête à lui soutenir que je n'avais rien mais en relevant la tête je vis le sourire qui déformait le coin de sa bouche et ne pu qu'acquiescer.
« Tu l'auras cherché, » lui lançais-je. « J'en ai ras-le-bol d'être clouée dans ce lit et de ne rien pouvoir faire, je suffoque et je veux sortir de cette maison avant de devenir complètement cinglée et d'être bonne pour l'asile. » Je crois que je n'avais jamais parlé aussi vite et franchement cela m'avait fait un bien fou.
« Euh, ok »
« Ok ?» Mais enfin de quoi parlait-il ?
« Sortons ! » plaisanta-t-il, tout en me gratifiant d'un large sourire joueur.
« Ce n'est pas sympa de te moquer de moi… Je suis coincée ici et toi tu me nargues, » rétorquais-je.
« Mais je ne me moque pas, tu as dis que tu voulais sortir ? Et bien je suis ton médecin et je n'y vois aucun inconvénient… » Oh alors il était vraiment sérieux, après un nombre incalculable de jours passés dans la maison avec pour seule sorties le jardin et la salle d'eau, je pouvais enfin prendre l'air.
« Mais ? » Ben oui, j'avais bien compris qu'un mais allait suivre alors autant être fixée dès à présent.
« Et bien, je t'accompagne évidemment, je suis ton médecin et en cas de problème je pourrais faire ce qu'il faut et ensuite tu fais exactement ce que je te dirais de faire. Compris ? »
« Oui ! Euh dernière chose, comme Rose n'est pas là je m'habille comment ? » Hors de question qu'il m'habille ! Déjà que son père m'avait vu alors pas moyen que lui aussi.
« Ah oui mince, j'avais pas pensé à ça… Oh je sais j'ai une super idée. Je reviens dans vingt minutes »
Il s'éclipsa avant de me laisser le temps de lui poser la moindre question.
EPOV
J'allais enfin pouvoir passer du temps avec Bella en temps que Edward et non Edward le « docteur », j'aurais finis par lui proposer de prendre l'air mais le fait qu'elle me tende la perche comme ça m'évitait de trop lui montrer l'intérêt que je lui portais.
Je lui avais parlé d'une idée pour l'aider à s'habiller et j'espérais que cela fonctionnerais. Je grimpais dans ma voiture et conduisis le plus rapidement possible en direction de la petite allée qui menait dans la forêt par un chemin boueux. J'avais mis encore moins de temps que je ne l'avais espéré et ne coupais même pas le moteur pour ne pas perdre de temps.
Je priais intérieurement pour qu'elle ne soit pas endormie ou me donne une réponse négative. Je trouverais bien un moyen de lui rendre la pareille à un moment ou à un autre. En me rapprochant de la maison, je constatais que les travaux avaient encore bien avancé, il y avait ça et là du matériel de construction mais je savais qu'il n'était là que pour sauver les apparences et que les travaux qu'il restait à accomplir n'étaient que de petit détails.
En passant la porte un flot de pensées extérieur à mon cerveau m'assaillirent. Rose et Emmett pensaient à leur ébat qui c'était finit quelque minutes avant que j'arrive j'en remerciais le ciel et secouais la tête pour ne plus y penser. Après quelques pas j'entendis papa qui se demandait s'il devait expliquer la situation à Alice avant qu'elle ne se pose trop de questions et surtout pour éviter qu'elle ne se retrouve dans la même situation que moi sans savoir quoi faire quand elle le découvrira. J'étais d'accord avec lui, ils devraient vraiment lui en parler, j'aurais surement été moins angoissé si j'avais su ce qui m'arrivait. Soudain, maman me sortie de mes songes.
« Chéri ! Tu n'étais pas chez les Swan ce soir ? »
« Si en fait je suis venu demander un petit service à Alice. Elle est là ? »
Elle fronça les sourcils et je lu en elle aussi bien que dans l'esprit des autres membres de ma famille, elle s'inquiétait.
« Ne t'inquiète pas, maman, il n'y a rien de grave, vraiment. » Et c'était vrai, il n'y avait absolument rien si ce n'était que j'étais éperdument amoureux d'une fille que je ne connaissais pas vraiment et qui ne se souvenait même pas de moi.
« Alors tu peux m'expliquer pourquoi tu t'es rué ici comme une fusée ? » Comme d'habitude, je ne pourrais rien faire temps qu'elle n'aurait pas obtenu une réponse qui l'a satisfaisait alors je tentais de rester proche de la vérité.
« Bella voudrait juste prendre l'air mais elle est en pyjamas et il fait frais. » Elle avait l'air de peser mes paroles et m'examinait attentivement, elle savait que je ne lui disais pas tout, je l'entendais réfléchir, puis ses traits se relâchèrent.
« Tu es bien sûre que ce n'est que ça ? »
« Oui maman »
« Alice est dans sa chambre, je te préviens, elle est d'une humeur massacrante Forks n'a pas l'air de l'excité autant qu'elle le pensait avant d'arriver. Soit gentil avec elle s'il te plait » Gentil ? Alice était mon petit lutin et jamais je ne pourrais lui faire de mal, malgré son âge, elle avait l'air d'avoir encore cinq et de toujours jouer à la poupée – ce qui était le cas, elle avait quatre poupées grandeur nature, Em, maman, papa et moi.
Je montais les marches de notre nouvelle maison quatre à quatre à la vitesse grand V et arrivait en quelques secondes devant la porte de la chambre – ou plutôt boutique – de ma petite sœur. Je toquais et l'entendis répondre par un grognement blazé, je m'empressais donc d'entrer.
« Hey, » la saluais-je, évidemment elle ne pris même pas la peine de me répondre ou même de me faire un signe de tête. Elle était allongée sur son lit, lit d'une taille plus qu'impressionnante, il était rond et était couvert d'une parure de lit en soie blanche immaculé, au plafond avait été fixé un baldaquin dont les voilages de mousseline blanche tombaient avec légèreté sur les côté du sommier. Sa – nouvelle – chambre était vraiment à son image, décorée avec le plus grand raffinement, il n'y avait que des matières nobles et tout était évidement accordé à son lit à l'exception de tous ses meubles qui étaient en bois wengé. De tous les caprices dont ça chambre était constituée, le plus gros se trouvait surement au plafond, elle avait supplié nos parents de lui installer un miroir sur toute la surface ainsi tout s'y reflétait. Je souriais rien que de penser au contraste qu'il existait entra sa chambre et la mienne, j'avais choisis des couleurs neutres, exclusivement du noir et du blanc avec quelques touches d'acier. Le seul élément imposant de ma chambre était une énorme photographie d'une sculpture grecque en noir et blanc derrière mon lit – dont je n'avais plus aucune utilité.
« Alice ? T'es occupée ? » J'espérais piquer sa curiosité, ce qui ne rata pas.
« Pourquoi ? Qu'est-ce que tu veux ? »
« Hey parle autrement s'il te plait, j'y suis pour rien moi si papa et maman ont voulu venir habiter ici. »
« Je sais, mais je m'ennuie, y a rien à faire et en plus je ne connais personne » Je réfléchissais pendant deux seconde à ça, c'est vrai que depuis qu'ils étaient arrivés Alice était resté ici, son inscription au lycée n'avait pas encore été finalisée. Oh et puis zut, je pouvais bien faire ça pour elle, j'aurais tout le temps d'être seul avec elle à un autre moment.
« Tu veux venir avec moi ? Je vais sortir un peu Bella, elle a ton âge ça te fera peut-être du bien de discuter un peu et à elle aussi, elle ne voit pas beaucoup de monde en ce moment. »
« Pour de vrai ? Tu veux bien ? » J'acquiesçais, et elle me sauta dans les bras en hurlant, j'aurais dû m'y attendre c'était typique de mon petit elfe ça.
Evidemment avec son cri elle avait rameuté toute la maison…
« Alice est-ce que ça va ? Qu'est-ce qui t'arrive chérie ? » Bien sûr ça c'était maman.
« Oui t'inquiètes maman, ça va super et j'ai le meilleur des frères ! » Elle en profita me sauter à nouveau dans les bras et toute la famille qui était maintenant rassemblée dans la chambre échangea un regard puis explosa de rire.
Alice avait insisté pour se changer avant de partir, ce que j'avais tenté de refuser mais elle m'avait supplié en me disant que si elle faisait mauvaise impression à Bella ça « ruinerait » sa scolarité et surtout sa vie sociale à Forks. J'avais essayé de ne pas rire mais cela avait été difficile quand je pensais au style de fille qu'était Bella, parler chiffons et se pomponner n'avait pas l'air d'être son truc et elle n'en avait franchement pas besoin – Alice non plus d'ailleurs… Bref une demi heure ( !!!) plus tard nous étions installés dans la Volvo prêts à partir. Le trajet me prit un peu plus longtemps cette fois-ci, je ne voulais pas risquer de blesser Alice, car si j'étais maintenant un immortel ce n'était pas encore son cas.
Après m'avoir bombardé de questions à propos de Bella, elle m'avait demandé pourquoi j'avais accompagné papa ici au début et je ne su pas quoi répondre ce qu'elle ne manqua pas de remarquer, je savais qu'elle me reposerait bientôt là question et il fallait donc je lui trouve une réponse que la satisferait. La maison apparue au coin de la rue ce qui signifiait la fin de l'interrogatoire du diablotin qui me servait de sœur. En sortant de la voiture je remarquais que la lumière de sa chambre était à présent éclairée.
J'entrais sans frapper vu que de toute façon il n'y avait personne chez elle, Cooper était avec Angela et son père au poste.
« Bon Alice, pitié ne la harcèle pas avec tes questions d'accord ? »
« Tu me prends pour une débile ou quoi ? »
En me rapprochant de sa chambre je souris au son de la mélodie qui s'en dégageait, c'était impressionnant de voir à quel point nous nous complétions…
BPOV
Everytime I think of you (chaque fois que je pense à toi) / I always catch my breath (je rentiens mon souffle) / I'm still standing here (je me tiens toujours là) / and you're miles aways (et tu es à des kilomètres) /and I wonder why you left me (et je me demande pourquoi tu m'as laissé) / and there's a storm raging through my frozen heart tonight (et tu m'a laissé ce soir avec un orage qui fait rage dans mon cœur de glace)
Encore une fois la voix d'Edward m'avait surprise, je riais intérieurement au fait qu'il connaisse mes chansons préférées. Je me sentais étrangement bien quand il était là, comme hier quand il était venu quand j'avais fait ma crise, quand il était là j'oubliais tout, Jake, l'accident,…
Jake. Il faudrait vraiment que je m'explique avec lui.
Perdue dans mes pensées j'en avais presque oublié la présence d'Edward en en me retournant je constatais qu'il était accompagné d'une ravissante jeune fille d'environ mon âge, je ne sais pas pourquoi me mon cœur se serra, il était compressé dans ma poitrine et j'avais du mal à respirer. Edward dû le remarquer car il s'assit à mes côtés en un instant.
« Bella ? Qu'est-ce qui t'arrive ? » Je sentais au ton de sa voix qu'il s'inquiétait vraiment et j'en avais pas envie, enfin ce n'était rien et je ne voulais pas que cela le préoccupe.
« T'en fais pas c'est rien, j'ai juste eu un peu de mal à respirer, » je jetais un coup d'œil à la fille qui l'accompagnait et continuais plus amèrement que je ne l'aurais voulu, « je suppose que ça veut dire que c'est pas aujourd'hui que je vais prendre l'air, hein ? »
Une étrange lueur apparue sur son visage, et la fille explosa de rire, elle ne pouvait plus s'arrêter et malgré mon énervement à les voir se moquer de moi je notais que sa voix était aussi cristalline que celle d'Edward. Je me renfrognais et choisissait de les ignorer par le seule mouvement que j'exécutais parfaitement à savoir fermer les yeux.
« Hum, Bella ? » je ne répondis pas, je ne sais pas ce qui m'arrivait mais c'était étrange, comme si, comme si… Non, impossible. Comme si j'étais jalouse ! Pfff ça ne pouvait pas être ça et puis de toute façon je ne ferais jamais le poids face à une beauté pareille. Elle était toute fine, elle avait elle aussi les yeux couleur topaze et était habillée simplement, un jean et une petite chemise cintrée – griffée à tous les coups – là seule qui me fit grincer des dents, et que j'étais sure ils entendirent, fut ses chaussures. Comment pouvait-on aligner un pied devant l'autre affublé de talon de cette hauteur ? Les chaussures étaient vraiment très belles mais j'aurais été incapable de marché plus de cinquante centimètre avec sans me rétamer par terre.
« Bonjour, je suis Alice, » elle s'arrêta un instant, j'ouvris les yeux et vis qu'elle me souriait amicalement, « la petite sœur d'Edward. » ajouta-t-elle rapidement. Aussitôt je me détendis et elle me fit savoir qu'elle l'avait remarqué en me faisant un clin d'œil.
« Ah. Oh… Hum, salut, moi c'est euh Bella, » comment j'avais fais pour ne pas avoir la puce à l'oreille, je savais que ça famille avait emménagé ici et en plus en y regardant de plus près ils se ressemblaient… ben oui des yeux de cette couleur c'est pas vraiment monnaie courante.
« Hum, je t'avais promis de te sortir un peu et pour ce qui ai de l'habillage je pense qu'Alice pourra t'aider enfin si tu es d'accord ? » D'accord ? bien sûre que j'étais d'accord ! J'en pouvais plus de cette chambre, elle me rendait plus malade que l'accident en lui-même, il fallait que je m'aère et puis Alice avait l'air très gentille, elle m'inspirait confiance.
« Euh moi oui, » je me retournais vers Alice, « ça ne te dérange pas ? » Elle me souriait toujours et s'apprêtait à me répondre.
« Bien sûre que non ! Tu sais je viens d'arriver et je ne connais personne donc je suis contente d'enfin pouvoir parler à quelqu'un en dehors de mes membres de ma famille. » Elle avait l'air toute excitée, comme un enfant ouvrant ses cadeaux le jour de Noel. Je ne la connaissais pas mais je savais déjà que je l'apprécierais beaucoup.
Après les présentations, Edward quitta ma chambre et nous attendit le temps que j'enfile mon maillot de bain ou sauveur au choix puis Alice le prévint qu'il pouvait revenir. Je me sentais gênée à l'idée qu'il me voit si peu vêtue, j'étais plutôt timide et pudique c'était d'ailleurs à cause de ce fichu accident que j'avais porté un bikini pour la première fois, en temps normal je me contentais d'un maillot une pièce que personne n'avait vraiment l'occasion de voir puisque j'étais soit dans l'eau soit enroulée dans une serviette.
Quand il entra et que je vis son regard posé sur moi je sentis mon corps s'embraser, c'était comme si j'avais été victime de combustion spontanée. Me connaissant j'étais sure à cent pour cent d'avoir viré au cramoisi, j'avais perdu tout contrôle et était pétrifiée par son regard indécent et pénétrant qui était pourtant – bizarrement – très agréable. Tout ce qui m'entourait avait disparu et plus je le regardais plus il me semblait familier, comme si je l'avais connu et qu'il m'était impossible de savoir comment, c'était à la fois frustrant et excitant, je n'avais jamais rien ressenti de pareil, il me déshabillait littéralement du regard.
Me rappelant que nous n'étions pas seuls – et quoi si on l'avait été ? – je brisais le contact visuel et me retournais vers Alice qui ravalait tant bien que mal un fou rire qui menaçait d'éclater. Oh mon dieu quelle humiliation… Je ne la connaissais que depuis quelques minutes et voilà que je me ridicule en si peu de temps. Je baissais la tête et la secouais de gauche à droite pour ne pas penser à des choses qui m'embarrasseraient encore plus telles que ses magnifiques iris qui transperçaient mon cœur et mon corps ou sa bouche si sensuelle avec laquelle il savait si bien jouer ou encore ses cheveux cuivrés qui lui donnait l'air de s'être réveillé il y a quelques minutes Edward au réveil… Stop !
Tous les deux se retournèrent vers moi surpris et là je compris la boude – encore – que je venais de faire. J'étais persuadée de ne pas avoir dit ça à voix haute mais apparemment je m'étais trompée, résultat ils me fixaient en attendant que je ne leurs explique mon cri.
J'aurais dû parler. Dire n'importe quoi, mais je ne pouvais pas réfléchir correctement, mon cerveau ne m'obéissait plus.
Toujours rien.
Enfin après un lourd silence, Alice se décida à parler en m'adressant un sourire compréhensif que je lui retournais bien volontiers, « Edward ? Si tu veux qu'on sorte un jour va falloir qu'elle se douche tu sais… » Et Dieu créa Alice !
Edward sorti de ses rêveries et j'aurais donné n'importe quoi pour savoir à quoi il pensait. C'est en voyant la lenteur à laquelle son frère répondait qu'Alice ne tenant plus explosa d'un rire hystérique, j'aurais aussi rigolé si cela ne m'avait pas aussi concerné. Je restais muette et leurs jetais des regards tour à tour et me demandais quand Edward allait finir pour émettre un son.
Je n'eus plus beaucoup de temps à attendre, il reprit contenance d'un coup, « Ne bouge pas Bella, je vais te porter, » Hein ??? J'avais surement dû louper un épisode, je ne m'attendais pas à ce qu'il nous détaille son momentum mais je ne m'attendais pas non plus à ce qu'il change aussi facilement de sujet. Du coup je ne savais même plus quoi dire, je regardais Alice et elle haussa les épaules.
« Pas de problème, » Je ne voyais pas bien ce que j'aurais pu dire d'autre.
Il m'accompagna donc jusque dans la baignoire où il déposa puis Alice prit le relai, une fois lavée elle rappela Edward qui me raccompagna jusqu'à mon lit sans prononcer un seul mot et je constatais que ça sœur l'interrogeait du regard.
Edward décida d'attendre au salon pendant qu'Alice m'habillait ce qui nous permit de discuter un peu, elle me parla de sa précédente école, de sa passion pour le stylisme, du petit ami auquel elle avait dû renoncer sans grand regrets et à son appréhension d'arriver dans une nouvelle école en fin d'année scolaire. Elle me dit aussi de ne pas faire attention à son frère que c'était un amour mais que depuis quelques semaines il était bizarre par moment. Je voulais bien la croire sur ce dernier point. Je lui parlais à mon tour de mon accident, de la façon dont Jake avait réagit après ça et le fait que j'ai l'impression qu'on me cachait beaucoup de choses et aussi que j'en avais de ne pas avoir tous mes souvenir surtout que je savais maintenant qu'ils expliquaient les réactions de Jacob. Je me rendis compte qu'on devait être là depuis un bon moment quand Edward toqua et passa sa tête dans l'entrebâillement de la porte.
« Euh les filles, je ne veux pas vous déranger mais il est quand même pas loin de cinq heures du matin et il faut qu'on soit rentrés avant que le chef Swan rentre… » Mince je n'avais pas pensé à ça, papa ferait une crise si je n'étais pas à la maison lorsqu'il rentrerait.
« Excuse-nous, j'adore Bella ! Elle est trop géniale, je suis bien contente que tu m'ais emmené » Pour tout dire, j'étais bien contente qu'elle est accompagnée Edward aussi. Elle était vraiment adorable. Je sentais que je pourrais être très proche d'elle et que je pouvais aussi lui donner toute ma confiance.
« Tu peux m'aider à me lever s'il te plait, Edward ? » J'avais rougis en lui demandant – quelle nouveauté - mais je ne pouvais pas le faire moi-même et Alice me semblait tellement frêle ! Il me regarda et fronça les sourcils comme s'il était énervé. Vraiment lunatique celui-là, Alice avait totalement raison. « Tu ne crois quand même pas que tu vas te lever, rassure-moi. » Ben quoi qu'est-ce que j'avais dit, il fallait bien que je me lève !
Il se rapprocha, s'assit sur le bord de mon lit et se pencha vers moi, son visage n'était plus qu'à quelques centimètres du mien, si seulement je me penchais rien qu'un peu… Même pas en rêve me dis-je. « Ecoute bien ce que je vais te dire, . ! » je crois que la décomposition de mon visage lui fit peur car il s'empressa d'ajouter, « Enfin, pas aujourd'hui en tout cas, c'est ce que j'ai voulu dire. On n'a pas encore finit tes séances de rééducation et je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose alors que je t'ai sorti en cachette de ta chambre. Tu comprends ? »
Oui j'avais compris, j'avais tout compris enfin je crois. Je pense que cela n'avait rien à voir avec le fait de sortir en cachette mais plutôt avec le fait que malgré le fait qu'il n'ait pas l'air de vouloir l'admettre, il se faisait du souci pour moi. Je le regardais, encore une fois il utilisait le regard auquel je ne résistais pas, mon cœur eu un raté – plusieurs en fait – j'avais perdu tous mes moyens. Si je pouvais choisir mon paradis ce serait surement lui, peu importe le reste, s'il était là tout irait bien j'en étais persuadée sans savoir comment, je le savais c'est tout.
Il finit par me porter dans ses bras et nous sortîmes tous les trois de la maison en direction de la partie de forêt qui se trouvait derrière le lycée, il avait prit plusieurs couvertures et les avait disposé sur l'herbes où il m'allongea ensuite. Alice et lui s'assirent ensuite. Je ne sais plus combien de temps nous étions restés là, quand je me réveillais j'étais dans mon lit à la maison et il faisait jour.
Rose arriva quelques minutes après que j'ai ouvert les yeux pour me dire que j'avais de la visite et j'en déduis vu son expression que cela ne l'enchantait pas particulièrement. Elle me redressa en plaçant des cousins derrière mon dos ce qui me fit un peu grimacer et elle s'en excusa. Elle redescendit ensuite au rez-de-chaussée, discuta avec une personne dont j'ignorais l'identité, les voix étaient beaucoup trop basses puis elle remonta chargée d'un plateau avec mon petit déjeuner, en jetant un œil à mon téléphone je vis qu'il était seulement quatorze heures, au moins aujourd'hui je verrais la lumière du jour.
Le plateau contenant un verre de jus d'orange fraichement pressées, des tartines de pain grillé, de la confiture à la fraise, bol de lait et un bout de papier avec deux mots griffonnés par Rose dessus reste calme. Reste calme. Pourquoi fallait-il que je reste calme, je n'étais même pas énervée, au moment où j'allais l'appeler pour lui demander une explication j'eus ma réponse et ce serait vraiment un parcours du combattant pour ne pas commettre un meurtre.
« Salut, Bella »
Jake.
Ma journée avait bien commencé et maintenant elle était totalement foutue. Je savais que cela devait arriver un jour ou l'autre mais j'essayais de ne pas trop y penser. Reste calme. Reste calme.
« C'est vraiment trop gentil de m'honorer de ta présence, je pensais que tu avais quitté la surface de la Terre ou que tu était devenu amnésique. Oh mais attend ? C'est pas toi ça ! c'est moi !!!! »
« J'suis désolé Bells… »
« Oh oh, » me forçais-je en rire en y mettant tout le sarcasme que je pu, « tu crois quand même pas que ça va être aussi facile que ça pour toi n'est-ce pas ? je pense que tu me un peu plus qu'un simple je suis désolé Jake. »
« Je sais. Mais je sais pas quoi dire d'autre. » Il baissa les yeux et avait une mine de chien battu, même si je lui en voulais, c'était dure de garder la sévérité sur mon visage quand je le voyais comme ça.
« Et ben pourquoi tu commencerais pas par m'expliquer ton silence radio ? Ce serait un bon début je pense. » Je croisais les bras sur ma poitrine et détournais mon regard de lui pour jeter un coup d'œil par la fenêtre, il faisait beau aujourd'hui, tout était réunis pour que ce soit une super journée et lui avait tout gâché.
Quand je me retournais je voyais qu'il s'était assis sur la chaise de mon bureau et que sa tête reposait sur ses mains et ses coudes sur ses genoux, il avait l'air de réfléchir à ce qu'il allait me dire et j'avais l'impression qu'il était en train de me trouver une histoire à me servir.
« Je te préviens, je veux la vérité peu importe comment elle est j'en ai marre que tout le monde me cache des trucs. Si c'est pour me raconter des bobards tu peux rentrer chez toi tout de suite. » Il avait levé la tête et avait plongé ses yeux droit dans les miens, je pense qu'il devait chercher si j'étais sérieuse ou pas et il dû se dire que oui car il baissa à nouveau les yeux en secouant la tête.
« Okay, je sais que c'est la dernière fois qu'on se verrait aujourd'hui alors je te dois bien la vérité, » Mais de quoi est-ce qu'il parlait ? Je ne lui avais pas demandé de partir, juste de me dire la vérité.
« Mais pourquoi tu dis ça ? J'ai jamais dis que je ne voulais plus te voir. » Il avait l'air tellement triste que me faisait mal, très mal.
« Crois-moi, quand tu connaitrais la vérité ce serait le cas, j'ai déjà du mal à me supporter moi-même. » Pfff je comprenais rien, qu'est-ce qu'il s'était bien passé…
« Alors voilà, toi tu ne t'en souviens pas mais quand tu as eu ton accident tu revenais de chez moi. »
« Je le sais ça Jake ! » C'était pas une nouveauté, et ça n'avait rien de dramatique non plus.
« Et tu sais aussi que quand tu es partie de chez moi tu étais hors de toi et qu'en conduisant tu as appelé Coop et que tu pleurais tellement que t'as pas vu ce putain de camion te foncer dessus avant qu'il soit trop tard !!!! Tu comprends pas que c'est moi qui t'ai ça ! C'est de ma faute Bells. » Il couru vers moi, posa sa tête sur mon ventre et fondit en larmes, dans cet état il avait l'air d'avoir trois ans, je me rendis compte que je pleurais aussi et une voix à l'intérieur de moi me poussa tout de même à lui poser une question qui me brûlait les lèvres.
« Pourquoi j'étais en colère Jake. » Rien. « Pourquoi ? » Il me serra fort dans ses bras pour s'imprégner de moi, je sentais que cela le tuait de devoir dire ce qui allait suivre mais il semblait aussi savoir qu'il n'avait pas le choix. Il plongea ses yeux mouillés par les larmes dans les miens et m'embrassa, ce baiser avait tout d'un adieu, il avait un goût amer et pourtant c'était si agréable.
« La seule raison pour laquelle tu étais en colère, c'est parce que tu es venue me rendre visite et que tu m'as trouvé au lit avec… »
Je prenais une profonde inspiration et lui posais la question à laquelle il hésitait à donner une réponse, « Avec… Jessica. » IL avait la mine défaite et moi je fondais en larmes, encore. Je l'attendais à beaucoup de choses mais pas à ça. Il avait raison je ne voulais plus le voir, j'avais trop mal, j'avais mal rien qu'en le regardant se tenir là avec des perles salées qui roulaient sur sa peau dorée, j'étais écrasé par la douleur et la peine qu'il m'avait causé.
« Va-t-en »
Ce fut la dernière fois que je vis Jacob Black.
Wow j'en reviens pas moi-même ! Juste pour info, c'est le chapitre le plus long que j'ai écris, il fait 5490 mots !!
Merci d'avoir patienté et de ne pas m'avoir abandonné ^^
La fin est proche, très proche même. Si le cœur vous en dit n'hésitez pas à me donner votre avis
Bisous (et Rob'isous à mes PP 3)
