Le lendemain, on ne parlait plus que du garçon arrivé la veille. D'un côté, Faust était libéré de ne plus être au centre de l'attention, mais il avait aussi de la peine pour le garçon qui endossait tout ça à sa place. Au détour des couloirs, qu'il avait enfin appris à connaître, il le rencontra. Il n'était plus sale et poussiéreux, mais la tristesse était toujours dans ses yeux, avec en plus un air dans le regard qui vous défiait de le croiser. Comme il le faisait avec tous les élèves, il le salua avec un sourire, ce qui sembla surprendre le petit. Il lui marmonna un rapide « 'jour » et disparut dans d'autres couloirs. Il croisa aussi Sid qui lui fit remarquer que sa décision pour son partenaire devait être prise avant la fin de la semaine, en gros demain.
En arrivant en classe, il se sentait plus à l'aise. Il avait passé la nuit dernière à lire les manuels qu'on lui avait donné et était maintenant callé en matière d'âme et de tout ce qui s'y rapportait. Maka en fut joyeusement surprise, au moins, il était bon élève. En allant manger ils discutèrent de tout et de rien. La conversation alla alors sur le jeune orphelin.
- Il semblerait que le choc dû à la mort de ses proches a réveillé son apparence d'arme, expliqua Kid, c'est pour ça que les sorcières ne l'ont pas trouvé. Par contre, ce qui est plus surprenant et inquiétant, c'est que la sorcière qu'il a décrit serait la reine des sorcières. C'est tout ce que j'ai pu apprendre de mon père.
- Qu'y a-t-il de surprenant là dedans, demanda Black Star.
- Habituellement, la reine des sorcières ne sort jamais que pour les messes, le reste du temps, elle délègue les tâches aux autres sorcières. Le fait qu'elle aille en personne peut vouloir dire deux choses, soit elle seule pouvait accomplir cette tâche, soit elle voulait s'assurer qu'elle serait correctement accomplie. Dans les deux cas, cela ne présage rien de bon. Elle devait craindre un des membres de cette famille, surement la sœur qui devait entrer à Shibusen dans peu de temps.
- Et comment va le garçon, demanda Faust. Je l'ai croisé tout à l'heure, il ne semblait plutôt pas dans son assiette.
- Ça doit être dur pour lui, dit Liz, je me sentirais au supplice si Patty mourrait.
- Au fait, c'est quel genre d'arme ? demanda Soul.
- Ben, en réalité… toussa Kid, ce n'est pas vraiment une arme. Il… il se transforme en…
- En quoi ? le pressèrent les autres.
- Ben en bâton… – silence – … en bois.
- Quoi ? rit Black Star, il se change en manche à balai! Ha! Ha! Ha! Ça, c'est de l'arme ! Je comprends que les sorcières ne l'ont pas trouvé, au pire elles se seraient assises dessus ! Ha ! Un manche à balai ! c'est la meilleure !
- Black Star ! s'indigna Tsubaki. Tu devrais avoir honte de te moquer de lui, il est si jeune, sûrement le fait qu'il ait développé si tôt son pouvoir a dû l'affecter.
- Bon, fit Faust, il vaudrait mieux retourner en cours avant d'arriver en retard. Je suis nouveau alors il serait préférable de ne pas m'attirer les foudres des professeurs.
Finalement, la journée passa rapidement et le soir arriva. Faust alla vers la sortie et trouva le jeune garçon, entouré d'élèves assez grands. Ils le pointaient du doigt et riaient. Etonné, il s'approcha quand il perçut une bribe de leurs conversations.
- Tu m'étonnes que sa famille soit morte, il aurait été bien trop faible pour faire quelque chose. Et puis il est bien trop peureux, c'est qu'un petit bébé !
- Ce n'est pas vrai, je suis resté coincé dans le placard…
- A balai! Ça te va bien, dis donc !
- C'est… c'est…
Il était sur le point de pleurer, crispant les traits de son visage pour se retenir.
- Parce que vous pensez, intervint Faust, que c'est à vous, qui avez déjà bien du mal avec de simples embryons de démon, que revient le droit de dire des choses pareilles. Surtout à un enfant de son âge qui a déjà eut le courage de survivre à des sorcières.
- Tiens, dit le plus menaçant du groupe, le nouveau, Faust, c'est ça ?
- Oui.
- Moi, c'est Saïm, et mon pote, c'est mon arme, Siam. On en est à 85 âmes. Ça te dit un petit duel, en toute légalité. Oh, mais tu n'as pas d'arme. Tu penses pouvoir nous battre sans ?
- Oui, mais je préfèrerais en prendre une quand même.
- Ah, ouais ? Et qui ?
- Lui, dit Faust en désignant le petit garçon, qui semblait s'être calmé et le regardait avec de grands yeux étonnés. Enfin, si ça ne le dérange pas.
Le garçon renifla et regarda simultanément Faust et Saïm. Il sembla hésiter.
- Arrête ton char, fit celui-ci, il va se pisser dessus et aller se cacher.
- Non, cria le gamin, j'accepte.
- Cool, sourit méchamment Saïm. Allez chercher un arbitre, on va s'amuser.
L'un du groupe partit dans l'école. Faust posa ses affaires sur les marches de l'entrée et discuta un peu avec le garçon.
- Salut, je m'appelle Faust, je suis nouveau ici, mais je suis un manieur. Quel est ton nom ?
- Gabriel, répondit le garçon. Moi, je suis une arme, enfin…
- Il n'y a pas de « enfin », tu es une arme, et je vais te le prouver. Gabriel, c'est joli, c'est le nom d'un ange.
- Tu es sûr qu'on peut gagner contre eux ?
- Non, mais ça promet d'être intéressant.
Le jeune ramena Stein et le duel put commencer. Les deux adversaires se préparèrent, sûrs d'eux. Siam se changea en dague courbe et effilée. Gabriel prit sa forme de bâton. Le duel commença.
Saïm s'élança sur Faust et donna un coup de dague vif comme l'éclair qui trancha… l'air! Pas encore retombé, il reçut un violent coup de bâton sous le menton, asséné par Faust qui avait eut le temps d'esquiver en se baissant. Il lui redonna un autre coup dans le ventre qui le projeta à plusieurs mètres du sol et sauta derrière lui. Il lui mit le bâton sur la gorge et exerça une pression fulgurante grâce à son genou. Etranglé, Saïm lâcha son arme pour tenter de se libérer. Enfin, Faust ôta le bâton et l'abattit sur le dos de son adversaire. Le combat avait duré une minute, temps de chute compris.
- Saïm ! cria Siam. Tu m'entends ?
- Ouais… pas la peine… de crier… Punaise, il m'a défoncé le dos !
- Ne t'inquiète pas, dit Faust, j'ai évité la colonne vertébrale, ce n'est qu'un duel, après tout. Alors ? Il est pas mal du tout, pour un simple bâton de bois.
- Il est… solide, admit Saïm, presque souriant.
- Mais, crois-moi, la prochaine fois que j'entends quelqu'un le traiter de manche à balai, duel ou pas, je le tue.
Malgré son sourire gentil, tout le monde comprit vite que ce n'était pas des menaces en l'air. Gabriel, qui reprit sa forme humaine, regardait ce jeune homme comme une étrangeté sortit d'on ne sait où. Il se sentait à la fois heureux d'avoir gagné ce duel, mais aussi effrayé par l'aisance que ça avait demandé. Faust se tourna vers lui.
- Dis-moi, proposa-t-il, tu voudrais bien être mon partenaire ?
- Ton… euh… moi ?
- Oui, ça te dis ?
- Euh… oui, oui bien sûr.
- Génial ! Dr Stein! J'ai trouvé mon arme. Je veux prendre Gabriel !
- Quoi ? fit Stein, mais votre écart d'âge risque de poser des problèmes. Je vais en parler à Shinigami. Peut-être sera-t-il d'accord.
- Merci.
Faust se retourna vers le jeune garçon, encore abasourdi de la rapidité des événements.
- On se verra demain. Salut !
Il ramassa ses affaires et disparut dans la ville avant que Gabriel ait eut le temps de répondre. Quand il se rendit compte de ce qu'avait dit Faust, il se retourna vers la rue où il avait disparut et ne put que murmurer un « au revoir » dans le vide.
Et voilou! Faust ce cher Faust a enfin une arme. Bon je suis sur que vous vous en doutiez mais bon. BABAILLE (ouh! je sais de moins en moins écrire!)
