Même si Faust restait constamment confiant, Gabriel avait une frousse bleue. Il faut dire que le château de ce mangeur d'âme n'était pas des plus rassurants. Plusieurs fois, des créatures les avaient attaqués, mais toujours, Faust les avait tués en l'utilisant. Par chance, elles recélaient d'embryon de démon. Ils parvinrent finalement en haut du donjon, dans une salle immense remplie de cercueils et de tombes encastrées dans les murs.

- Habituellement, fit remarquer Gabriel, c'est les princesses qui dorment dans les tours les plus hautes du château ! Les monstres, c'est au rez-de-chaussée !

- Le principe est le même, dit Faust, il est là pour dormir et y est enfermé parce que la tombe qu'il s'est faite s'y trouve.

- Et là il est où ?

- Hm… il est dix heures, il doit revenir à minuit s'il est déjà parti. On n'a plus qu'à l'attendre ici. Qu'est-ce que je suis fatigué, alors ! bailla-t-il.

- Hé ! Ne t'endors pas ! Il faut rester éveillé s'il arrive !

- Inutile, remarqua Faust…

Il prit Gabriel, changé en bâton, et le planta dans le ventre de celui qui n'était plus humain et qui avait tenté de les attaquer par derrière. Surpris par le choc et la douleur, il resta un moment immobile.

- Il est déjà là.

Faust en profita pour lui asséner un coup puissant sur la nuque qui se brisa. Mais même avec le cou tordu, le mangeur d'âme contre-attaqua en tentant de griffer Faust. Celui-ci para le coup en sautant hors de portée de son bras. S'ensuivit un combat aussi rapide que violent. Dracula accumulait de plus en plus d'os brisé mais ne semblait pas en tenir compte. Enfin, Faust arriva à passer derrière Dracula. Il eut un moment comme d'hésitation, d'absence. Mais il se reprit et lui planta Gabriel dans le dos, au niveau du cœur. Le corps disparut enfin et l'embryon de démon illumina la salle d'un éclat rouge sang. Gabriel reprit forme humaine et put l'avaler.

- On s'en est bien sortis, sourit Faust.

- Ouais, mais j'ai eu peur ! Je ne l'ai pas vu venir.

- C'est normal, c'était la première fois que nous faisions une mission. Et puis, c'est difficile pour toi, les autres armes ne font pas de mission avant leurs douze ans révolus. Toi, tu n'as que huit ans.

- Oui mais pour toi aussi c'était la première mission. Et tu n'as pas eu peur.

- Moi c'est un peu différent, je suis plus grand et donc moins impressionnable. Rentrons maintenant. Je ferais le rapport à Shinigami-sama demain.

Rentrés à l'appartement, Faust fit se coucher Gabriel et alla dans sa chambre. Elle était très sobre, presque impersonnelle. Comme tout les soirs depuis maintenant un mois, il s'asseyait à son bureau, une feuille blanche et un crayon en mains, et cherchait en vain dans sa mémoire tout ce qui aurait un rapport avec son passé. Les feuilles cachées sous son plan de travail ne l'aidaient pas. Il avait d'abord énuméré toutes les choses qu'il savait faire, les qualités et les défauts qu'il avait, les moindres facettes de sa personnalité telle qu'elle lui apparaissait. Sur l'une des feuilles était écrite et réécrite la seule phrase qu'il avait de son passé. Phrase qu'il ne cessait de se répéter continuellement. Un mois qu'il s'était observé, examiné, étudié. Un mois pour rien. Il lâcha son crayon et défit son lit et se coucha.

- Debout, Gabriel ! On a cours ! Dépêche-toi, le petit déjeuner va refroidir. Mifune a appelé, Angela va venir aujourd'hui.

- Angela ! s'écria Gabriel. Elle va venir ! Elle ne risque rien ?

- Non, elle restera dans la salle de classe, mais elle voudrait te voir, et à l'heure.

- Je me dépêche !

- Au fait, fit innocemment Faust, elle est plutôt jolie, cette petite sorcière.

- Oui, avoua Gabriel sans se méfier. Elle est aussi très drôle et elle sait faire plein de tours.

- Est-ce que par hasard, tu ne serais pas un peu… amoureux d'elle ?

Gabriel recracha son chocolat.

- Moi ? mais euh… non ! pas du tout !

- Mouais, pas convaincant, affirma Faust.

- C'est une amie, rien de plus.

- Si tu le dis, soupira le manieur. Elle reste quand même très spéciale comme amie, tu ne te mets pas dans des états pareils quand Patty vient jouer avec toi.

- Patty, elle n'a pas mon âge. Dépêche-toi, on va être en retard !

- Et c'est toi qui dis ça...


Autant de chapitres d'un coup, je suis complétement malade!! Enfin j'espère que je ne vais pas faire trop de chapitres...

Un peu de normal dans ce monde de fou, j'avais pas encore fait les rapprochement entre Angela et Gabriel mais je me suis dis que ça pourrait être MEUGNON. Enfin, voilou!