Faust arriva juste à temps pour le début du cours. Gabriel sourit à son arrivée.

- J'ai cru que tu n'allais pas venir.

- J'ai juste eu un contretemps, ne t'inquiète pas.

- Ben si, justement ! Tes contretemps ont toujours le don de durer des heures.

Faust sourit à son arme et avança la main dans ses cheveux, mais il arrêta son geste et feignit de suivre le cours.

- Il faudrait qu'on s'entraîne, chuchota Gabriel dans l'oreille de son manieur. Les autres utilisent la résonnance des âmes.

- Tu es peut-être un peu jeune pour qu'on le fasse, Maka et Soul n'ont réussi que l'année dernière.

- Je vous conseillerais d'attendre la fin du cours pour continuer votre discussion, les menaça Mifune. Principalement pour toi, Faust.

- Oui, monsieur excusez-nous.

Malgré les vains espoirs de Faust, Gabriel reprit le sujet à la fin du cours.

- Allez ! Faust, dis oui !

- C'est vrai que plus tôt vous maîtriserez la résonnance des âmes, plus Gabriel sera fort, appuya Tsubaki.

- Je préfèrerais qu'on attende un ou deux ans avant.

- Bon d'accord, admit Gabriel, mais on pourrait s'entraîner quand même pour te permettre de développer de nouvelles techniques.

- Inutile, on en a déjà qui suffisent largement, pas besoin d'en créer d'autres.

- Là part contre, tu as tort, dit Kid, qui sait quelles créatures vous affronterez par la suite. Il est préférable que vous ayez une technique plus puissante, histoire de ne pas vous retrouver face à un adversaire que vous ne pourrez pas battre.

- Arrête, intervint Soul, tu as vu comme moi la technique de Faust, il est tellement rapide que ses adversaires n'ont pas le temps de parer, alors pour attaquer ça va être dur. Même Black Star, je doute qu'il puisse gagner contre eux.

- Hé !

- Et même si notre technique ne te plait pas Gabriel, c'est la plus sûre. Elle nous suffit largement !

- Qu'est-ce que tu as, Faust ? Tu semble énervé.

- C'est rien, je suis fatigué, c'est tout. Rentrons à la maison. Au revoir tout le monde.

- Au revoir.

Tandis qu'ils s'éloignaient, Soul glissa un mot à l'oreille de sa manieuse.

- On devrait aller voir le professeur Stein. Je crois qu'il y a un problème.

Sitôt dit, sitôt fait. Les deux jeunes se dirigèrent vers le laboratoire du docteur Stein. Celui-ci les accueillit et les mena dans son bureau.

- Excusez-nous de vous déranger, mais nous nous inquiétons à propos de Faust. Il agit bizarrement depuis quelques temps.

- Je sais, répondit le docteur. Mais je pense que ce n'est que le début.

- Pardon ?

- Depuis son arrivée, j'ai fait des recherches sur ce qui s'est passé, cette nuit-là. J'ai rendu mon rapport aujourd'hui à Shinigami et je devais vous en faire part demain, mais enfin, puisque vous êtes là…

Il s'assit sur sa chaise de bureau et alluma une cigarette.

- Le corps dont l'âme avait décuplé est celui d'un étudiant de médecine allemand. J'ai appris qu'il était d'un des membres de la famille Faust. C'est le nom d'un homme connu chez les chrétiens pour avoir vendu son âme au Diable pour avoir plus de puissance et entre autres rendre la vie à sa défunte épouse. Mais un corps est fait pour posséder un esprit et une âme, il y a donc forcément une raison à cette unité et une raison pour laquelle on ne doit pas la briser, et je l'ai trouvé.

- Et vous avez pu expliquer son apparition soudaine ?

- Mieux, j'ai toutes les explications dans ce cahier. Dès que vous l'aurez lu, il sera mis à l'annexe.

Il leur lança un vieux carnet noir aux pages cornées couvertes de calculs et de phrases étranges et à la couverture abîmée d'un grand portait dessiné à la main. Maka l'ouvrit et ils lurent tous les deux les deux seules pages lisibles. Cela ressemblait à un journal de bord :

« Journal de Hans Faust, descendant de Faust le Magicien,

6 Avril,

Enfin mes recherches ont aboutis ! Je suis allé plus loin encore que mon digne ancêtre et je sais, non seulement ramener les morts à la vie, mais aussi créer des nouvelles entités ! Quand j'y repense, je me dis que j'ai été bien sot de ne pas avoir découvert plus tôt ce secret de la vie. Mais je dois dire que je ne peux enlever à mon noble aïeul la réussite de sa vie. En effet, donner son âme est nécessaire à ce miracle. Mais les êtres créés n'en possèdent pas, ils ne ressentent donc plus la peur, ni aucune émotion passionnée. De plus, leur stade de maturation à la naissance est celui de nos adolescents humains, leur période juvénile est donc accrue. Il n'est plus nécessaire d'attendre vingt ans à enseigner les créatures vils que nous sommes, tirées du ventre des femmes et qui doivent mettre des années à apprendre le langage et la science. Leur absence d'âme est comblée par une mémoire inimaginable et des aptitudes physiques et mentales innées. Ils n'ont pas nécessairement besoin de manger ou de dormir, à peine de respirer et leur métabolisme résiste aux plus graves maladies. Je n'ai malheureusement pas encore fini les recherches sur leur code génétique et leur apparence physique dépend d'un facteur qui m'est inconnu. Mais mes recherches avancent à grand pas.

10 Juillet,

Il semblerait qu'un problème vienne contrarier mon plan. Mes cobayes ont assimilé toutes les connaissances que j'avais jusque là apprises et ils en demandent encore. Leur mémoire n'est pas tarie et semble au contraire en demander toujours plus pour combler leur absence d'âme. Malheureusement, mon premier prototype est un échec. Son corps semble mal adapté à son manque d'âme et je l'ai retrouvé ce matin dans sa cellule, mort. Il était issu de l'âme de ma chère et tendre fiancée et a semblé éprouver plus de souffrance que ceux issus des âmes des sans abris récupéré le mois dernier. Sûrement était-ce dû à son origine féminine. Sa volonté de fer lui a pourtant permis de retenir sa respiration jusqu'à la mort. Quelle magnifique puissance il a montré ! Espérons que les neuf autres cobayes se montrent aussi puissants. Je les ai baptisés les « sans-âmes ». J'ai réussi à disposer mon âme pour qu'elle donne naissance à un tel homme. Je dois maintenant composer une communauté de sans-âmes qui feront de demain une nouvelle ère de puissance, sans peur. »

- La dernière page est datée du jour de sa mort. Malgré ma grande expérience sur le sujet des âmes, je dois avouer que cette fois-ci je suis tombé sur un gros problème.

- Donc Faust est un « sans-âme ».

- C'est ça. Et en approfondissant les recherches j'ai trouvé le facteur qui détermine l'apparence des sans-âmes. Soul, c'était toi qui étais à côté du corps quand l'âme s'est mise à briller.

- Oui, pourquoi? Ça a un rapport ?

- Oui, Faust a mon apparence parce que tu étais le plus proche de l'âme. Et elle a lu en toi que la personne qui te faisait le plus peur, c'est moi. L'âme décide de prendre l'apparence d'une personne crainte dans un souci de protéger le sans-âme qu'elle anime. Je ne savais pas que je t'effrayais, s'amusa le docteur.

- Faut dire aussi que vous êtes flippant dans votre genre.

- Attendez, coupa Maka. Ça signifie que Faust est né la nuit où on l'a trouvé et parce qu'une âme s'est autodétruite ?

- Oui, à peu de chose près.

- Comment ça ?

- En réalité, elle ne s'est pas autodétruite. C'est bien plus grave. Elle a été échangée contre la vie de Faust. Ce qui nous amène à nous demander qui est responsable de cet échange.

- Vous avez une idée sur la question ?

- Pas la moindre, mais Shinigami veut que vous fassiez une enquête en Allemagne. Il vouait envoyer son fils mais cela fait trop de personnes concernées. Vous devez être aussi très discrets sur cette affaire pour ne pas lever de soupçons.

- Comptez sur nous !

- Autre chose : j'ai découvert un inconvénient de la situation de Faust. Il n'a pas arrêté d'apprendre depuis qu'il était arrivé, si bien qu'il a assimilé toutes les connaissances qu'on lui a enseignées. Il continue d'apprendre en lisant tout ce qu'il a sous la main mais ça ne semble plus suffire. L'esprit de Faust ne ressent pas le besoin de cette âme directement, mais son corps, au contact d'âmes cherche à les copier en lui par les souvenirs. Il a déjà eut des réminiscences du passé de Gabriel et du mien, alors il ne faut plus le toucher.

- Ça explique pourquoi il ne veut pas s'entraîner avec Gabriel. Ça risquerait de lui montrer son passé.

- De plus il ne ressent aucune peur, aucune émotion forte, d'où sa constante bonne humeur, mais ce manque de sentiment l'amène à considérer moins sérieusement les choses. La seule crainte qu'il semble ressentir, c'est le danger de blesser son arme, d'où son souci de livrer des combats en peu de temps. Il faut qu'il reste malgré tout vigilant.

- Vous allez lui dire la vérité ? demanda Maka.

- Je ne sais pas, répondit Stein. Son existence n'a logiquement pas lieu d'être. Il est un peu comme une machine, un golem ou une chimère.

- Hé ! intervint Soul, ce n'est pas parce que vous me foutez les jetons que je vais vous laisser dire du mal de Faust. C'est un mec cool, et c'est mon ami.

Stein sourit, il aurait presque parié que c'est Maka qui aurait réagit mais Soul apparemment était plus rapide. Mais elle ne resta pas en retrait.

- C'est vrai, ajouta Maka, il est gentil et attentionné ! Il est aussi très respectueux envers son arme pour ne pas profiter de la situation. Professeur, je trouve que vous devriez lui en parler !

- Je n'en ai pas le droit sans l'accord de Shinigami. Il faut d'abord que vous meniez votre enquête. Je vous donnerez les informations nécessaires demain. Maintenant rentrez chez vous, il est tard.

Un peu déçus, ils quittèrent le laboratoire, sous le regard du docteur.

- Pourquoi ne pas les leur avoir donnés maintenant ? demanda la voix de Spirit dont le visage apparut derrière Stein.

- Pour éviter qu'ils y aillent ce soir même. Ils en seraient bien capables, si c'est pour un ami.

- Et pourquoi Shinigami ne veut pas que Faust sache pour son passé ?

- Qui sait si la personne qui lui a donné naissance n'est pas un embryon de démon. Dans ce cas-là on devra la tuer, mais peut-être que cela va aussi entraîner la mort des sans-âmes… Faust compris.


Je me suis demandée toute la journée si j'allais tuer mon personnage. Mais je ne vous dirais pas si je le fais ou pas, à vous de découvrir. Ainsi vous savez tout, ça ne tient peut-être pas la route mais ça m'a parut clair quand je l'ai imaginé. Enfin dites-moi. Bye!