Chapitre spécial Noël parce que je suis une fille de l'hiver (le 29 je suis adulte et responsable de mes actes... civilement et seulement civilement). j'espère que ce chapitre vous plaira, car j'ai beaucoup aimé l'écrire! Bonne lecture!
Noël approchait à grand pas. Les vacances commencèrent par une journée glacée et claire. Faust et Gabriel revenaient de mission avec leur 78ème âme en poche. Mais malgré leur réussite maintenant habituelle, Gabriel n'avait pas le moral. Noël avait toujours sonné pour lui comme une fête en famille et lui rappelait fatalement la mort de ses proches. Voyant son humeur se dégrader, les autres élèves se réunirent et un complot se prépara…
Angela avait beau lui montrer tous ses nouveaux tours, elle n'arrivait pas à accrocher un sourire au visage de son ami. On était le 24 et il ne restait plus qu'un jour avant noël. Le soleil froid de l'hiver allait se coucher, laissant la lune rieuse le remplacer dans le ciel.
- Bon, dit Faust de la cuisine de leur appartement, il faut aller faire les courses pour demain ! On y va ensemble, comme ça vous choisirez le gâteau !
- Oui ! cria Angela. On y va !
- D'accord, dit platement Gabriel.
Ils partirent donc en ville. La rue commerçante était joliment décorée, et plusieurs vendeurs avant orné leur tête de bonnet de père noël. Faust et lui profitèrent de la vision agréable de ces décorations, pensant à leur appartement qu'ils n'avaient pas eu le temps de décorer. Ils firent tous leurs achats et s'apprêtaient à rentrer quand ils virent un manège pour enfants sur une place non loin de là.
- Gabriel ? demanda Angela, on va faire un tour ?
- Euh… je n'ai pas très envie de le faire.
En réalité, il trouvait ce manège trop enfantin pour lui.
- Vas-y, dit Faust.
- Mais et toi ? demanda Gabriel.
- Je n'ai qu'à m'asseoir sur un banc en attendant. Rien ne presse.
- S'il te plait, articula Angela en tirant Gabriel par la main.
- Bon, d'accord, mais un seul.
- Oui !
Tandis qu'il prenait place avec Angela dans un traineau en bois, Gabriel vit l'enseigne du magasin qui proposait l'attraction. Il s'agissait d'un magasin de jouet. La vitrine était richement décorée et présentait de magnifiques jouets et jeu. Parmi des jouets suspendus, Gabriel vit une marionnette vêtue d'une robe bleu roi et argent. Son visage d'une blancheur exquise était magnifié par les yeux noirs et la chevelure brune de la poupée sur laquelle était posée une couronne de prince. Elle tenait une lyre et une boîte à musique cachée en elle semblait la faire chanter. Quand le carrousel commença à tourner, Gabriel détacha vivement ses yeux du jouet et vérifia que ni Angela, ni Faust ne l'avait pas vu le fixer. C'était une poupée très belle, mais aussi très chère.
Visiblement, ils étaient tous les deux occupés à autre chose et n'avaient pas remarqué son intérêt.
Une fois le tour terminé, ils rentrèrent enfin.
- Zut ! fit Faust en faisant tomber les clés. Gabriel, tu peux ouvrir la porte s'il te plaît. Avec tous ces paquets j'ai les mains prises.
- D'accord, dit Gabriel en ramassant les clés.
Il ouvrit la porte et fut éblouit par la lumière qu'il reçut dans les yeux. S'il n'avait pas reconnu ses amis, il aurait pu penser s'être trompé d'appartement tant il était changé.
Un sapin touffu et décoré ornait le centre de la pièce, au pied duquel croulait un nombre incalculable de cadeaux. Des guirlandes de toutes les couleurs étaient accrochées aux murs et aux meubles. Ils avaient même fait une crèche dans un coin de la pièce. Maka, Soul, Kid, les sœurs Thompson, Chrona et Ragnarok, Tsubaki, Black Star, et même maître Mifune étaient réunis dans la pièce.
- Joyeux noël ! crièrent-ils en chœur à l'entrée de Gabriel.
Le garçon, les yeux surpris et émerveillés, fit un large sourire devant ses personnes, si nombreuses à venir fêter Noël avec lui.
Ils firent une joyeuse fête, mangeant, buvant (du Champommy ! c'est des enfants quand même !), discutant, chantant. Angela entraîna Gabriel sous le gui pour lui faire un bisou comme le veut la coutume, le rendant rouge tomate et faisant rire tous les autres, sans se moquer mais quand même un peu. Puis vint minuit et la distribution des cadeaux. Gabriel n'y avait pas pensé, mais Faust offrit des cadeaux à tous le monde « de la part des deux », étonnamment bien choisi au vu de la tête des destinataires. Gabriel reçut des jouets de tous. Faust reçut des livres. Enfin, la soirée se termina, et tout le monde repartit chez soi, le cœur et les mains pleines.
Gabriel somnolait déjà sur un fauteuil, et Faust dû le coucher. « Dire que je ne lui ai toujours pas offert son cadeau, se dit-il en remontant la couette sur l'enfant »
Le lendemain, Gabriel se réveilla difficilement. Il sentit l'odeur du chocolat chaud et les croissants apportaient leur chaleur jusque dans sa chambre. Faust passa sa tête dans l'entrebâillement de la porte et le vit ouvrir un œil fatigué.
- Bonjour, Gabriel ! Le petit déjeuner est prêt, tu te lève ?
- N'arrive, marmonna l'enfant.
Il se leva péniblement et traîna les pieds vers la cuisine en se frottant les yeux. Mais en s'asseyant devant son bol, il vit quelque chose assis en face de lui, sur la table. Ce n'était pas la poupée qu'il avait vu la veille mais elle lui ressemblait. Une magnifique marionnette blonde aux yeux bleus et aux cheveux longs. Sa robe blanche et or était brodée de sublimes arabesques colorées. Elle tenait en main un bâton de berger sculptée et de superbes ailes s'étendaient depuis son dos de chaque côté. Elle n'avait pas de couronne mais une auréole d'or tressée coiffant les cheveux blonds de la marionnette. Ce n'était pas la marionnette du magasin, elle était bien mieux que celle du magasin.
- Joyeux Noël, Gabriel, lui souhaita Faust. J'espère qu'elle te plaît.
- Elle est… super, bégaya-t-il. Mais c'est un cadeau trop beau…
- Content qu'elle te plaise ! dit Faust. Je n'avais pas le modèle alors j'ai un peu improvisé, avoua-t-il.
- Tu… c'est toi qui l'as faite ?!
- Oui. Sauf la boîte à musique. Écoute.
Faust prit une clé posée à côté et la fit tourner dans le dos de la marionnette. Une douce mélodie s'éleva du corps mécanique. C'était un air que Gabriel n'avait jamais entendu mais d'une beauté envoûtante. Au son de cette musique, Gabriel sentit son cœur s'élargir dans sa poitrine, comme s'il allait exploser de joie et de bonheur. D'abord la soirée avec tout le monde, et maintenant ce cadeau, fait exprès pour lui et si beau. Il serra la poupée contre son cœur. Une larme coula le long de sa joue, une larme qui mourut dans son sourire. Il ouvrit les bras et sauta au cou de son manieur l'étreignant de toute la force de ses sentiments.
- Merci ! Merci beaucoup. Mais tu sais, je n'ai pas de cadeau pour toi. Je suis désolé.
- Ça, dit Faust en caressant les cheveux de Gabriel, tu n'as pas à t'en faire. Mon cadeau de Noël, je l'ai reçu deux mois en avance. J'ai reçu une arme géniale, et ami irremplaçable. Tu es ce cadeau, le seul dont j'ai besoin.
…
Deux jours passèrent. Comme ils étaient en vacances, Faust et Gabriel avaient décidé de ne pas faire de mission et restaient à Death City pour se reposer et s'entraîner. Pour fortifier son corps, Faust avait appris à Gabriel différents styles de combat. Ils étaient dans une salle de sport vide de Shibusen et Gabriel apprenait à manier le bâton. Soul, qui regardait demanda :
- Que Faust manie un bâton, je comprends, mais pourquoi tu accordes tellement d'importance à faire pareil, Gabriel ?
- C'est simple, dit le garçon sans arrêter ses mouvements. Ça me permet de voir comment s'y prend Faust, quand il me manie, ça me permet de visualiser les mouvements qui pourraient l'aider.
- T'as juste à te transformer, Faust fait le reste, normalement, dit Maka.
- Ben non, justement. Sinon il prendrait une arme normale. En tant qu'arme, on peut moduler notre forme selon les besoins de notre manieur. Par exemple, Faust se sert de moi pour garder son équilibre quand il esquive. Je ne dois pas mettre tout mon poids de façon uniforme dans l'arme, mais plutôt le concentrer dans la direction inverse à lui.
- Comme moi avec la faux, comprit Soul en frappant le poing dans sa main. Tu te sers du poids de ma tête pour contrebalancer celui de ton corps, Maka.
- Voilà, dit Gabriel, ou comme quand Faust fait ça :
Il fit pivoter le bâton à toute vitesse dans ses mains.
- Mais moi je n'ai pas de tête, alors c'est plus difficile. Et en plus, comme je ne suis pas très sophistiqué en arme je m'entraine dur. Je dois aider au mieux mon manieur.
- Je me demande si je saurais manier une faux, se demanda Soul. Ça doit être galère.
- T'imagine pas, soupira Maka. Mais comme tu es une arme puissante, ça me va.
- Ouais, là aussi je rattrape ta faiblesse.
- Makaaa Chop !
Voyant ses deux aînés se disputer ainsi, Gabriel se mit à rire. Son rire clair parvint aux oreilles de Faust, qui s'entraînait un peu plus loin. Ce son, qu'il entendait pourtant souvent, l'arrêta net dans son geste. Il écouta son arme rigoler, comme si s'était la première fois qu'il entendait quelqu'un rire. Soul le regarda.
- Faust, tu vas bien ?
- Hein ? Ah ! Oui ! j'étais perdu dans mes pensées.
- T'es super pâle, lui dit-il. Tu devrais te reposer une minute.
- Non, ça va. Je vais bien.
- Soul a raison, dit Maka. Assieds-toi un moment.
- Bon, d'accord, si vous y tenez.
Il prit une bouteille d'eau et but quelque gorgée en s'asseyant à côté de Soul.
- Mais je ne comprends pas pourquoi toi tu t'entraine autant, Faust, avoua Maka. Tu es suffisamment fort pour battre Black Star seul, pourtant.
- Je ne m'entraine pas pour devenir plus fort, dit Faust. Je soutiens mon arme, c'est tout. C'est Gabriel qui veut devenir plus fort, alors je l'aide.
- Faust ? s'inquiéta Soul.
- Quoi ?
- Tes yeux. Tes pupilles blanchissent. On dirait que t'es aveugle.
- Ah, bon ? dit Faust en se levant pour éviter d'inquiéter Gabriel. Pourtant je vous vois très bien.
- T'as de la fièvre ? demanda Soul en se levant aussi et en posant sa main sur le front de Faust.
Tout se passa très vite. Soul se transforma en faux et atterrit dans la main de Faust qui semblait victime d'une nouvelle absence. Immédiatement, Soul se changea en Kisin Gari. A peine une demi-seconde plus tard, Faust se reprit et lâcha prestement Soul en reculant jusqu'au mur. Soul reprit sa forme humaine et s'écroula au sol, dévisageant Faust avec des yeux ronds et bouche bée. Les yeux de Faust avait repris leur couleur normale, mais son visage lui, restait pâle. Il plaqua sa main sur sa bouche avant de partir dans les vestiaires en bégayant un pardon d'une voix sourde.
- Faust ! tenta de le retenir Gabriel, sans succès.
- Soul ! cria Maka, sans plus de résultat.
Celui-ci était comme hypnotisé par la porte où était sorti Faust.
- Alors c'était vrai ? demanda Maka comme à elle-même. Il est vraiment…
- Il est quoi ? demanda Gabriel.
- Désolée, s'excusa Maka. On ne peut rien te dire. Tu ne dois pas savoir.
- Mais c'est mon manieur. J'ai le droit de savoir ! – Maka se tut – Allez tous crever !
- Gabriel !
Mais il était déjà sorti, à la recherche de Faust qu'il retrouva dans les vestiaires. Il avait la tête baissée au dessus d'un lavabo. Son visage et ses cheveux dégoulinaient en grosses gouttes d'eau, et ses mains s'accrochaient aux rebords de l'évier, tremblantes. En entendant son arme s'approcher, il esquissa un pas en arrière, s'éloignant de lui pour s'appuyer au mur du fond.
- Gabriel. Reste là. Je préfère que tu restes éloigné.
- Non, cria-t-il en agrippant la manche de Faust. Je veux savoir.
Il avait dans sa voix un sérieux qu'il n'avait jamais employé auparavant. Il baissa la tête et murmura :
- Il se passe des choses que j'ignore. Je ne sais pas tout, mais toi, et les autres, vous savez et vous ne me dites rien. Si ça a un rapport avec toi je veux savoir ! Je sais que je n'ai aucun droit sur toi, ou ton passé, ou tes secrets. Mais on est devenu une équipe, et je ne veux pas perdre mon équipier !
Il releva la tête, lançant un regard déterminé et sérieux à Faust, il pleurait, aussi.
- Alors dis-moi ! hurla-t-il.
Faust se laissa glisser le long du mur pour être à la hauteur de l'enfant qui reniflait bruyamment. Il lui tendit un mouchoir et lui ébouriffa les cheveux après une seconde d'hésitation. Son cœur le lança.
- Je voudrais tant pouvoir te le dire, avoua Faust. Mais tous ceux qui savent déjà doivent supporter le secret, et aussi difficile que ça puisse être, je te demande de ne pas me demander ça, s'il te plait.
- Tu es malade ? ou tu vas mourir ?
- Je ne sais pas. Mais je ne pense pas.
- C'est à cause de ton passé ?
- …oui, sûrement.
- Tu as fait quelque chose de mal ?
- Je ne sais pas.
- ALORS QU'EST-CE QUE TU SAIS ?
Faust prit l'enfant dans ses bras, pour essayer de le calmer. Il sentit son cœur luoper un battement.
- Je sais que tu es triste, que tu ne sais pas ce qui se passe mais que tu veux m'aider. Mais je sais aussi que pour le moment, le seul moyen que tu as pour m'aider, c'est de ne pas t'occuper de cette histoire, D'accord ?
- Non ! cria Gabriel en repoussant Faust pour mieux le voir. Je suis ton partenaire ! Depuis ces mois qu'on est ensemble, tu sais pratiquement tout de moi, alors moi aussi je veux tout savoir de toi !
Dans ses yeux brûlait une colère et une tristesse incroyable pour un enfant de son âge. Faust, surpris, soupira.
- Dans ce cas, murmura-t-il, je vais te dire tout ce que je sais.
Et il commença son récit, depuis qu'il était arrivé jusqu'aux derniers évènements en date, en passant par tout ce qu'il avait appris, tous les détails que Gabriel pourrait ignorer, lui avouant même avoir vu son passé, et depuis peu celui de Soul. Il lui révéla les soupçons que tous avaient sur lui. Au fur et à mesure de son monologue, Faust sentait son cœur s'agiter ou s'arrêter par moment. Mais il voulait aller jusqu'au bout, tout dire. La fin de son récit lui fut plus difficile encore. Il ne voyait plus clairement Gabriel, comme une forme floue devant lui. Ce dernier buvait ses paroles, n'osant pas l'interrompre, les yeux écarquillés devant les vérités que lui livrait son partenaire. Son cerveau retenait chaque mot et les assimilait un à un. Ils restèrent un long moment ainsi quand Faust se tut enfin. Après quelques secondes de réflexion, Gabriel ouvrit la bouche.
- Donc, tu n'as pas d'âme ?
- Non.
- Et tu es suspect ?
- Oui, souffla-t-il.
- Shinigami ne voulait pas que je le sache, je vais devoir me taire.
- Inutile, avoua Faust en montrant le miroir devant lequel il s'était tenu à son arrivée, il saura tout maintenant.
En effet, on pouvait voir les chiffres 42 42 546.
- Son répondeur, je vois. Encore une ou deux questions : Tu portes des gants pour ne pas voir le passé des autres…
- Oui.
- Mais tu as déjà vu le mien.
- Désolé…
Gabriel resta muet un moment. On n'entendait plus un mot, mais la respiration de Faust devenait difficile. Gabriel s'en aperçut soudain.
- Faust, ça va ?
- Ouais, je… j'ai juste un peu de mal à respirer…
- Je vais chercher de l'aide, ne bouge pas !
- Attends ! ça va aller… mais je veux savoir. Qu'est-ce que tu penses de tout ce que je t'ai dit.
- Ce que je pense… ?
- Comment tu me vois, maintenant ? Est-ce que… est-ce que j'ai changé à tes yeux ? est-ce que tu… me… considère toujours… comme ton manieur… comme ton…. ami ?
Les larmes qui roulèrent sur les joues de Faust n'avaient rien à voir avec son état de santé. C'était peut-être la première fois qu'il ressentait cette émotion, mais ce fut un choc pour lui de la ressentir avec autant de puissance. Il avait une peur viscérale de la réaction de Gabriel. Peur de perdre la seule personne qui le considérait réellement comme il était, ou comme il voulait être : Quelqu'un, et non pas quelque chose. Un humain, et non pas une créature sans âme. Mais maintenant qu'il savait tout ? Maintenant ?
Il regardait son ami en face de lui sans le voir, flou et immobile. Etait-il en train de réfléchir, le regardant avec cette colère de tout à l'heure qui lui avait fait si mal ? « Je t'en supplie, pensa-t-il, parle ! Dis quelque chose, n'importe quoi ! » Sa vue se brouilla davantage.
- Faust, dit Gabriel, tu ne vas vraiment pas bien…
- Réponds ! cria Faust plus fort qu'il ne l'aurait pensé. Réponds...
Il ne put rien dire de plus, il ne vit plus rien, il ne put qu'entendre son nom crié par Gabriel avant le silence et sentir ses mains le rattraper avant qu'il ne s'effondre dans le noir et perde connaissance.
Voilou! Alors? Vous sentez, comme ça sent l'embrouille? Moi je le sens à plein nez! Mais c'est normal, je suis l'auteur! En fait, l'épisode de la marionnette, c'est un fait réel! C'est une des marionnette (que j'ai améliorée...) qui m'a donnée l'idée de cette histoire alors j'ai voulu lui rendre hommage! Bye!
