Un grand merci à Socks pour son idée de titre génial !
C'est toujours un plaisir de bosser avec toi ! ;-)
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- Quelqu'un peut-il, par Merlin, me dire ce qui s'est passé ici ?
Les expressions sur les visages variaient selon les propriétaires. Minerva oscillait entre horreur et colère, Camille regarda le cadavre d'un air hautain et une indicible fierté brillait sur son visage lorsqu'elle leva les yeux vers la panthère. Drago arborait un masque impassible qui n'attendait que de voler en éclats. Quant à Harry, il semblait tout simplement perdu.
La question de Drago resta en suspens de longues secondes avant que la voix tremblante d'Hermione ne lui réponde.
- C'est Magnus… Il a transplané dans Poudlard… Il m'a attaqué et.. je ne sais pas comment mais Severus s'est réveillé et l'a tué… Oh, Merlin !
Elle vacilla et Camille accourru pour la soutenir sans tenir compte des grondements de l'Animagus à qui elle jeta un regard noir.
- On se calme, Lord Prince ! Si vous n'étiez pas aussi borné, c'est dans vos bras qu'elle serait ! lui lança-t-elle moqueuse.
Un grondement lui répondit qui fit lever un sourcil à Drago. Son épouse l'étonnnerait toujours. Tenir tête à Severus Prince était déjà un exploit en soi, mais le remettre à sa place alors qu'il montrait les crocs…! Merlin ! Il allait devoir lui montrer l'étendue de son admiration !
Camille aida Hermione à s'asseoir sur le lit et prit place à côté d'elle, repoussant sans ménagement la panthère trop envahissante.
Minerva attendit que la sorcière ait repris ses esprits avant de demander doucement.
- Comment cet homme a-t-il pu transplaner dans Poudlard…?
- Son sang… Le sang du Directeur de Poudlard coulait en lui…
La voix d'Hermione, affaiblie, leur donna l'explication et Drago hocha la tête en souriant. Miss Je-Sais-tout jusqu'au bout !
- De toute façon, nous ne pouvons que nous féliciter de cette mort. Merci à toi, parrain !
Il leva les yeux au ciel avant de continuer.
- …Mais si tu pouvais revenir parmi nous, ce serait tellement plus appréciable !
La panthère cligna des yeux et s'allongea aux pieds d'Hermione, mettant fin à toute tentative de discussion.
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Hermione fulminait ! Trois semaines ! Trois putains de semaines qu'elle ne pouvait pas faire un pas sans avoir cette bestiole collée à ses basques ! Elle avait tout essayé ! La colère, les suppliques, l'indifférence, … TOUT ! Mais le sorcier le plus borné de l'histoire du monde magique persistait à croire qu'il serait préférable qu'il ne retrouve pas forme humaine ! Elle en avait putain de marre ! Elle commençait son cinquième mois de grossesse et la fatigue, cumulée à son irritation la rendait inabordable. Les Serpentards avaient vite compris mais, étonnement, ils avaient choisi de prendre son parti plutôt que celui de leur ancien Directeur de Maison. Ainsi, Severus ne récoltait plus que des regards au mieux ennuyés, au pire noirs, de la part de ses anciens Serpentards. Mais il n'en avait cure. S'il devait à nouveau affronter le mépris pour protéger Hermione de tous et de lui-même, il l'affronterait.
Et c'est ce qu'il fit. Avec brio. Jusqu'à cette soirée-là.
Hermione était entrée en trombe dans la Grande Salle, repoussant la porte sur le museau de l'Animagus qui la suivait. La journée avait été longue, elle était épuisée et cette peluche contribuait plus que fortement à son énervement. Elle alla s'asseoir à sa place, rageuse et se prit la tête entre les mains en sentant l'animal s'allonger à ses pieds sous la table.
Son état n'était pas passé inaperçu dans la Grande salle et encore moins à la table des Serpentard. Les septièmes années se consultèrent un instant du regard et Alton Jackson se leva de sa place suivi par des centaines d'yeux. Il vint se planter courageusement devant la place d'Hermione et baissa un regard froid sur l'Animagus.
- Severus Tobias Prince. Je vous parle au nom de l'ensemble de ce qui fut votre Maison. Votre comportement vous déshonore et, à travers vous, nous subissons votre affront. Au risque de me répéter, vous nous aviez autrefois appris qu'un Serpentard ne se dérobe pas devant les épreuves. Avez-vous donc oublié vos propres enseignements ?
L'animal lui lança un regard de tueur mais le jeune homme l'ignora superbement.
- Notre Maison a pris une décision, Lord Prince. Jusqu'à ce que vous vous décidiez à reprendre votre apparence et à assumer votre place dans ce monde, nous refuserons votre présence dans nos quartiers, à notre table, dans nos cours… mais également lorsque nous voudrons nous adresser à notre Directrice de Maison.
Le jeune homme s'inclina devant une Hermione ébahie et se tournait pour retourner à sa place, lorsqu'un rugissement se fit entendre. La panthère avait bondi devant lui et lui tournait autour, crocs apparents. Alton, impassible, le regardait dans les yeux.
- SEVERUS ! IL SUFFIT !
Hermione s'était levée et avait contourné la table pour se poster en travers de l'Animagus. Ses yeux lançaient des éclairs et il ignorait que sa voix pouvait être si forte sans Sonorus.
- TU N'ES QU'UN LÂCHE, SEVERUS PRINCE ! UN LÂCHE ! LAISSE CE GAMIN TRANQUILLE ET AFFRONTE-MOI ! AFFRONTE TES PEURS ! OSE ME DIRE EN FACE CE QUE TU PENSES ! AUTREMENT, PARS !
Des larmes de rage jaillirent de ses yeux tandis qu'un rugissement formidable retentissait, tétanisant l'ensemble des personnes présentes. L'Animal bondit vers Hermione, la forçant à reculer vers les portes. Celle-ci tenta de résister à la panthère mais un tressaillement traversa l'animal fou de rage et l'homme apparut. Profitant de la stupeur de sa sorcière, il lui attrapa le poignet et sortit de la salle en la tirant derrière lui, dans une envolée de capes noires.
Les portes closes derrière eux, il transplana avec Hermione dans son bureau et la plaqua rudement contre le premier mur venu.
- Ose me regarder dans les yeux et répéter ce que tu viens de dire…
Sa voix rauque et dangereusement basse lui tira un frisson. Elle avait réussi ! Merlin, elle avait réussi ! Oui, mais à quel prix ? songea-t-elle alors que les orbes noires brûlantes de rage la clouaient aussi sûrement que cette poigne qui lui interdisait le moindre geste. Elle avait lancé une bombe… il lui fallait maintenant la désamorcer.
- Severus… je t'en prie…
Sa poigne d'acier commençait à lui faire mal et elle sentit les larmes monter à ses yeux.
- Severus…
Étaient-ce ses larmes ? Où bien la supplique de ses yeux ? Où encore son corps chaud aux courbes plus pleines et qui se pressait à présent contre lui ? Toujours est-il que son étau se relâcha doucement, libérant peu à peu la jeune femme.
Il se détourna subitement mais sa main le retint et elle le força à lui faire face.
- Severus… Regarde-moi…
Ses yeux noirs se levèrent vers elle. Vides. Ternes. Elle s'approcha de lui et prit son visage en coupe entre ses mains.
- Severus… Ne me fuis pas. Pas encore.
- Hermione… Je ne veux plus te faire de mal… Tu ne comprends pas ? Je suis nuisible pour toi.. Je ne voulais pas reprendre forme humaine et j'avais raison… Regarde ce qui vient de se passer…
Elle l'interrompit.
- Severus Tobias Prince. Je t'aime. Je n'ai pas oublié que tu m'aimes. Mais peut-être que toi, si. Je t'en prie, laisse-moi te le rappeler.
Elle noua ses bras autour de son cou et posa ses lèvres sur les siennes.
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Severus ne lutta pas. Il ne voulait plus. Il ne pouvait plus. Il était las, las de lutter sans cesse, las de cette vie de solitude et de désespoir. Il se concentra sur les lèvres douces et tièdes qui bougeaient contre les siennes et il posa sa main sur la nuque de la jeune femme pour approfondir le baiser.
Hermione se blottit contre lui, plaquant son corps contre le sien et il hoqueta contre sa bouche en sentant l'arrondi de son corps. Elle sourit doucement en rompant le baiser et leva les yeux vers lui. Doucement, elle prit sa main et la posa sur le doux arrondi de son ventre, sans lâcher son regard.
- Hermione… tu…?
Elle hocha la tête doucement.
- Non, il ou elle ne bouge pas encore assez pour que je le sente vraiment. C'est plus comme des bulles, des petits mouvements imperceptibles qui me font sourire comme une idiote…
Il la regarda, pensif.
- Si c'est ce sourire que tu qualifies de sourire idiot… je peux sans nul doute affirmer que je veux le voir plus souvent.
Il avait raison. Elle rayonnait. Severus laissa ses yeux glisser sur ce corps qu'il avait connu et qui commençait subtilement à changer. Elle était plus en courbes, et même si les derniers temps avaient été difficiles pour elle (une nouvelle vague de culpabilité le submergea, qu'il repoussa au loin), elle semblait aller bien. Elle sourit encore avant de se blottir dans ses bras. Merlin ! Qu'il lui avait manqué ! Il la serra contre lui dans un geste possessif et Hermione inspira longuement, le nez contre sa poitrine, humant cette odeur de parchemin et d'épices qui lui avait tant manquée elle aussi.
- Il faut qu'on parle, Hermione.
- Je sais.
Elle savait oui. Elle savait qu'ils devaient tout d'abord parler. Parler de là-bas. De ce qui s'y était passé. De ce qu'il avait fait. De ce qu'il se reprochait. Mais parler aussi de l'avenir. De cet héritier où cette héritière qu'elle portait en elle. D'eux deux. D'eux trois. De leur avenir en commun. De leurs peurs mais aussi de leurs espoirs. De ses craintes à lui. De ses craintes à elle. Mais surtout, de comment les surmonter pour un avenir possible et heureux.
Elle releva le regard vers lui et lui prit doucement la main pour le mener vers le canapé.
Là, elle s'assit et l'attira contre elle, posant sa tête sur son épaule.
- Parlons, alors.
