Hello ! Premier chapitre d'une série qui aborde le fameux mariage !
Alors, enjoy ! Et encore merci à toi, Socks pour tes superbes idées !
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- Non, non et non les filles !
- Mais pourquoiii ? gémit Ginny, déçue.
Camille ne disait rien mais sa moue démontrait sa légère désapprobation.
- Je ne comprends pas pourquoi tu refuses catégoriquement de te marier en blanc… insista-t-elle.
Hermione soupira. Elle avait décidé d'aller se faire sa robe de mariée sur-mesure. Severus avait été catégorique. Le mariage serait sobre mais il ne refusait qu'elle regarde à la dépense pour sa robe. La future Lady Prince devait positivement rayonner à son mariage. Hermione se retrouvait donc à choisir des modèles de robes pour femme enceinte qu'il faudrait forcément retoucher. Le mariage aurait lieu d'ici trois semaines et ce jour-là, elle serait au début de son septième mois de grossesse. La jeune femme avait demandé à Camille de l'accompagner et, sur un coup de tête, elle avait également demandé à Ginny. Elle avait voulu, par ce geste, enterrer les derniers malentendus entre elles. Mauvaise idée. Autant Ginny savait être raisonnable, autant, lorsqu'il s'agissait de chiffons, elle devenait insupportable. Camille et elle insistaient pour qu'elle se marie en blanc. Après tout, elle était fille de moldus et son époux était un sang-mêlé. Tous deux connaissaient cette tradition. Oui, mais voilà. Elle ne pouvait pas et elle soupira lorsqu'elle décida de leur expliquer ses motivations.
- Les filles… Je ne peux juste pas. C'est… je ne peux pas..
- Mais pourquoi ? insista Ginny. Le symbole est parfait, selon moi !
Camille fronçait les sourcils sans un mot. Elle avait compris que quelque chose gênait son amie et elle savait qu'elle avait ses raisons.. et qu'elle le leur expliquerait.
- Justement, Gin'. Le symbole. Le blanc de la pureté… j'ai vécu mon lot de douleurs, ainsi que Severus. C'est un miracle que nous soyons là aujourd'hui. Non, je ne pourrai pas me marier en blanc. Pas après ce que j'ai subi. Pas après ce que nous avons traversé. J'ai perdu depuis longtemps mon innocence et ma pureté, et c'est ce qui m'a permis de survivre jusqu'à maintenant. Alors, non, Gin'.
- Je comprends… murmura Camille. Mais alors, reprit-elle, tu as une idée précise ?
- La couleur de la maison Prince est le bleu…
- Quel bleu ? papillonna Ginny. Bleu roi ? Bleu ciel ? Azur ? Horizon ? Nuit ? Marin ?
Camille sourit tandis qu'Hermione soupirait de soulagement. Ginny était redevenue elle-même.
- Bleu nuit.. mais c'est peut-être un peu trop foncé… répondit Hermione en fronçant les sourcils.
- J'ai une idée… Madame Potter ? Aurais-je tort de penser que vous êtes experte en charmes vestimentaires…? demanda Camille, taquine.
Ginny sourit.
- Je vous l'ai dit cent fois, Camille… Appellez-moi Ginny par pitié… Mais pour répondre à votre question, je me débrouille plutôt bien en charmes vestimentaires…
- Très bien, Ginny, rit doucement Camille. Alors, pensez-vous pouvoir modifier la robe que porte notre amie selon mes instructions….?
Ginny leva sa baguette et durant les trentes minutes suivantes, elle respecta à la lettre les conseils de Lady Malefoy qui s'avérait avoir un goût excellent.
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Les rayons du soleil étaient au rendez-vous. Le parc, riche d'une neige abondante l'hiver précédent et de pluies généreuses du printemps, resplendissait. Les fleurs de mai recouvraient la terre et les pieds s'enfonçaient agréablement dans l'herbe verte et grasse. La journée promettait d'être magnifique en ce jour du 1er Mai. Le Directeur de Poudlard avait levé les cours pour la journée et il avait été injoignable celle d'avant. Des quelques centaines d'élèves qu'abritait l'école, aucun n'avait eu l'envie de faire la grasse matinée. L'évènement était de taille.
Des journalistes avaient bien tenté de franchir le portail de Poudlard mais ils avaient été refoulés sans vergogne. On avait même remarqué un sort insecticide sur les environs du château qui avait fait grimacer Rita Skeeters. Les portes s'étaient ouvertes cependant pour un somptueux carrosse frappé des armoiries Malefoy, tiré par des sombrals. Un second carrosse, cette fois frappé aux armoiries Prince, tiré également par des sombrals avait suivi, transportant les parents d'Hermione Granger qui avaient réaménagé à Londres quelques semaines auparavant.
L'ambiance avait été fébrile dès le petit déjeuner, où ni Hermione, ni Severus n'avaient paru. Les élèves avaient guetté leurs places, les commentaires allant bon train mais nul n'aurait pu deviner qu'ils n'étaient pas ensemble. En effet, et malgré les tentatives de corruption de Severus, Hermione avait tenu à réintégrer ses appartements pour la nuit. Seule. Elle avait besoin de réfléchir et de se poser, au calme. Snape avait tout fait pour l'en dissuader. Colère (si tu mets un pied hors de cette chambre, ne t'avises plus jamais d'y revenir !), bouderie, pseudo-inquiétude (tu es enceinte, comment pourrais-je savoir que tu vas bien si je ne suis pas avec toi ?), tentative de la faire culpabiliser (tu es égoïste ! Pense un peu à l'enfant que tu portes et à sa sécurité !), sans compter les tentatives de persuasion…en nature. Severus avait déployé un éventail impressionnant, même pour elle, d'arguments plus ou moins fallacieux mais elle avait tenu bon, et elle se demandait encore comment elle avait fait. Peut-être la menace d'aller passer la nuit au Manoir Malefoy plutôt que dans ses appartements à Poudlard avait-il fait son effet. Severus était un bâtard, oui, mais il ne tenait pas à avoir les reproches de Drago, et encore moins de Camille, sur son attitude. Il avait donc cédé, de très mauvaise grâce et Hermione avait pu souffler chez elle, non sans passer un appel à Camille par cheminette, qui lui avait assuré qu'elle avait eu raison et qu'elle la félicitait pour sa ténacité.
La nuit avait été longue. Plus d'une fois, Hermione s'était demandée si elle avait fait le bon choix en le repoussant ce soir. Et chaque fois, la réponse avait été la même. Oui. Elle s'était repassée ce qui l'avait poussée dans les bras de ce sorcier en particulier. Son intelligence. Son courage. Sa loyauté. Son humour mordant aussi. Ses blessures qu'il cachait comme si elles étaient honteuses. Son amitié. Son dévouement. Finalement, à près d'une heure du matin, elle avait abandonné la lutte et avait pris une potion de sommeil sans rêve sans laquelle elle n'aurait pas pu fermer l'œil. Juste avant de s'endormir, elle avait décidé une dernière fois que cette nuit avait été un bon choix. Elle lui avait permis de réaliser à quel point elle l'aimait.
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Jamais la Grande salle n'avait été si bruyante. Et jamais les adultes présents n'avaient été si indulgents. Les tables se mélangeaient et les élèves s'interpellaient dans une ambiance survoltée.
- Où sont-ils?
- Quelqu'un les a-t-il vus ?
- A quelle heure est la cérémonie, déjà ?
- Treize heures, voyons !
- Où ? Dans le parc ou la Grande Salle ?
- Dans le parc (soupir). Quand te décideras-tu à réfléchir ? Il y a le bal dans la Grande Salle !
- Sait-on qui va les unir ?
- Drago Malefoy !
- Non, Harry Potter !
- Réfléchissez un peu ! Pensez-vous un seul instant que Severus Snape demanderait à Harry Potter de le marier ?
- Ce n'est plus Snape, c'est Prince !
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Hermione avait décidé de faire acte d'absence jusqu'à la cérémonie. Elle était bien trop nerveuse. Quelqu'un frappa à sa porte et elle sourit, soulagée, en voyant entrer Camille derrière laquelle se faufila Ginny.
- Mais qu'est ce que tu fais encore en pyjama ? s'exclama la rousse, affolée.
- Du calme Gin'. Il n'est encore que huit heures, sourit Hermione.
- Mais il est DÉJÀ huit heures ! insista Ginny. Il te faut prendre un bain relaxant, te pomponner, t'habiller, te coiffer, le tout pour dans CINQ heures SEULEMENT !
Camille sourit et intervint, sauvant Hermione de la furie rousse.
- Le tout pour dans cinq longues heures, oui. Et je suis certaine que tu sauras tout faire à temps, Ginny, la rassura-t-elle. En attendant, mon petit doigt me dit que quelqu'un ici a besoin de parler… Comment te sens-tu ? demanda-t-elle à Hermione.
Hermione haussa les épaules.
- Bien… Nerveuse ? rit-elle doucement.
- Si cela peut te rassurer, Drago est avec Severus, dit doucement Camille.
Hermione la remercia d'un regard. Elle avait compris en un instant ce qui la perturbait et il lui semblait soudain qu'un poids venait de s'enlever de ses épaules. Son amie vint s'asseoir à ses côtés et lui prit les mains dans les siennes.
- Ne t'inquiète pas. Tout ira bien. Tu as fait le bon choix, la rassura-t-elle.
- Mais il était furieux…
- Il est lui, Hermione. Et il ne pourra pas t'en vouloir longtemps. Je me doute que la nuit n'a pas été simple, ni pour lui, ni pour toi, mais il aura d'autant plus de plaisir à te retrouver, lui dit-elle malicieusement avec un clin d'œil qui fit rougir la Gryffondor jusqu'à la racine des cheveux.
Hermione soupira.
- Il aura tout essayé…
- Je m'en doute, rit Camille. Autrement, il ne serait pas Severus Prince. Et puis, ajouta-t-elle, Drago va lui parler et tu verras, la journée sera parfaite. Il ne peut en être autrement, dit-elle doucement en la regardant dans les yeux.
Hermione sourit et posa sa tête sur l'épaule de son amie. Ginny, assise de l'autre côté d'elle souriait en hochant la tête.
- Tout de même Hermione, tu n'as vraiment pas choisi la simplicité. Severus Snape ! rit-elle, rien que cela ! Même moi, je n'ai pas égalé ta témérité !
Elles rirent de bon cœur, dissipant l'angoisse de la future mariée. Quelques minutes plus tard, quelqu'un frappait à la porte qui s'ouvrit pour laisser entrer Mrs Granger. Hermione se leva et alla se blottir dans les bras de sa mère qui s'étaient ouverts pour l'enlacer. La jeune femme profita outrageusement de cette étreinte maternelle avant de se dégager doucement.
- Vous êtes là depuis longtemps ?
- Une bonne demi-heure. Ton père tenait à saluer ton promis en premier lieu pour le remercier de son extravagant moyen de transport, la taquina-t-elle.
Hermione sentit son cœur se serrer.
- Comment va-t-il ? demanda-t-elle, anxieuse.
- Ton père va très bien, lui répondit sa mère malicieusement.
- Maman ! Tu sais très bien de qui je voulais parler.
Jean Granger rit franchement.
- Tendu ? Impatient serait le mot je pense.
- … fâché…?
- Non, Hermione la rassura gentiment sa mère. Ton futur est impatient de te retrouver et un brin possessif je as bien fait de passer la nuit ici. Tu sais qu'un carrosse frappé aux armes de sa famille nous attendait dans notre jardin aux aurores ? rit-elle encore.
- Oh Merlin ! soupira Hermione. C'est encore pire que ce que je croyais…
Sa mère rit en la conduisant vers ses amies.
- Alors, jeune fille, as-tu mangé quelque chose ce matin ?
Hermione eut à peine le temps de hausser les épaules pour objecter qu'elle n'avait pas faim que Ginny avait demandé un petit déjeuner complet à un elfe de Poudlard. Hermione soupira. Entre sa mère et ses amies, elle doutait qu'un quelconque refus ne soit accepté.
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Trois heures plus tard, le château était en ébullition. Les élèves avaient été laissés libres de leurs mouvements, et les plus âgés avaient aidé les adultes à préparer la Grande salle qui avait été aménagée en salle de réception. Faisant fi des recommandations - ordres - de leur Directeur, Pomona Chourave et Neville avaient recouvert les murs de fleurs champêtres, dans un magnifique bouquet naturel et délicatement odorant. Les tables avaient été repoussées contre les murs, dégageant l'espace central et le buffet y serait servi. Hors de cela, les seules modifications avaient été apportées par le château lui-même, comme s'il avait voulu se rendre complice de cette décoration qui faisait grogner son Directeur. Des milliers de bougies scintillaient doucement dans les airs, et une brise scintillante voletait ici et là, s'enroulant parfois autour de l'un ou de l'autre, comme si la demeure voulait partager sa joie. Le plafond reflétait actuellement une aube naissante, le ciel rougeoyant de couleurs vives et chaleureuses, tandis que les premiers rayons du soleil s'étiraient à travers des nuages paisibles. Des chouettes y passaient régulièrement, leur vol majestueux accompagné du flappement de leurs ailes. Au fil des heures, le plafond avait changé et, lorsque l'heure de la cérémonie arriva, il rivalisait de bleu avec celui du ciel de cette journée, mais les chouettes étaient restées. Des bruits couraient même sur certains de ces volatiles nocturnes que l'on aurait vu voler dans les couloirs de Poudlard.
Minerva jeta un dernier coup d'œil dans la Grande Salle, un petit quart d'heure avant treize heures et sourit. Tout était parfait.
Ne manquaient plus que son ami et son ancienne élève.
