Merci à ma fan number onen pour cette première review ^^
Le lendemain, on se croise un peu avant d'arriver au central. Il m'entraîne un peu plus loin de l'entrée principale et s'excuse encore une fois pour la veille.
- C'est oublié, lui répondis-je. On passe à autre chose.
- Lilly, t'es sûre de pouvoir y arriver ?
- Il le faut bien, et on n'a rien fait de mal !
- On fait comme si rien ne s'était passé alors, on classe l'affaire ! Ironique, quand on sait que nous passons nos journées à les déclasser.
Cette métaphore me fait sourire. Et là, à cet instant, nous savons tous les deux qu'il en faudrait peu pour que de nouveau on se laisse aller. Il me quitte et se dirige vers le central. Je souffle pour essayer de faire disparaître mon trouble. Comment un seul baiser peut-il autant me perturber ? Scotty est mon collègue, et est devenu mon meilleur ami. Point final. Voilà, c'est ça, un moment d'égarement dans une période où ma vie ressemble à une succession de questions sur ce que je ressens, ce que je vis, et comment je gère tout ça.
Une semaine plus tard, le temps est de nouveau maussade. La pluie est devenue un sujet de conversation universel, qui permet d'exprimer le ras-le-bol de tout le monde. A chaque coin de rue, on ne croise pas une personne sans commencer par dire : « Encore cette foutue pluie ! » Et c'est justement, aujourd'hui, où le temps est encore plus gris et froid, que ma voiture a décidé de me lâcher. Je maudis ce début de journée, et arrive trempée et à bout de souffle au central. Kat me voit et me dit que je suis ridicule, j'aurais dû l'appeler. La journée n'est pourtant pas prête de se terminer. Une affaire à régler qui nous occupe et nous fatigue : deux victimes, et une multitude de coupables potentiel, mais un seul à trouver. Ma mauvaise humeur est à l'image du temps, et personne n'essaie de me calmer, pas même Stillman. Alors quand Scotty arrive, tout sourire et de bonne humeur, je me renferme encore un peu plus dans mon humeur massacrante. Nick a dû remarquer que ça n'allait pas, car il ne m'a fait aucune remarque, mais j'ai vu qu'il disait à Scotty de se méfier de moi aujourd'hui.
Je me bats depuis dix minutes avec mon garagiste, il ne veut pas remorquer ma voiture. Je raccroche en le maudissant, Stillman m'envoie avec Scotty, interroger encore une fois la veuve de la première victime. Dans la voiture, le silence est pesant. J'essaie de me concentrer et d'oublier ma voiture.
- Je peux peut-être jeter un œil à ta voiture, Lilly, me fait Scotty sur un ton neutre.
- T'es pas obligé… Il doit y avoir un problème plus important que la batterie à plat. J'ai essayé de la recharger avec un de mes voisins, mais en vain…
- J'ai un pote qui s'y connait pas mal en mécanique et compagnie… Je suis sûr qu'il accepterait…
- C'est gentil, merci.
- Par contre, il faut prévoir à manger… Il adore les pizzas !
- Oui, et toi aussi, je suppose ? Fais-je en souriant.
Sans aucune réponse, il me sourit. Il y a quelques temps, je n'aurais pas réagi, mais depuis ce dimanche là, il en est autrement. Je me surprends même à détourner le regard, alors que nous ne sommes pas dans la même pièce. Lorsqu'il interroge un témoin, et que je me trouve dans la salle d'observation, et que je croise son regard, je baisse le mien… Il ne me voit pas, mais moi, je suis troublée. J'arrive cependant, à masquer cette gêne, mais pour combien de temps encore ?
C'est ainsi que le soir, Scotty et son ami sont chez moi. Ma voiture est en réparation. La soirée se passe rapidement, je suis occupée à faire un peu de rangement, quand soudain, je sens une présence. Je me retourne vivement.
- Tu les nourris, de temps en temps tes chats, Lil ? Me demande Scotty, alors qu'il tenait un de mes félins dans ses bras.
- Je… Oui… Mais de quoi tu te mêles ?
- Parce que ce petit coquin, mangeait le reste de la pizza, fait-il en souriant.
- En tout cas, c'est dingue… Celui que tu tiens dans tes bras, n'aime pas les inconnus.
Il ne répond pas, et je retourne à mes occupations. Troublée par cette petite scène, je préfère laver les assiettes, plutôt que de me poser des questions. Scotty a dû lâcher mon chat, vu que celui-ci vient se frotter contre mes jambes en miaulant pour que je lui prête un peu d'attention. Oubliant la présence de mon collègue, je lui réponds que je m'occuperais de lui après ma vaisselle.
- Dis-moi où se trouve leur repas, et je m'en charge, si tu veux ?
- T'es pas obligé de rester Scotty… Je… Enfin, je gère, ne t'inquiète donc pas.
- Tu me chasses ?
- Non, mais… Je suppose que tu veux rentrer chez toi. Pas la peine de rester ici par…
- C'est bien ce que je dis ! Tu me chasses !
- Mais, je ne te…
Et c'est ainsi que comme des enfants nous nous chamaillons. Ce que je sais, c'est qu'à cet instant, il n'y a aucune gêne entre nous. Comme si la petite scène de la dernière fois nous était sortie de la tête. Il m'aide à essuyer et ranger la vaisselle. Nous parlons maintenant de choses et d'autres. Il est maintenant onze heures du soir, il regarde sa montre, et vingt minutes plus tard, s'en va.
