A ma fan number one : Mais ça suffit, oui ! Je fais ce que je veux non mais mdr!
Ce soir-là, donc Scotty me raccompagne chez moi. Le silence semble avoir trouvé sa place dans la voiture. Peut-être pour mieux digérer les remontrances du FBI. Nous en avons tous pris pour notre grade. Cela a toujours existé de toute façon : Les fédéraux et les flics ne sont pas faits pour s'entendre, et ne se sont jamais entendus. Alors, pourquoi cela aurait-il changé aujourd'hui ?
Nous sommes arrivés, et je suis incapable de dire quoique ce soit. Alors, il me souhaite une bonne nuit. On se regarde alors, et sans que je ne m'aperçoive de ce que je fais, je l'embrasse rapidement sur les lèvres. Je ne sais pas ce qui me prend de faire ça, mais je ressens une douce sensation en moi, à cet instant. Je recule instantanément, consciente de ce que je viens de faire, et m'apprête à sortir.
- Lilly, attends…
- Bonne nuit Scotty, fais-je alors rapidement, avant de sortir de l'habitacle.
Il ne l'entend pas de cette oreille, vu qu'il me suit, et me coupe littéralement la route.
- Tu crois réellement que je vais te laisser t'en tirer comme ça, Lilly ! Me dit-il sur un ton sec.
- Scotty, il est tard, je suis fatiguée, on en reparle demain !
- Et demain, tu trouveras une autre excuse. Lilly, je te connais.
- Ecoute, on a passé une soirée assez difficile…
- J'ai pas trouvé moi. Un bon repas, du bon vin, et… Une jolie fille qui m'accompagnait…
A cet instant, il me dévisage avec intensité, et je commence à perdre mes moyens. Deux fois, qu'il me fait ce compliment, ce soir. Je me raisonne : Non ! Nous sommes collègues, nous bossons ensemble toute la journée, et en général, il vaut mieux éviter ce genre de relations au bureau. Mais je suis hypnotisée par son regard. Il me fixe et attend une réaction de ma part. Réaction que je n'arrive pas à exprimer, d'ailleurs, je n'arrive plus à bouger. Il l'a deviné, et ne me laisse pas plus de temps.
- Bon, ok, j'enlève la partie boulot de cette soirée, et…
- Tu veux me faire dire quoi, Scott ? Tu veux que je te dise que j'ai passé moi aussi une bonne soirée ?
- Je veux que pour une fois, tu ne fuies pas.
Encore une fois, je reste silencieuse. Je ne sais pas ce qu'il se passe. Mais depuis ce fameux dimanche, il y a quelque chose de changer entre nous. Inconsciemment, chacun recherche la présence de l'autre, et quand enfin, on arrive à être ensemble, tout s'arrête. Je sens de plus en plus une étrange sensation m'envahir, il me regarde, et moi, justement non.
Voyant que je me terre dans un mutisme, il s'éloigne alors, sans un mot, ce qui me frustre. Je ne le connais que trop bien pour justement savoir qu'il ne peut pas rester silencieux sur la situation. Je l'appelle, il ne se retourne même pas et moi, je décide donc de jouer son jeu. Je me dirige vers la porte de ma maison, et une fois celle-ci ouverte, je rentre. Avant que je ne referme la porte, je le vois m'empêcher de le faire.
- J'aimerais avoir une explication, Lilly.
- Il n'y a rien à dire… Je…
Avant que je ne puisse réagir, il s'approche de moi en prenant mon visage dans ses mains, et m'embrasse. Et pour une fois, nous sommes d'accord sur la chose. Je me laisse faire quelques instants, et finalement me laisse porter par cette sensation qui devient de plus en plus présente. Je l'embrasse à mon tour. Comment ai-je pu lutter contre ça si longtemps ? Et surtout, comment ne me suis-je pas aperçue de la réciprocité de cette attirance ? Nous nous voyons tous les jours, nous travaillons ensemble, sommes proches, certes, mais de là à nous embrasser comme des ados ? Nous ne faisons rien pour arrêter ce moment, même nous prenons un certain plaisir à le faire durer dans le temps. Au diable, les questions, le moment présent est nettement plus agréable à vivre. Pourtant, il faut bien une fin à tout. Comme c'est lui qui est à l'origine de ce baiser, il y met fin. On se regarde alors.
- Tu… Tu veux rentrer un moment ? Lui demandé-je.
- Il est tard, Lil'. Une autre fois peut-être.
Sa réponse me sidère. Il fait tout pour que je me retrouve à sa merci, et une fois qu'il y est arrivé, il me laisse seule ! Je ne l'entends pas de cette oreille, et le rattrape. Ma porte grande ouverte, je ne me préoccupe que de lui et de moi à ce moment.
- Attends, tu fais quoi, là ? Explosé-je.
- Lilly…
- Ne me dis surtout pas que tu joues avec moi, Scotty. Je ne suis pas une de tes innombrables conquêtes ! Je…
- Innombrables ! S'étonna-t-il. Tu me connais donc si mal que ça !
- Je ne connais de toi que ce que tu veux bien me faire connaître…
- Justement, jamais tu ne m'as montré que tu souhaitais en savoir plus sur moi…
- Alors, maintenant, c'est de ma faute…
- Tu m'as demandé une fois si j'allais bien, puis après…
- Après, ta réponse comme quoi, ça allait bien pour toi, tu as filé retrouver ma sœur !
- Et revoilà encore une fois, la vilaine petite sœur !
- Pardon ?
- Tu rejettes la faute sur les autres, car tu n'acceptes pas être en position d'échec. Ta sœur, a certes beaucoup de défaut, mais, elle agit ! Toi, t'as fait quoi ?
- Et bien, d'accord, si ma sœur est si parfaite, va la retrouver…
- Tu vois pourquoi, toi et moi ça serait une erreur ? A chaque désaccord, le nom de Christina ressortira.
- Ne mélange pas tout, Scotty. A l'époque, je n'éprouvais rien pour toi.
- Ce qui veut dire, que là, tu…
- Je…
- Lilly, explique-toi…
- Toi aussi, explique ! Nous sommes tous les deux, là.
- J'aurais supposé que tu aurais deviné.
- Comme tu l'as si bien dit, il est tard, et je n'ai pas envie de polémiquer ce soir… Bonne nuit Scotty, et tu as raison : nous deux c'est une erreur monumentale !
Je ne lui laisse pas le temps de la réponse, je grimpe les quelques marches qui mènent jusqu'à chez moi, et claque la porte. Je déteste ma sœur, je le déteste bien plus, lui à cet instant. Pourtant, ce baiser était bien réel. Nous avons tous les deux ressentis la même chose. Je ne me suis pas sentie aussi en confiance avec l'autre depuis un sacré bout de temps. Ce simple baiser partagé m'a donné des ailes.
