CHAPITRE 7

POV Tom

La soirée se poursuit aussi bien que possible, c'est-à-dire que j'ai réussi à éviter Sarah un maximum de temps... même sur la piste de danse, ce qui relève presque de l'exploit étant donné qu'on danse pratiquement tous ensemble. Après plusieurs heures de déhanchement, tout le monde décide d'un accord tacite de retourner s'asseoir pour se désaltérer... La boîte est bondée et il fait une chaleur à crever, autant dire qu'on a tous vraiment soif. Certains se rapprochent des tables alors que Sarah fait signe aux filles qu'elle préfère rester. Je ne sais pas si elle est comme ça tout le temps, mais personnellement je la trouve déchaînée. Que se soit de la dance, du hip-hop ou autre chose, elle danse de tout et en plus, elle le danse bien. Vous la verriez bouger son petit c… heu… son bassin, c'est à tomber par terre.

On s'installe finalement sur les banquettes pour les uns, sur les tabourets pour les autres et les groupes se forment naturellement, à savoir : Les amis de Julie d'un côté, et nous quatre de l'autre... barrière de la langue oblige. Ils ont bien essayé de faire un effort au début mais ils ne parlent pas un mot d'allemand et nous, on est des gros nuls en anglais, alors forcément ça limite !

Personnellement, cette intimité ne me dérange pas plus que ça, ça nous permet de décompresser entre nous avant la journée et le concert de demain et puis, j'en profite discrètement pour jeter de fréquents coups d'œil à qui vous savez... elle danse toujours toute seule mais je vois bien certains regards peser sur elle. Notamment ceux des mecs...

N'allait surtout par imaginer que je la surveille ou que je m'inquiète… et surtout pas que je suis jaloux ! C'est juste que je veux savoir si tout va bien et si personne ne l'emmerde : Ça n'a rien à voir.

En tout cas, elle a l'air de s'éclater, même seule. Je reporte mon attention vers Gus qui tente désespéramment de me parler, mais au bout de quelques minutes, Julie vient me tapoter le bras.

- Qu'est ce qu'il y a encore ?

Je suis de mauvais poil, faut pas me chauffer ce soir, et malgré elle, c'est Ju' qui en fait les frais. Mais elle n'a pas l'air de se démonter, au contraire même : elle utilise le même ton que moi pour me répondre.

- Désolé de te déranger mais je crois que tu devrais aller la voir...

Elle n'utilise même pas son prénom, pourtant elle comme moi savons sur qui porte la conversation.

- Je ne vois pas pourquoi elle aurait besoin de moi, t'as qu'a y aller toi !

- Je pense que je ne suis pas la personne adéquat pour ce genre de situation, je me permets donc d'insister : tu devrais aller la voir… maintenant !

C'est quoi encore le problème, on ne peut pas me laisser me morfondre tout seul dans mon coin, c'est trop demandé ? Je grogne tout en me retournant vers la piste de danse... et ma mâchoire s'écrase lamentablement sur le sol ! C'est qui ce connard qui se permet de danser collé-serré avec elle ? Je les regarde quelques secondes et le degré de malaise que j'ai ressenti lorsque je la voyais danser avec Georg n'est rien comparé au degré de haine que j'ai contre ce gars là. Comme au ralenti, je vois sa grosse main descendre le long du dos de Sarah, puis frôler ses hanches et poursuivre sa descente pour finalement se poser sur ses fesses. Mon cœur s'arrête de battre... jusqu'à ce que je voie la petite main de Sarah saisir les doigts devenus trop entreprenants pour les remettre à leur place. Elle a d'ailleurs l'air de vouloir s'éloigner de ce gars sans grand succès et je me lève d'un bond quand je m'aperçois qu'il lui a saisi un bras et qu'il la traîne derrière lui.

Je ne comprends pas un traître mot de ce qu'ils sont en train de se dire. Tout ce que je vois, c'est que Sarah essaye tant bien que mal de récupérer son bras et que ce gros con l'en empêche. Une fois à leur niveau j'attrape ce mec par l'épaule pour le retourner et lui dit dans un parfait allemand – et je m'en tape s'il ne comprend rien du tout –

- Ne t'avises plus de poser tes mains sur elle, c'est clair ?

Je la prends par la taille et la sert contre moi de manière possessive, j'ai juste le temps de voir que Monsieur a l'air étonné avant de tirer Sarah un peu plus loin. Mais une fois que nous sommes assez éloignés de l'autre crétin, elle se dégage rapidement d'un coup d'épaule.

- Merci, mais je suis assez grande pour me débrouiller toute seule ! Ton numéro de macho n'était vraiment pas nécessaire.

Et là je vois rouge… comment une si petite personne peut contenir autant de mauvaise foi ?

- Manifestement non puisque qu'il te trainait comme une poupée de chiffon et que tu n'arrivais pas à partir, maintenant excuse-moi d'avoir voulu t'aider.

Je me masse les tempes, signe chez moi d'un agacement assez prononcé, avant de reprendre.

- On ne touche pas mes amis, et c'est valable pour toi aussi. Tu ne te rends pas compte de l'angoisse dans laquelle je suis ce soir, à vérifier que personne ne t'approche de trop prés.

MERDE, qu'est-ce que je viens de dire… c'est sorti tout seul. Mais avant d'avoir pu analyser ma profonde connerie, Sarah me répond.

- Ce n'est pas ton rôle tu sais. Tu ne me dois rien, et je ne t'ai pas demandé de jouer au chevalier servant avec moi. Surtout après l'attitude que tu as avec moi depuis le début de la soirée. Tu m'as complètement ignoré, à quoi est-ce-que tu t'attends maintenant ?

Tiens ! Prend ça dans les dents Tomy. Il me semble lui avoir expliqué hier soir ce que j'ai pu ressentir en sa présence, mais apparemment elle s'en tape.

Le silence retombe alors entre nous, un silence un peu pesant. Ce même silence qui vient quand on a pleins de choses à dire mais qu'on ne sait pas dans quel ordre les prononcer. Mais ce malaise est vite estompé par une petite main se posant sur la mienne… elle parait si minuscule. J'enferme immédiatement ses doigts si fragiles entre les miens et ce premier contact me fait manquer une respiration. On se fixe un court instant avant qu'elle ne fasse un signe de la tête vers nos amis.

- Allez viens, les autres vont s'inquiéter sans ça.

Très honnêtement, à cet instant précis, les autres, je m'en tape comme de la guigne. Tout ce que je sens, c'est la douceur de sa peau, la chaleur de sa paume contre la mienne et mes doigts qui jouent doucement avec les siens. Je ne proteste pourtant pas quand elle commence à marcher. Nous retraversons la boîte main dans la main et un sourire commence à naître sur mon visage quand je réalise qu'elle n'a pas l'intention de la retirer.

Mais mon enthousiasme est de courte durée lorsque je croise les regards de Julie et Bill au loin. Ils ont l'air très content d'eux-mêmes et avant que je n'aie eu le temps de me poser plus de question, je vois la première faire un geste vers le DJ... Résonnent alors les premières notes de « Because of You ». Je n'aime pas particulièrement cette chanson – je la trouve bien trop… chiante – mais Bill me connaît trop bien pour savoir que je ne résisterai pas à l'occasion qui se présente.

Machinalement, je serre un peu plus la main de Sarah et la fait se retourner vers moi. Aucun mot n'est prononcé pourtant je la prends dans mes bras et commence à lentement la faire danser. Nous nous tenons à distance respectable au premier tour…

… au deuxième je la sens se rapprocher de moi,

… au suivant je pose ma joue contre sa tête et lui prends la main pour avoir un maximum de contact,

… et je la sens complètement abandonnée dans mes bras, mes doigts se baladent machinalement sur son dos et découvrant le grain de sa peau si délicat. Puis je descends doucement ma main jusqu'à effleurer son tatouage. C'est à ce moment là que je la sens frissonner et je la serre encore plus fort contre moi.

Nous bougeons doucement, comme si nous étions seuls sur cette piste de danse, et son souffle caresse doucement mon cou. Je sais que je suis en train de perdre le contrôle mais je n'y pense pas vraiment. Tout est effacé par ce corps que je sens enfin contre moi, que je peux toucher et serrer, et je le sers si fort… comme pour ne pas chavirer. J'essaye de graver en moi le moindre geste, la moindre note de musique, la moindre odeur pour ne jamais les oublier.

Vous avez déjà ressentie ça vous, l'impression d'être entier ? C'est quelque chose que j'expérimente très fréquemment avec mon jumeau mais ce soir je le ressens d'une façon totalement différente. C'est comme si elle était une évidence, et je lâche un soupire en remerciant n'importe qui et tout le monde à la fois de l'avoir mise sur ma route. Elle se presse alors encore plus contre moi si c'était possible, pendant qu'une de ses mains touche les cheveux à la base de mon cou.

Je la repousse alors un peu, non pas pour l'éloigner mais parce que je veux voir son regard, je veux me plonger dans ses yeux si verts qui m'ont hanté pendant des heures entières. Je passe un doigt sous son menton car elle ne me regarde pas et lui relève doucement le visage. Nos regards s'accrochent pendant je ne sais combien de temps… Je sens son souffle sur moi et la vois fermer les yeux, mais cette fois-ci je n'écoute pas ma tête. Je ne décide d'écouter que mon cœur, qui me hurle de l'embrasser.

-

POV Sarah

- Allez viens, les autres vont s'inquiéter sans ça.

Je lui prends la main pour essayer de le rassurer. Je n'aime pas me disputer avec lui, je n'aime pas ce que je ressens quand le ton monte entre nous. C'est pour ça que je préfère retourner voir les autres, simplement parce que je refuse de laisser un silence de gêne s'installer entre nous. J'ai une seconde d'hésitation lorsque sa main se referme sur la mienne mais réalise que pour rien au monde je ne voudrais l'enlever. On se dirige alors tous les deux d'un pas plutôt calme vers nos amis lorsque j'entends passer une de mes chansons préférées, et j'ai alors l'impression de traîner un poids mort.

Je me retourne avec probablement un air d'incrédulité totale sur le visage pour constater que c'est tout bêtement Tom qui s'est arrêté et sans qu'aucun mot ne soit échangé, il se contente de m'attirer vers lui. Et à ma grande honte, je me laisse complètement faire… parce que je meurs d'envie de danser avec lui. Depuis le début de cette foutue soirée je rêve de danser avec lui. Il passe ses bras dans mon dos et je pose mes mains sur ses épaules. On dirait deux adolescents à leur première boum : plus coincés tu meurs. Mais je veux plus, et comme dit le proverbe « on n'est jamais si bien servit que par soi-même ! », je me rapproche donc de lui… un peu, et tout s'enchaîne.

Je le sens retirer un de ses bras de mon dos et le vois chercher ma main qu'il ramène sur sa poitrine alors qu'il pose sa joue sur ma tête. J'aimerai que ce moment ne se termine jamais et l'impression d'être seule sur Terre m'envahit. Je n'entends pas le brouhaha incessant du lieu où nous nous trouvons et fais complètement abstraction des choses qui ne sont pas Tom. L'odeur de Tom, les mains de Tom posées sur moi, la peau de Tom.

Je tente de me concentrer sur ses doigts qui me caressent le dos mais c'est de trop quand ils les passent entre mes reins sur mon soleil Aztèque et il me sert encore plus fort lorsqu'un frisson remonte ma colonne vertébrale. Je n'en peux plus, j'ai envie de le toucher aussi, de lui embrasser le cou qui n'est qu'à quelques centimètres de ma bouche, mais j'oublie vite cette idée, j'appréhende de trop ce qui pourrait advenir par la suite.

C'est pourtant lui que j'entends soupirer, c'est un bruit que j'ai envie d'entendre tous les jours, qui me réveille les sens et je m'accroche à lui comme si ma vie en dépendait. Je commence à lui effleurer les cheveux, le cou… tout ce qui est à ma portée en fait. Je n'ose appuyer mes gestes de peur qu'il me rejette, alors je me contente de ce que le bout de mes doigts peut trouver.

Et finalement le moment tant redouté se produit, il me repousse. Nous avons arrêté de bouger et la peur s'immisce immédiatement en moi. Je n'ose le regarder. Je ne veux pas lire le rejet dans son regard. Il me fait pourtant lever la tête, veut-il vraiment m'humilier à ce point ? J'accroche mes yeux aux siens et me noie alors dans un océan de doré, son regard ne me fuie pas comme à son habitude, et je profite de ce moment pour enregistrer le moindre trait de son visage. Il est si beau… c'est la dernière pensée qui traverse mon esprit avant de ne plus rien voir.

Mes sens sont trop exaltés, il faut que je me calme et je ferme les yeux pour commander à mon cœur de reprendre un rythme normal. Impossible de le faire si je continue à le regarder comme je le fais. Mais au lieu de ça, je sens une douce caresse sur ma bouche, ses lèvres… Mais à peine la surprise passée qu'il part à l'exploration de mon cou en me le butinant de dizaine de petits baisers, c'est tellement délicat que je me demande s'ils existent vraiment. Il va jusqu'à mon oreille et revient, avant de reposer ses lèvres sur les miennes, mais cette fois-ci en s'y attardant. Je sens une petite piqûre de froid là où se trouve son piercing et je trouve ça étrangement sensuel.

Il me mordille délicatement la lèvre inférieure et la suçote. J'entrouvre alors légèrement la bouche mais seule son haleine fraîche me parvient. Je crève de toute cette tendresse. Il est tellement doux que je m'entends gémir contre sa bouche et ressens son sourire en retour. Puisque c'est comme ça, c'est moi qui prends l'initiative d'allais taquiner sa langue et notre baiser monte en puissance. Il me plaque littéralement contre lui tout en me caressant le dos et je passe doucement une main sous son tee-shirt pendant que nos lèvres se dévorent et que nos langues se découvrent.

Combien de temps est-ce que ça a duré, je ne saurai vous le dire. Tout ce que je sais, c'est que nous nous éloignons l'un de l'autre complètement à bout de souffle et qu'une chanson à remplacer celle sur laquelle nous dansions au départ.

Dire que c'est le meilleur premier baiser que je n'ai jamais eu serait un doux euphémisme. J'ai ressenti tellement de tendresse que j'ai l'impression que je ne pourrai jamais plus en ressentir autant… tellement de sentiments différents que ça m'en a bouleversée. Je sens alors une larme, une seule, couler le long de ma joue. Et cette goute d'eau me ramène immédiatement à la réalité… j'étais complètement déconnecté mais le retour dans le monde réel est plus que brutal.

Je sais qu'il ne pourra jamais ressentir ce que moi je ressens pour lui en cet instant. C'est un homme, et je n'ai plus foi en eux. Il va repartir chez lui retrouver sa famille, ses amis, peut-être même sa petite amie… et je ne serai alors reléguée qu'au rang des anecdotes à raconter pendant les soirées entre potes.

Je le repousse brutalement et marche d'un pas rapide en ignorant ses appels. Je refuse que mon cœur ne se mette à battre pour un homme qui ne fera que jouer avec moi. Mes pas me dirigent vers le seul endroit où il n'osera pas, je l'espère, me suivre. Et à peine la porte des toilettes pour femme refermée, je m'effondre par terre, la tête sur les genoux et mes bras autour.

Me calmer… c'est la dernière pensée cohérente que j'ai avant que des sanglots ne m'envahissent. Comment pourrais-je me passer de ces baisers maintenant que j'y ai goûté ? Comment est-il possible de s'attacher à une personne en si peu de temps ? Et comment arriverai-je à raisonner mon corps de ne pas réagir à sa présence ?

J'entends la porte des toilettes s'ouvrir, mais je suis dans un tel état tel que peu m'en importe : je n'ai pas le courage de relever la tête. Pourtant, la personne qui est entrée me prend dans ses bras et commence à me bercer, en me parlant d'une voix douce. En me disant des mots que je n'arrive même pas à assimiler. La voix est familière mais enfermée dans ma tristesse, je n'arrive pas réellement à savoir de qui il s'agit. Et pour être honnête, je m'en contre fiche. Au bout d'un temps infini je lève enfin les yeux vers cette personne qui me console… il ne s'agit ni plus ni moins que de Julie qui me regarde avec une infinie tendresse.

- Qu'est ce qui t'arrive ma belle ? – Me demande t-elle en m'enlevant quelques mèches collées sur le front.

Je n'ai pas envie d'en parler alors je m'essuie les yeux en lui faisant signe qu'il n'y a rien.

- Ne te fiches pas de moi, on ne voyait que vous sur la piste de danse ? Pourquoi est-ce que tu es partie comme ça ?

- Je heu...

J'hésite. Je cherche mes mots. J'essaye de faire le tri entre ce qui est bon que je dise, et ce qui est surtout essentiel que je taise. Je ressens encore ses mains sur moi, tellement que je réprime un frisson.

- Allez, vide ton sac ! – Me presse Julie, tout en frottant mes bras pour calmer mes frissons.

Je pose ma tête contre son épaule, et tente de reprendre une respiration régulière afin de me calmer un peu. Ça me prend quelques minutes avant de me sentir assez posée pour lui expliquer.

- Je sais très bien que demain il fera comme si cette soirée n'avait jamais eu lieu alors que moi, je ne vais faire qu'y penser... Je sais qu'il ne tient pas à moi comme je tiens à lui, c'est juste… impossible.

- S'il ne tenait pas un tant soit peu à toi, je crois qu'il ne ferait pas le pied de grue devant la porte des toilettes à attendre que tu veuilles bien montrer le bout de ton nez. Il tient beaucoup à toi, plus que ce qu'il ne veut te montrer… j'en suis sûre !

Je me décolle d'elle pour lire dans ses yeux ce que ses mots peuvent cacher, mais tout ce que je vois, c'est le sourire indulgent qu'elle me lance.

- Va le rejoindre, sinon il va défoncer la porte. Toilettes des filles ou pas !

Est-ce que ce qu'elle a dit est vrai... est-ce qu'il peut vraiment tenir à moi ? Je ne comprends pas, il a toutes les filles qu'il veut, pourquoi est-ce qu'il me choisirait moi ? Peut-être que je suis sa conquête du soir, tout simplement. Bah oui, ne pensez pas que je suis naïve au point de ne pas avoir vu tous les interviews où Monsieur se la raconte sur le sujet.

Julie me relève sans se demander si c'est ce que je veux puis me pousse gentiment vers la sortie… que je n'ose pas franchir.

- Ecoute, je sors pour lui donner des nouvelles et toi, tu te détends un peu OK ? Parce que tu recommences à trembler comme une feuille là !

Je lui fais un signe de la tête pour lui signaler que son programme me convient plus ou moins, et la musique envahit rapidement les toilettes lorsqu'elle ouvre la porte pour en sortir.

Que va-t-il se passer si je sors d'ici, et que va-t-il penser ? Que je suis une hystérique, une fille complètement folle qui ne sait pas ce qu'elle veut...

D'un autre coté, j'ai vraiment envie de passer du temps avec lui, de pouvoir l'embrasser, de pouvoir sentir ses bras autour de moi, de pouvoir...

Raaaaah mais j'en ai marre ! Faut que je sorte de cet endroit sordide… pourquoi les toilettes de boîte de nuit font toujours glauques ? Je regarde mon reflet dans le miroir et me rafraîchis un peu les joues histoire d'effacer les sillons de larmes et de calmer mes rougeurs ; puis inspire un grand coup pour me donner du courage et me tourne face à la sortie.

Je ne sais pas ce qui m'attend derrière cette porte et j'ai franchement peur de la tournure qui risque de prendre les événements. Je tire le battant d'une matin tremblante, pose un pied en dehors de mon refuge et suis assaillit par de la techno pure et dure. Je fronce un peu les sourcils pour protéger mes yeux des agressions de lumières multicolores, et me rend compte, une fois habituée à l'environnement, que Tom est un peu plus loin en train de me fixer. Il est appuyé contre un poteau avec les mains dans les poches de son jean et me détaille de son regard pensif. Il parait si calme, son attitude contraste tellement avec l'ambiance du lieu où nous nous trouvons qu'au milieu de toute cette obscurité, il me donne l'effet de ne pas être à sa place. Et la seule pensée qui me traverse l'esprit, arrivée au terme de cet examen succin, c'est que j'ai hâte de pouvoir gouter de nouveau à ses lèvres... je suis irrécupérable !

Je m'approche de lui pendant qu'il se redresse tout en enlevant ses mains prisonnières de son pantalon. Dés que je suis à son niveau et avant même que je ne puisse ouvrir la bouche, je me retrouve coller contre lui, entourée de ses bras. Ses cheveux me chatouillent la joue quand il enfouie sa tête dans mon cou, et je ne sais toujours pas comment réagir. Mes bras se trouvent le long de mon corps, n'osant lui rendre cette étreinte, et j'entends finalement quelques mots étouffés après ce qui me parait être une éternité.

- Si tu ne veux pas de moi, tu n'as qu'à dire un mot, un seul, et je partirai. Mais je t'en pris, dit quelque chose, ne reste pas silencieuse comme ça.

- Je…

Il délaisse mon cou pour me regarder dans les yeux, attendant sans doute que je daigne faire une phrase compréhensible par le commun des mortels. J'inspire autant d'air que possible pour la taille de mes poumons, avant de lâcher piteusement :

- J'ai peur.

Il a l'air surpris, apparemment mes mots ne sont pas ceux auxquels il s'attendait. J'ai l'impression qu'il cherche une explication à mes propos mais il finit rapidement par y renoncer en secouant la tête.

- De quoi ? – Me demande-t-il finalement perplexe.

Et je décide de jouer la carte de l'honnêteté avec lui.

- De toi, de ce que tu peux avoir en tête… de nous… de ce qu'il va se passer dans deux jours quand tu repartiras… peur que tu ne me fasses souffrir.

Il me sert alors de nouveau dans ses bras mais cette fois-ci je m'accroche à lui comme une désespérée. Ce qu'il me dit alors et la façon qu'il a de chercher ses mots finit de me chambouler.

- Je heu… je ne veux pas te faire de mal, c'est certain. Pour être honnête avec toi, je ressens plus d'émotions ces dernières quarante huit heures que toute l'année passée réunie. C'est tout nouveau tout ça et je sais pas trop comment le gérer… je ne peux rien te promettre, si ce n'est que j'ai vraiment, mais vraiment, envie de passer mes derniers moments sur Paris avec toi.

Oui… c'est malheureusement tout ce que je peux attendre de lui, et je sais que si j'accepte, je passerai sans doute les meilleurs moments de ma vie. Mais je sais aussi que je ne me relèverai pas de son départ… Un nouvel abandon après celui que j'ai vécu pour la mort de mon père, c'est trop pour moi. Je détache mes doigts un par un de son tee-shirt et lui dépose un baiser sur la joue avant de me retirer. Je baisse les yeux pour ne pas croiser son regard au risque de revenir sur ma décision… je suis la reine des idiotes et je vais le regretter longtemps… mais le temps est un précieux allié dans ces cas là.

- Je suis d'accord pour passer ce temps avec toi… parce que je veux vraiment profiter de cette rencontre mais je… ça s'arrêtera là. Je ne veux pas être considérée autrement qu'en amie jusqu'à ton départ, sinon je crois que je vais péter les plombs quand tu repartiras. – Je lui tends la main comme si c'était la première fois que je le voyais. – Je m'appelle Sarah, enchantée de te connaître Tom.

Il détourne la tête et fait un pas en arrière. J'ai peur qu'il refuse, peur de ne plus jamais le revoir alors que je sacrifie déjà tant. Ma main reste tendue en attendant sa décision mais il ne me regarde toujours pas. Le temps parait comme suspendu jusqu'à ce qu'il ouvre la bouche de nouveau.

- Je ne peux pas t'obliger à avoir confiance en moi – il me sert la main tout en ayant l'air navré – ravi de faire ta connaissance Sarah.

Puis, sans lâcher ma main, il m'attire contre lui et je me retrouve de nouveau contre son torse à écouter les battements de son cœur. Mais avant que je n'aie eu le temps de protester, il me chuchote à l'oreille :

- Laisse-moi juste une minute. Que je me rappelle juste ce que ça fait que de te sentir contre moi.

Entre ses mains chaudes sur ma peau et ses chuchotements au creux de mon oreille, je ne peux empêcher une vague de frisson de remonter le long de mon échine… je suis sûre qu'il l'a sentie aussi, mais il ne fait aucun commentaire. Je profite également de cette minute pour le serrer contre moi, comme pour me donner un avant goût ce que ça aurait pu être.

Les secondes s'égrènent en même temps qu'une énorme boule grossit au fond de ma gorge. Il est vraiment temps que je m'éloigne de lui avant que mes nerfs ne craquent complètement. Je relâche ma prise ce qui amorce la fin de notre étreinte et c'est lui qui rompt le silence.

- Ecoute heu… je vais… je vais y aller. On a une dure journée qui nous attend demain. – Dit-il maladroitement, avant de reprendre son aplomb qui le caractérise tant. De toute façon tu seras là pour me soutenir, ça ne pourra que bien se passer.

Le virage à 180° que prend la conversation est un peu déstabilisant mais je suis d'accord pour éviter un au revoir larmoyant. Mais heu… comment ça je serais là demain ?

- Comment je vais faire pour venir, je ne sais même pas où te trouver ! – J'ironise simplement.

- Tu demanderas à Julie… c'est elle qui a les pass magiques ! Je file dehors m'en griller une, tu peux dire aux autres qu'il est l'heure ?

C'est avec angoisse que je le vois s'approcher de moi et poser ses doigts sur ma joue. Instinctivement, je pose ma main sur la sienne et ferme les yeux tout en appuyant un peu ce contact, et il se contente de déposer un tendre baiser sur mon front.

Puis il s'éloigne, mais avant d'être trop loin il se retourne et me lance un clin d'œil bien appuyé… je corrige ce que j'ai dit tout à l'heure : je ne vais pas le regretter longtemps, je crois que je vais le regretter toute ma vie.

Je le regarde disparaitre parmi la foule puis me dirige lamentablement vers les tables qu'on squattait avec les amis pour donner le message Tom aux garçons. Je suis vidée de toute émotion, le laisser partir comme ça… me déchire les entrailles.

Et pourtant, je ne peux empêcher un sourire de naître brièvement sur mes lèvres quand je retrouve ma Julie collée dans les bras de Gustav… au moins elle n'aura pas perdu sa soirée !

- Sarah ? Qu'est-ce que t'as fait de mon frère ? – Me demande Bill tout sourire.

Si seulement il pouvait ne pas me lancer cet air enjoué, peut-être que mon cœur ne ferait pas si mal. J'inspire un peu pour me calmer et explique simplement qu'il est l'heure pour eux de rentrer.

- Mais heu… vous n'étiez pas ensembles tout à l'heure ? – S'étonne Georg.

Si personne ne m'aide à faire comme si de rien n'était, je crois que je ne vais pas m'en sortir. Je ne sais pas comment est-ce que j'arrive à trouver encore un peu de dérision au fond de moi, mais c'est avec humour que je lui dis :

- Bah écoute, je pense qu'il t'en parlera. Je vais avoir assez avec Julie je crois.

Je les regarde se lever et je reste perplexe en voyant Gus faire la bise à mon amie… je pige plus rien là et Bill m'arrache un nouveau sourire tentant de me faire parler.

- Il a été correct avec toi quand même ?

- Mais oui ne t'inquiète pas ! Un vrai gentleman.

Il arque un sourcil de surprise et me répond en rigolant :

- Mon frère ? Un gentleman ? On ne doit pas parler du même alors ! Allez, à demain les filles.

C'est comme ça qu'on s'est retrouvé Ju' et moi avec nos amis initiaux… à qui il a bien fallu raconter notre histoire depuis le début. Ils ont un peu halluciné mais dans l'ensemble ils sont plutôt contents d'avoir pu passer une soirée avec eux… putain mais j'étais la seule à ne pas savoir qu'ils existaient ou quoi ? Mais je suis sortie de mes pensées par l'inévitable conversation que lance Sophie.

- Putain, tu sors avec une rock-star !! On vous a vu vous embrasser tout à l'heure !

J'ai le rouge qui monte aux joues, et tente de construire quelque chose d'intelligent à répondre… sans grand succès.

- Heu… bah non, on ne sort pas vraiment ensemble… heu…

- De toute façon c'est bien connu que Tom ne sort avec personne… il couche et ça s'arrête là ! Je pense qu'il est parti tout seul parce que tu n'as pas voulu le satisfaire et qu'il va cherchait une autre nana à tirer.

La vache, ce que vient de me lâcher Pascal me laisse sans voix… j'ai pas du lire les bons interviews moi. C'est finalement Julie qui sort les crocs avant moi :

- Et ben dis donc, t'as pas oublié d'être con toi ce soir ! Faut peut-être pas croire tout ce qu'on lit non plus.

- Oh arrête – lui répond Magali. – Même moi qui ne m'intéresse pas à ce groupe, je connais sa réputation de playboy.

Ok… cette conversation commence vraiment à me filer le bourdon. Ca veut dire que tout ce qu'il m'a dit, ça n'était que des conneries pour que je finisse dans son lit ? Mais ses gestes étaient si tendres… son baiser si parfait… ça ne peut pas être ça. Si ? Non. Ou alors… peut-être.

Après le rouge, se sont maintenant les larmes qui me montent aux yeux, pourquoi s'être donné autant de mal avec moi pour ce résultat là ? Il aurait pu avoir qui il voulait… étais-je un challenge à ses yeux ? Je pars dans mes délires personnels, ne faisant plus trop attention à mon entourage et ne reviens à moi qu'en sentant une main se poser sur mon épaule.

- Ça va Sarah… tu ne dis plus rien – c'est simplement Ju' qui s'inquiète pour moi, comme d'habitude en somme. T'es toute pâle ! – Insiste-t-elle.

- Heu… oui, oui ça va ne t'inquiète pas. Je suis un peu fatiguée c'est tout.

- De toute façon il faut qu'on rentre nous aussi. Il est vraiment tard et demain je voudrais éviter de ressembler à un zombi.

Le temps de dire au revoir à tout le monde et de mettre la main sur ma poubelle roulante que nous nous retrouvons en un rien de temps dans ma chambre, loin de toute musique et surtout loin de lui. Je suis super déçue que ce qu'il ait cherché de moi ce n'était que ça et me félicite d'avoir été un peu plus maligne que lui.

Mais si je suis si satisfaite de moi, vous pouvez alors me dire pourquoi est-ce que j'ai la sensation d'avoir un trou béant à la place du cœur ?

- Putain Sarah qu'est-ce que t'as, t'es toute bizarre depuis qu'ils sont partie. Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Pourquoi tu ne m'as pas dit que tout ce qu'il cherchait, c'était une connasse à fourrer ?

- Hey, langage ! Ça ne te va pas de parler comme ça.

Y'a du foutage de gueule là… on s'en tape de comment je parle !

- Mais je parle comme je veux putain ! Tu le savais et tu m'as laissé quand même… quoi ? Espérer ?

CLAC ! J'ai la joue gauche qui me lance affreusement… elle a une bonne frappe la copine !! Je pose ma main sur ma joue endolorie, et reste muette de stupéfaction. L'avantage c'est que ça calme direct ma hargne.

- Tu vas commencer par te calmer parce qu'au cas où tu l'aurais oublié, je suis ta meilleure amie. Je ne pense pas que je t'aurais envoyé dans les bras d'un mec pour une partie de jambe en l'air… maintenant je ne suis pas non plus dans sa tête, désolée !

Voyant que mon quart d'heure de délire est passé et que je ne parle toujours pas, elle s'assoie sur mon lit et me demande :

- Alors, qu'est-ce qui c'est passé ?

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- Alors, qu'est-ce qui c'est passé ?

J'ai parlé à voix haute mais je n'ai pas franchement l'impression qu'il m'écoute beaucoup. Depuis qu'on l'a retrouvé dehors, il est muet comme une tombe. Qu'est-ce qui a bien pu se passer entre eux, bon sang !

- Hey ho… tu m'entends Tomy ?

- Hein… quoi ?

Et ben, tout n'est pas perdu dans ce bas monde : il parle encore !

- Je te demande ce qu'il s'est passé avec Sarah ? Je ne comprends rien, vous vous êtes bien embrassés non ?

- Heu… ouai.

- Et ben, cache ta joie surtout ! Et puis si tu pouvais faire des phrases entières et m'expliquer, peut-être que ça m'éclaircirait un peu !

Putain mais c'est qu'il commence à m'inquiéter le con ! Il a le regard dans le vide, et se traîne une mine complètement abattue. Je l'ai rarement vu dans cet état.

- Je sais pas. On s'est embrassés, c'était juste trop bon. Je sais même pas comment te l'expliquer tellement c'était… et puis elle s'est sauvée.

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- Après tu m'as retrouvé dans les toilettes. J'ai complètement paniquée. Mais son baiser… c'était… c'était… parfait.

- Mais alors c'est quoi le délire ! T'as bien dis tout à l'heure que vous n'étiez pas ensemble.

- Bah comme tu me l'as si bien fait remarquer dans les toilettes, il fallait que je ressorte à un moment ou à un autre. J'ai essayé de réfléchir sereinement à la situation, ou en tout cas le plus sereinement possible. J'ai voulu croire que ce que tu m'avais dit, j'ai imaginé que peut-être ça serait possible, je sais plus… Et puis quand j'ai enfin mis mon nez dehors…

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- Je n'ai pas pu faire autrement que de la prendre dans mes bras. Je l'ai supplié de me parler parce qu'elle ne disait rien. Merde Bill, j'ai supplié une fille… moi !

J'aurais été dans une autre situation, j'en aurais rigolé jusqu'à faire dans mon froc… mais à la place, je vois mon frère se poser une main sur le cœur.

- Je peux mourir en paix, je crois que j'aurais tout vu maintenant.

- Arrête putain ! C'est vraiment pas drôle !!

Je lui balance le premier coussin qui me tombe sous la main non pour plaisanter, mais bien pour faire baisser ma frustration.

- Tom, tu as embrassé une fille… je vais quand même pas pleurer à chaque fois que tu fais ça, sinon je vais me promener avec une boîte de mouchoirs toujours sur moi !

- …

- Rooo allé je te charrie un peu. Vas-y, je t'écoute ! Finalement qu'est-ce qu'elle t'a dit ?

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Je fais les cents pas dans ma chambre… j'ai envie de pleurer tellement je suis sur les nerfs, il faut vraiment que je me calme !

- Je lui ai dit que j'avais peur.

Et devant le regard noir de ma copine, je rajoute de mauvaise grâce :

- Oh ça va, pas la peine de me regarder comme ça !

- Non mais attend, un mec de rêve t'embrasse et tout ce que tu trouves à lui dire c'est que tu as peur ? Mais je vais te mettre des claques moi !!

Bah vas-y, ça me remettra peut être les idées en place… mais je ne peux pas lui dire ça, parce que la connaissant, je risque de me prendre une raclée. Faisant abstraction de sa dernière intervention, je poursuis mon récit.

- Et il m'a dit ce que je craignais mais de toute façon il ne pouvait en être autrement : Il repart chez lui et il ne me promet rien.

Et Ju' lève la main pour me stopper dans mon discours.

- Et te connaissant tu as préféré en rester là pour…

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- … pour ne pas « péter les plombs » comme elle dit. Elle préfère qu'on reste « amis ». Mais j'ai jamais été ami avec une nana moi… comment veux-tu que je sois ami avec elle ?

- …

- Bill, pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça ?

- Tomy, mon frère. Tu sais que je t'aime mais t'es vraiment le roi des abrutis ! T'as rien compris à ce qu'elle t'a dit. Des fois je me dis que t'as vraiment une queue à la place du cerveau…

- Bah merci pour la comparaison… J'aurai dû comprendre quoi au juste, toi qui t'y connais tant en relation homme-femme ? Rappelle-moi de quand date ton dernier rendez-vous ?

Il ne fait même pas attention au sarcasme qui pullule dans ma voix et continu sur sa lancée.

- T'es aveugle au point de ne pas voir qu'elle se protège. Elle s'en fout royalement d'être amie avec toi, tout ce qu'elle veut c'est éviter de se faire un film alors que lundi, elle sait pertinemment que tout va s'arrêter.

- Mais pourquoi ça devrait s'arrêter ? Qui a dit que ça s'arrêterait ? A quel moment j'ai parlé d'arrêter quoi que se soit ?

Quoi… qu'est-ce que j'ai dis de si terrible pour qu'il écarquille les yeux comme ça ?

- Bill putain, ferme la bouche on dirait que tu gobes des mouches.

- Non mais attend, tu te rends compte de ce que tu viens de me dire ? Je croyais que tu ne voulais pas te caser ? Je croyais que t'en avais rien à foutre de cette fille. Je croyais que…

- Mais tu crois que je te ferais une scène pareille si je ne ressentais rien ? Je ne sais même pas ce que je ressens, c'est confus mais tout ce que je sais, c'est que je n'arrête pas de penser à elle… Bill aide moi !

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- Mais comment veux-tu que je t'aide ? De toute façon, plus que demain et si tout va bien lundi. Tu n'as plus beaucoup de temps avant qu'il ne parte, tu seras soulagée comme ça.

- Mais je ne veux pas être soulagée !! Ca va être pire que tout quand il va repartir, il va m'oublier, je ne représenterai plus rien pour lui.

Pffff je voulais me protéger mais tu parles… dans tous les cas je vais être à ramasser à la petite cuillère quand il va repartir, c'est certain.

- Ecoute, je te propose qu'on se couche… arrête de te prendre la tête avec tout ça. Vis au jour le jour, profite de ce qu'il a te donner et puis improvise.

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- Je déteste l'improvisation… de toute façon elle a été on ne peut plus clair avec moi. Je me suis fais jeter, c'est comme ça.

- Je suis désolé frangin.

Et je sais qu'il est on ne peut plus honnête… mais cette pitié fini de me mettre le moral dans les chaussettes.

- Pas de quoi faire un fromage… bon j'éteins ?

Je préfère l'obscurité, il ne verra pas que ça me blesse plus que ce que je veux bien le dire, il ne verra pas mes yeux devenir rouge… Je suis trop fière mais c'est comme ça.

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- Bonne nuit Ju' !

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- Bonne nuit Billou.

Mais j'ai pas dit mon dernier mot. S'il me reste une seule chance de la convaincre, je ne vais certainement pas la laisser passer !