CHAPITRE 8
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POV Sarah
Je suis en train de courir comme une folle à travers toute la maison pour récupérer les affaires essentielles à mon existence. Il taut dire que ma meilleure amie me stresse à un point innommable.
- Dépêche-toi putain, on va arriver méga à la bourre à cause de toi.
Elle est en train de suivre le moindre de mes déplacement depuis la porte du salon, les bras croisés et le pied martelant le sol.
- C'est bon, je fais ce que je peux ! – Lui dis-je agacée.
Elle a le feu au cul ou quoi… bon alors, le portefeuille c'est bon, le téléphone est déjà dans la poche de mon pantalon, le lecteur mp3 est resté dans mon sac…
- Dépêche !!!
- Mais pourquoi t'es aussi pressée, c'est fou ça !
Elle me regarde d'un air accusateur avant de me répondre, les poings sur les hanches.
- Et toi, pourquoi tu traînes autant les pieds ?
Mais je ne traîne pas les pieds, c'est totalement faux ! Bon d'accord, je ne suis pas spécialement pressée de me retrouver face à lui, mais faut pas exagérer quand même. Je vois Ju' s'approcher de moi d'un air menaçant. Je me ratatine sur moi-même avant de me rendre compte qu'elle me tirer par le bras vers la sortie.
- T'as ton téléphone et ton sac, c'est le plus important. Le reste, on s'en tape. Et maintenant, on décolle !
Nous voilà de retour dans ma poubelle-mobile… en route vers la salle de concert de Bercy. Avec un changement de programme monstrueux : exit les places VIP, Julie a décidé de passer les voir plus tôt que prévus pour éviter ce qu'elle appelle les « groupies ». Je ne sais pas ce qu'elle entend par ce mot, mais vu la hargne qu'elle dégage quand elle en parle, je préfère m'abstenir de commentaires.
Elle a donc réorganisé la journée et a bien sûr mis au point cette entrevue avec Gustav, histoire qu'on ne débarque pas là-bas pour se faire jeter comme des malpropres.
Le trajet a été assez court puisque je vis en banlieue proche… mais bizarrement il a aussi été très calme… trop calme même. Longtemps je me suis demandé si je devais aborder le sujet « Gustav », mais j'ai réalisé que je n'avais pas le courage de lancer une conversation sur les sentiments humains. Vu mon état d'esprit actuel, je ne pense pas que je lui serais d'un grand secours si elle se pose des questions existentielles. J'ai mal dormi, j'ai les yeux gonflés comme si j'avais pleuré toute la nuit, alors peut-être que c'est égoïste mais je n'ai pas envie de m'occuper des problèmes des autres pour le moment.
On écoute tranquillement la musique que crache mon poste, et on fait quinze fois le tour du quartier à la recherche d'une place où je ne risque pas de recevoir d'amende. Et fatalement mon cœur bat de plus en plus fort au fur et à mesure qu'on s'approche de la salle de concert, je ne suis pourtant pas au bout de mes surprises.
- Sarah, faut que t'appelles Tom. Je ne capte rien du tout par ici.
Elle se fout de ma gueule ou quoi, elle ose me dire qu'en plein Paris elle n'a pas de réseau ? Je lui fais part de mon étonnement et cette garce me colle son portable sous le nez en me lançant de façon plus qu'insolente un :
- Regarde par toi-même !
Mais c'est quoi ce téléphone de merde ? Elle ne peut pas s'acheter un vrai portable comme tout le monde !! Et à bout d'argument, je rends les armes… mais pas totalement.
- Je fais le numéro mais c'est toi qui lui parles !
- Ah non ! Tu ne vas pas l'ignorer tout le temps quand même, ce sera un bon moyen pour vous de repartir sur de bonnes bases.
Tu parles ! Je sais qu'elle fait exprès mais qu'est-ce que vous voulez que je lui dise. On ne va pas poiroter devant Bercy toute la journée non plus. Surtout qu'il y a déjà des fans complètement barges qui sont en train de hurler des « Schreeeeiiiiiii » à tout va. C'est qu'elles me feraient presque peur !
Je compose rageusement le numéro de Tom et attends patiemment que Monsieur veuille bien décrocher… ce qui tarde un peu !
- Hallo ?
- Heu Tom ? C'est Sarah, ça va ?
- Super et toi ? Vous êtes déjà là ?
- Bah ouai mais en fait, on ne sait pas trop par où rentrer…
Il m'explique brièvement le chemin à suivre et me balance un « à tout de suite ma belle » avant de raccrocher. J'espère que j'ai bien pigé toutes ses explications. Hey… il m'a bien appelé « ma belle » ou je délire ? Et forcément je rougis comme une gamine… ça commence à devenir embarrassant cette manie qu'il a de me faire réagir comme ça !
- Qu'est-ce qu'il t'a dit pour te mettre dans un état pareil ? – S'étonne Julie.
- Heu rien, rien. Bon tu me suis ?
Je décide délibérément de lui parler de ça. Je ne veux pas lui donner des armes qu'elle ne manquera pas d'utiliser contre mes faibles arguments. Je lui prends finalement la fin et après avoir parcourus ce qui ressemble fort à un marathon, on arrive enfin à une entrée qui paraitrait presque invisible tellement elle est discrète. Ju' frappe trois petits coups et nous attendons que quelqu'un veuille bien se rendre compte de notre existence. C'est chose faite assez rapidement puisque qu'un mec que je suppose être de la sécurité ouvre cette même porte en nous regardant d'un œil critique.
- Vous êtes ?
Toujours opérationnelle, c'est ma copine qui répond de suite :
- Heu… Julie et Sarah. On a rendez-vous avec le groupe... Heu, nous sommes des amies.
Amies ? Je ne sais pas si cette définition nous qualifie très bien mais en tout cas, elle a l'air de satisfaire ce brave monsieur qui se détend à vue d'œil.
- Venez, je vais vous accompagner sinon vous allez vous perdre dans ce dédalle de couloirs. Les garçons nous ont fait part de votre arrivée.
Je pousse discrètement un petit soupir de soulagement en le voyant nous laisser rentrer… je n'avais vraiment pas envie de me faire mettre dehors par ce garde. Après plusieurs minutes de marche, je réalise effectivement qu'on pourrait bien s'égarer tellement c'est grand. C'est la première fois que je viens ici et très honnêtement, je ne pensais pas que c'était si imposant. Au fur et à mesure de notre avancée, j'ai l'impression d'entendre certains sons, qui se transforment vite en note de musique puis je reconnais finalement la voix de Bill… on va les déranger en pleine répétition : ça craint ! Notre accompagnateur nous explique que c'est tout droit au fond du couloir, puis fait demi-tour pour nous laisser continuer seules.
Nous faisons les quelques mètres qui nous séparent d'une double porte, l'ouvrons et je reste complètement bouche bée… on a débouché au beau milieu des gradins, ce qui nous donne une vue imprenable sur toute la pièce. Je regarde partout autour de moi et je me demande vraiment s'ils vont remplir toutes ces places vides ?
- Ça fait trois fois que je dis ne pas avoir le retour, on peut arranger ça ou faut attendre une catastrophe pendant le concert de ce soir ?
Je baisse mon regard suite à cette intervention et aperçois les quatre garçons sur une immense scène. Effectivement, ils sont en pleine répétition, et leurs visages si concentrés casse vraiment leur image de joyeux lurons que j'avais eu jusqu'alors d'eux.
- Arrête de faire ta diva… j'ai pas envie de passer ma journée ici moi !
Heu… des pros, enfin presque ! C'est bien sûr Tom qui taquine encore son frère, est-ce que ça leur arrive seulement d'être sérieux ? Mes yeux se posent sur l'espèce de fourmilière qui gravite autour de la scène. Ça grouille de techniciens et des câbles se croisent et se recroisent à n'en plus finir : c'est très impressionnant.
Je cherche Julie du regard et me rend compte qu'elle a pris de l'avance puisqu'elle se trouve déjà en bas des gradins. J'active le pas pour la rejoindre et dévale les escaliers rapidement, j'arrive aux dernières marches quand… BOUM !
- Aïeeeeuuuuu ! Putain de merde !
Ça m'apprendra à me dépêcher tiens, j'en ai marre : pourquoi est-ce que tout va de travers depuis trois jours !! J'ai vraiment une poisse comme ça n'est pas permis. Je relève la tête juste à temps pour voir une tornade de cheveux longs se jeter sur moi.
- Ça va Sarah, où est-ce que t'as mal ?
Tom… pourquoi s'inquiète t-il comme ça pour moi ? Il encadre mon visage de ses mains et me regarde dans les yeux à la recherche d'une quelconque trace de douleur. Seigneur, il a les mains si douces. Mais la conversation que j'ai eue avec mes amis hier au soir se rappelle immédiatement à mon bon souvenir. Je dégage ma tête un peu brutalement pour lui répondre quelque peu sèchement.
- C'est bon, je viens juste de me taper la honte de ma vie, je devrais m'en remettre.
- Non mais tu rigoles ou quoi, t'as dévalé je sais pas combien de marche et tu me dis que t'as mal nulle part ?
Ju' et Bill nous on rejoint et ils affichent eux aussi un air sérieux. Je me relève tant bien que mal et suis stabilisée par le même bras que le jour de l'accident... il en a pas marre de jouer à l'ange gardien avec moi ?
- C'est bon, tout va bien je vous dis. Pas la peine de me regarder comme si j'allais vous claquer dans les pattes !
- Bah en tout cas, t'as pas perdu ton mauvais caractère !
Ça jette un froid et ça à surtout le mérite d'être claire ! Je suis très étonnée de constater que ce merveilleux commentaire vient directement de la bouche de Bill, et Julie a l'air aussi interpellée que moi mais c'est son frère qui se rebiffe le premier !
- Bill, si t'es de mauvaise humeur, tu passes tes nerfs sur quelqu'un d'autre !
Je les vois l'un et l'autre se fixer du regard, pour un peu on verrait des étincelles crépiter ! Finalement, le brun abandonne le premier la partie en faisant demi-tour pour retourner vers la scène.
- J'en ai marre de la voir te traiter comme de la merde. – Rajoute-t-il de dos à son jumeau. Personne ne l'oblige à être ici que je sache ! Si elle n'est pas contente, elle n'a qu'à partir.
- Hey, elle est là. Si t'a un problème avec moi, pas besoin de faire comme si j'étais invisible.
Putain, non seulement je me suis explosée le cul par terre et j'ai super mal (bah oui j'ai mal mais je ne vais pas chipoter pour si peu) mais en plus si c'est pour être accueillie comme ça, merci bien… c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase !
- Et puis si, figure-toi que je suis obligée !!! Si je suis là c'est uniquement pour Julie qui rêve de passer du temps avec vous… alors ne vient pas me faire la morale. Tu te prends pour qui, c'est dingue ça !
Avant même d'avoir fini de dire ma phrase, je me rends compte de l'énormité que j'ai prononcé. Julie se frappe le front pour insister sur ma bêtise et je croise alors le regard blessé de Tom… Son visage s'est fermé, il me fixe encore quelques instants avant de rejoindre son frère en silence. Ma copine fait alors un pas vers moi mais je recule aussi tôt.
- Va les rejoindre, laisse-moi !
Je ne vais pas encore la priver de passer un peu de temps avec eux, sous prétexte que j'oublie de réfléchir avant de parler quand même ! Je m'éloigne sans vraiment y penser, me dirige vers les escaliers que je commence à remonter jusqu'à me rendre compte que je ne peux plus aller nulle part. Je me laisse alors lamentablement tomber sur le premier siège que je trouve et réalise que je me situe le plus haut possible dans la salle.
La vue imprenable, il m'est alors possible de voir tout ce qu'il se passe sans être vue moi-même. Mes yeux se posent sur la scène où apparemment Tom et Bill sont en train de se disputer puisqu'ils font de grands gestes tous les deux, c'est Georg qui, une fois sa basse posée, se place entre eux. Il a l'air de leur parler puis chacun reprend sa place.
Mais je ne comprends pas du tout l'attitude de Bill. Quand on s'est quittés hier tout allé bien et maintenant ça. Je ne vois pas ce que j'ai à me reprocher par rapport à la situation actuelle, j'ai été on ne peut plus correcte avec son frère. C'est lui qui a pour habitude de traiter les filles comme de la merde, pas moi !
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POV Tom
- Non mais on peut savoir quel est ton problème ? Pourquoi tu lui as parlé comme ça ?
Je marche vite et passe devant mon frère pour me poster devant lui afin d'arrêter sa marche.
- Tu l'as bien entendu, elle n'est là que pour sa copine… pourquoi tu te prends la tête pour elle !
Et il ose seulement me poser cette question ! Comment lui, parmi tout le monde, peut-il encore se poser cette question !
- Mais tu le sais très bien !
- Non je ne le sais pas, et elle non plus ! – Dit-il en montrant Sarah du doigt.
Je préfère ignorer le tour que prend la discussion, et la recentre sur le sujet principal.
- Mais t'es complètement con, pourquoi tu l'as agressé hein ? Qu'est-ce qu'elle t'a fait à la fin !!
Je vois alors mon frère ricaner sarcastiquement avant de reprendre.
- Mais tu t'entends parler ? T'es complètement déboussolé, tu ne sais plus ce que tu fais, tu ne sais plus ce que tu ressens… tu rates même des accords que tu sais jouer les yeux fermés. Et tu me demandes ce qu'elle m'a fait ? Mais à moi rien du tout pauvre cloche, ouvre les yeux bon sang ! J'en ai marre de répéter cent fois les mêmes choses.
- Heu… les gars, vous ne voulez pas remettre votre conversation ultra importante à tout à l'heure ? Parce qu'au cas où vous l'auriez oublié on est en pleine répétition là. Et heu… pas franchement tout seul.
Mais on continue comme si l'intervention de Georg n'en avait pas été une, malgré le fait qu'il se soit placé entre mon frère et moi. Il devrait pourtant savoir que ça n'a aucun effet sur nous.
- Moi j'en ai marre. Soit vous ouvrez les yeux tous les deux soit j'en prends un pour taper sur l'autre, est-ce que c'est clair ? – Me demande Bill.
- Mais je...
- Est-ce que c'est clair ? – Me coupe t-il de nouveau.
- Je ne vais quand même pas la demander en mariage pour te faire plaisir. C'est bon, lâches moi avec ça !
- Bon on reprend ! – Nous coupe Gustav depuis l'autre bout de la scène tout en tapant avec ses baguettes.
Avec lui, y'a jamais moyen de s'engueuler correctement. Ça en est presque frustrant. Mais Bill fait un geste pour lui dire que c'est bon, coupant là toute discussion. J'en profite donc pour m'installer à ma place et c'est parti.
...
Les dernières notes du morceau viennent de s'éteindre et je vois mon frère et Georg me regarder de façon… je dirais inhabituelle.
- Qu'est ce qu'il se passe, encore ? – Dis-je plus rageusement que ce que j'avais prévu.
- Hum... trois fois rien, mais si tu pouvais juste le jouer un peu moins agressif, je suis sûr que ça serait parfait.
Tout Georg. Dire les choses avec humour quand il y a de la tension dans l'air. Mais même ça, ça ne m'atteint pas.
- Georg tu fais chier, ce n'était pas agressif ! C'est du rock, tu veux que je le joue comment ?
- Ok, si tu le dis ! – Termine-t-il, levant les mains en l'air en signe de rémission.
J'échange un regard avec mon frangin qui a l'air toujours lui aussi un peu en colère, mais de toute façon avec lui, plus soupe au lait tu meurs ! Un petit sourire mesquin se dessine tout d'un coup sur ses lèvres puis il nous annonce :
- Bon, on essaye « Rette Mich ».
Bizarre, d'ordinaire on ne la répète plus trop celle-ci. En plus j'ai toujours un peu de mal à me mettre dans l'ambiance quand personne n'est là pour l'entendre. C'est nul de jouer une chanson comme celle-ci devant une salle vide. J'avale ma salive et jette un œil en dans les gradins et me gifle mentalement. Je suis le roi des cons, la salle est loin d'être vide puisque Sarah s'y trouve. Mais ça ne m'explique pas ce que mijote mon frère.
Je me concentre une petite minute, m'isolant dans ma bulle. L'avantage de ce morceau, c'est que c'est moi qui le lance, je peux donc prendre tout mon temps pour me calmer. Si je la joue comme j'ai joué le dernier, ça ne va vraiment rien rendre de bon.
Je souffle un bon coup, place mes doigts machinalement sur les cordes et commence à jouer les accords. Je suis vite rejoint par la voix de mon frère puis Georg, et enfin Gustav. J'adore l'intensité que mon jumeau arrive à faire passer à travers cette chanson, et suis particulièrement sensibles aux paroles.
Je parcours la scène de long en large et fini par m'avancer pour m'asseoir sur le rebord, les pieds dans le vide. J'essaye de trouver Sarah dans cette grande pièce et constate qu'elle a changé de place pour se rapprocher de nous. Pourtant ce que je vois me broie le cœur : des larmes maculent son beau visage, aucun sanglot mais l'eau dévale ses joues sans s'arrêter. Nos regards s'accrochent alors et je n'ai l'impression de jouer que pour elle. J'essaye de la rassurer, j'essaye de faire parler mes yeux et de lui dire toutes ces choses que je n'arrive pas à dire à voix haute, j'essaye de lui faire comprendre ce que je n'arrive pas à comprendre moi même. Mais au bout de ce qui me parait être quelques secondes, elle se lève et s'en va précipitamment.
Dans un réflexe, j'arrête immédiatement de jouer et pose ma guitare là où je suis assis. Je commence à me lever quand une main se pose sur mon épaule pour me retenir au sol.
- Laisse, j'y vais.
Je ne suis pas sûr que se soit une bonne idée et lui fait part de mes réflexions. Après tout, c'est quand même lui qui a déclenché tout ça. Et non, je ne suis pas du tout de mauvaise foi !
- Depuis quand est-ce que tu ne me fais plus confiance ? – Me demande t-il avant d'attendre une réponse qui ne viendra pas, puis finalement s'en aller.
Si je n'ai pas confiance en mon jumeau, je ne peux avoir confiance en personne. Je le regarde donc s'éloigner tout en priant un Dieu auquel je ne crois pas qu'il la fasse revenir.
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POV Sarah
Je me fais chier là haut toute seule et en plus, je ne les vois même pas bien. Bon d'accord je suis censée bouder mais quitte à rester sur place toute la journée, autant profiter du spectacle. Je ramasse mon sac que j'ai balancé sur mon siège voisin et commence à descendre quelques rangées, en faisant bien attention de ne pas tomber cette fois-ci. Une seule humiliation par jour... pas plus ! Sinon, même moi qui n'aie pas beaucoup d'amour propre, je risquerai de ne pas m'en remettre.
A peine ai-je le temps de m'installer que je l'entends déjà jouer les notes d'intro de leur chanson que je préfère. Je me rassois silencieusement et les observe à nouveau. Ils ont tous l'air d'être dans leur truc, sauf Tom qui se promène comme s'il ne savait pas ce qu'il faisait là. Je profite du fait qu'il ne fasse pas attention à moi pour le détailler, et tout y passe. De ses baskets blanches à ses dreads, en passant biensûr sur son piercing. Je me mets un peu à divaguer à son propos, en repensant à la sensation que j'avais ressentie quand on s'était embrassés.
Vous connaissez cette impression : Comme si vous étiez à l'endroit précis où vous deviez être ? C'est exactement ce que j'ai ressenti hier soir. Je sens encore ses mains me caresser le dos, sa bouche se poser dans mon cou, ses lèvres effleurer les miennes… ce moment était si parfait. Toujours en pleine réminiscence, je passe une main dans mon cou qui me chatouille. C'est seulement à ce moment là que je me rends compte que je pleure, je n'ai même pas sentie les larmes couler.
Je m'essuie la main machinalement sur mon jean et relève la tête. Je me noie alors dans le doré de ses yeux... je ne veux pas qu'il me voit comme ça, mais je n'arrive pas à bouger non plus. Il me lance un regard si doux, tellement plein de tendresse… comme ce soir là. Et sa présence me manque encore plus, ses bras autours de moi aussi.
J'entends alors les paroles que Bill prend plaisir à chanter.
Ich wollt' di ralles anvertrauenJe voulais tout t'expliquer
Warum bist du abgehauenPourquoi t'es tu sauvée ?
Komm zurück – nimm mich mitRevient – emmène moi avec toi
Komm und rette mich Viens et sauve moi
ich verbrenne innerlichÇa brûle au fond de moi
Komm und rette michViens et sauve moi
ich schaff's nicht ohne dichSans toi je n'y arrive pas
Komm und rette michViens et sauve moi
Le regard de Tom me transperce toujours, et les battements de mon cœur s'affolent. C'en est trop, je ne peux plus le voir… il faut que je m'éloigne. Je n'arrête pas de penser à hier soir, ça m'obsède. Il m'obsède. Je me relève d'un bon en laissant mes affaires sur place et prends la direction de la première porte à ma portée.
Et je marche. Vite, toujours plus vite. Je traverse un couloir et accélère encore le pas sans vraiment regarder où est ce que je suis, où est ce que je vais, est-ce que je… BAM ! Je m'essuie une joue encore mouillée et bafouille
- Oh… heu… désolée…
Je viens de rentrer dans je ne sais qui, heureusement que cette personne m'a retenu par le bras sinon je me serais encore retrouvée par terre.
- Tu devrais regarder devant toi quand tu marches.
Mais qu'est-ce qu'il fait là lui, il n'était pas en train de chanter aux dernières nouvelles ?
- Pourquoi tu pleures ?
- Qu'est-ce que ça peut bien te faire ? – Dis-je agressivement.
Je sais bien que quelqu'un de suffisamment poli aurait eu des mots plus neutres, mais je ne suis pas vraiment d'humeur.
- Oh, respire ! Je suis venu enterrer la hache de guerre… je suis désolé de t'avoir parlé comme je l'ai fait tout à l'heure. Je suis un peu sur les nerfs pour ce soir, y'a rien qui va comme il faut et ça m'angoisse… Tu me pardonnes ?
Est-ce que vous pouvez imaginer Bill Kaulitz en train de s'excuser ? Comment voulez-vous rester en pétard contre lui quand il fait cette tête de chien battu ? Je fais un geste de la main pour lui signaler de laisser tomber… je ne suis pas trop rancunière de toute façon.
- Ça ne répond pas à ma première question… pourquoi tu pleures ?
Je n'ai pas envie de lui répondre. Pas pour qu'il aille tout répéter à son jumeau, merci bien.
- J'en ai marre de vous avoir tous les deux dans les pattes à faire la tronche. Je croyais que vous aviez mis les choses au point hier… il me semble même que c'est toi qui l'a rejeté. Ce qui est une première si ça peut te consoler ! Alors il est où le problème ?
- Y'en a sans doutes pas – je réponds de façon monocorde.
- Très bien, me dit-il en me passant un bras sur les épaules. Donc vous allez passer deux jours ensemble sans vous entre tuer, comme des gens civilisés que vous êtes ! C'est merveilleux. – Enchaine-t-il de façon sur jouée. Maintenant que ça c'est réglé, tu veux aller voir comment c'est sur scène ?
Deux jours ? Ça veut dire quoi ça ? Qu'est-ce qu'il entend par deux jours ? Mais je n'ai pas le temps de poser plus de question qu'il m'entraîne déjà dans le sens inverse de ma venue. Le silence est de mise pourtant je ne me sens pas particulièrement mal à l'aise.
- Alors, t'es amoureuse ?
OK, maintenant je suis mal à l'aise... d'ailleurs ça doit se voir parce qu'il éclate de rire.
- Pourquoi c'est toujours après lui que toutes les filles courent, on est jumeau quand même !
- Tu préférerais que je cours après toi ? – Lui dis-je en levant un sourcil perplexe, mais en souriant avec dérision.
Il s'arrête alors et s'exclame tout en me montrant du doigt
- Ah ! Donc tu cours bien après lui.
Bouh... qui est pris qui croyait prendre ! Je voulais le mettre en boîte et ça se retourne contre moi… que je suis malheureuse.
- Pourquoi tu l'as rejeté ? – Demande t-il l'air de rien tout en continuant à marcher.
Moi, perso, ça m'arrête de suite. Il fait encore quelques pas avant de se rendre compte que je ne suis plus à son niveau, se retourne et attend ma réponse.
- Je voudrais comprendre, c'est tout – insiste t-il devant mon silence.
C'est dingue ce qu'il est curieux le bougre ! Je soupire avant de retrouver l'usage de la parole.
- Il a bien dû t'expliquer... entre jumeaux vous devez tout vous dire. Je me trompe ?
- Non tu ne te trompes pas, mais il n'a pas vraiment compris... et pour être tout à fait honnête : moi non plus. Tu préfères avoir des regrets pour quelque chose qui ne s'est jamais produit… je ne vois vraiment pas l'intérêt.
- Je n'apprécie pas particulièrement les regrets mais je ne veux pas être malheureuse. Et j'en parle en connaissance de cause : les regrets passent plus vite que le chagrin et surtout, ils font moins mal.
Il se rapproche de moi et pose ses mains sur mes épaules.
- Oui peut-être. Mais le chagrin crée les souvenirs, les regrets non. Tu devrais lui parler.
- Pourquoi faire ? Finir dans son lit parce qu'il n'aura trouvé personne d'autre pour animer sa soirée ? Non merci.
Mon ton est acide mais c'est ce que je ressens en ce moment, je n'y peux rien.
- Vous êtes aussi borné l'un que l'autre, c'est dingue ça ! S'il voulait vraiment une nana pour « animer sa soirée » comme tu dis, il ne se prendrait pas la tête comme ça avec toi. Tu sais que tu l'as complètement perturbé ? Je ne le reconnais presque pas.
Je rigole amèrement... dois-je prendre ça pour un compliment ? Il me lâche les épaules et s'éloigne. J'en profite pour le détailler curieusement. C'est dingue comme ils peuvent être si ressemblants et si différents à la fois.
- Bill, est-ce que tu crois qu...
- Ah bah vous êtes là ! J'ai cru que je ne vous trouverais jamais. Vous revenez un peu parmi nous ?
L'angoisse de voir Tom débouler est très vite effacée quand je reconnais la tignasse longue de Georg... Ouf ! Bill a bien vu que je voulais lui poser une question mais avec ce nouveau venu, il est hors de question que je lui parle de son frère.
- On va rentrer par les backstages, comme ça tu pourras jeter un œil ! – Lance joyeusement le bassiste, imperturbable au fait de nous avoir interrompu.
On fait quelques pas tous les trois avant qu'il ne se retourne vers Bill et demande
- Heu... c'est pas où les backstages déjà ??
Et c'est après de nombreux tours et détours, que nous arrivons enfin à retrouver notre chemin. On traverse les coulisses à une allure de tortue. J'ai l'impression que Georg s'est mit en tête de m'expliquer l'utilisation de chaque câble et de chaque bouton tellement il me fournie d'informations. J'essaye de faire semblant de m'y intéresser mais
- Arrête, t'es en train de la gaver à mon avis.
Bon, je n'ai peut-être pas été assez discrète pour Bill mais c'est vrai que ce n'est pas ultra intéressant quand tu n'es pas dans le métier, ou qu'il ne s'agit pas de ta passion. On sort enfin des coulisses pour arriver vers la scène pourtant les deux garçons, qui ouvraient la marche, décident de se stopper net. Mais comme j'ai le nez en l'air à regarder tout ce que je peux, ma marche à moi s'arrête en plein dans le dos de Georg.
- Ayeuuuuuu...
Je pense que je n'arriverais pas à finir la journée en un seul morceau, ce n'est pas possible autrement. Je me masse le nez qui s'est écrasé sur l'omoplate du bassiste mais Bill me prend le bras sans ménagement pour me placer devant eux.
- Fais moins de bruit et regarde. – M'ordonne-t-il. Tu ne le verras pas tous les jours, il déteste chanter !
Bah merci bien pour sa sollicitude. Malgré mon côté tête de mule, je décide de voir ce qu'il me montre du doigt et tais immédiatement mes lamentations. La vue qui s'offre à moi m'arrache un sourire de contentement. Tom est resté au même endroit que lorsque j'ai quitté la salle tout à l'heure. L'absence des techniciens me fait penser qu'ils ont fini ce qu'ils devaient faire, du coup Tom se retrouve seul et gratte les cordes de sa guitare tout en chantant.
Ich will nicht störn und ich willJe ne veux pas déranger et je ne veux pas rester
auch
nicht zu lange bleibentrop longtemps non plus
Ich bin
nur hier um Dir zu sagenJe suis seulement ici pour te dire
Ich bin
da wenn Du willstJe suis là si tu veux
Schau Dich um
dann siehst Du michRegarde autour de toi et tu me verras
Ganz
egal wo Du bistPartout où tu seras
Wenn Du nach mir
greifst dannSi tu tends la main vers moi
halt ich DichJe te soutiendrai
C'est dommage qu'il n'aime pas chanter parce qu'il a une très jolie voix, beaucoup plus chaude que celle de son frère en fait. Je ne suis peut-être pas très objective non plus, mais je trouve sa voix... envoûtante. Je sens la poigne de Bill se relâcher sur mon bras, et au fur et à mesure des paroles, je me dirige vers son guitariste de jumeau. Il se retourne en entendant mes talons claquer sur le sol et me regarde venir vers lui sans jamais arrêter de jouer. Je m'installe à ses côtés en faisant bien attention de ne pas le bousculer et dans un élan de courage que je ne me connaissais pas, pose ma tête sur son épaule en l'écoutant.
Lorsque les dernières notes du morceau se meurent, aucun mot n'est prononcé entre nous. Il se contente juste de poser sa tête sur la mienne et nous restons je ne sais combien de temps dans cette position.
Je suis bien.
C'est con comme ressenti parce qu'il ne se passe rien de particulier, mais au milieu de ce tourbillon qu'est devenu ma vie depuis trois jours... cette douceur et ce calme sont vraiment les bienvenus.
- Ça va mieux ? – Demande t-il sans jamais changer de position.
Je murmure un tout petit oui auquel il répond par un baiser sur mon front.
- C'est bien. Je n'aime pas te voir pleurer.
Ne pas lui sauter dessus, ne pas lui sauter dessus, ne pas lui sauter dessus... respire Sarah, tu peux le faire.
- Désolé de vous déranger les amoureux mais il faut y aller... les journalistes commencent à arriver.
C'est Gustav qui vient jouer les troubles fêtes. Je me détache un peu paresseusement de Tom et me relève... inutile de vous dire que je pourrais éclairer toute la salle avec la couleur qu'ont prises mes joues à l'utilisation du mot « amoureux ».
- Je vous rejoins dans deux minutes, lui répond Tom. Ah attend Gus…
Je m'éloigne un peu pour les laisser se parler en paix et visite la scène. Et lorsque je fais face au vide et à la grandeur de la salle, j'en reste sans voix. Vous vous dites sûrement que c'est très impressionnant, et bien c'est pire que ça. Je ne pourrai jamais faire ce qu'ils font c'est juste… impossible.
Jouer devant autant de monde. Comment peut-on rêver depuis le plus jeune âge de faire ça ?
Et moi, qu'est-ce que j'ai envie de faire de ma vie ?
Mes pensées sont un peu perturbées par deux bras m'encerclant par derrière et une bouche qui se pose dans mon cou en un délicat baiser qui m'arrache un frisson. J'espère vraiment du fond du cœur qu'il n'use pas de ce traitement de faveur avec toutes les personnes qu'il considère comme des amies…
- Je dois y aller.
Ses doigts se mettent doucement à jouer avec les miens puis il reprend :
- Tu viens avec moi ?
Son pouce me caresse lentement la paume pendant que mon cerveau fonctionne à tout va, mais je me connais et si je réfléchis trop, je vais m'enfuir. Avant donc de trop penser, je lui saisie une main qu'il enserre immédiatement à son tour et c'est mains entremêlées que nous nous dirigeons dans les différents couloirs. Mais ce lien est très vite interrompu lorsque Tom s'arrête devant une porte avec un papier marqué « Journalistes ».
- J'ai pas envie que tu deviennes une bête de foire.
- Tu n'as pas à te justifier. Entre amis on ne se justifie jamais.
Il lève les yeux au ciel en soupirant avant de se rapprocher de moi et de me déposer un chaste baiser sur les lèvres.
- Tu crois vraiment que je ferais ça avec une amie !
Mais sans me laisser le temps de répondre et tout en lançant un « bienvenue dans la fosse aux lions », il ouvre la porte et me pousse à l'intérieur.
La pièce est plutôt grande et peu meublée : un canapé et des chaises sur la droite, une table avec diverses boissons et nourritures sur la gauche. Tom se dirige directement vers le canapé où se trouve déjà le reste du groupe et moi vers la table où est installée ma Julie.
- Ça y est, t'as fini de faire la gueule ?
Oups… je crois qu'elle est un peu en pétard, mais je ne veux pas me battre contre elle. Je la sers donc immédiatement dans mes bras tout en murmurant :
- Excuse-moi, je suis vraiment désolée. J'ai trop besoin de toi, ne m'en veut pas s'il te plaît.
Elle pose sa main dans mes cheveux et me rend mon câlin. Je sais alors que l'orage est passé.
- Tu parles ! Tu sais bien que je ne t'en veux pas. Et puis moi aussi j'ai trop besoin de toi espèce d'idiote. Au fait, je t'ai ramené ton sac… tu devrais éviter de le laisser traîner partout.
J'ouvre la bouche pour la remercier mais la porte s'ouvre de nouveau et deux personnes font leur entrée. La première est une armoire à glace qui doit avec dans les 40 ans, des lunettes et des cheveux grisonnant. Le second est un mec beaucoup plus jeune portant un costard sans cravate… il détonne un peu au milieu de tous ces jean's et autres tee-shirt de rock. Ju' me tapote sur le bras et m'explique :
- C'est David Jost leur manager, et l'autre c'est un de leur garde du corps.
Ah. D'accord. Le fameux David nous fait un signe de la main pour dire bonjour de loin puis se tourne vers le groupe.
- Vous êtes prêts les garçons ?
Bill lève le pouce et dans les dix secondes qui suivent, deux nouvelles personnes font leur entrée.
- Bonjour messieurs, merci de nous recevoir. Mary Stone de Rock Magazine.
Et les interviews s'enchaînent pendant un certain temps… et je m'ennuie profondément. Les questions sont très souvent les mêmes et ce qui était marrant la première demi-heure devient vite lourdingue. Je les pleins. Après un énième soupire, je demande à Ju' si elle ne veut pas sortir avec moi pour prendre un peu l'air. On profite alors du changement de journalistes pour se sauver.
- Vous allez où les filles ? – Nous demande Gus.
- Heu… juste dans le couloir, changer un peu d'air.
- Vous pouvez rentrer à n'importe quel moment, faites comme chez vous.
C'est le manager qui nous a dit ça, sympa comme gars. J'ouvre la porte et ma copine et moi décidons d'un commun accord de nous éloigner un peu de l'entrée pour éviter de croiser chaque nouvel arrivant. Et une fois installées par terre comme des galériennes, je demande enfin à mon amie ce qui se trame avec le batteur du groupe.
- Alors, avoue-moi tous tes noirs secrets ! Qu'est-ce que tu manigances avec lui ?
- Beaucoup moins que toi avec Tom. Quoi, tu crois qu'on ne vous a pas surveillé quand vous étiez tout seul sur scène ?
Puis devant ma mine un peu boudeuse, elle éclate de rire et finalement me répond :
- C'est juste une forte amitié. C'est pas que je ne veux pas, mais lui ne veut que d'une relation sérieuse, chose qu'on ne peut faire puisqu'on habite trop loin l'un de l'autre. Alors chacun profite de la tendresse de l'autre, tout en restant dans des limites très chastes.
- Peut-être trop chaste, c'est ça ?
Et je rigole avec elle, on se connaît trop bien toutes les deux.
Ça fait du bien, on se raconte que de la merde mais ça fait vraiment descendre toute la pression qu'on a pu conserver en nous depuis les derniers jours. Et une fois que cette pression a totalement disparue, ce qui nous a bien pris une bonne heure, on décide de retourner dans la salle de torture. Après une petite seconde d'hésitation, je pose la main sur la poignée et ouvre la porte.
Bill est encore en train de répondre à une question que je suppose à la con mais achève sa phrase rapidement. Puis le journaliste qui les interroge en ce moment se tourne vers nous et cette espèce de lumière malveillante qui s'allume dans ses yeux ne me dit rien qui vaille. Il nous montre du stylo tout en se retournant vers le groupe.
- Vos petites amies ?
… Je le voyais venir, ça ! Mais Bill répond du tac au tac.
- Des amies tout court en fait.
- Vous voulez me faire croire que ces filles, que personne n'a jamais vu dans votre entourage, ne sont les petites amies de personnes… allons, soyez un peu honnête.
- Je pense qu'ils vous ont déjà répondu, une autre question ?
Wouaw ! Il a l'air super cool mais quand il veut, le manager, il refroidit l'ambiance. Je referme la porte derrière Julie le plus doucement possible pour ne pas briser cet air polaire mais le journaliste ne se laisse pas démonter.
- Très bien. Une autre question : Tom, vous avez déclaré que vous recherchiez une fille drôle et intelligente mais surtout qu'elle est de beaux yeux et un beau cul. Avez-vous trouvé la perle qui vous ferez un peu moins papillonner ?
Et ben... c'est un vrai poète quand il veut ce Tomy. Tout le monde sait que c'est un super Don Juan. Il peut y aller sans crainte, rien ne me surprendra. Je pose mon regard sur lui et m'aperçois qu'il me regarde aussi… qu'est-ce qu'il attend pour répondre ? Bill se racle alors la gorge et son jumeau semble se rappeler de la question. Mais à la grande surprise de tout le monde, il répond toujours en continuant de me regarder
- Peut-être.
