« Donc… comme nous disions avant que Jack m'interrompe, encore, c'est que c'est devenu très sombre, en plein jour et les feux follets ont lutté pour combattre cette créature. » réexpliqua Mérida en jetant un regard noir à Jack. « C'est finalement nos Lumos Solem qui l'ont chassée, car elle était trop forte. Et Harold dit qu'il a vu euh… quoi déjà?» demanda-t-elle en jetant un regard au Poufsouffle.

« On aurait dit un fantôme, mais pas transparent. Mais j'arrivais pas à le voir, vraiment. Il était trop loin. »

Jack hocha la tête et se tourna vers Raiponce. Elle était assise, la tête accotée dans l'une de ses mains, épuisée. Une semaine s'était passée depuis l'incident après Slughorn, mais la Serdaigle ne s'en était remise, pas complètement. Il passa une main sur son épaule, pour la rassurer, mais elle sursauta et s'éloigna légèrement. Jack pinça les lèvres, un peu blessé de se faire repousser de la sorte, mais n'insista pas.

« C'est étrange, en effet », commenta-t-il.

Mérida leva ses yeux au ciel, énervée. Ses cheveux étaient plus mêlés que jamais et elle avait l'air d'avoir pris une dizaine de cafés, même si Jack ne l'avait jamais vu boire un tel breuvage.

« C'est tout ce que tu trouves à dire ?! On le sait que c'est étrange! Faut trouver ce que c'est et comment l'arrêter. »

« Mais, vous êtes certains que c'est pas juste une créature « normale » de la forêt interdite? »

Mérida ouvrit la bouche pour surement lui répondre sèchement, c'en était devenu une habitude depuis une semaine et Jack n'avait pas envie de faire un effort, lui non plus, mais Harold la coupa. Elle était toujours fâchée par la soirée de Slughorn et lui avait décidé qu'il l'était aussi vu qu'elle avait raté sa partie de Quidditch - qu'ils avaient remporté de peu, au moins - ce qui était ridicule, car il n'en voulait pas à Harold. Au fond de lui, Jack était juste agacé, car il avait tenté d'être distant avec Mérida justement pour l'aider à cette soirée et maintenant elle croyait que tout était de sa faute.

« Non. Les centaures la cherchent depuis plusieurs mois, déjà », expliqua-t-il avec patience.

« Et vous voulez l'arrêter à vous deux ? »

« C'est vrai que toi, t'as trop peur de la tu-sais-quoi pour ça… » chuchota Mérida sarcastique.

Jack se sentit piqué au vif. Il dévisagea la rousse, assez insulté.

« Est-ce que tu peux arrêter de faire l'enfant, Mérida ? » répondit Jack sur le même ton.

« Moi? Moi je fais l'enfant? »

« Oui, Mer! Toi bon sang! Je t'ai déjà expliqué pourquoi j'ai agi de la sorte à la soirée de Slug. »

« Et on a vu le résultat! Tu aurais dû rester avec nous! On n'aurait pas été en infériorité numérique! Raip' ne serait pas restée coincée avec Avery ET Mulciber! »

Raiponce se tendit, Jack le vit du coin de l'œil et la culpabilité le submergea. Raiponce avait beau avoir réussi de justesse à s'enfuir, elle avait eu peur, très peur, ça se voyait.

« Mérida, on devrait se concentrer sur ta deuxième épreuve… » proposa Harold doucement, surement pour dissiper le malaise. « C'est la semaine pro… »

« Je sais! » la coupa-t-il avec colère.

Heureusement, ils étaient dans une classe vide et personne n'était présent pour leur dire de se taire. Harold s'assit sur la table en face de Raiponce et il attendit que Mérida se calme. Jack savait que la personne qui parlerait en premier recevrait les foudres de la lionne fatiguée, en colère et stressée. Il avait de la difficulté à rester fâché contre elle lorsqu'elle était dans cet état. Mérida fouilla alors dans sa poche et en sortit un bout de papier froissé. Raiponce tendit la main et le lut pour tout le monde, alors que Mérida regardait ailleurs.

« Préparer, créature, montagne, trésor », lut-elle. « C'est tout? Tu ne te rappelles de rien d'autre ? »

« Non, le parchemin a brûlé tellement vite. J'avais rien pour noter, j'ai paniqué », expliqua Mérida d'une petite voix.

Raiponce hocha la tête.

« Bon, déjà nous savons que tu vas devoir trouver un trésor dans une montagne. Si on a insisté à ce point que tu te prépares, c'est peut-être que l'épreuve sera longue et qu'il te faudra des provisions et quelque chose de chaud. Il fait toujours froid en montagne et encore plus en février. »

Mérida hocha la tête : « Je ne sais pas faire apparaitre de la nourriture. »

« C'est impossible de toute façon », répondit Jack « Ça fait partie des lois de Gamp. »

« On te fera un sac, d'accord. Harold, tu pourras récupérer des trucs nourrissant dans les cuisines ? Il faut pas que ce soit trop gros », compléta Raiponce.

« Oui, évidemment. »

« Maintenant, pour le feu… » commença Raiponce.

« Je connais un bon sort de feu », dit Jack.

« Tu me l'apprendrais? » demanda Mérida, surprise.

« Évidemment. »

Mérida hocha la tête et ils décidèrent qu'Harold et Raiponce allaient faire des recherches sur les créatures dans les montagnes pendant que Jack et Mérida se pratiqueraient pour des sorts de feux. Lorsque Mérida réussit plutôt rapidement à réaliser un feu tout à fait acceptable, ils s'assirent par terre. Un silence malaisant régnait entre les deux.

« Avoir su ce qui allait se passer, je ne serais jamais parti, tu le sais, non? » commença Jack.

Mérida hocha la tête.

« Je sais, mais t'essaie pas de comprendre ce que je vis constamment à cause des Serpentards. Mon combat avec Pickel ne s'est pas ébruité, mais toute la semaine j'ai dû encore endurer leurs chuchotements et leur « blague » à chaque détour de couloir. On m'a sifflé, on m'a traité de sang de bourbe et on m'accroche constamment pour n'importe quel prétexte. »

« C'est peut-être juste des accidents, Mer'. »

Mérida fronça les sourcils. Jack avait conscience de ne pas avoir dit la bonne chose.

« Des accidents, Jack? Est-ce que ça t'arrive souvent qu'on t'accroche la poitrine ou les fesses par accident? »

Jack figea, mais ne dit plus rien. Il n'avait jamais remarqué ça. Mérida sembla apprécier, car elle se radoucit.

« Ça s'empire constamment et que j'aie battu Pickel n'a rien changé. Je suis plus forte qu'eux, mais pas vraiment, tu vois? »

« Je suis désolé Mery. »

Mérida haussa les épaules et laissa sa tête tomber sur l'épaule de Jack. Il entoura son bras autour d'elle. Il se sentait mal pour son amie. Il n'arrivait pas totalement à se mettre à sa place, mais comprenait qu'il avait peut-être manqué quelque chose dans les derniers mois, voire les dernières années. Il s'était toujours senti agressé lorsqu'elle accusait tous les Serpentards – sauf lui – d'être de mauvaises personnes et il ne croyait toujours pas qu'il fallait condamner l'ensemble de sa maison, mais il voyait bien que la plupart des gens qui harcelait Mérida venait de sa maison à cause des préjugés qui y régnaient.

Soudain, Raiponce et Harold ouvrirent la porte du local. Tous les deux semblèrent surpris de les voir dans cette position et Jack se raidit. Il ne savait pas trop pourquoi, mais que Raiponce le surprenne collé à Mérida le rendait mal à l'aise, comme s'il était pris à faire quelque chose qu'il n'aurait pas dû. La rousse, de son côté, ne semblait y voir aucun inconvénient.

« Hey. J'ai réussi. Vous voulez voir? »

Harold lança un drôle de regard à Jack qui s'écarta de Mérida, qui ne semblait toujours rien remarquer, ou presque.

« Euh, ça va? Qu'est-ce qui se passe? »

« On a une formation sur les épouvantards », expliqua Raiponce sans oser regarder Jack.

« Quand ça? » demanda Mérida.

« Aujourd'hui. Il parait qu'ils ont dit de s'inscrire ce matin, mais vu qu'on n'est pas allé déjeuner… voilà », répondit-elle sans entrain.

« Aujourd'hui! Mais il y a la sortie à Pré-Au-Lard aujourd'hui! On est samedi! »

« On n'a pas le choix, c'est obligatoire pour les 3e année et plus. Et il ne restait de la place que à 14h30 », compléta Harold.

Mérida poussa un long soupir. Ni elle, ni personne ne semblait se sentir prêt à affronter leur plus grande peur.

La formation sur les épouvantards tombait vraiment au pire moment. En plus de couper leur temps à Pré-Au-Lard en deux, ils étaient coincés avec un groupe d'élèves qu'ils auraient tous voulu éviter pour une raison ou une autre. Au moins, ils étaient le groupe le moins nombreux. Si l'humiliation n'était pas moins grande, elle serait vu par moins de personne.

Jack aurait bien voulu éviter les gens de sa maison. Malheureusement pour lui, il était coincé avec deux Black. Les deux frères aussi commères l'un comme l'autre. Il avait demandé à Liesa et Dietrich s'ils voulaient venir avec eux, mais ils avaient été rapide et avaient pu s'inscrire à la première formation pour s'en débarrasser le plus rapidement possible. En plus, ils avaient été les deux seuls Serpentards dans un groupe essentiellement peuplé de Serdaigles de dernière année. Peu importe quelles étaient leur peur, les Serdaigles étaient suffisamment respectueux pour ne pas les dévoiler et se moquer. Jack n'aurait pas cette chance et il le savait en voyant avec qui il était coincé. Il trouvait cette formation bien cruelle.

De son côté, Harold avait déjà eu l'occasion de voir sa peur dévoilée par un épouvantard. Il ne semblait pas autant gêné que paniqué que quelqu'un puisse comprendre ce qu'il cachait dans la forêt interdite. Mérida n'avait pas arrêté d'essayer de le rassurer en lui disant que les gens penseraient simplement qu'il avait peur des dragons, Harold n'était pas convaincu. Mérida elle, n'avait pas la moindre idée de quelle sera sa plus grande peur. Harold avait suggéré les dragons, à la surprise de Jack qui savait qu'elle allait voir Krokmou régulièrement, mais après une hésitation elle avait rejeté l'idée. Elle avait fini par en venir à la conclusion qu'elle craindrait surement de ressembler à sa mère plus tard et elle se préparait à s'affronter déguisée en Elinore.

Lorsque tous les élèves furent arrivés, professeure Têtenjoy commença les explications du sortilège qui ne semblait pas très complexe à première vue. Un certain Lyall Lupin, un troisième année, ne cessait de l'interrompre pour donner des spécifications sur une gestuelle ou encore donner un exemple. La patience de Têtenjoy semblait être mise à rude épreuve surtout lorsque Cygnus Black, aussi en troisième année, éclata de rire au moment où elle demanda à Lyall de se taire. Mimi tenta de défendre son camarade et Lyall se moqua d'elle, ce qui fit plutôt rire Mérida qui mordit dans son poing lorsque Têtenjoy la fusilla du regard.

Au final, l'ambiance était très agréable.

Ils furent ensuite appelés à se mettre en ligne. Lyall fut le premier à passer, lui qui maitrisait déjà bien le sortilège, puis Mérida seule représentante de sa maison et Jack se mit juste dernière.

Et si Jack faisait mine que tout allait bien, qu'il n'avait pas peur de rien, qu'il était courageux et qu'il ne savait vraiment pas à quoi s'attendre, en fait, il avait une vague idée de ce que l'épouvantard pouvait lui montrer.

Comme tous les dimanches après-midi, Jack et sa sœur allaient au marché moldu pour se promener et leur mère en profitait pour faire les courses. Cette fois-ci, Zenobia ne les avait pas accompagnés. Jack, à peine âgé de 7 ans, n'avait pas posé de questions. C'était la première fois qu'il pouvait aller si loin de la maison et il était très fier de garder sa sœur, tout seul, comme un grand. Au final, il ne s'était pas vraiment éloigné. Emma était très jeune et peinait encore à marcher sur une longue distance. Ils avaient cueilli des fleurs, puis étaient retournés à la maison.

Lorsqu'il avait entendu les éclats de voix dans la chaumière, le garçon n'avait pas tout de suite compris ce qui pouvait bien s'y passer. Il était imperméable aux conflits des adultes et ses parents se disputaient suffisamment souvent pour qu'à sept ans il n'en fasse pas tout un plat.

« Emma, viens », l'encouragea son grand frère alors qu'il était à peine plus de deux mètres de la porte et que la petite refusait de marcher.

« Non! »

À deux ans, Emma adorait ce mot.

« Oh, Emma, s'il-te-plait. Fais pas ton bébé! »

« Chuis pas bébé! »

« Tu le seras, si tu viens pas », rétorqua l'enfant.

Emma ronchonna, frappa un caillou, mais se leva. Jack sourit. Il la trouvait adorable. Il avait tellement hâte qu'elle soit plus vieille pour qu'il puisse jouer davantage avec elle.

Alors qu'Emma était presque là, la porte s'ouvrit dans un grand fracas. Étant des sorciers, les parents de Jack s'étaient un peu retirés du village, si bien que les voisins les plus proches ne pouvaient pas les voir et certainement pas perdu dans la végétation de l'été.

Emma s'immobilisa et Jack se retourna, surpris.

«Phinéas! Sois raisonnable! » cria la mère de Jack. « J'ai besoin de toi, tes enfants ont besoin de toi! »

« Ouais, tu as besoin de moi! Et moi, j'ai quoi en retour? Le déshonneur sur ma famille, tu t'en rends compte tout ce que j'ai perdu pour toi? Et encore, et encore Zenobia! »

Phinéas se tourna juste à temps pour ne pas percuter le petit garçon qui le dévisageait, lui et ses valises, avec de grands yeux. Son père le regarda avec de la pitié, puis du dégoût. Jack recula d'un pas, intimidé. S'il n'était pas particulièrement proche de son père, il ne s'attendait pas à un tel regard. Il prit la main d'Emma qui s'était mise à pleurer.

Phinéas détourna le regard.

« Je n'ai aucune preuve qu'il s'agisse de mes enfants tu veux savoir, Zenobia. »

« Voyons, Phin' regarde-les! Regarde Jack, il est ton portrait craché! Comment peux-tu dire ça? Tu perds la tête! Rentre, maintenant! »

Jack prit sa sœur dans ses bras. Si c'était en partie pour la rassurer, c'était surtout pour lui.

« Non, j'en ai assez de cette vie. Tu m'as déshonoré une dernière fois. À partir de maintenant je n'appartiens plus à cette famille. »

La mère de Jack pleurait, Emma pleurait et Jack nageait dans l'incompréhension. Au moment où son père allait transplaner, il réussit à dire :

« Papa ? »

Il ne lui lança même pas un regard. Un craquement sonore retentit et il disparut.

« Papa!? » cria Jack.

Il déposa Emma sur le sol et courut où son père avait disparu, même s'il n'avait que sept ans, déjà il savait que ça ne servait à rien. Il hurla pour que son père revienne, mais il ne revint jamais.

C'était la chose dont Jack ait plus peur. Découvrir que son père était déçu, ne regrettait pas son choix, revienne pour les abandonner de nouveau. Il avait peur du regard qu'il lui avait jeté et il avait peur de devenir comme lui.

Il se tourna vers l'épouvantard, il n'avait pas vu ce que Mérida avait dû affronter, mais il eut le temps de voir une tête rousse se métamorphoser en autre chose. Elle avait peut-être eu raison, elle avait peur de ressembler à sa mère. Mérida alla rejoindre Lyall un peu plus loin et l'épouvantard se tourna vers lui. Jack eut l'impression que sa transformation se passait au ralenti. Il serra sa baguette et les dents. Les autres devaient voir le changement, car Mérida, derrière lui, cria :

« Allez, Jack! T'es capable! »

Il crut entendre les Black ricaner, Mérida répliquer et Têtenjoy interrompre le tout, mais le Serpentard était déjà dans sa bulle lorsque l'épouvantard se changea en Emma. Sa sœur. Même si la créature ne pouvait pas produire de son, Jack avait l'impression qu'elle l'appelait à l'aide, l'implorait. Sous la surprise, il oublia complètement qu'il devait lancer Riddikulus, il se demandait ce qui se passait, quelle était cette étrange peur.

« Monsieur Overland, vous devez lancer le sortilège » lui rappela Têtenjoy.

Jack ne réagit pas, il attendait de voir ce qui se passait. Emma pleurait, maintenant, on aurait dit qu'elle luttait pour reprendre son souffle. Elle s'écroula sur le sol, ses lèvres devinrent bleues, sa peau terne et il comprit, elle se noyait.

« Emma! »

Jack sentit la peur dans son ventre gronder alors qu'il s'approchait d'un pas, oubliant complètement ce qu'il était venu faire. Il n'y avait pas d'eau autour d'elle, mais Jack reconnaissait clairement la noyade sur son visage. Un enfant de son village avait failli se noyer l'été dernier et Jack l'avait sorti de l'eau. Heureusement, une adolescente dont le père était le médecin au village avait réussi à le sauver. La science des moldus n'étaient pas toujours inutile, en fin de compte. Il n'en avait pas parlé, car… eh bien il n'y pensait pas vraiment. Emma, elle, en avait fait des cauchemars pendant plusieurs jours, mais rien d'alarmant. Peut-être que ça l'avait marqué plus qu'il le croyait.

« Monsieur Overland! »

Jack sursauta en entendant son enseignante. Il pointa sa sœur et l'imagina couverte de farine étendu sur le sol lorsqu'elle avait tenté d'attraper le pot pour leur préparer des muffins-surprises pendant l'été. Le pot lui était tombé dessus et l'avait recouverte de farine. Lorsque sa mère et lui avaient accouru dans la cuisine en entendant le fracas, ils avaient vu Emma, couchée sur le sol les larmes aux yeux de rires. Tous les trois avaient bien rit de sa position peu glorieuse et de sa surprise ratée.

« Riddikulus! »

Tout comme Mérida avant lui, le sort fusa et Emma se transforma en femme enfarinée. Des rires fusèrent dans la salle et Jack sourit. L'épouvantard se tourna alors vers Barty Croupton, un Serdaigle dans leur année, et Jack s'éloigna. Pendant que Slughorn apparaissait, Cygnus lança :

« T'as peur des petites filles, Overland? »

Jack ne répondit pas, il n'en eut pas vraiment l'occasion avec Alphart qui éclatait de rire à la vue de leur directeur mécontent jugeant le pauvre Serdaigle terrorisé. Heureusement, ce fut de courte durée, puisque le professeur de potion se retrouva rapidement pris dans un divan de la même couleur que ses vêtements. Cette fois, Jack suivit les rires alors qu'il venait se positionner à côté de Mérida. Il n'avait jamais remarqué avant, mais il était effectivement vrai que les vêtements « chics » de Slughorn faisaient penser à un sofa.

« C'était ta sœur, non? » demanda Mérida.

Jack hocha la tête.

« Elle a failli se noyer? »

« Non, je ne pensais même pas avoir peur de ça, en fait… »

Mérida haussa les épaules.

« Elle sait nager? »

« Ouais, elle n'a jamais eu peur de l'eau, à ce que je sache. »

« Les peurs, c'est pas tout le temps logique, faut croire. »

Jack secoua la tête. Cygnus venait de vaincre un hippogriffe enragé (et vue la colère de l'hippogriffe, personne n'osa rire) et Alphart resta complètement pantois devant une dame qui le regardait avec une désapprobation à faire vouloir disparaitre n'importe qui ne serait-ce qu'un peu sensé. Cygnus, peu solidaire, éclata de rire en voyant la mine de son petit frère. Alphart eut les larmes aux yeux. Jack lança un regard à Mérida qui haussa les épaules, en signe d'incompréhension. Dans la file, Harold semblait nerveux. Au moins, il savait précisément ce qu'était sa peur et l'avait déjà affrontée une fois. Bon, c'était Lupin qui l'avait sorti de là, mais au moins il pouvait se préparer. Raiponce, en avant du Poufsouffle ne participait pas aux rires des élèves. Elle semblait épuisée et elle appréhendait clairement la suite. Jack aurait voulu la rejoindre pour la prendre dans ses bras, la rassurer, mais la présence de Têtenjoy le découragea.

Raiponce n'allait pas bien. Depuis la nuit où elle s'était enfuie d'Avery et de Mulciber, elle n'était plus la même. Elle était fatiguée et sur ses gardes. Elle avait beau dire qu'il ne s'était rien passé, qu'elle avait mordu la main de Mulciber et qu'elle avait réussi à s'enfuir dans une salle de classe libre où un elfe envoyé par Têtenjoy l'avait trouvée, Jack savait qu'elle cachait sans doute une information de plus. En fait, depuis qu'il sortait avec elle et qu'ils apprenaient à se connaitre, il constatait à quel point il ne connaissait rien d'elle, en fait. Raiponce avait toujours eu l'air de la petite fille fragile et sensible qu'il fallait protéger. Maintenant, il avait de plus en plus de la difficulté à la cerner. Lui, il s'ouvrait facilement à elle. Il pouvait lui parler de sa famille et même de son père. Elle était d'une écoute remarquable. Cependant, Raiponce restait toujours un peu vague sur sa vie. Avant Noël, Jack avait même eu peur qu'elle le quitte, qu'elle ne l'aimait pas vraiment. Et même si ça s'était amélioré, d'une journée à l'autre, d'un moment à l'autre, la Serdaigle était plus ou moins distante. Parfois, il aurait aimé pouvoir lire dans sa tête et comprendre ce qui la tracassait.

L'épouvantard se tourna vers Raiponce, et le peu de couleur qui lui restait sur son visage disparut alors que la créature cherchait la forme à adopter. Jack avait l'impression d'appréhender la scène encore plus que pour sa propre peur. Raiponce était terrifiée et il avait l'impression que sa peur irradiait d'elle et était contagieuse. Alors que des humains se dessinaient, Raiponce fit la chose à quoi il ne s'attendait pas. Elle se sauva. L'épouvantard recommença alors sa transformation pour se tourner vers Harold, qui comme il l'avait prédit, se transforma en Krokmou, mais Harold n'était pas attentif, personne ne l'était vraiment à vrai dire et l'épouvantard continua de se transformer en les différentes peurs des gens dans la pièce en boucle, espérant capter l'attention de quelqu'un.

De retour après une longue absence et une naissance ;) ! Merci à tous les commentaires que j'ai pu lire qui m'ont motivée à continuer d'écrire et revenir :D J'espère que vous apprécierez ce nouveau chapitre et que vous vous souvenez un peu de l'histoire jusqu'à maintenant et bienvenue aux nouveaux et nouvelles lecteurices!