Préfets en chef.

Le bureau de Dumbledore était aussi grand que ma chambre en entrant, on tombait directement sur son immense bureau en bois, les étagères tout autour contenaient de multiples objets magiques très rares. A ma gauche, la Pensine dont Harry m'avait parlé en cinquième année lorsqu'il avait vu les douloureux souvenirs de Rogue, était encore plus belle que j'aurais pu l'imaginer. Faite entièrement de marbre, les filaments à l'intérieur éclairaient encore plus les objets autour de celle-ci.

Dumbledore se tenait derrière son bureau, dans un fauteuil qui ressemblait à un trône. Il eut un petit rire en voyant mon émerveillement face à la pièce

- Bien, j'ai plusieurs points à voir avec vous. Pour commencer, vous savez déjà que ces postes ont pour but de vous rapprocher et ainsi rapprocher vos quatre maisons , je comte donc sur vous pour servir d'exemple à vos camarades, je m'adresse surtout à vous deux Miss Granger et Monsieur Malfoy, je sais que de très fortes tensions existent entre vos deux maisons, c'est aussi pourquoi, j'ai décidé de mettre la totalité de vos cours en commun, vos camarades se lasseront bien au bout d'un moment de leurs incessantes bagarres et j'ose espérer qu'une amitié naitra entre vous tous, je pense que vous êtes tous les deux assez mûrs pour mettre vos différents de côté et trouver un terrain d'entente. Comptes là-dessus, là tout de suite le seul terrain d'entente que j'ai avec cette fouine c'est que je commences à penser que tu es un vieux fou, il eut un rire bref en me regardant et je compris qu'il avait entendu ce que je pensais. Je baissais la tête, gênée. Maintenant passons à autre chose, étant maintenant préfet en chef, vous avez dès maintenant certains droits que les autres élèves n'ont pas, mais vous allez aussi devoir accomplir quelques tâches. Tout d'abord, vous avez le droit d'accorder ou de retirer des points aux élèves, je compte sur vous pour ne pas abuser de ce pouvoir. Vous aurez aussi un libre accès à la réserve pour vos recherches personnelles. Tout au long de l'année, vous aurez à organiser des bals, de la décoration à la nourriture, je veux que nos élèves aient des instants pour se détendre et que la guerre qui se prépare ne soit pas notre seule pensée cette année. Et pour finir, vous aurez à effectuer des rondes chaque soirs, à vous de vous organisez pour les effectuer, je vous demande seulement d'être toujours à deux pour les faire, avec les temps qui courent, je ne veux pas que des élèves se baladent librement dans le château. Maintenant jeunes gens, je vous prierais de me suivre, je vais vous montrez vos dortoirs.

Pendant son long discours, je vis le visage de Malfoy – d'habitude si inexpressif – passer par plusieurs émotions, l'amusement, l'étonnement, la colère et enfin la rage. Pour une fois, je le comprenais parfaitement, nous allions devoir passer le plus clair de notre temps ensemble, les Griffondors avec les Serpentards, les lions avec les serpents, les courageux avec les lâches. Moi qui pensais profiter pleinement de cette dernière année, c'était raté, j'allais plus passer mon temps à essayer de séparer mes amis de ses serpents qu'autre chose.

Nous suivîmes notre directeur, à travers bon nombre couloirs, pour un homme de son âge, il marchait plutôt rapidement, j'étais presque obligé de courir pour rester à sa hauteur, j'entendis Malfoy ricaner et je m'empêcher de me retourner pour lui tirer la langue. Je n'étais venu que très rarement dans ces recoins du château n'y ayant rien de bien intéressant à faire.

Dumbledore s'arrêta enfin devant un tableau que je reconnus comme celui des trois sorcières, Asha, Altheda et Amata, sorcières qui figuraient dans les contes de Beedle le Barde, ces trois sorcières se seraient alliées pour atteindre la fontaine de Bonne Fortune ayant chacune leurs malheurs, la maladie, la pauvreté et enfin la trahison de on amant, celui ou celle qui avait la chance de s'y baigner recevait la bonne fortune, l'une d'elle fut choisie pour rejoindre la fontaine et elle emporta avec elle les deux autres sorcières et un chevalier. Après une route laborieuse semée d'embûche, elles arrivèrent prés de la fontaine, Asha épuisée par la route et par la maladie s'effondra au sol et ne put atteindre la fontaine, Altheda alla cueillir des plantes et les mélangea avec de l'eau, cette potion eut l'effet de guérir Asha qui n'eut donc plus besoin de la fontaine, Altheda quand elle a compris que grâce à sa nouvelle potion, elle guérirait bon nombre de personne et ainsi gagnerait beaucoup d'argent. La dernière sorcière, Amata comprit que rester dans sa souffrance n'arrangerait rien et donc toutes trois décidèrent de laisser le pieu chevalier qui les avait courageusement aidées lors de la route vers la fontaine, se baigner dans la fontaine. Après s'être baigner à l'intérieur, le chevalier en ressortie et tomba sous le charme d'Amata.

Dumbledore y fit entrer Susan et Michael, je me sentis soulagée car ce dernier n'avait cessé de me dévisager tout le long du trajet, je me demandais même si je n'avais pas quelque chose sur le visage. C'est en me retournant que je me rendis compte que j'étais seule dans ce couloir avec Malfoy qui était adossé au mur, lui aussi me regardait intensément.

- J'ai quelque chose sur le visage ou quoi Malfoy ?

Il parut surpris que je lui adresse la parole, mais il reprit bien vite son masque de froideur.

- Non Granger, je me disais juste que la personne qui a eu le courage de te raccommoder la face à due avoir beaucoup de boulot, me répondit-il d'une voix nonchalante, mais bon, j'espère pour toi que tu ne l'as pas payé trop chère parce que ce n'est pas une réussite.

Malgré moi, j'étais blessée par se remarque, son avis aurait du peu m'importer mais Malfoy était connu pour être un tombeur de ses dames et un expert en la matière de beauté, si lui pensait que je n'étais pas belle, c'est que c'était le cas. Il du voir rapidement mon trouble car je l'entendis ricaner.

- Oh Granger, ne me dis pas que je t'ai vexée ! Tu es vraiment pathétique.

Je n'eus le temps de lui balancer une remarque méchante que Dumbledore réapparaissait.

- Suivez-moi, vos dortoirs ne sont plus très loin.

En effet il s'arrêta quelques mètres plus loin du dortoir de Susan et Michael. J'observai quelques instant le tableau qui lui aussi représentait des personnages principaux des contes de Beedle le Barde. Celui-ci (le tableau) représentait les trois frères, qui auraient rencontré la mort après l'avoir détournée, celle-ci leur demanda ce qu'ils désiraient le plus au monde, le premier, demanda une baguette magique extrêmement puissante, le deuxième, lui demanda le pouvoir de ressuscité les morts, le dernier, le plus sage des trois, lui demanda Sa cape d'invisibilité. Suite à cet échange, la mort les laissa reprendre leur chemin. Les trois frères se séparèrent pour faire chacun leur vie. Mais la mort n'en resta pas là. Le soir même, l'un des trois frères qui possédaient la baguette magique fut assassinée, peu de temps après, le deuxième qui voulait ressusciter la femme qu'il aimait se suicida car celle-ci n'était plus alors que son ombre. La mort ne parvint jamais à retrouver la troisième, qui, bien plus intelligent que ses deux autres frères, parvint à rester caché pour le restant de sa vie sous sa cape.

On entra sans avoir besoin de mot de passe ce qui me surprit.

- Bien, vous avez remarqué que nous étions rentrés sans l'aide d'un mot de passe ? (Hochement de tête de notre part), les tableaux qui occupent l'entrée ont pour particularité de reconnaître vos visages, ainsi vous n'aurez plus besoin de mot de passe. Je crois que je vous ai tout dit pour ce soir, je vous laisse donc découvrir vos appartements et vous souhaite une bonne nuit

Notre directeur disparut derrière la porte et ce n'est que la que je faisais attention à la décoration de notre dortoir. J'en restais bouche-bée, ce qui m'entourait ressemblait plus à un de ses appartements que l'on voit dans les films, que à un dortoir d'élèves. Grand, spacieux, magnifique. En entrant, on tombait directement sur des canapés beiges en forme de U. Au centre de ceux-ci, se tenait une magnifique table basse en bois. Les murs étaient recouverts d'une tapisserie dans les tons marron. A la droite des canapés, se tenait notre salon, avec une table gigantesque en bois massif, six chaises étaient disposées tout autour. A l'opposé du salon, un couloir longeait jusqu'à trois portes, deux l'une en face de l'autre, et une juste au fond du couloir.

Sur l'une d'elle était affiché sur un magnifique écriteau mon prénom : Hermione Granger.

J'entrais à l'intérieur et découvrait ma chambre. Deux fois plus grande que la mienne, une immense armoire occupait tout un mur, à l'opposé se trouvait un lit deux places. Je remarquais aussi qu'un bureau et qu'une commode occupait la pièce. Les couleurs de la pièce étaient chaudes, et je me sentais directement dans mon élément. En sortant, je me dirigeais vers la porte au fond du couloir, en ouvrant la porte, je fus encore plus éblouie que pour toutes les autres pièces. Au centre de la salle de bain se tenait une immense baignoire incrustée dans le sol. Pour y parvenir, il fallait descendre quelques marches. Je relevais que la salle de bain disposait aussi d'une douche, bon point positif, pour les jours de cours, il est plus rapide de se laver dans une douche que dans une baignoire. Je remarquais que les murs étaient entièrement recouverts de miroir et ce n'est qu'à cet instant que je remarquais que Malfoy se tenait derrière moi et me regardait à travers la glace.

- Qu'est ce que tu veux Malfoy, demandais-je sans me retourner.

- Tu me fascines, murmura-t-il au bout de quelques instants.

Stop ! Stop! Stop ! Je rêve ou Malfoy vient de me dire que je le fascinais ? C'est le monde à l'envers. Pourquoi tout d'un coup, Malfoy se mettait-il à m'adresser la parole ? Et pourquoi reste-t-il là à me regarder avec ses magnifiques yeux gris orages ? Pourquoi … QUOI ! Qu'est ce que je viens de dire ! Non, non, non ! Il n'a pas de beaux yeux ! Je perds la tête, cela fait à peine une journée que je suis en sa compagnie et voilà que je me mets à divaguer comme une de ses cruches que je ne supporte pas. Je le regardais pendant quelques secondes, il avait l'air tout à fait sérieux. Et si les paroles de Dumbledore avaient eu son effet ? Peut-être voulait-il simplement arrêter cette petite guerre stupide Griffondors/Serpentards.

- On t'a jeté un sort Malfoy ? demandais-je sur mes gardes tout de même

- Non Granger, mais… tu es différentes des autres.

C'était donc sa… On en revenait toujours, toujours à mes origines. Ne pouvait-on donc pas me lâcher un peu avec sa ? J'étais ridicule, comment avais-je pu croire qu'il voulait enterrer la hache de guerre ? Sans le regarder, je me détournais des miroirs, et me dirigeais vers la porte dans l'intention de rejoindre ma chambre. Mais il me retint par les poignets et me plaqua contre le mur en collant se corps contre le mien, ce qui me provoqua un frisson, il continua de me fixer sans broncher.

- Lâ-Lâche moi Malfoy, balbutiais-je étourdie par cette soudaine proximité entre nos deux corps.

- Granger, grogna-t-il, quand je te parle, tu es priée de me répondre. Il s'arrêta quelques secondes qui me parurent une éternité puis reprit, sais-tu combien de fille rêverais d'être à ta place là tout de suite ?

Mon souffle était de plus en plus saccadé, et j'avais de plus en plus de mal à réfléchir. Je vis Malfoy se rapprocher lentement vers mon visage, et je recouvris enfin la parole.

- Malfoy, lâche-moi.

- Pourquoi, dit-il en resserrant sa poigne

- Tu me fais mal, répondis-je en retenant un gémissement de douleur.

Surpris, il relâcha rapidement son étreinte, j'en profitais pour le bousculer et je rejoignis ma chambre en courant et lui claquer ma porte au nez.