Jeux dangereux

J'entendis Malfoy tambouriner contre la porte de ma chambre, si je n'étais pas sûr de l'avoir fermée avec plusieurs sorts, j'aurais pu penser qu'il allé défoncer la porte.

- GRANGER ! l'entendis-je hurler fou de rage, tu as intérêt de m'ouvrir cette porte tout de suite, je n'en ai pas fini avec toi, si tu n'ouvres pas cette fichue porte je te jure que …

J'ouvris brusquement la porte, ce qui le fit sursauter, il ne s'attendait surement pas à ce que j'ose sortir de ma cachette, oubliait-il qu'il s'adressait à une Griffondor ?

- Que quoi Malfoy ? Cela fait à peine une journée que l'on est de retour et tu es déjà en train de me pourrir la vie. Là tout de suite, je vais re-rentré dans ma chambre et je vais aller me coucher et demain on recommencera comme ces six dernières années, on s'ignorera, tu m'insulteras comme bon te sembles et surtout ! Surtout tu ne me touches PLUS JAMAIS ! hurlais-je

Je le planter là devant ma porte et lui claquer la porte au nez pour la deuxième fois aujourd'hui avant qu'il n'ait le temps de dire quoi que se soit.

Pendant quelques secondes, je posais mon front contre la porte, j'entendis Malfoy soupirer puis rentrer dans sa chambre sans oublier de claquer la porte pour me montrer son mécontentement. Je ne pus empêcher les larmes me monter aux yeux. Je n'étais pas le genre de fille à pleurer pour un oui ou pour un non, mais je savais déjà que Malfoy aller me faire vivre un enfer. Je m'endormis ce soir-là à même le sol et ma nuit fut peuplé de rêves tournant tous autour de Drago Malfoy.

SEPTEMBRE

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OCTOBRE

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NOVEMBRE

2 mois sont passés depuis cette soirée-là. Apparemment, mon accès de colère avait fonctionné car Malfoy ne m'adressait plus la parole, pas même pour m'insulter, au fond de moi une sensation bizarre naissait à chaque fois qu'il m'ignorer, je préférais encore quand il passait son temps à m'insulter, alors que là, rien, pas même un regard, je comprenais maintenant les mots de ma mère lorsque nous nous disputions et que je l'ignorer pendant quelques jours «l'ignorance est bien pire que la haine ». Dumbledore nous avait accordé un peu de répit et avait décrété que nos rondes ne commenceraient que ce mois-ci, le temps que l'on s'habitue au nouveau rythme scolaire. Et nous y étions, Novembre était déjà là, j'appréhendais un peu ce moment car j'allais être obligée de parler à Malfoy, et j'ignorais encore sa réaction face à moi.

Ce matin-là, en me levant, je me dirigeais directement vers la salle de bain, et filais dans la douche. La caresse de l'eau me fit un bien fou, je me détendis rapidement. En sortant, j'enroulais une serviette autour de mon corps, je démêlais mes cheveux grâce à un sort, je me brossais les dents. Et comme chaque matin je ne pris pas la peine de m'habiller dans la salle de bain car je savais que Malfoy se levait beaucoup plus tard que moi le matin, je pris donc ma trousse de maquillage et m'avançais vers la porte. Mais ma malchance continua de me poursuivre et en ouvrant la porte je me retrouvais nez à nez avec quelqu'un, j'avais la tête baissée et je la relevais lentement, j'eus le temps de voir le magnifique corps d'un homme, son torse était bien sculpté, et en relevant la tête je croisais des yeux gris moqueurs. DRAGO MALFOY se tenait devant moi ! Me souvenant de la façon dont moi-même j'étais vêtue, je rougissais instinctivement. Il fit couler lentement son regard sur mon corps en partant de mon cou, ma poitrine et enfin passa par mes fines jambes, et refit le trajet en sens inverse.

- Mal-Malfoy… Je… je pensais que tu dormais enfin… euh… d'habitude tu dors encore ! balbutiais-je mal à l'aise.

- C'est bon Granger j'ai déjà vu des corps plus nus que le tien et soi dit en passant, beaucoup plus excitant que sa, me dit-il en faisant un geste négligé de la main vers mon corps.

Vexée, et surtout pas d'humeur à me disputer avec cette larve, je le bousculais avec le peu de forces que j'avais, le bref contact avec son corps me procura un doux frisson dont je ne connaissais pas la cause, et me précipitais vers ma chambre, avant d'y entrer, j'eus le temps de l'entendre ricaner et s'enfermer dans la salle de bain. En entrant dans ma chambre, je vis qu'un hibou m'attendait derrière la fenêtre. Je lui ouvris, pris la lettre qu'il tenait dans ses serres et il repartit aussi vite qu'il était rentré sans que j'ai le temps de lui donner une friandise. En décachetant le lettre, je reconnus immédiatement l'écriture de notre directeur.

Miss Granger,

En Septembre dernier, nous nous étions mis d'accord sur le fait que vos rondes ne commenceraient que ce mois-ci, j'aimerais m'entretenir avec vous à propos de ce sujet. Je vous prierais donc de venir dans mon bureau juste après votre diner ce soir.

Je vous souhaite donc de passer une agréable journée.

Cordialement, Albus Dumbledore.

P.S : le moelleux a toujours été l'un de mes desserts préférés.

Je froissais la lettre et la jetais dans un coin de ma chambre, mon enfer personnel allait commencer, j'allais être obligée de passer mes soirées à surveiller le château avec Malfoy. Et je ne savais pas comment tout ceci allait se passer, allait-il m'adresser la parole ? Essaierait-il de me faire du mal ? Ou au contraire agirait-il comme ses deux derniers mois ? C'est-à-dire ferait-il comme si je n'existais pas ?

Après tout, je parviendrais peut-être à faire en sorte de faire mes rondes avec Susan ou Michael, même si cette dernière perspective ne m'enchantait guère, en effet, Michael avait passé ses deux derniers mois à essayer de me séduire, pitoyablement certes, mais me séduire quand même. J'avais beau le repousser à maintes reprise il revenait à la charge à chaque fois, ce qui faisait beaucoup rire, malgré moi, Ginny.

Je soufflais un bon coup et croisais les doigts pour ne pas retomber sur Malfoy, l'incident de ce matin était déjà suffisamment gênant, je ne voulais pas recroiser son regard avant une bonne décennie. En sortant de ma chambre, je jetais un coup d'œil vers la salle de bain et vers la chambre de Malfoy, les deux étaient grandes ouvertes, je soupirais de soulagement, je sortis et me dirigea vers la Grande Salle, en entrant dans celle-ci je sentis encore les regards de la gente masculine sur moi, voilà deux mois que nous avions repris les cours et je ne m'habituais toujours pas à avoir autant d'attention sur moi, en rougissant je m'assis rapidement à ma table, alors que j'étais dans mes pensées (qui malgré moi se limitaient à Malfoy), Ginny vint s'asseoir à côté de moi et me regarda lentement. Avec tous les événements de ce matin, je n'avais pas pensé à me regarder correctement dans la glace, peut-être avais oublié quelque chose, peut-être avais-je mal pris mon mascara ou mon crayon, inquiète de cette soudaine inspection de sa part je lui demandais ce qui n'allait pas chez moi.

- Ne t'inquiètes pas Mione, tu es superbe comme d'habitude, mais par contre, je sais que quelque chose te tracasses, et pour que quelque chose tracasse Hermione Granger, c'est que cela doit être important.

Comment faisait-elle ? Elle venait juste d'arriver, je n'avais pas encore prononcé une parole et elle savait déjà que quelque chose n'allait pas. Ginny quand à elle attendait une réponde de ma part, je savais qu'avec elle, il ne servait à rien de mentir ou d'esquiver le sujet indéfiniment, elle finirait de toute façon par savoir. Sans le vouloir à la place de Ginny, je vis le visage sévère de Molly Weasley. En réfléchissant bien, Ginny était le portrait craché de sa mère, toujours là quand sa n'allait pas, toujours à jouer les mères poules avec nous (alors qu'elle est plus jeune que nous) et elle avait malheureusement hérité du sixième sens de sa mère concernant le mensonge.

- Que s'est-il passé Hermione ? reprit-elle inquiète

- Ne t'inquiètes pas Gin, il ne s'est rien passé de grave, j'ai juste eu une légère… altercation avec Malfoy ce matin.

- Malfoy ? Mais je croyais qu'il ne t'adressait plus la parole depuis qui tu as remis les pendules à l'heure avec lui ? Racontes-moi ce qui s'est passé ?

- Oh jusque là il ne m'adressait pas la parole, c'est vrai. Mais ce matin je suis allée me doucher et comme d'habitude il dort encore lorsque je pars, je ne prends pas la peine de m'habiller dans la salle de bain, mais ce matin…

Je n'eus le temps de terminer car Ginny me coupa la parole en hurlant

- IL T'AS VU NU !!

- Mais non tais-toi ! J'avais ma serviette autour de moi, je suis sortis de la salle de bain et il se tenait là c'est tout !

- Et qu'est ce qu'il a dit ?

- Rien, juste qu'il avait déjà vu des corps bien plus attirants que le mien, bref on s'en fou, on va retourner dans notre routine quotidienne, il fera comme si j'étais invisible et j'en ferais de même.

Ginny parut réfléchir quelques secondes, les yeux dans le vague.

- Invisible hein ? Alors peux-tu me dire pourquoi là, tout de suite, Malfoy est en train de te fixer ?

Je me retournais légèrement et rencontrais le regard de Malfoy assis à sa table, il avait un coude sur la table et il tenait légèrement sa tête avec sa main, cela lui donnait un air décontracté et je ne pus m'empêcher de penser qu'il était beau, il ne cessa pas pour autant de me fixer, gênée, je me retournais et me contentais de fixer mon bol de céréales. J'entendis Ginny ricaner en me lançant un sourire digne d'un Malfoy.

- Oh c'est bon Ginny ! Tu devrais te voir quand c'est Harry qui te regarde !

Immédiatement elle cessa de se moquer et retourna à la merveilleuse contemplation de son assiette. Depuis sa première année, Ginny était amoureuse de mon meilleur ami, au début, comme beaucoup d'autre fille, elle était tombée amoureuse du célèbre Harry Potter, mais plus elle murissait, plus cette attirance pour lui grandissait d'avantage. J'avais passé beaucoup de soirée à la consoler lorsqu'elle voyait Harry avec une autre fille. Pour ma part, je savais qu'Harry était aussi beaucoup attiré par Ginny, mais étant la sœur de Ron, il se contentait de la protéger lorsqu'il le fallait, et passait ses envies avec d'autres filles ressemblant toute étrangement à Ginny.

Au bout d'un moment, Ginny ne m'avait toujours pas ré-adressait la parole, je me demandais, si finalement en voulant la faire taire, je ne l'avais pas blessée malgré moi.

- Gin, excuse-moi, je ne voulais pas te blesser.

Elle me regarda, et je vis dans ses yeux qu'elle paraissait surprise par ma remarque.

- Mais enfin Hermione, pourquoi serais-je blessée, tu n'as rien dit de mal jusqu'à présent. Et puis maintenant que je sais sur qui tu fantasmes tu ne risques plus de me clouer le bec, et puis ne t'inquiètes je me trouverais bien une petite vengeance, me dit-elle avec un énorme sourire

- Comment sa je fantasme sur quelqu'un, criais-je dans toute la salle et l'ensemble des élèves présents levèrent tête vers moi, j'entendis de nombreux rires, des garçons osèrent même me siffler et m'applaudir, sans le vouloir je jetais un coup d'œil à Malfoy, celui-ci paraissait… énervé ? , mais enfin Ginny, repris-je beaucoup plus bas cette fois, je ne t'ai jamais dit que je fantasmais sur lui, c'est même le contraire, il me dégoute, quand je le vois j'ai envi de…

- De l'embrasser ? me coupa-t-elle malicieusement

- Ra, tu m'énerves, mais toi bien cela dans la tête Ginevra Weasley! Je . Ne . Fantasme . Pas . Sur . Drago . Malfoy !

- On verra bien Mione, on verra bien.

- Bref, où sont Harry et Ron, ils m'ont dit hier soir, qu'on se rejoignait ici ?

- Je ne sais pas trop, Seamus, m'a dit qu'ils s'étaient levés tôt ce matin pour aller se faire un match de Quidditch.

- Encore, mais ils ne pensent qu'à cela ma parole, on ne peut pas dire qu'ils aient le même entrain lorsque je leur parle de faire leur devoir.

- Je sais Mione, mais apparemment Harry fait beaucoup plus de cauchemars la nuit, donc Ron essaye de lui changer les idées, c'est bizarre de voir mon frère agir ainsi, d'habitude absolument rien ne peut l'empêcher de se lever tard le matin, maintenant, il parait qu'à 6h00, il est prêt et fait la foire dans le dortoir.

- Il a mûri, tu sais, moi aussi j'ai remarqué beaucoup de changements de sa part, il ne cherche plus la bagarre avec les Serpentards, il essaye d'écouter en cours, il a même réussi à faire une potion sans tout faire exploser.

- Oh je te remercie Hermione, serais-tu en train d'insinuer que je ne suis pas capable de faire quelque chose sans le rater ?

Ron. J'étais tellement absorbée par notre conversation, que je ne l'avais pas entendu s'installer à mes côtés, il arborait un petit sourire malicieux et je fus soulagée qu'il n'ait pas mal pris ma remarque, Ginny avait raison, Ron avait beaucoup changé, avant, il nous aurait fait toute une scène à cause de cela. En face de moi, Ginny me regardait avec un grand sourire, et ses paroles me revinrent en tête « et puis ne t'inquiètes je me trouverais bien une petite vengeance », la petite garce, elle savait depuis le début que Ron se trouvait à mes côtés, je plissais le nez de mécontentement, et sans émettre aucuns sons je formais avec mes lèvres le mot « traitresse », elle partit dans un fou rire rapidement suivit par moi, sous le regard de mes deux autres meilleurs amis qui ne comprenaient pas tout ce qui c'était passé entre Ginny et moi.

En quittant la table, je jetais un rapide coup d'œil à la table des Serpentards et vit que Malfoy n'y était plus, Ginny, qui avait suivit mon regard, me donna un léger coup dans les côtes et ajouta un «je te l'avais bien dit ».

Nos deux premières heures, s'écoulèrent rapidement, Métamorphose avec le Professeur Macgonagal, j'adorais cette matière, nous commencions à étudier les animagus, l'année dernière encore cette partie était interdite à étudier, malgré moi, je ne pus m'empêcher de penser à l'imminente guerre qui ne cessait de se rapprocher d'heure en heure. Il était évident que nos professeurs avaient accepté de nous apprendre à nous transformer pour que l'on ait un avantage lors de la bataille finale, mais cela suffira-t-il ?

Deux autres heures furent consacrées à l'histoire de la magie, malgré mes compliments du déjeuner, Ron ne put s'empêcher de s'endormir ainsi qu'Harry, je ne les comprenais pas, d'après eux cette matière était inutile, et le professeur soporifique, je trouvais au contraire que cette matière était très intéressante, nous rappelant les bases de la magie et l'histoire de notre monde.

Après le déjeuner, nous reprîmes avec deux heures et demie de DCFM avec Remus Lupin, Dumbledore avait jugé qu'aucuns élèves ne courraient de risques avec lui, et j'étais bien d'accord avec lui, Remus Lupin était peut être bien la personne la plus inoffensive que je connaissais, mis à part bien sur les jours de pleines lunes. Afin de rassurer les parents, Remus avait décidé que chaque pleine lune il quitterait Poudlard et retournerait Square Grimmault. Nous passâmes l'ensemble du cour à revoir tous les sorts de base, simples certes, mais qui pouvaient largement servir pour se sortir du pétrin.

Pour cette première journée de la semaine, les professeurs nous chargèrent de travail et moi-même je ne pus que rouspéter face à la tonne de travail qui arrivait. Heureusement, notre emploi du temps était plutôt léger et je pouvais dès la fin du cour m'installer à la bibliothèque pour faire mes devoirs. Lorsque je me reconnectais à la réalité j'avais fini tous mes devoirs, en regardant ma montre je fus étonnée de constater qu'il était plus de 20h30, j'avais raté le diner, tant pis se n'était pas la première fois que je ne mangeais pas le soir. Fier d'avoir réussi à faire tous mes devoirs, je me dirigeais vers mon dortoir, mais au moment où j'allais rentré je me souvins qu'il fallait que j'aille dans le bureau de notre directeur. En me dépêchant, je gravis les marches qui menaient à son bureau. Je n'eus le temps de frapper que je me retrouvais devant Dumbledore, il gardait en toute circonstance son regard malicieux et m'invita à m'asseoir, je remarquais enfin que mes trois autres collègues étaient installés et m'attendaient, Malfoy quand à lui ne m'adressa pas un regard ce qui me surpris, ce matin encore il ne faisait que cela et maintenant j'étais redevenue invisible, j'étais, malgré moi, blessée de cette attitude. Dumbledore me sortit de mes pensées.

- Bien, maintenant que tout le monde est là, je vais pouvoir vous expliquez rapidement comment se dérouleront vos rondes de nuit. Vous les commencerez peu après le couvre-feu, je ne veux plus voir aucun élève se baladait dans le château, le soir. A vous de voir comment vous organisez pour les faire, vous choisirez votre partenaire, et choisirais quelles ailes du château faire. Si vous venez à surprendre un élève dans les couloirs, vous le mettrez directement en retenue avec Rusard, je me suis déjà entretenu avec lui à propos de la punition, il sourit comme s'il se rappelait une bonne plaisanterie, bien, je crois avoir tout dit avez-vous des questions ?

Nous fîmes non de la tête, et Dumbledore nous autorisa à retourner dans nos appartements. En chemin, Michael, ne me lâcha pas d'une semelle, continuant à me demander si je voulais l'accompagner à Pré-Au-Lard ou si je voulais venir prendre un thé dans ses appartements. Minable. Sa façon de me draguer était vraiment Minable voir ridicule, j'échangeai un regard avec Susan et elle leva les yeux au ciel, ce qui m'arracha un sourire. Malheureusement pour moi, Michael crut qu'il lui était adressé et se fit beaucoup plus insistant. A ma grande surprise je sentis Malfoy se mettre entre nous deux.

- Corner t'es sourd ou quoi ? Elle vient de te dire qu'elle ne voulait pas de toi, alors lâche la compris ?

- De quoi tu te mêles Malfoy ? T'intéresserais-tu à une Sang-De-Bourbe ? Toi aussi tu as parié à être le premier à lui passer dessus ?

- C'est peut être une Sang-De-Bourbe Corner mais elle vaut bien plus toi, alors maintenant dégage !

Trop absorbée par la dispute qui se déroulait devant moi, je n'avais pas remarqué que nous étions arrivés devant nos dortoirs. Sans même leur adresser un regard, je rentrais dans mes appartements.

Au fond, j'avais été flattée que Corner s'intéresse à moi, mais ces paroles tournaient en boucle dans ma tête « Toi aussi tu as parié à être le premier à lui passer dessus ? », ce soudain intérêt n'était donc que purement physique, j'étais la cible d'un pari stupide, le premier qui coucherait avec moi remporterait quelque chose donc ? Mais quoi ?

- Et bien si tu veux tout savoir, les enchères du pari sont tellement montées, que je suis sûr que l'héritage de Potter parait bien pâle à côté de cette somme.

Je me retournais, surprise, derrière moi se tenait Malfoy, je ne m'étais pas rendue compte que pendant mon long monologue, je m'étais arrêtée au milieu du salon. Avais-je parlais à voix haute sans m'en rendre compte ? Je restais là, à le regarder, sourcils froncés.

- Granger ?

- Depuis combien de temps ?

- De quoi ?

- Depuis combien de temps ce foutu pari existe ! Ma voix commençait à monter dans les aigus, je n'arrivais pas à me contenir, je me demandais si Harry et Ron connaissait l'existence de ce pari.

- Peu de temps après la rentrée. Si tu veux tout savoir, j'ai entendu les premiers paris lancés pendant notre premier repas.

- Et tu n'as pas jugé nécessaire de m'en informer, espèce de sombre idiot, es-tu donc autant sans cœur qu'il y parait ? (NOTE DE L'AUTEUR : sa fait 10 minutes que je cherche comment formuler cette phrase, donc dites moi comment je peux l'écrire)

Cette réplique sembla enlevée toute trace d'amusement sur le visage de Malfoy, qui jusqu'ici semblait très amusée par cette histoire et surtout par ma réaction. Ces yeux devinrent orageux et il se rapprocha, prés, très près, trop prés de moi. A force de vouloir échapper à cette soudaine proximité, je me retrouvais bloquée par le mur. Malfoy me fit un de ces sourires narquois, et mit ces bras de chaque côté de ma tête.

-Aurais-tu peur de moi Granger ?

- N-non, je ne pus m'empêcher de balbutier.

- Je vois. Pour répondre à ta question précédente, si je n'ai pas pris la peine de te tenir informer de CE pari, c'est bien parce que tu m'as absolument interdit de t'adresser la parole.

J'étais tellement hypnotisée par ce qui venait de se passer, que je ne comprenais pas de quelle question il me parlait et je comprenais encore moins de quel pari il me parlait, il dut voir mon hésitation car il émit un bref ricanement.

- Granger, tu viens de me demander pourquoi je ne t'avais pas tenu au courant du pari dont tu es la principale intéressée.

Oui le pari ! Quelle idiote je faisais, je réagissais exactement comme ces cruches, qui passaient leur temps à baver devant Malfoy. Je devais bel et bien admettre qu'il possédait le don de vous faire perdre tous vos moyens. Le sentir si prés de moi déclencha en moi des frissons, j'en tremblais. La malchance continua de me poursuivre, il se rapprocha encore plus de moi, je pouvais désormais sentir son corps entier contre le mien, je pus à ma guise contempler son visage. Pas une seule imperfection n'était présente, tandis que ces yeux continuaient de me fixer, je poursuivais mon inspection. Une seule et unique conclusion me vint : Malfoy était parfait, sublime, magnifique.

- Je t'attire Granger ?, se moqua-t-il, cette remarque me refroidit instantanément, je me forçais à reprendre mes esprits.

- Même pas dans tes rêves Malfoy, rien que de voir ta face de fouine me donne envie de… de vomir.

- Alors bien sur, si là tout de suite je t'embrasse, tu ne ressentiras rien d'autre que du dégout à mon égard ?

Je n'eus le temps de rien répondre, car ses lèvres vinrent délicatement se poser sur les miennes, un million d'émotions me traversèrent, l'idée de le repousser m'effleura à peine un quart de seconde, aussitôt remplacée par l'envie d'approfondir ce magnifique baiser. Je sentis sa langue venir titiller mes lèvres, et je lui en donnais l'accès après quelques secondes seulement. Mes mains vinrent se placer derrière son cou et je passais mes mains dans ses cheveux, ils étaient doux, et contrairement à Harry, je ne rencontrais aucune résistance. Quand à lui, il m'encercla de ses bras. Tous deux en manque d'oxygène nous nous séparâmes à regret. Ce ne fut qu'à ce moment que je pus recommencer à réfléchir de nouveau normalement. Je me rendis enfin compte de ce qui venait de se passer. Moi, Hermione Granger, Griffondor pure et dure, je venais d'échanger un baiser avec Drago Malfoy, Prince des Serpentards.

- Oh mon dieu, murmurais-je complètement abasourdie

- Non moi c'est Drago, mais j'aime bien aussi ce nom.

Ne se rendait-il pas compte, de ce qui venait de se passer entre nous, ne se rendait-il pas compte qu'il venait d'embrasser une Sang-de-bourbe ? J'avais besoin de réfléchir, et le seul moyen était que je me retrouve seule, je le bousculais légèrement et priais pour qu'il ne me rattrape pas. Je pensais ma prière exaucée jusqu'à ce que je me sente attirée vers l'arrière, j'atterrissais contre le torse de Malfoy. Je relevai lentement ma tête vers lui, et je pus voir qu'il paraissait agacé.

- Oh non Granger, surement pas. Il est hors de question que tu t'enfuies encore une fois.

- Malfoy c'est bon maintenant, lâche-moi. Qu'est ce que tu veux à la fin ?

Il parut hésiter un instant puis il me répondit :

- Ce que je veux Granger ? C'est simple, je te veux, Toi.

- Pourquoi ?

- Parce que tu es la seule qui me résiste encore et que je trouve cela très excitant.

La claque partit toute seule, elle fouetta l'air et vint s'écraser contre sa joue, je pouvais déjà voir la trace de ma main sur celle-ci, je n'y étais pas allée de main morte car je sentis ma main commençait à me bruler. Je retins un gémissement de douleur.

Pendant tout ce laps de temps, Malfoy n'avait pas bougé et me fixait, il paraissait surpris. Je ne savais pas comment réagir, partir en sachant qu'il me retiendrait en un simple mouvement, ou attendre qu'il se déchaine sur moi. Je ne pus aller plus loin dans mes pensées, car il me balança contre le mur derrière moi. Ma tête frappa violement le mur, s'il ne m'avait pas empoignée durement par la taille, je serais surement tombée. Je vis son visage s'approcher lentement de mes lèvres et je ne pus m'empêcher de frissonner. Au dernier moment, il changea de direction et ses lèvres se retrouvèrent contre mon oreille.

- Alors maintenant Granger écoutes moi bien, on va faire un compromis, si dans deux mois tu ne m'as toujours pas supplié de coucher avec toi, je te promets de te laisser tranquille jusqu'à la fin de l'année, mais par contre, si tu craques, tu devras faire tout ce que je veux jusqu'à la fin de l'année. On est d'accord ?

Peu sûre de ma voix, je ne fis qu'un bref hochement de tête. Il émit un ricanement sec, et effleura lentement mes lèvres. Je me penchais pour approfondir le baiser mais il me recula et sourit.

- Apparemment Granger, tu préfères passer tout de suite à l'action. Tu caches bien ton jeu pour un rat de bibliothèque.

Il fallait que je trouve un moyen de lui clouer le bec à ce sale morveux. Une idée folle m'effleura, et je ne pus que la saisir. Lentement, je m'approchais de lui, posais mes mains sur son torse et lui caressais sensuellement celui-ci. Il parut surpris de mon initiative, je profitais de ce moment d'inattention pour le pousser vers le canapé. En arrivant prés de celui-ci, je le poussais brutalement et m'asseyais à califourchon sur ses jambes, j'eus le temps de penser que ses jambes étaient très fermes.

- Tu as raison Malfoy, pourquoi attendre ? On a qu'à commencer là tout de suite, maintenant. Tu as raison depuis le début, après tout on en a envi tous les deux, pourquoi s'en priver ?

Horripilant, n'était pas un mot approprié pour décrire les émotions qui passaient sur le visage de Malfoy à cet instant précis. Apparemment, il ne s'attendait surement pas à cette réaction de ma part. Mon plan fonctionnait à merveille, je me penchais légèrement vers lui et murmura :

- Tu sais quoi Malfoy ? Tu t'es trompé sur mon compte, je ne suis pas le genre de fille qui couche avec le premier venu, alors maintenant tu remballes tes clics et tes clacs et tu me fous la paix parce que à ce petit jeu tu peux être sûr que je gagnerais.

Fière de ma réplique je me relevais gracieusement et me dirigeais rapidement vers ma chambre. Avant d'y entrer, j'eus le temps d'entendre Malfoy me dire :

- Alors que le jeu commence, Granger.

Je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire, et partit m'enfermer dans ma chambre. Une part de moi-même regrettait de mettre éloignée de lui, tandis que l'autre se demandait jusqu'où ce jeu irait. Après tout, Malfoy avait la réputation d'avoir fait chavirer la plupart des cœurs des filles de l'école. J'avais peur des conséquences de ce jeu. J'avais deux solutions, soit je rentrais dans son jeu et prenais ma revanche sur toutes ses années d'insultes, soit je laissais tomber et faisais comme si cette soirée n'avait pas existée, en sachant qu'il ne lâcherait pas l'affaire. Je me changeais rapidement, et me glissais sous mes draps de satin. Immédiatement, une bouffée de fatigue m'envahit et je n'eus le temps de penser à Malfoy et son compromis que je partais aux pays des rêves.

Après tout, ne dit-on pas que la nuit porte conseil ?

Le lendemain, ma décision prise, je me dirigeais vers notre réfectoire. Malfoy voulait jouer ? Alors on allait jouer, il me suffisait juste de l'humilier et ensuite tout reviendrait à la normale, il m'ignorerait, je ferais de même.

Pendant le petit déjeuner, le courrier arriva, je ne m'en occupais car je ne recevais jamais de courrier, mes parents, peu habitués aux hiboux, ils préféraient s'abstenir de les utiliser. Mais aujourd'hui, un hibou Grand Duc vint délicatement se poser à mes côtés, il tenait dans son bec une enveloppe et me la tendit. A l'intérieur se trouvait une simple feuille avec écrit au centre ces quelques mots :

Que le jeu commence.

Je n'avais pas besoin de réfléchir à l'auteur pour savoir d'où venait cette lettre. Drago Malfoy. Je ne pus m'empêcher d'émettre un ricanement, apparemment, lui non plus ne comptait pas laissait tomber. Je le cherchais du regard et le vis à sa table entouré de sa petite cour. Lui aussi avait son regard vrillait dans ma direction, il m'adressa un léger clin d'œil accompagné d'un de ses sourires narquois.

Retournant à l'attention de mon bol, je sentis qu'on me regardait. En levant la tête, je vis que Ginny me regardait en fronçant les sourcils, apparemment mon petit échange avec Malfoy ne lui avait pas échappé. Je voyais déjà un interrogatoire se profilait à l'horizon.

- C'était quoi sa ? me demanda-t-elle ?

- Ecoutes Ginny, c'est rien du tout d'accord ?

- Hermione ! Malfoy vient de te faire un clin d'œil et il t'envoie une lettre, et à part sa il se passe rien ?

- Comment sais-tu qu'il m'a envoyé une lettre ?

- J'ai des yeux tu sais, et puis, dans cette école, il n'y a pas beaucoup de personne qui possède un hibou Grand Duc ! Alors maintenant racontes moi tout.

De mauvais gré, je lui racontai tout ce qui s'était passé hier soir, de la dispute entre Corner et Malfoy, à notre échange assez spécial, et enfin du compromis que nous avions passé. A la fin de mon discours, Ginny me fixa pendant quelques secondes et se décida enfin à parler.

- Fais attention Hermione, tu vas tomber dans ton propre piège, je connais la réputation de Malfoy, et je peux te dire, que s'il veut quelque chose, il l'aura.

- Gin, j'ai la situation sous contrôle ok ? Fais-moi un peu confiance, il ne gagnera pas, en tout cas, pas cette fois, j'ai bien l'intention de prendre ma revanche sur ces années de calvaire qu'il nous a fait passé.

- Comme tu veux…

Le repas se finit dans un silence quasi-religieux, je savais que Ginny ne pensait qu'à mon bien mais parfois, ses instincts de mère poule m'insupportaient.

A la sortie, Malfoy était adossé au mur et paraissait attendre quelque chose. A l'instant où je vis son regard se poser sur moi, je sus que j'allais passer un mauvais moment, il s'approcha lentement vers moi, tel un prédateur chassant sa proie.

- Ah Hermione, tu es là mon cœur, tu en as mis du temps. Pour accompagner ses paroles, il déposa un léger baiser sur mes lèvres.

Oh mon Dieu, je n'avais pas prévu qu'il dévoile notre jeu devant toute l'école. Il était vraiment prés à gagner coûte que coûte. Je ne sus pas immédiatement comment réagir. Priant pour que Harry et Ron me pardonne pour se que j'allais faire, je me lançais et lui répliquais :

- Oui excuse moi, mon dragon, mais tu m'as dit hier soir que tu préférais les filles comme Parkinson, tu sais bien rondouillarde, alors je me suis dit que si je prenais quelques kilos tu serais parfaitement comblé. Oh je suis désolé, mais si je continue à papoter avec toi, je finir en retard en cours. A ce soir.

Et je le plantais là, je résistais à l'envie de rire face à sa tête, il ne s'attendait surement pas à se que je rentre dans son jeu. J'eus le temps de voir que beaucoup d'élèves me dévisageaient, les garçons me regardaient avec déception, et les filles me regardaient avec fureur, après tout, ne venais-je pas de m'afficher publiquement avec le garçon le plus mignon de cette école. Je me glissais parmi la foule et parvins à atteindre Harry et Ron qui me regardaient stupéfaits. Je leur pris le bras et leur glissais que j'allais tout leur expliquer. Je parvins à trouver une salle de classe vide et m'y engouffrer entourée de mes deux meilleurs amis. Et pour la deuxième fois de la journée, je refis le récit de toute cette histoire, mais en éludant au passage le baiser que nous avions échangé juste avant que le marché soit fait. Comme Ginny l'avait fait, Harry me mit en garde contre Malfoy et me supplia de faire attention à moi. Quand à Ron, il ne cessa un instant de me jauger du regard, je m sentis vite mal à l'aise face à l'insistance de son regard.

- Ron ? Tu vas bien, demandais-je

- Si je vais bien HERMIONE !!! TU COUCHES AVEC NOTRE ENNEMI ET TU ME DEMANDES SI JE VAIS BIEN ? ET TU DONC INCONSCIENTE A CE POINT ? OU PEUT-ETRE QU'EN FIN DE COMPTE CE N'EST QU'UN STRATAGEME POUR JOUER LES PU…

Il n'eut le temps de finir la fin de sa phrase, que comme la veille, une gifle vint s'écraser contre sa joue. Moi qui étais plutôt du genre à toujours calmer les ardeurs de mes amis lorsqu'ils se battaient, je me trouvais bien violente ces temps-ci.

- Tu vas bien m'écouter Ronald Billius Weasley, parce que je ne te le dirais qu'une seule fois, la prochaine qu'une telle chose sort de ta bouche, je te jure que tu pourras me dire au revoir définitivement. Est-ce-clair ?

Sans attendre de réponse, je me détournais et avant de sortir, je rencontrais le regard remplit d'excuses d'Harry. Ron était vraiment un imbécile, je savais depuis un bout de temps déjà qu'il en pinçait un peu pour moi, je savais aussi que ses paroles avaient dépassé sa pensée, mais je ne pouvais m'empêcher d'être vexée.

La fin de ma journée se déroula rapidement, je rencontrais souvent le regard de reproches de beaucoup de mes amis, mais cela m'importait peu, après tout, ce n'est pas comme si, toute cette histoire était vraie.

Le soir en rentrant dans mes appartements, Malfoy m'attendait, assis sur le canapé, lorsque le tableau s'ouvrit, il se leva et resta planté, comme moi à cet instant précis, à me fixer. Je ne savais pas comment réagir, au fond de moi-même, je me demandais si ce marché allait permettre une certaine entente entre nous.

- Alors mon ange, railla-t-il, tu as passé une bonne journée ?

- Oh à merveille mon amour, répliquais-je, mais le fait de ne pas être à tes côtés a passablement assombri ma journée.

- Alors nous allons vite remédier à cela.

Et il traversa les quelques mètres qui nous séparaient encore, passa ses mains autour de ma taille, et m'embrassa, tendrement tout d'abord et ce baiser finit par devenir enflammé. Sans m'en rendre compte, je perdis le contrôle, mes mains passèrent sous sa chemise, je lui retirais rapidement, avide de sentir sa peau plus prés de mon corps. Je sentis qu'on me soulevait, et qu'on m'allongeait sur le canapé qui se trouvait derrière nous. Un gémissement s'échappa de mes lèvres lorsque je sentis son érection contre ma peau. En l'embrassant, je sentis qu'il souriait, et enfin il se recula, sans s'arrêter de sourire, je fronçais les sourcils d'incompréhension. Il revint vers moi lentement, et à quelques millimètres de mes lèvres, il murmura :

- J'ai oublié que j'avais un devoir à rendre pour demain.

Et il se leva, et la situation d'hier me revint en mémoire, avait-il ressenti la même frustration que moi à cet instant précis. Avant de claquer sa porte, il se retourna vers moi :

- Bonne soirée, Granger.

Et il me laissa là, avec comme seule compagnie la frustration et la colère de mettre ainsi fait avoir. Je me dépêchais de m'enfermer dans la salle de bain, pendant un long moment, je me contentai de me fixer dans le miroir. Moi, Hermione Granger avait pris du plaisir à être embrassée par Drago Malfoy, j'étais honteuse car je savais au fond de moi que s'il n'avait pas stoppé notre baiser, tout ceci serait allait beaucoup, beaucoup trop loin. Je sentais encore l'odeur de Malfoy sur moi, et je décidais de prendre une douche pour l'enlever.

J'étais restée au moins une bonne heure assise contre le mur de la douche, l'eau continuait de dégouliner sur mon corps, mais j'étais loin d'y penser. Les paroles de Ginny me revinrent en mémoire, et si effectivement je me brûlais les ailes ? Il était évident que je n'arriverais pas à rester loin de Malfoy pendant encore deux mois, à peine une journée était passée depuis le début de notre marché et l'attirance que je ressentais pour lui était déjà très présente. Peut-être devrais-je mettre fin à ce stupide marché, je sortais enfin de mes pensées. Et cette fois-ci, je m'habillais dans la salle de bain. Hors de question, que l'incident d'hier matin se reproduise.

Alors que je finissais de me recoiffer mes cheveux mouillés, j'entendis du monde franchir le tableau qui gardait l'entrée de nos appartements. Je me dépêchais de finir, et sortis pour rejoindre le salon. Au milieu de la pièce se tenaient mes trois collèges, Susan, Michael et Drago. Tous les trois semblaient m'attendre, et je me souvins enfin que nos rondes commençaient aujourd'hui.

- Oh je ne savais pas que nous faisions nos rondes ensemble.

- Ce n'est pas le cas en effet, m'interrompis Corner, mais on ne savait pas qui commençait par les faire, donc avec Susan, on s'est dit qu'on pouvait tous se mettre d'accord ce soir.

S'en suivit alors une longue discussion, nous mîmes au point le déroulement de nos rondes, la fréquence à laquelle nous les ferions, et le point le plus important arriva, il fallait désormais que nous choisissions avec qui nous ferions nos rondes.

- Je pourrais aller avec Susan, dis-je précipitamment, ne voulant en aucun me retrouvais avec Corner ou Malfoy sur le dos.

- Surement pas Hermione, me répondis Corner, depuis quand se souvenait-il de mon nom lui ? Il est préférable que nous soyons un gars/une fille, au cas où il venait à se produire quelque chose, si tu veux, on peut se mettre ensemble, tout en me disant cela, il me fit un sourire charmeur, avait-il donc oublié que j'avais assisté à toute la scène hier soir, lors de sa dispute avec Malfoy ?

- Corner, l'interrompit Malfoy, je ne pense pas que Granger, ait envi de passer du temps avec toi, n'est ce pas Granger ?

- C'est d'accord Michael, je n'avais pas réfléchi une seconde avant de balancer cette réponse, c'était soi Malfoy, soi Corner, j'en profitais pour accentuer sur le prénom de Corner. Celui-ci parut extrêmement heureux, il se rapprocha de moi.

- Bon, on ferait mieux de commencer maintenant, tu ne penses pas Mione ?

Berk, pour qui se prenait-il pour m'appeler par mon surnom. Finalement, je commençais à penser qu'il aurait mieux valu que je fasse équipe avec Malfoy. Lui, continuait de me fixer avec cet étrange regard, qui me fit perdre tous mes moyens, il se détourna finalement de moi.

- Apparemment Susan, nous allons faire nos rondes ensemble, on se retrouve demain soir, ici à la même heure sa te dit ?

Tout comme moi, Susan parut surprise que Malfoy lui adresse aussi aimablement la parole, elle ne lui répondit que par un hochement positif de la tête

- Bien, à demain alors. Corner.

Et il partit s'enfermer dans sa chambre, sans un regard pour moi. Je ne comprenais vraiment pas cet homme, un coup il était proche de moi (au sens propre du terme), un autre il faisait comme si je n'existais pas, ces changements de comportements commençaient vraiment à me taper sur le système.

Susan retourna dans ses appartements en me souhaitant un bon courage, quand à moi, je partais à regret faire ma ronde de nuit avec Corner. Pendant tout le chemin, il ne cessa de me poser des questions sur ma vie, sur mes goûts. Il commença même à faire des blagues qui ne faisaient rire que lui, quand à moi je me forçais à lui faire des sourires crispés. Il m'effleura de nombreuses fois le bras, à la fin, au bout d'un moment je ne pus m'empêcher de lui remettre ses bras le long de son corps.

- Sa suffit maintenant, si tu as envi de tripoter quelqu'un va voir ailleurs parce que tu es tombé sur la mauvaise personne.

J'accélérais le pas, en priant pour qu'il laisse tomber. Mais rapidement, j'entendis que quelqu'un courait derrière moi.

- Granger arrêtes-toi ! me cria-t-il.

- Ah, on en est revenu à Granger, Corner ? Pourquoi pas Sang-de-Bourbe, hein ?

Tout en parlant, je m'étais arrêtée, et m'étais rapprochée de lui. Il se tut quelques secondes et me poussa brutalement contre le mur.

- Ecoutes-moi bien Granger, j'ai mis un paquet d'argent, sur le pari dont tu es la principale intéressée, il est hors de question qu'une petite traînée dans ton genre me fasse perdre autant d'argent. Je dois avouer que tu es tout à fait acceptable pour quelqu'un dans ton genre, donc je te demande juste de coucher avec moi, et après ta petite vie de Miss-je-sais-tout reprendra normalement. On est d'accord ?

J'étais beaucoup trop effrayée pour réussir à répondre quoique se soit. Si seulement, je n'avais pas décidé de changer ma façon de m'habiller, et dire qu'au début, j'avais trouvé l'attirance qu'il ressentait pour moi, amusante. Maintenant, plus rien n'était amusant.

Corner dû prendre mon silence comme une réponse affirmative, car il se rapprocha lentement de moi, et posa ces lèvres sur les miennes. Malgré la situation critique, je ne pus m'empêcher de penser que Malfoy embrassait beaucoup mieux. La situation prenait un tournant, que je n'aimais pas, je tentai de le repousser, il se fit beaucoup plus brutal, et je me retrouvais coincée entre le mur et son corps. Je sentis que les larmes commençaient à couler. Corner ne s'en préoccupa pas, et continua, à me caresser partout. Je ne pus retenir un gémissement de supplice, lui s'enhardit encore plus, plus je le sentais descendre de plus en plus bas, plus je sentais l'inconscience approchée, un trou se formait de plus en plus dans ma tête. Pendant quelques secondes, je le sentis se retirer brutalement et je n'osais rouvrir les yeux de peur de le voir revenir à la charge, au bout de quelques secondes je ressentis son corps se collait au mien, et je sentis qu'il me prenait dans ses bras. Je ne pus m'empêcher de le supplier.

- Pitié arrêtes…

- Chut Granger, il ne te fera plus de mal je te le promets.

Pourquoi sa voix était-elle beaucoup plus soyeuse à cet instant précis, et pourquoi parlait-il de lui à la 3ème personne ? En ouvrant les yeux, je rencontrais deux yeux gris inquiets.

- Tu as les mêmes yeux que luine pus-je m'empêcher de lui dire, en cet instant précis, je priais pour que Drago vienne me sortir de là.

- Granger, c'est moi ! C'est Drago.

- Dra-Drago ? Je… Oh mon Dieu. Il… Tu ?

- Chut, c'est bon, je suis là.

Il passa son bras derrière mes épaules et derrière mes genoux, et je me sentis soulever. Je n'arrivais pas à me sortir de cet état d'inconscience, ma tête n'était que brouillard. Je me sentis partir dans l'inconscience. Drago dû le sentir aussi car il me secoua légèrement.

- Non, non Granger, tu restes avec moi. Allez, ouvres tes jolis yeux, que je les vois.

Je me forçais à ouvrir mes yeux, même dans mon état, j'avais bel et bien entendu son compliment, dans un autre contexte j'en aurais rougi.

Je reprenais peu à peu mes esprits, ce n'est qu'à cet instant que je me rendis compte, où j'étais, je me tenais dans les bras de Malfoy, et lui me tenais contre lui, comme-ci j'étais aussi légère qu'une plume.

- Mal-Malfoy, je crois que… je peux marcher.

- Granger, profites, il n'y en a pas beaucoup qui ont eu la chance de rester aussi longtemps dans mes bras.

Gênée, je baissais la tête, je sentis les larmes me montaient aux yeux, ce n'était pas la remarque de Malfoy qui m'avait blessée, mais la peur était encore grandement présente en moi, et je ne pus m'empêcher d'avoir des images de se qui aurait pu se passer s'il n'avait pas était là.

- Merci, murmurais-je sans pouvoir empêcher ma voix d'avoir des tremolos.

Il ne dit rien et se contenta de me fixer, avec ses yeux gris orageux. Dans ses bras je me sentais bien, comme si rien ne pouvait m'arriver, ce qui était un peu vrai après l'incident d'y a quelques minutes. Pas un mot ne fut échanger jusqu'à se qu'on atteigne notre salle commune. Arrivé là, il me déposa doucement, mais conserva un de ses bras autour de ma taille. Ne sachant pas quoi dire, je décidais d'utiliser la solution de facilité, c'est-à-dire, m'éclipser.

- Je crois que je vais aller dormir. J'ai besoin de repos. Bonne nuit.

Mais je ne pus faire un pas, car il continua de me tenir par la taille, c'était devenue une habitude qu'il me reteigne à chaque fois que je voulais partir. Aussi rapidement qu'il m'avait retenu, il se pencha vers moi et déposa un doux et long baiser sur mes lèvres. Ce baiser n'était pas comme tous les autres que j'avais connu, il était rempli de tendresse, et si ce n'était pas Malfoy qui était en train de m'embrasser, j'aurais pu penser que c'était un baiser remplit d'amour. Je reculais, à regret.

- Malfoy, qu'est ce que sa veut dire tout sa ? On est là en train de s'embrasser alors qu'on devrait être en train de s'insulter. Je pense qu'on devrait prendre nos distances.

- Et si j'en ai pas envi hein ? Je te signale que l'on a passé un accord tous les deux, je te laisserais tranquille, si et seulement si dans deux moi tu n'as pas cédé à mes avances. Il était énervé, et je n'en compris pas la raison. Une part de moi-même était heureuse qu'il ne veuille pas arrêter toute cette mascarade, dans un sens, savoir que lui, Drago Malfoy, s'intéresse à moi, me procurait des frissons de bonheur. Donc, on oublie tout ce qui c'est passé ce soir, et dès demain toi et moi c'est reparti, le premier qui craque.

Il reposa un baiser sur mes lèvres, et s'éloigna en me souhaitant bonne nuit. Je restai pendant quelques secondes au milieu de la pièce et me dirigeai vers ma chambre. La soirée avait été riche en émotion, j'eus à peine le temps de poser ma tête sur l'oreiller que je tombais dans les bras de Morphée. Ma nuit, fut un véritable enfer, je voyais encore et encore la scène qui s'était passé un peu plus tôt, et en me réveillant le matin, j'eus l'impression qu'un troupeau d'hippogriffe m'était passé sur le crâne.

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Les semaines passèrent, Corner n'essaya plus de m'approcher et je ne pus m'empêcher d'espérer que Malfoy soit derrière tout cela. Une routine à laquelle je m'étais habituée s'était installée entre Malfoy et moi. En public, les coups bas pleuvaient à flot, ce qui n'était pas pour déplaire à mes deux meilleurs amis, qui m'avaient avoué douter de la relation entre moi et Malfoy. Si seulement ils savaient, en privé, cette situation était toute autre, un jeu malsain s'était mis en place de lui-même, nous nous amusions à nous faire languir l'un l'autre, et nous nous laissions en plan au dernier moment, chaque jours, j'attendais avec impatience la fin de la journée pour pouvoir le retrouver.

Cette journée n'échappa à la règle, je continuais à bien suivre les cours, à prendre autant de notes que possible, je passais le plus clair de mon temps à la bibliothèque, mais intérieurement je n'attendais que la fin de la journée, je m'imaginais déjà mille et une façon de me venger d'hier soir, en effet, il avait réussit à reprendre le contrôle du jeu et je m'étais fait prendre à mon propre piège, il était partit s'enfermer dans sa chambre en me laissant totalement frustré sur le canapé. La fin d'après-midi s'annonça, je me dépêchais de ranger mes affaires pour retourner à nos appartements. Je l'imaginais déjà, adossé contre le mur avec son petit sourire narquois. J'accélérais le pas, et je ne pus empêcher un petit sourire étendre mes lèvres.

En effet, à quelques mètres de notre dortoir, je le vis enfin, mais bizarrement il était retourné et avait ses mains collées au mur. Je crus pendant un instant qu'il n'allait pas bien, mais en m'avançant, je vis qu'il n'était pas seul.

Il était en train d'embrasser une fille comme si sa vie en dépendait.