Chapitre 3 :
Voici deux jours, que cette étrange l'altercation entre Yoruichi et Byakuya avait eu lieu, deux jours que Rukia gardait en elle le souvenir d'un frère troublé, sous son apparence placide, ainsi qu'un chat aux airs peu ravi, qui parfois rôdait sur les toitures du domaine. C'était donc à pas lents que notre jeune Shinigami se dirigeait vers la Treizième division, le visage marqué par un sourcil froncé, soulignant le fait qu'elle semblait préoccupée tandis que sa main droite caressait distraitement son menton. Jamais encore elle n'avait vu un visage aussi emplit de colère, lui qui cachait si bien ses émotion et qui pendant des décennies s'était caché d'elle, faisant comme si elle n'existait point. Depuis qu'il était revenu de la Quatrième Division, ils n'avaient pas même reparlé d'Hisana. Pourtant il y avait eu une certaine amélioration dans leur relation.
*Je ne crois pas avoir lu une telle colère en lui …ce n'était peu être pas de la tristesse ? Quoi d'autre alors ?... et que faisait- elle ici ? Est-elle l'objet de ce que j'ai vu ?... Il n'est pas rentré de la nuit…*
Tant de questions qui ne pouvaient avoir de réponses, car la jeune shinigami ne possédaient que peu de données, afin de résoudre cette équation. Elle connaissait de manière succincte la relation quelque peu épineuse qui liait, si l'on peut dire ainsi, Byakuya et Yoruichi.
* Nii sama…*
Ce fut donc à cet instant qu'un froissement de vêtement lui fit redresser soudainement le minois.
« Eh bien tu sembles bien pensive depuis quelques temps.»
Cette voix n'appartenait à nul autre qu'à Ukitake Jyuushiro. Il se tenait debout au seuil de son propre bureau, les bras croisés et le sourire avenant. Cependant, sous cet air tranquille, se cachait une certaine intrigue, car il avait noté les nombreuses absences de participation de Rukia, durant ces derniers temps.
- Ohh …veu… Veuillez excuser ce petit écart de conduite Ukitake taicho. A vrai dire….je..
Elle hésita longuement alors que son supérieur ne se dépareillait pas de son sourire ni de son air encourageant, bien au contraire. Et comme s'il avait compris le pourquoi de son hésitation, il reprit bien vite la parole, avec altruisme :
- Ce n'est rien va. Que dirais tu d'un bon thé en ma compagnie. Il est encore tôt avant que d'autres n'arrivent pour prendre leur poste. Nous avons donc un peu de temps.
Sur ce, il lui fit un large sourire et entra dans la pièce, tout en attendant une réaction de Rukia. Cette dernière, encore surprise, marqua un temps sans bouger ni même proférer le moindre son. Ses traits pâles exprimant enfin un air soudain un peu plus décontracté, alors qu'elle décida d'emboîter le pas de son supérieur à l'intérieur des lieux.
…..
(6e division au même moment)
L'atmosphère était des plus pesante dans le bureau de la 6e division, surtout pour Renji qui n'osait relever son nez de la paperasse qui, à dire vrai, n'avançait pas plus vite qu'un escargot sur une vitre. En effet, son Taisho semblait encore plus glacial qu'à l'ordinaire, une tasse de thé fumante à ses côtés. Il n'avait pas ouvert la bouche depuis son arrivée mais il faisait bien comprendre de par son regard envers son Fukutaisho, qu'il n'y avait pas intérêt à ce qu'il y ait un souci quelconque. Alors que le seul le bruit du papier et du pinceau trompait ce silence des plus lourd, Renji osa prendre le parti d'observer son supérieur. Son visage était toujours aussi impassible, indéchiffrable et pourtant il y avait quelque chose…mais quoi.
*Ses gestes peut-être ?...non, ils sont toujours appliqués et précis..Son regard alors ? Hum, non, certes pas. De plus ce regard là je ne l'ai jamais apprécié… mais ma parole il se fiche de moi ?! Alors que je m'évertue pour une fois de faire les paperasses de bonne heure il... !*
Renji venait à peine de s'apercevoir que non seulement Byakuya n'avait pas changé depuis trente minutes, ni de posture, ni même de dossier, tout en étant à sa seconde tasse de thé. Il semblait comme figé. Une certaine contrariété s'éprit de notre vice capitaine, alors que l'objet de son observation n'avait pas même bougé d'un pouce. Une folle envie de se lever et de se faire entendre l'étreignait, mais….une chose l'intrigua. Il n'avait jamais vu Byakuya dans un état si végétatif. Il semblait comme absorber par ses pensées…alors que son élégante main se relâchait doucement de son pinceau et qu'une petite goutte d'encre s'échoua sur le bas du parchemin.
…. (Flashback)….
Le soleil atteignait doucement la fin de sa route, les quartiers de la noble famille des Kuchiki semblaient calmes et déserts, mais cependant si l'on tendait un peu plus l'oreille, on pouvait entendre une respiration régulière et contrôlée sous l'effort. Guidé par cela, l'on arrivait dans une cour… Une cour classique, mais à la fois imposante, et à son centre, l'on pouvait voir un garçon âgé d'à peine douze années, s'entraîner au maniement du sabre. Ses cheveux noirs comme l'ébène étaient retenu, par un élastique, afin de ne pas gêner ses gestes précis. La sueur perlait sur son front alors que son regard semblait concentré. Le vent se levait, parfois, comme pour le rafraîchir durant ses efforts et son application. Rien d'autre n'existait en cette cour, autre que Byakuya et son sabre, mais... Un courant d'air des plus étranges se manifesta sur sa personne et, sous la surprise, le garçon perdit le fil de sa concentration en reculant de quelques pas. Son regard si expressif et empli de stupéfaction se fixa sur un point invisible, sur la corniche de la toiture qui lui faisait face. Un rire taquin se fit alors entendre et une forme humaine se dévoila enfin.
- La femme chat !?
- Alors toujours aussi lent pour réagir, petit Byakuya.
-Et toi toujours aussi énervante. Je suppose que tu ne pouvais pas t'empêcher de venir me prendre du temps, alors que tu sais fort bien que je n'en ai pas pour toi, ni pour personne. J'ai un but à atteindre.
-Aaah oui ? Laisse-moi deviner. « Devenir le digne héritier des Kuchiki et être l'un des meilleurs capitaines » ?
La jeune femme s'était rapprochée du garçon et planta son regard dans le sien avec un air sérieux avant de reprendre.
« Cela ne devrait pas t'empêcher d'avoir des amis. Au lieu de rester seul. »
Byakuya fit un geste de désinvolture dans le vague et rétorqua d'une voix posée.
- Des amis, cela ne sert pas à progresser bien au contraire. Ils vous freinent.
- Que tu dis gamin ! Je suis sûre que tu n'en penses pas un mot. De plus, je suis même persuadée que tu n'as jamais tenté de savoir ce qu'était ce genre de sentiment.
Sur le moment, le garçon ne proféra rien, mais au fond de lui, il fulminait. Il détestait par-dessus tout être analysé et encore plus moqué ainsi par Yoruichi. Devant le sourire goguenard de la jeune femme, le regard de Byakuya exprimait cette fois si bien plus de colère que de stupeur. C'était toujours pareil depuis qu'il la connaissait.. Non , en fait, depuis toujours son mentor s'évertuait intempestivement à lui courir sur les nerfs. Il bouillonnait intérieurement et, sans réfléchir plus d'une seconde, il s'élança déjà contre la femme chat avec le shunpo. Cette dernière, sans se départir de son sourire provocateur s'écarta au dernier moment, ce qui fait que notre garçon perdit son équilibre et glissa en arrière sur les tuiles du toit pour finir sa chute sur les pavés de la cour. Sa tête avait heurté le sol mais sans gravité et ce fut en faisant une légère grimace que le jeune noble se redressa sur ses jambes, l'air furieux peint sur le visage. Yoruichi avait perdu son sourire et fixait l'enfant qui lui faisait maintenant face sur, pour ainsi dire, le plancher des vaches. Elle allait dire quelque chose mais elle fut prise de court par un Byakuya furibond et tremblant de rage.
« Il faut toujours que tu aies le dessus ! Mais un jour se sera différent ! »
Et sans plus rien attendre il quitta la cour intérieure tout en se frottant l'arrière du crâne, sous le regard devenu grave de Yoruichi.
*J'espère bien qu'un jour tu auras le dessus, tu commences à peine à connaître le Shunpo et à ton âge c'est déjà une chose rare. Le réalises tu seulement ?*
Des larmes d'humiliation quittèrent ses yeux alors que Byakuya refermait la porte derrière lui. Il resta là, sans bouger, afin de reprendre son souffle et son calme. Il ne fallait pas montrer ce que l'on ressentait, c'est ce qu'on se targuait à lui apprendre. Il n'était pas séant de montrer ses sentiments, et ce, surtout devant les gens de sa propre maison. Tel était l'enseignement de son grand père, tâchant de lui faire prendre conscience de son caractère trop impulsif. Alors que Byakuya veillait à retrouver un calme olympien, une voix d'homme d'un certain âge parvint à ses oreilles. Elle provenait de l'extérieur et s'adressait directement Yoruichi.
« Nous avons à faire et le thé est prêt.»
Kuchiki Ginrei, Roku ban tai Taisho venait donc de faire son appariation, et ce fut d'un regard convenu que sa collègue et amie le suivit, non sans jeter un léger regard sur la porte derrière laquelle Byakuya s'était réfugié.
Ce dernier laissa entendre un léger soupir de dédain, furieux, avant de quitter définitivement les lieux, une larme rageuse coulant le long de sa joue.
…. (Flashback fin)….
La goutte d'eau, devint une tache d'encre. La voix de Ginrei devint curieusement plus jeune, plus présente et une main se fit sentir sur son épaule.
*Mais qu'est ce…..*
« Kuchiki taisho ? Taisho vous m'entendez ? »
Rapidement le regard de Byakuya se redressa pour constater qu'un Renji des plus inquiets le secouait doucement par l'épaule. Un froncement de sourcils menaçant pris place sur son visage toujours impassible et son regard ombrageux, autrefois songeur reprit un aspect plus que polaire. Ce fut d'une voix glaciale, tout en se dégageant de cette étreinte, qu'il s'adressa à son Fukutaisho.
« Je peux savoir ce qui te prend de me toucher l'épaule ? Tu viens de me faire faire une tache qui plus est. »
Puis ses yeux implacables, entre-aperçurent la montagne de paperasse qu'il n'avait lui-même pas abattu et non sans vergogne il rajouta.
« Tu n'as donc pas fini toute cette paperasse ?! Qu'attends-tu pour le faire. »
-…Nani ? Mais.. Taisho.
Mais observant l'air si peu inflexible que lui offrait son supérieur, Renji sentit son instinct de survie se manifester au sein de son esprit. Très vite il se ravisa quand à ses questionnements et s'inclina légèrement, comme abandonnant le combat. Du moins.. Celui-ci.
« Bien Taisho…pardonnez moi pour ce geste déplacé. »
Il retourna donc à sa place, observant Byakuya terminer sa tasse et enfin se mettre lui-même à son travail et pour de vrai cette fois. Alors qu'en son esprit cartésien, le noble tentait de comprendre d'où venait cette faiblesse qui grandissait en lui. Il en devenait distrait et même comme couper de ce qui l'entourait, comme s'il était engourdi. Ses paupières s'abaissèrent juste un moment seulement, regroupant sa concentration, avant de dévoiler des pupilles anthracites, observant l'horloge.. La journée allait être longue, avant qu'il n'affronte le conseil du clan. Un rendez vous qu'il aimerait ignorer en vérité. Renji lui, était loin de penser à ce genre de chose, tâchant de garder pour lui cette frustration que de s'être retrouver ainsi envoyé dans les roses, et avec un surplus de travail qui plus est. Oui il maudissait en cet instant son taisho.
L'après midi se passa donc sous un calme des plus studieux et olympien, avant qu'enfin le noble Kuchiki ne décide de laisser Renji partir. Ce dernier se releva de sa chaise et s'étira les bras, avant de s'incliner avec soin devant Byakuya en lui souhaitant une bonne soirée. Resté seul, le noble se relâcha enfin sur sa chaise en se pinçant l'arête du nez, éprouvant une certaine fatigue. S'il s'écoutait, il resterait ici et irait se reposer dans ses quartiers privés, mais le conseil ne souffrirait pas de son absence, les anciens étaient clair sur le sujet. Aussi, le noble finit par se redresser en récupérant Senbonzakura qu'il fixa à son flanc avant de partir pour de bon, prenant par les grandes allées, afin de rejoindre le manoir, tout en profitant un peu de ce bref moment de liberté. Ce n'est qu'en arrivant non loin de sa demeure qu'une voix féminine et surprise se manifesta en son dos, le faisant se tourner à demi , tout en arrêtant sa démarche…
...
note de l'auteur : Prochain épisode " le conseil"
