Chapitre 4

- Nii sama…. Nii sama attendez moi !

Ce n'était que Rukia qui hâtait le pas en sa direction. Le noble voila un court instant son regard, inclinant un peu son menton, comme pour approuvé son attente. Une fois arrivée à sa hauteur, la jeune femme ralentie un peu son allure tout en s'inclinant brièvement auprès de son frère. Un peu essoufflée, Rukia paraissait surprise de voir Byakuya rentré aussi tôt. Le connaissant, elle pensait plutôt le revoir d'ici la soirée bien avancée. Quoi qu'il en soit, la jeune noble se détendit lentement sous le regard devenu attentif de son frère.

- Je ne m'attendais point à vous voir à cette heure ci, Nii sama.

Fit elle avec une voix résolument polie, alors que de ses pupilles, elle dénotait la fatigue sur les traits si impassible de son frère. Ce n'était cependant pas une chose parfaitement repérable si l'on n'était pas habitué à le côtoyer, mais Rukia mit cela sur le dos de sa convalescence. Encore récente. Aussi, notre jeune brunette ne se permit pas d'en faire la remarque à son frère, sachant déjà ce qu'il allait lui rétorquer, malgré le rapprochement certain qui se faisait entre eux depuis quelques temps. Le noble Roku ban tai Taisho reprit son allure tout en l'invitant du regard à le suivre.

- j'ai quelques devoirs envers le conseil, aussi ne m'attends point pour le dîner, ci jamais cela s'attarde.

Sachant cela Rukia se fit bien plus sérieuse devant une telle information. Il était rare qu'il l'informe ainsi d'une telle chose. D'ordinaire, Byakuya ne lui en touchait pas un mot et se contentait simplement de lui dire de ne pas l'attendre mais là…De ce fait, elle finit par observer son aîné et se risqua à cette simple demande, démontrant son inquiétude, tout en restant sur la retenue :

- Y aurait-il quelque chose d'important Nii sama ?

- Rien qui ne doive te préoccuper.

Voila qu'une fois de plus il ne lui livrait rien. Mais que pouvait-il dire de plus, alors qu'il ne savait pas même la teneur de cette réunion, mais une chose était sûr, c'était que cela allait durer et peut être bien qu'un petit passe temps ne serait pas de refus. Mais cela, le noble se garda cette info pour lui-même, alors qu'ils franchissaient déjà les hautes portes du domaine. Le gong informa donc la maisonnée de sa présence, tandis que Rukia ne semblait pas vouloir revenir sur ce rassemblement et se contenta de le suivre, sur la passerelle qui menait à leurs appartements respectifs, longeant le jardin. Le printemps s'installait déjà semblait-il en ce lieu, les fleurs bourgeonnaient dans les feuillages, tandis que les rayons du soleil se reflétaient sur la surface de l'eau de la rivière qui s'écoulait paisiblement. Un doux spectacle songeait Rukia avant de contempler un bref instant son frère.. Mais aussi un souvenir néfaste….n'était ce point à cette époque qu'Hisana ne trépasse ? Cependant ses songes furent bien vite arrêter, car Byakuya poussait déjà le shoji qui menait à sa chambre, sans le moindre regard envers ce jardin. De dos, il se contenta de lui porter son congé. Puis il disparut derrière cette porte coulissante, laissant là, Rukia.

* Nii sama..*

Elle resta là un long moment planté là, devant les appartements de son frère, n'observant pas un instant l'ombre qui se rapprochait dès lors d'elle. Pourtant elle eut comme un long frisson lui parcourir l'échine quand une voix doucereuse et suffisante se manifesta juste à son oreille..

« Kuchiki sama semble épuisé..Vous ne trouvez pas Rukia san ? »

Lentement, elle tourna son visage vers cet homme qu'elle reconnu d'embler…Il paraissait grand, revêtu d'un habit simple mais riche en son tissu et une longue chevelure sombre, marquant un regard bleu acier. Ses traits paraissaient souriant, mais c'était un aspect plutôt ironique..

« Nori sama.. Vous m'avez fait peur. »

- Allons ce n'était point mon intention, cependant.. je vais devoir vous laisser. Le conseil va bientôt commencer et…. Nous espérons que cette fois, Kuchiki sama sera raisonnable.

- De quoi parlez vous donc ?

Le noble sourit un peu plus et rapprocha son visage de celui de Rukia en se penchant légèrement..

« ohh… ne vous en faites point pour cela, ceci ne vous concerne pas. »

Rukia fronça un peu des sourcils prête à rétorquer, l'esprit plus inquiet encore pour son frère, quand un doigt mutin se posa sur ses lèvres, Nori lui intimant le silence avant de partir en direction de la salle de réunion. Ceci ne présageait rien de bon. Et c'est exactement ce à quoi songeait Byakuya qui avait revêtit d'un kimono de couleur bleu azur, délaissant Senbonzakura sur son socle. Il se dirigea par la suite dans le couloir menant au conseil, quand son reiatsu s'en trouva troublé, l'obligeant à se retenir à une poutre en bois.. Son cœur battait à ses oreilles pendant quelques secondes,, Byakuya voila son regard commandant à son corps de se reprendre, tel qu'on le lui avait enseigné. Aucune faiblesse ne devait être démontrée, si ce n'était en sa propre couche… pas ailleurs. Son pouls ainsi sue son énergie spirituelle se stabilisèrent enfin, n'offrant qu'une fine particule de sueur sur les tempes de notre homme. Fort heureusement, il n'y avait personne aux alentours, pendant qu'il reprenait contenance, venant à reprendre son chemin, et franchissant la porte qui menait à la salle du conseil.

A peine fut-il à l'intérieur que ses pupilles anthracite se posèrent sur les anciens qui semblaient être déjà au complet. Chacun inclina son visage à son passage, le laissant se diriger au centre, où reposait un coussin. C'est avec une noblesse qu'il ne pouvait envier à quiconque, que Byakuya s'assit, affichant un visage des plus neutre et attentif, laissant simplement son menton s'enfoncer partiellement sous le revêtement de son écharpe. Il ne pouvait dénoter aucune tension chez les anciens, pourtant, ce mauvais pressentiment ne le quittait point… encore plus quand ses yeux s'arrêtèrent sur Nori. Ce cousin éloigné… n'avait jamais été digne de confiance, et il avait été un obstacle des plus féroces à son encontre, lorsqu'il avait présenté sa demande de mariage envers Hisana. Le doyen de la pièce frappa de son bâton sur le sol, invoquant le début du conseil, arrachant de ce fait Byakuya de sa contemplation…

- Nous sommes ici présent Kuchiki sama, pour vous soumettre une demande concernant la fin de votre deuil. Voici plus de Cinquante années que vous respectez la mémoire de votre défunte épouse, mais vous devez honorer votre obligation concernant l'héritier.

Cela méritait d'être concis et sans ombrage. Cependant Byakuya ne sembla montrer aucune réaction en ses traits, mais nota une certaine suffisance et inquiétude dans l'assemblée.

- Il me semble que vous connaissez déjà ma réponse à cette question.

- Kuchiki sama, cherchez vous à être destitué ? ne nous obliger pas à de telle menace pour vous amener à la raison.

Proféra fermement un autre conseillé. Le noble Roku ban tai Taisho tourna à peine son visage en sa direction nullement démonté.

- Il faudrait pour cela vous trouver un autre héritier plus puissant et plus important que je ne le suis. Vous n'êtes pas en mesure de me menacer sur ce point.

- ohh… encore cette fâcheuse excuse cousin… mais vous semblez omettre que vous n'êtes pas immortel. Vous avez bien faillit mourir dernièrement et laisser le clan sans…. Héritier aucun..

Sonna enfin la voix toujours aussi serpentine et doucereuse de Nori. Byakuya le foudroya du regard…

- Ce n'est pas encore demain que l'adversaire me tuera cher cousin et nul n'ignore votre désir que de prendre ma place.

- Ce qui était un fait, tandis que le doyen interrompit cette joute verbale.

- Cependant il y a une part de rationalité en ses paroles Kuchiki sama, il est temps d'offrir à la maison Kuchiki, un héritier digne de vous.

De longues heures s'écoulèrent ainsi sans qu'un seul camp ne cède, pourtant Byakuya savait qu'ils avaient en parti raison, mais oublier Hisana, il ne le pouvait et puis.. que penserait Rukia de cela ? Jamais plus il ne pourrait la regarder en face après une telle chose. C'est fourbu, qu'il quitta la grande salle, rejoignant sa propre chambre non sans demander à son serviteur le plus proche de lui apporter son thé du soir. Déposant ses Kenseikaan sur le revêtement de sa coiffeuse, Byakuya contempla pour la première fois en ce jour, le jardin…. Demain serait un jour de plus de deuil….et elle ne verra pas, une fois de plus les fleurs recouvrir les arbres fruitiers. Demain comme chaque année, sera un jour de congé auquel il ne dérogeait jamais. Les pas de son serviteur se firent entendre, venant déposer le thé qu'il avait réclamé… D'un simplement mouvement du menton, il le congédia, prenant la tasse entre ses doigts, savourant cette douce chaleur apaisante. Les paroles de Nori lui revinrent alors et ironiquement Byakuya songea à Dame Yoruichi.. Elle ne semblait pas connaître ce que lui-même rencontrait en ce jour, ayant disparue pendant un siècle entier sans même ce soucier de rien … Mais fuir n'était point dans ses prérogatives, n'est ce pas ? Un soupire quitta ses lèvres fines, avant de boire quelques gorgées de son contenant, laissant son esprit vagabonder dans un passé désormais révolu.

..Flashback….

Ce matin, les fleurs des cerisiers perdaient leurs plus belles parures, du fait d'un vent devenu plus fort sur les bords du lac qui paraissait séparer le Seireitei du Rukongai. Certaines pétales furent emportées si violemment qu'elles surplombèrent, de par leur légèreté, bon nombres de toitures, et vinrent s'échouer en silence, sur les pavés durs et froids d'une immense cour intérieure. Une pétale, plus hardie que les autres, se laissa guider encore un peu plus loin encore, pour venir faire un dernier volute dans les airs et se poser sur les genoux d'un jeune garçon.

Ce dernier était assis là, sur un banc magnifiquement travaillé dans la pierre la plus noble. La tête penchée en avant, ses traits cachés par de longs cheveux sombres. Sa respiration semblait saccadée, comme lorsque l'on venait de finir un éprouvant entrainement, tandis que ses mains semblaient se crisper sur la garde d'un Boken posé sur ses genoux. Son visage semblait fermé, ses yeux paraissaient épris d'une certaine fatigue, d'un mélange de colère et de trahison.

Ce n'est que lorsque que son regard perçut le pétale rose reposé sur son genou que le jeune Byakuya daigna enfin se mouvoir. Sa main se décrispa et délicatement récupéra dans sa paume l'objet de sa curiosité. Son visage s'éclaira un bref instant d'un sourire morose, alors que d'un simple mouvement, Byakuya se remit sur ses jambes, tout en levant lentement son visage vers les cieux. Il tendit sa main vers le haut, et bientôt le pétale repris sa route, guidé par ce vent plus dur, et bientôt disparut par delà la cour, laissant seul notre garçon.

Ce matin, elle n'était pas venue. C'était bien là, la pensée actuelle qui l'habitait. C'était d'ailleurs bien étrange, comment une personne qui passait son temps à vous faire sortir de vos gongs, tout en vous apprenant certaines choses…pût vous manquer autant, dès qu'elle n'était plus là. C'était comme si …sans sa présence, il n'existait plus. A cela, Byakuya serra le poing et se corrigea mentalement : il n'avait pas besoin d'elle pour se sentir vivre. Il était l'héritier et se devait d'être fort et non pleurnichard. Qui plus est, c'est elle qui était partie sans un mot, et non lui. Au départ il n'avait point cru son père, ni même son grand père quand il lui avait annoncé sa fuite. Il ne voulait pas y croire…Mais ce matin il avait enfin sa réponse. Au fond de lui il ressentait ce vide…ce sentiment d'avoir été bafoué, tout comme sa confiance. Car malgré qu'il s'emportait souvent contre Yoruichi, il devait admettre, qu'il avait petit à petit placé sa confiance en elle, parfois même il ressentait ce qu'elle appelait l'amitié. Mais où était-elle maintenant cette amitié ? Jamais il n'aurait pensé que cela lui ferait aussi mal.

*Est-ce une chose que tu voulais m'enseigner en guise d'adieu ? Ou alors c'est juste une sale blague de plus de ta pars… et tu vas revenir pour me tirer l'élastique de mes cheveux ?*

- Comment te rendre ce que tu m'offrais désormais ?

Murmura Byakuya plus pour lui-même qu'autre chose. Oui une menteuse. Pourquoi lui avoir fait croire que l'amitié était utile, que cela le rendrait plus heureux ? C'était faux !

Insidieusement, ses souvenirs s'entremêlaient en son esprit et c'est avec un certain dégoût que Byakuya détourna le regard des cieux. De toute évidence il n'entendra plus jamais son rire narquois. Sa main droite se resserra sur le boken, tandis que notre garçon tourna les talons pour s'en retourner à l'intérieur de la demeure, avec la ferme intention de ne plus jamais chercher à faire confiance à qui que ce fut.

..Flashback….(fin)

Et c'est un précepte qu'il avait suivi jusqu'à présent. Les sentiments ne devaient pas obscurcir son jugement, pourtant, il avait bien faillit perdre sa sœur en se laissant mener par les circonstances et les lois … aveugle qu'il était. Quelque que soit cet écervelé de Kurosaki Ichigo, il lui avait enseigné une vérité toute simple :

*Je choisis à tous les coups le jugement d'un esprit équilibré de préférence à n'importe quelle loi. Les codes et les manuels créent des structures de comportement. Tout les comportements pré-structurés ont tendance à se dérouler sans être remis en question, amassant ainsi des forces d'inertie destructrices.*

Cependant, même s'il l'avait remercié pour cette leçon et pour avoir sauvé Rukia, le noble n'avait pas l'intention de lui démontrer sa réelle sympathie. Du moins point verbalement. Il préférait garder cela pour lui, restant encore un peu sceptique sur le fait qu'Ichigo le nomma par son prénom. Etait ce une simple erreur de langage de sa part, où devra-t-il subir cela, et ne plus y revenir comme envers la Fukutaisho de la Onzième Division ?

Quoi qu'il en soit, Byakuya termina sa tasse voilant un regard véritablement éteint, de ses paupières un peu plus lourdes encore que précédemment. Et si l'étiquette n'était pas à ce point encré en lui, il se serait déjà laissé aller en sa couche pour succomber au sommeil qui le guettait. Aussi le noble se redressa sur ses jambes, passant derrière un paravent pour se vêtir d'un yukata de nuit, venant par la suite à se glisser dans son lit, tournant le dos au jardin. Doucement, Byakuya fit glisser sa main sur la surface vide à ses côtés, imaginant sa présence…. Celle qui savait l'apaiser et lui faire oublier ce qu'il était. Mais le contact de ses draps restait résolument froid et sans saveur. Pourtant, il ne lui fallut que quelques secondes pour s'endormir, alors qu'une ombre se profila sur la passerelle, s'arrêtant quelque instant seulement avant de disparaître.

...

Note de l'auteur : Merci pour ces reviews. Cela fait plaisir de voir que cette histoire plait et sachez que cela me motive à poursuivre cette longue tâche, car je en suis pas sûr que cette fic sera des plus courtes. En tout cas je vais tâché de continuer à poster régulièrement, tout en espérant ne pas vous décevoir.