Que faire quand le sort s'acharne contre vous ? Un auteur de romans d'aventure vous répondra qu'il faut quand même lutter, être plus fort que ce destin contraire. Une personne normale vous dira que c'est un mauvais jour et que mieux vaut aller se recoucher. Sasha était un peu entre les deux, perdue entre le banal citoyen lambda et le courageux héros légendaire. Elle était soldat. Aussi, ce jeudi pluvieux, elle quitta ses couvertures malgré le découragement du ciel gris et le désespoir de la tâche qui l'attendait. Pas ses corvées, plutôt sa liste. Récurer les toilettes avec une brosse à dent ne lui faisait pas plus d'effet que ça, c'était la centaine de personnes à interroger qui l'abattait dès le matin. C'est sans entrain qu'elle courut sous la pluie fine mais insistante, du genre à peine perceptible sur la peau mais qui vous glace jusqu'au sang en s'infiltrant insidieusement dans la moindre couche de vêtements. Sasha pouvait presque entendre ses os s'entrechoquer tellement elle grelottait et la douche brûlante lui fit le plus grand bien, la lavant de toutes ses sombres pensées qui l'accaparaient depuis le réveil. Christa lui sourit quand elle la croisa dans les vestiaires et la chasseuse le lui rendit timidement, ne savant pas encore trop comment se comporter avec elle aux vues des éléments de la veille. Mais après tout, pourquoi changer son comportement ? Christa était toujours la même elle, elle n'avait aucune raison de la juger pour ça. Décidément, sa semaine l'avait bien chamboulée pour que Sasha en vienne à agir de façon aussi étrange. Elle si spontanée, la voilà qui se posait des questions sur tout le monde maintenant, n'arrivant plus à agir naturellement avec qui que ce soit. A force de soupçonner tout le monde, elle en venait à se perdre elle-même. Pas terrible tout ça.
Et pourtant, sa situation n'était pas vraiment prête de changer. Sa journée s'annonçait plate, sans aucune aide ou indice pour son enquête et sans aucun évènement remarquable non plus. Toute la matinée elle s'entraîna au tir, frissonnant dans l'humidité ambiante, des gouttes d'eau se formant lentement sur son visage pour rouler le long de son nez sans qu'elle daigne les essuyer. Elle devait se concentrer sur la cible, tirer juste, tirer vite, tuer avec précision, elle n'avait le temps pour rien d'autre. Entre deux séries de tirs elle allait souvent parler avec ses camarades, leur demandant leur alibi pour la nuit de dimanche à lundi, mais faute de chambre à fouiller elle ne pouvait pas vraiment être sûre de leur innocence. Il faudrait sans doute qu'elle s'y mette dès ce soir, à faire le tour du dortoir des hommes, même si elle n'avait pas le droit d'y entrer. Tiens, voilà un problème supplémentaire : entrer dans le dortoir des garçons alors qu'on est une fille et sans se faire attraper. Comme si elle n'en avait pas déjà assez comme ça. Franchement, quelle semaine pourrie.
Sasha était trempée quand elle pénétra dans le réfectoire, une flaque d'eau se formant lentement mais sûrement en dessous de la chaise sur laquelle elle s'était assise. Se débarrassant rapidement de sa veste mouillée, elle tenta vainement d'égoutter ses autres habits avant d'attaquer son repas. Tant pis, il faudrait qu'elle rentre se changer. A côté d'elle Mikasa était dans un état encore pire que le sien, son uniforme clair maculé de boue de la tête aux pieds, même ses cheveux noirs en étaient barbouillés. Pourtant, un ineffaçable air satisfait la faisait rayonner – chose rare depuis l'isolement d'Eren. Devant une telle béatitude, la curiosité de ses amis fut piquée au vif et elle se retrouva vite assaillie de questions. Un rictus entre le sadisme et la jouissance lui étira le coin des lèvres.
« Je me suis retrouvée avec Tim dans un entraînement au corps-à-corps. Ça m'a fait du bien. »
Des rires s'élevèrent aussitôt autour de la table, les camarades de promotion se souvenant tous des terribles talents de la jeune asiatique en combat rapproché. Comme dans à peu près tous les domaines en fait. Rien que l'idée de savoir que le garde avait pris la correction qu'il méritait les faisaient se sentir mieux, augmentant un peu leur moral pourtant bas ces derniers temps. Plus que les recrues d'une même session, ils étaient avant tout des amis qui se réjouissaient des bonheurs des uns et se peinaient des malheurs des autres, s'en prendre à un seul d'entre eux c'était s'en prendre au groupe dans son intégralité. Et si jusqu'ici même eux n'avaient pas encore remarqué cette solidarité étonnante, les autres soldats du bataillon commençaient à en prendre conscience. Un jour, s'ils survivaient jusque-là, cette bande de gamins jouerait un rôle important pour l'Humanité. Tout le mystère résidait dans le fait de savoir si ce serait en bien ou en mal.
Armin continuait de chercher un plan d'attaque valable pour découvrir le coupable du vol, s'acharnant à trouver une solution aux problèmes de temps et de quantité. Peut-être que s'ils l'aidaient ça irait plus vite ? Mais personne n'avait l'odorat de Sasha et son impressionnante capacité à détecter de la nourriture à distance, même les talents de chasseur de Conny ne leurs seraient pas une grande aide. Il faudrait qu'ils fouillent en détail chaque chambre pour être sûrs, ce qui ne ferait que les mettre encore plus en retard sur leur planning au lieu de les faire progresser. Il ne voyait vraiment aucune solution, mais il s'acharnait quand même. Sasha, en face de lui, attrapa le pain de Mikasa et le mâcha en le fixant de son regard effrayant d'honnêteté.
« Laisse tomber Armin, c'est pas la peine de t'embêter. Je vais faire ce que je peux et advienne que pourra. »
Seul le silence lui répondit, l'impuissance les rendant tous muets. Avec ses quelques suspectes sérieuses innocentées et sa liste allongée, Sasha était totalement seule désormais. Elle ne pouvait plus compter que sur elle-même et la chance des bienheureux. Même si elle commençait à penser que cette dernière l'avait définitivement abandonnée.
Le chiffon huilé caressait avec délicatesse les différents morceaux de son équipement tridimensionnel, nettoyant la poussière et lissant les rouages usés par la pratique. Dire que cette petite merveille d'ingéniosité et de mécanique lui sauvait la vie quotidiennement, à elle et à tous les soldats du mur. La jeune femme remarqua une nouvelle bosse, sans doute faite lors de son dernier entraînement de manœuvre et s'appliqua à la polir avec soin. Timidement, elle leva les yeux sur la personne assise en face d'elle. Ymir ne disait rien, concentrée sur l'entretien de son propre équipement. Elles avaient toutes les deux une pause dans leur emploi du temps de l'après-midi pour s'en occuper et c'est assez naturellement qu'elles s'étaient installées à la même table. Dehors la pluie s'était intensifiée, tombant drue sur la cour déserte. Les gouttes rebondissaient sur les vitres, presque musicalement. De temps en temps, un soldat passait en courant, sa veste comme protection sommaire au-dessus de la tête. Sasha se sentait comme hypnotisée par la nature dehors, alors qu'elle aurait dû fixer toute son attention sur le matériel entre ses mains. Sa compagne, elle, semblait coupée du reste du monde. Ymir, si fermée, si froide. Cette fille l'intriguait autant qu'elle la terrifiait, sans vraiment savoir pourquoi, et sa découverte de sa relation avec Christa n'avait fait qu'accentuer cet étrange paradoxe. Comment ? C'était tout ce à quoi elle pensait, comment deux caractères aussi opposés pouvaient s'accorder à ce point ? Quel était ce lien, cet élément, cette pièce manquante du puzzle qui permettait à ces deux femmes de tenir ensemble de façon si étonnante et, pourtant, si harmonieuse ? Sasha n'en savait strictement rien et, en temps normal, elle n'aurait pas poussé sa réflexion plus loin. Après tout, ce n'était pas ses affaires et ça ne se mangeait même pas. Mais aujourd'hui le temps était à l'averse, transformant le réfectoire austère en un lieu calfeutré et chaleureux, la simple amie en confidente, la banale fatigue du quotidien en douce mélancolie. Sa semaine avait été éprouvante, ses discussions entièrement axées sur son enquête, elle en avait marre de ne penser qu'à ça. Sasha avait juste envie de parler.
« Je ne savais pas, pour toi et Christa.
Ymir sourit sans pour autant lever les yeux de son ouvrage, un bref rire propulsant de l'air hors de ses narines. Ce n'était vraiment pas la camarade de discussion idéale, réalisa un peu tard la chasseuse. Mais bon, elle non plus.
_ Il y a beaucoup de choses que tu ne sais pas sur Christa et moi, Sasha. »
Cette dernière fit la moue, peu satisfaite par cette réponse évasive. Elle avait envie de lui répliquer qu'elle avait tort, qu'elle savait énormément de choses, mais alors qu'elle cherchait de quoi argumenter rien ne lui vint à l'esprit. C'était vrai ça, que savait-elle sur Ymir au fond ? Rien, pas même son nom. Comment était-ce possible ? Elle suspendit ses gestes, son attention uniquement concentrée sur la brune en face d'elle qui, elle, ne daigna pas lui jeter un regard. Elles se connaissaient depuis 3 ans. Ymir savait tout, du nom de son village jusqu'à la stupide raison qui l'avait poussée à le quitter et s'enrôler dans l'armée. Mais la réciproque n'était absolument pas vraie. Cette constatation la laissait perplexe. Elle était pourtant persuadée d'en savoir plus que ça, au moins un minium. Continuant ses investigations mémorielles, ses informations sur Christa s'avérèrent aussi inexistantes que pour Ymir, ce qui l'étonna plus encore. Après tout, Ymir était une fille assez revêche d'approche, difficile à sonder et encore plus à apprivoiser, on pouvait comprendre qu'une fille pareille ne livre pas son histoire aussi facilement. Mais Christa, cette jolie blonde toujours au cœur de l'attention, gentille et douce, comment une personne aussi sociable et intégrée pouvait-elle en dévoiler aussi peu sur son passé ? Sasha n'arrivait pas à croire qu'elle était si ignorante et qu'elle ne le réalisait que maintenant. Sentant son regard s'attarder sur elle, Ymir finit par lever la tête pour voir ce qui lui arrivait.
« En fait, tu as raison Ymir. Je sais rien du tout, lâcha la chasseuse dans un souffle songeur.
_ Oui, en effet, lui répondit-elle avec ce même sourire mi-satisfait mi-moqueur. Et c'est très bien ainsi.
Sasha la regarda astiquer une rayure sur une bombonne de gaz, se demandant à quel point sa vie avait été différente de la sienne. Elle se doutait bien que lui poser la question directement ne lui amènerait aucune réponse ; Ymir voulait qu'on ne sache rien d'elle, c'était volontaire. Mais alors…
_ Et Christa ?
_ Quoi Christa ?
_ Elle sait, elle ?
Le mouvement du chiffon se ralentit sensiblement, signe que la brune réfléchissait. Elle avait beau garder ce visage impassible qui était le sien, ses gestes plus lents trahissaient son trouble. Sasha était surprise de la percer à jour si aisément, elle n'était pas habituée à taper pile poil au défaut de l'armure.
_ Un peu, pas grand-chose, fini par dire Ymir. C'est un accord tacite entre nous, en quelque sorte.
_ Ah ?
_ Et ça ne te regarde absolument pas. »
Elle leva un œil noir vers elle, ce qui suffit à remettre la chasseuse à sa place. Elle avait largement dépassé les limites. Deux jours d'affilés qu'elle sautait à pieds joins dans la vie privée des jeunes femmes, elle pouvait comprendre qu'elles en aient marre – surtout Ymir et sa patience assez limitée. Pourquoi insistait-elle autant d'ailleurs ? Ça ne lui ressemblait pas d'être aussi intrusive, à croire que cette enquête lui avait donné le goût des secrets.
« Oui, pardon, désolée.
Pendant quelques secondes Sasha se persuada que l'entretient était la chose la plus intéressante au monde, avant de couler un regard discret à la brune en face d'elle. Elle était inquiète. C'était pour ça qu'elle posait tant de questions en fait, parce qu'elle était inquiète. Son instinct la prévenait sur le danger latent de cette relation, alarmant la chasseuse en elle. Alarmant l'amie.
_ Mais…, commença-t-elle avant de s'humecter les lèvres, un peu craintive de la réaction de sa compagne. Mais, ça ne te gêne pas, de rien savoir de son passé ?
Ymir posa son équipement tridimensionnel en soupirant, ayant apparemment abandonné l'idée de le nettoyer tant qu'elle continuerait à la bombarder de questions. Appuyant ses coudes sur la table, elle fixa longuement Sasha avant de se décider à desserrer les lèvres.
_ Ce que je sais me suffit.
Laconique, comme d'habitude. Elle était prête à s'en satisfaire quand la jeune femme reprit la parole.
_ Nous sommes des soldats Sasha. Nous avons donné notre cœur pour l'Humanité, nous risquons notre vie à chaque mission en dehors de ces murs. Notre existence va être courte, c'est un fait. Bien trop pour que l'on s'attarde sur des détails aussi inutiles que le passé, seul le présent devrait nous importer. »
Et sur ces mots, elle attrapa le morceau de tissu et se remit à frotter le métal, lui signifiant ainsi que la discussion était close. La chasseuse la regarda faire un moment, assimilant ce qu'elle venait de dire, avant de suivre son exemple et se remettre à astiquer également. Ymir ne s'était même pas énervée. Elle n'avait pas haussé le ton, elle ne s'était pas moquée d'elle, n'avait pas analysé son comportement pour trouver la faille dans sa carapace, rien. Juste une conversation banale – et intéressante – entre deux camarades d'un même corps d'arme. Sasha l'avait toujours trouvée un peu bourrue, voire même légèrement menaçante et il lui était arrivée plus d'une fois de se demander comment faisait Christa pour la supporter toute la journée. Car même si elle aimait bien la brune – au fond – la chasseuse savait qu'elle ne pourrait jamais rester plusieurs heures en sa simple compagnie, non vraiment, ça la stresserait trop. Mais maintenant qu'elle avait parlé avec elle, pour de vrai et de façon normale, elle réalisait que cette image qu'elle avait d'Ymir était sans doute totalement faussée. Ce n'était que la partie émergée de l'iceberg.
Le silence revint dans la pièce, seulement estompé par les gouttes de pluie sur les vitres fragiles. Il dura longtemps, reposant après ces jours d'agitation soutenue. Pour la première fois depuis longtemps Sasha s'entendait penser, prenant le temps de savourer des idées incongrues, futiles et sans aucun rapport avec sa situation actuelle. Se demander à quelle hauteur se trouvait la Lune, la recette du poulet aux prunes, le nombre de kilos de pain qu'elle pouvait manger avant de vomir, à quel âge Rivaille avait terminé sa croissance, si Mikasa épouserait Eren un jour, comment on faisait pour jongler avec quatre balles, quel goût pouvait bien avoir la viande de chien. C'était totalement inutile, mais c'était relaxant. La chasseuse en était venue à chantonner un air enfantin dont elle tentait tant bien que mal de se souvenir des paroles quand la porte d'entrée claqua violement en rencontrant le mur. Dégoutant sur le parquet, le caporal-chef entra dans le réfectoire avec une mine sombre et Hanji sur les talons. De toute évidence inconsciente des risques encourus – à moins qu'elle soit assez folle pour passer outre – la chef d'escadron poursuivait le petit homme, le harcelant presque. C'était une scène assez courante, surtout depuis que Erwin avait laissé ses pouvoirs à Rivaille. Sans doute que la femme lui demandait une autorisation pour une nouvelle expérience farfelue et espérait l'avoir à force d'usure. Mais c'était mal connaître la bête. Plantant ses talons au sol avec un bruit impétueux, le caporal se retourna vers elle toutes griffes dehors, lui hurlant dessus du haut de son mètre soixante.
« Hanji, je t'ai dit non ! Je t'ai dit non quand tu m'as demandé lundi, je t'ai dit non mardi, je t'ai dit non hier et je continue à te dire non aujourd'hui !
_ Maiiiiis Rivaiiiiille… ! C'est juste un petit morceau, allez ! Ça repoussera !
_ Non ! Tu ne découperas pas Eren pour tes expériences de tarée, c'est hors de question ! »
Sasha arrêta son travail et même Ymir leva les yeux du sien, la dernière phrase ayant capté leur attention. Elles savaient Hanji dangereuse, mais elles ne le pensaient pas à ce point. La grande brune avala sa salive plus bruyamment qu'à l'habitude, de toute évidence rendue anxieuse par les propos de la chef d'escadron. Sasha, elle, se demanda comment réagirait Mikasa si elle se trouvait dans cette pièce à cet instant précis et en combien de tout petits morceaux la gradée finirait.
« Mais ce serait vraiment une avancée décisive pour l'Humanité ! Si tu lisais ce papier, j'y ai tout expliqué et-
_ Je ne veux rien savoir putain ! Maintenant retourne faire mumuse avec tes titans ou c'est moi qui t'y renvoies la tête la première ! »
Mi-râlant mi-boudant, la jeune femme s'exécuta néanmoins et retourna à son laboratoire sous l'ondée, courant entre les flaques. Rivaille soupira, s'accordant une pause bien méritée, avant de relever le nez vers les deux jeunes recrues qui le fixaient avec un peu trop d'insistance à son goût. Sursautant devant ce regard meurtrier, elles se plongèrent aussitôt dans l'entretien de leur équipement tridimensionnel tandis que le caporal retournait à ses occupations en maugréant. Sasha et Ymir se redressèrent quelques secondes après son départ et, après un coup d'œil encore un peu apeuré, explosèrent d'un rire complice. Aussi rare qu'une aurore boréale, presque aussi beau.
Bonjour/bonsoir !
Et voilà un nouveau chapitre, court une fois encore (je crois que j'alterne haha). Un jour banal à la caserne, rien de précis, rien de nouveau, mais demain est un nouveau jour. Et qui sait ce que vendredi réserve à Sasha, hein ?
DaisukeSenshiLegend (je vais t'appeler Daisuke ou DSL si tu veux bien xD) je suis contente que tu me dises que l'ambiance légère te plait, j'avais peur qu'elle soit trop légère justement ! Merci aussi pour la faute de frappe, parfois les doigts s'emmêlent on sait pas comment. Au passage, tu peux me tutoyer hein, je mords pas ! Oh-eden ça me fait plaisir que les interactions te plaisent toujours autant, surtout que ce sont des passages qui me demandent pas mal de réflexion pour éviter que les personnages soient OOC. Et pour vendredi et la corvée de petit-déjeuner, qui sait ce qui va bien pouvoir se passer... !
En tous cas je suis vraiment contente que vous soyez toujours là pour me lire (5 chapitres omg, un record) et j'espère que la suite continuera de vous plaire ! A bientôt !
