On aurait pu entendre une mouche voler tandis que le caporal disséquait du regard les recrues devant lui. Sasha était plus paniquée que jamais, osant à peine respirer et jetant des coups d'œil alarmés à ses compagnons près d'elle. Au garde-à-vous, ils semblaient aussi sous pression qu'elle, ce qui la rassura vaguement. Conny avait tout de même eu le temps de déposer ses caisses au sol avant de placer son poing droit sur son cœur. Ce dernier finit par croiser son regard et elle y lut la terreur sans nom qui l'habitait. Il avait peur, peur d'être dénoncé. La réputation de Rivaille n'était plus à refaire et tous au sein de l'armée savaient à quel point il pouvait être impitoyable. Il suffisait de voir avec quelle violence il avait rossé Eren lors de son procès, il s'en était fallu d'un cheveu que Mikasa ne sorte de ses gongs et n'en vienne aux mains – du moins, d'après le témoignage d'Armin. Oui, vraiment, la crainte de Conny était justifiée. Mais la chasseuse aussi avait de quoi être effrayée, étant donné que c'était elle qui allait écoper de la colère du caporal à sa place. Dans sa tête et dans sa poitrine, une terrible joute se mit alors à l'œuvre : devait-elle dire ce qu'elle avait vu, accuser son ami et ainsi sauver sa peau, ou devait-elle se sacrifier et rester muette pour son bien-être ? Qu'importe la solution, l'un d'eux allait souffrir. Elle pouvait juste décider de qui. Sa bouche s'assécha, ses paumes se firent moites. Sasha ne pouvait tout bonnement pas choisir, c'était au-dessus de ses forces. Alors qu'elle serrait les dents à s'en faire saigner les gencives, se demandant si son cœur n'allait pas se briser sous le poids de ce dilemme, Ymir mit fin à ses souffrances :
« Monsieur, coupable du vol de nourriture, monsieur. »
Conny laissa échapper une plainte mal contrôlée, ouvrant la bouche pour se défendre mais la refermant aussitôt devant le regard noir du petit homme. Il fixa un moment la plus grande des soldats sans rien dire, la jaugeant silencieusement tandis que celle-ci subissait son évaluation sans ciller. Dans la poitrine de Sasha, la douleur s'était soudainement envolée. Elle se sentait soulagée. On avait dit la vérité, elle ne serait plus accusée et ce n'était même pas elle qui avait eu à se salir les mains. L'idée de se réjouir du malheur de son ami la culpabilisa un moment mais elle n'y pouvait rien, le soulagement était le plus fort.
« Explique-toi, fini par exiger Rivaille.
_ Hier matin, Sasha l'a surpris en train de nourrir un chien abandonné avec des morceaux de viande.
Le gradé plissa les yeux, les réduisant à deux fentes meurtrières, avant de les tourner vers Conny qui s'était mis à trembler.
_ C'est vrai ça ?
_ Je…, commença-t-il d'une voix aiguë avant d'avaler sa salive et se reprendre. Oui, monsieur, mais je-
_ Braus ! le coupa-t-il soudainement en se tournant vers la susnommée. Pourquoi ne pas m'en avoir aussitôt informé ? Vous vouliez le couvrir peut être ? »
On aurait dit le grondement d'un animal, plus bestial qu'humain. De toute évidence cette histoire de vol commençait à l'énerver, s'ajoutant à la montagne de travail qui l'attendait dans son bureau et à l'incapacité de ses subalternes. Commander la caserne lui sortait décidément par les yeux. Sasha poussa un cri involontaire et se ratatina sur elle-même, ne sachant quoi répondre. Qu'elle ne supportait pas de dénoncer son ami ? Qu'elle avait trop peur des conséquences ? De tels arguments ne tiendraient pas deux secondes devant la colère du caporal. Elle était perdue quand, pour la deuxième fois, on vint à son secours.
« Devant le manque de preuves matérielles, Sasha a préféré s'abstenir monsieur, mentit honteusement Ymir sans rien laisser paraître. De plus, étant déjà suspectée dans cette affaire, sa parole n'aurait pas eue une grande valeur si elle était venue vous avertir sans rien pour prouver ses dires.
_ Tu t'appelles Braus toi maintenant ? lui demanda-t-il en la foudroyant du regard. »
La brune fit preuve d'une légère anxiété devant l'agacement de son supérieur, mais ce dernier s'était déjà détourné d'elle. Il ruminait dans sa barbe, ses yeux froids passant d'un voleur potentiel à un autre, un air mécontent sur son visage habituellement si blasé. L'impertinence d'Ymir lui déplaisait, mais il devait bien avouer qu'elle n'avait pas tort. En prenant les éléments sous cet angle, la chasseuse avait effectivement bien fait de ne pas lui rapporter ce qu'elle avait vu puisqu'il ne l'aurait de toute évidence pas prise au sérieux. Cependant, la question de la véracité restait en suspens. L'avait-elle vraiment vu ? Le garçon avait avoué avoir donné à manger à son clébard, donc on pouvait logiquement s'attendre à ce la gamine ait dit la vérité. Rivaille se tourna vers Conny, prêt à continuer son interrogatoire. Après tout, pourquoi se poser des questions à soi-même quand on peut directement les poser au principal intéressé ?
« Hé, merdeux, dis-moi. Pourquoi avoir fait ça ? Ce clebs en valait vraiment la peine ?
_ Mais je n'ai rien fait !
Il y avait du désespoir dans son ton, une légère note qui fit froncer les sourcils du caporal-chef.
_ Quoi ?
_ Je n'ai jamais volé de viande ! »
Ymir et Sasha échangèrent un regard où se mêlaient leurs incompréhensions. Le gradé, lui, semblait fulminer. Est-ce que tous ces putains de mioches se foutaient de sa gueule ? Ils lui faisaient perdre un temps précieux avec leurs conneries, il avait pas que ça à faire !
« Où l'as-tu trouvée alors ?
_ Je l'ai prise sur ma portion, monsieur.
Un silence d'or régna après sa déclaration et il en profita pour continuer :
_ Chaque jour je prélève les morceaux de viande qui flottent dans ma soupe et je les mets de côté. Je n'ai jamais rien volé dans la réserve !
_ Mais pourquoi tu ne m'as rien dit ? »
Sasha s'était exclamée sans réfléchir, trop choquée pour craindre les représailles de Rivaille. Elle fixait Conny droit dans les yeux, ses poings serrés contre ses cuisses. Deux jours. Elle avait passé deux jours absolument affreux, à tenter d'assimiler tant bien que mal que son ami le plus proche l'avait trahie et faite accuser à sa place. Ça lui avait brisé le cœur et elle avait eu bien du mal à s'en remettre, et voilà qu'elle apprenait que tout ceci n'était qu'un vaste quiproquo. Alors oui, elle était heureuse, mais un peu énervée également. Le garçon laissa à son tour tomber son garde-à-vous et se tourna face à elle, faisant de grands gestes pour lui expliquer.
« Mais j'ai tenté de te le dire ! Plein de fois ! Mais à chaque fois tu partais en courant ou disparaissais à mon approche !
_ Je pensais que tu étais coupable, tu t'attendais à quoi !
_ Mais je ne le suis pas !
_ Ça va, on vous dérange pas trop ? »
Le caporal tapait du pied, les bras croisés sur son torse. Le sang glacé par son intervention, les deux soldats se remirent aussitôt au garde-à-vous tandis qu'Ymir leur jetait un regard désapprobateur. Qui l'avait foutue avec un duo d'écervelés pareils, ils seraient capables de se retrouver au mitard pour la seule et unique raison d'avoir tapé sur les nerfs de leur supérieur ! Il fallait vraiment qu'ils apprennent à se taire et à se conduire correctement dans les situations critiques.
« Et pourquoi je te croirais, hein ? demanda Rivaille.
Conny resta muet, cherchant une façon de prouver son innocence mais l'esprit désespérément vide. La réflexion n'avait jamais été son fort et maintenant qu'il se retrouvait acculé de la sorte, il comprenait mieux avec quoi Sasha avait dû se débattre depuis le début de la semaine. Comment avait-elle bien pu s'en sortir ? Lui-même ne trouvait rien pour sauver sa peau. Piteusement, il fut obligé de se rendre à l'évidence qu'il n'avait aucune preuve tangible.
_ Je ne sais pas, monsieur, répondit-il d'une voix étranglée.
_ Peut-être que mademoiselle j'ai-réponse-à-tout peut t'aider ? »
Il se tourna vers Ymir dont la bouche prit un pli dur sous l'insulte. La chasseuse observa avec crainte et admiration les efforts qu'elle faisait pour ne pas répliquer, avant que son regard ne parte dans le vague tandis qu'elle réfléchissait. Ils échangèrent un coup d'œil angoissé avec Conny, tous deux espérant que la grande brune trouverait une solution au problème qui se posait désormais devant eux. Après tout, si le garçon était innocent, Sasha ne pourrait jamais dormir la nuit en sachant qu'il était puni pour rien et par sa faute. Certes, ce n'était pas Armin, mais Ymir était déjà plus intelligente qu'eux deux réunis. Soudain la jeune femme releva la tête, une lueur de triomphe dans ses iris noirs.
« L'anémie, monsieur.
_ Hein ?
_ Si Conny a vraiment donné toutes ses rations de viande à son chien, il devrait bientôt manquer de fer et faire une crise d'anémie. Il suffirait d'un effort physique un peu important pour le faire tomber dans les pommes. »
Le caporal prit un air songeur, réfléchissant à quelle expérience mener, tandis que le soldat blêmissait graduellement. Alarmé, il se pencha vers Ymir.
« Je vais pas mourir hein ?
_ T'es encore plus stupide que ce que je pensais, soupira-t-elle pour toute réponse. »
Après quelques minutes de silence, Rivaille releva la tête et les recrues se turent aussitôt. Aucun d'eux n'avait la moindre idée sur les intentions du petit homme, ce qui était sans doute le plus effrayant dans l'histoire. Il leur fit soudain un mouvement du menton vers la gauche.
« On va vérifier ça tout de suite, dit-il en se mettant à marcher.
_ Avec le médecin militaire ? demanda Conny, plein d'espoir.
_ Non, avec Hanji. C'est elle la pro des expériences après tout. »
Le garçon pâlit encore plus qu'il ne l'était déjà, défiant les limites de la décoloration humaine. Sasha aussi avait perdu des couleurs, l'idée de s'approcher de la chef d'escadron et de ses titans immobilisés la terrifiant au plus haut point. Mais elle n'avait pas le choix, le caporal ne leur avait pas donné l'ordre de retourner à leur corvée, Ymir et elle se devaient donc de le suivre. Enfin, après tout, c'était de sa faute si son ami se retrouvait accusé, c'était donc logique qu'elle vienne. Elle espérait juste que Bean et Sunny seraient à distance respectable et bien, bien, bien attachés. Déglutissant avec peine, elle rentra la tête dans les épaules et suivit la cadence.
Pour la taille réduite de ses jambes, Rivaille allait étonnamment vite et ils furent arrivés à l'espace dédié aux tests de Hanji en un temps record. Conny était blanc comme un linge et respirait difficilement, sans trop savoir si c'était dû à son manque de fer, à l'effet placebo de l'annonce d'Ymir, ou juste au stress de se retrouver dans ce lieu évité de tous. La chef d'escadron était là également, sautillant avec bonne humeur au milieu de ses conscrits, donnant des ordres et des conseils enthousiastes. Elle venait de s'emparer d'une lance et se dirigeait vers un titan quand elle remarqua la présence des quatre visiteurs. Après un grand signe de main – comme si ils ne l'avaient pas vue – elle lança l'arme dans les bras d'un soldat passant par là et bondit les rejoindre. Son sourire fit courir un frisson le long de l'épine dorsale de Sasha.
« Rivaille ! Tu es venu autoriser mon expérience ?
_ Non. »
Loin d'être effondrée, la femme se redressa avec un haussement d'épaule fataliste. Le caporal lui expliqua alors de manière brève et succincte le pourquoi de leur visite, éclipsant la plupart des détails pour se concentrer sur l'essentiel : l'anémie. Hanji écouta avec attention, hochant une ou deux fois la tête, avant de laisser courir son regard sur les éléments à sa disposition. Un nombre impressionnant de scénarios catastrophes passa en tête des personnes présentes, se demandant avec angoisse, et une légère curiosité morbide, sur quelle épreuve la chef jetterai son dévolu. Finalement elle désigna le terrain un peu plus loin.
« Et si tu allais nous faire quelques tours de piste ? »
Soupirant de soulagement, le garçon acquiesça et partit au pas de course. Muette, Sasha le regarda faire tandis que la femme à lunettes partait chercher elle ne savait trop quoi dans le bâtiment le plus proche. Ymir était à ses côtés alors que Rivaille leur tournait le dos, légèrement devant. Après un coup d'œil, elles estimèrent qu'elles pouvaient parler sans risque de se faire réprimander.
« Tu m'en dois deux de plus, fit remarquer la plus grande en souriant.
_ Ah, en effet, répondit-elle avec un rire nerveux.
Ymir détendit son long bras et vint enserrer sa nuque dans le creux de son coude, la serrant avec un mélange de bonhomie et de franche domination.
_ J'ai pas bien entendu !
_ Tu as toute ma reconnaissance, ô ma sauveuse ! Je ne pourrais jamais te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi ! »
Leur discussion attira l'attention du caporal et elles reprirent vite contenance alors que Hanji revenait avec une assiette. Fronçant les sourcils, l'homme s'approcha pour voir ce qu'elle supportait.
« C'est quoi ?
_ De la viande.
_ Pour quoi faire ?
_ Pour lui donner quand il aura terminé, dit-elle en désignant Conny d'un mouvement de menton. Ça lui fera du bien !
_ A supposer que ce merdeux soit vraiment anémié, se renfrogna-t-il. »
Sasha en était convaincue. Le garçon lui avait dit qu'il l'était et, après avoir autant douté de lui, elle ne pouvait que lui faire confiance désormais. Il n'avait jamais volé de viande, il était innocent c'était sûr et certain. Soudain, la chasseuse réalisa ce que ça impliquait. Si Conny n'avait pas volé la viande, alors qui l'avait fait ? Un froid soudain la saisit jusqu'aux os alors qu'elle comprenait que si le garçon était innocenté alors tous les soupçons retomberaient à nouveau sur elle. Et le commandant Smith rentrait demain. Sans rien réaliser de son malaise, Hanji attrapa un des morceaux dans l'assiette et se mit à le mastiquer. Rivaille plissa les yeux.
« D'où ça vient ?
_ Tu le saurais si tu avais lu le protocole de l'expérience que tu as refusé toute la semaine ! répliqua-t-elle. »
Un frisson de dégoût parcourut les personnes présentes alors qu'elles fixaient leur regard sur la chef d'escadron et son goûter. Est-ce de la viande de… ? Non. Non, mieux valait ne pas le savoir. Discrètement, Ymir s'éloigna de la femme, laissant Sasha à côté d'elle.
« Pourquoi c'est aussi important qu'il soit anémié au fait ? demanda cette dernière à la soldat près d'elle.
_ Ce-c'est pour l'innocenter, répondit tant bien que mal Sasha que la présence de sa compagne mettait mal-à-l'aise. Comme ça on saura que ce n'est pas lui le voleur.
_ Il y a eu un vol ? Mais c'est terrible ! »
L'ignorance de la gradée la laissa muette de stupeur. Etait-elle plongée dans ses recherches à ce point pour ignorer ce dont toute la caserne parlait depuis des jours ? Même le caporal se tourna vers elle pour lui jeter un coup d'œil écœuré. Cette bonne femme ne servait décidément à rien d'autre que découper des titans – ce qui était déjà en soit d'une assez grande utilité. Soudain, un éclat fit luire ses iris et il se redressa en fixant les deux femmes devant lui. Il passait rapidement de l'une à l'autre, les détaillant sans qu'elles le remarquent. Seule Ymir avait capté cet éclair dans le regard de son supérieur, elle tenta donc de trouver ce qui pouvait bien le captiver de la sorte. Quand elle comprit, elle retint une exclamation étouffée. Maintenant totalement désintéressé de la course de Conny, Rivaille se tourna pour leur faire face.
« Hanji, où as-tu pris cette viande ?
Le ton était trop sérieux pour qu'elle réponde avec son impertinence coutumière, aussi répondit-elle avec sincérité et un peu d'étonnement.
_ Dans la réserve des officiers, pourquoi ?
_ Et as-tu pensé à le noter sur le registre ? »
Un ange passa alors que le visage de la femme se décomposait lentement. Sasha retint son souffle alors que les scènes passées dont elle avait été témoin lui revenaient une à une en mémoire. Hanji qui harcèle le caporal depuis le début de semaine pour qu'il accepte son expérience. L'homme qui refuse même de lire le protocole détaillé. Rivaille qui râle parce que la chef d'escadron est sans cesse en train d'emprunter des objets, d'entraîner des soldats sans son autorisation et que ça met la pagaille dans sa fragile organisation. La chasseuse se tourna vers la femme près d'elle. Elles faisaient la même taille, avaient la même corpulence et presque la même façon de s'attacher les cheveux. Tim était peut être saoul, mais dans le noir elles se ressemblaient en effet comme deux gouttes d'eau et sans doute que peu de gens auraient pu les distinguer l'une de l'autre. Hanji commença à s'agiter, se demandant pourquoi tout le monde la fixait de la sorte et un peu gênée de devoir répondre par la négative à la question du gradé.
« Tu réalises le bordel que t'as encore foutu ? s'énerva ce dernier. J'étais prêt à foutre Braus au mitard parce que t'as oublié de signer un foutu registre !
_ Mais j'ai pas fait exprès ! J'ai eu une illumination alors que j'étais dans mon lit et je me suis demandée comment les titans faisaient pour distinguer une viande d'une autre ; la vue ou l'odorat ? Ce serait une avancée majeure pour l'Humanité tu comprends et-
_ J'en ai rien à cirer ! »
Les deux soldats observaient avec un mélange de terreur et de fascination leurs supérieurs se crier dessus, Sasha ayant encore un peu de mal à réaliser ce qui venait de se passer. Donc, c'était Hanji qui avait pris la viande pour ses recherches. Ne l'avait pas noté. En constatant sa disparition le lendemain on avait conclu à un vol et interrogé le soldat de garde, dont la description du suspect ressemblait à Sasha. Sasha qui avait un antécédent. Mais en fin de compte ils avaient compris leur erreur, et donc elle était…
« Je suis innocentée ? »
Elle tourna un visage incrédule, larmoyant et définitivement lumineux vers Ymir. La pression d'une semaine de peur et qu'enquête venait de s'évanouir brusquement, laissant couler les larmes qu'elle avait retenu trop longtemps. Mais Sasha n'en avait cure, elle ne les sentait à vrai dire même pas, elle était juste heureuse. Il n'y aurait pas de mitard pour elle, pas de privation de repas, les gradés allaient arrêter de la foudroyer du regard et aucun vol ne viendrait entacher son dossier militaire. Elle pourrait rentrer dans son village la tête haute, regarder son père dans les yeux et lui prouver qu'elle était devenue quelqu'un de bien. Un sourire incontrôlable lui étira les lèvres, s'agrandissant à lui en faire mal aux zygomatiques, mais elle s'en fichait royalement.
« Je suis innocentée ! »
Ymir sourit aussi, ne pouvant résister à sa bonne humeur contagieuse, et posa sa grande main sur le crâne de la jeune femme pour lui ébouriffer les cheveux :
« Oui, tu l'es. »
Un rire nerveux et saccadé agita le corps de la chasseuse, avant de se transformer en fou rire libérateur. Sa compagne la regarda faire en souriant en coin, gardant un œil sur les deux gradés qui continuaient de s'engueuler en toile de fond. Quand son rire se tarit enfin, la laissant essoufflée et les côtes douloureuse, Sasha s'essuya les yeux et le nez d'un revers de manche. Il fallait absolument qu'elle répande la nouvelle. D'abord Mikasa, qui l'avait tant aidée et soutenue, et puis aussi Christa pour s'excuser des nombreux torts qu'elle lui avait causé. Et puis Armin, Jean, Reiner, Berthold, même à Tim elle voulait dire merci ! Elle ne tenait plus en place, il fallait absolument qu'elle répande son bonheur sur l'ensemble de la caserne. Alors qu'elle brûlait d'excitation et attendait avec impatience que Rivaille les libère et ainsi leurs permettent de partir, une exclamation blasée d'Ymir retint son attention.
« Oh. Il est tombé. »
Suivant son regard, elle avisa le corps inerte de Conny étalé face contre terre, mangeant la poussière. Bon sang, elle l'avait totalement oublié ! Son meilleur ami, le premier à lui avoir proposé son aide, celui dont elle avait douté mais qui s'était révélé digne de confiance. La grande brune se mit à rire à gorge déployée devant le spectacle pathétique qu'offrait le garçon anémié, tandis que Sasha glapissait avant de courir lui porter secours. Elle entendit le caporal râler sur cette « femmelette » et Hanji s'exclamer, elle entendit aussi le pas plus lent d'Ymir qui emboitait le sien et son rire qui n'en finissait pas. On était samedi et la jeune femme se sentait enfin libérée. Bien sûr, il y aurait encore des papiers à remplir, le chien de Conny serait sans doute remis à la rue, Tim resterait un enfoiré, Ymir ne manquerait pas de lui rappeler sa dette colossale, Reiner ne lui ferait plus confiance pour tout ce qui touchait de près ou de loin aux pommes de terre, mais Sasha était libérée. Demain le commandant rentrerait avec ses maigres troupes, il faudrait panser les blessures aussi bien physiques que mentales, il y aurait un deuil à faire, des lits vides auxquels s'habituer, des familles en larmes, des corps à enterrer pour les plus chanceux, des morceaux ou juste des tombes vides pour les autres. Ce serait dur, triste, éprouvant, mais la vie continuerait son cours immuable. Sasha ne voulait pas penser à tout ça, pas maintenant. Elle voulait juste se concentrer sur le moment présent, oublier que dans quelques semaines ce serait à son tour de franchir le Mur protecteur, et se focaliser sur sa joie d'être enfin lavée de tout soupçon. Ne penser qu'aux amis fidèles qui étaient à ses côtés aujourd'hui, à leur soutien sans faille tout au long de cette enquête laborieuse, et savoir qu'ils seraient toujours là pour elle comme elle serait toujours là pour eux. Conny, Mikasa, Christa, Ymir, Armin, Jean, Reiner, Berthold, et même Eren et Annie qui n'avait pas pu l'aider. Sa promotion, la 104e. Alors qu'elle soulevait le corps inanimé du garçon au crâne rasé avec l'aide d'Ymir, elle avait le cœur gonflé par le bonheur de savoir qu'elle avait des gens sur qui compter dans ce monde, beau et cruel. Des gens qui ne la trahiraient jamais.
Bonjour/bonsoir chers lecteurs !
Et voilà, c'est fini. Honnêtement, j'ai cru que vous alliez tous me griller dès le chapitre quatre avec l'allusion de Rivaille, mais il semblerait que Tim avait meilleur dos que Hanji ! (il est pas si méchant Tim en plus, je vous assure, c'est juste que vous connaissez que ses mauvais côtés)
Comme tu peux le voir Oh-eden, Conny n'était pas coupable ! Et je n'ai pas utilisé le mot 'bonze' une seule fois de tout le chapitre, héhé. Je suis d'accord avec toi Daisuke, ça aurait été inintéressant d'inventer un méchant juste pour endosser le rôle du voleur (je n'avais d'ailleurs absolument pas prévu que Tim soit soupçonné). Mais finalement le retournement de situation tant attendu a innocenté Conny, donc tout va bien ! Merci Nodamin pour ton commentaire, je suis vraiment contente que cette fanfic t'ai plu et j'espère que la fin également ! Et oui, Ymir est génialissime. Ymir4ever. *groupie*
Bref, comment dire, je. Je suis désespérée par cette fin (dans ma tête elle rendait vachement mieux) mais elle est pas si horrible que ça donc ça va. Et puis je suis un peu émue et fière parce que j'ai réussi à terminer une fanfic à chapitre, et c'est plus ou moins une première pour moi. J'espère que l'histoire vous aura plu, que les personnages auront été fidèles au manga et que l'intrigue était pas trop pourrie (le policier et moi, haha).
Sur ce, je vous remercie tous de m'avoir lue, d'avoir commenté cette fanfic, de l'avoir suivie et de l'avoir mis dans vos favoris. Je vous fais des bisous. Et je vous laisse avec des gifs qui vous expriment mon amour (pensez à enlever les espaces et décoder)(ou allez les chercher sur mon profil). A bientôt, ailleurs ~
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Crédits : les personnages et l'univers de SnK sont toujours l'entière propriété de Hajime Isayama. Il n'y a que Tim et Emma qui soient à moi ~
