Auteur : Kieran(e)
Genre : Policier
Source : Gundam Wing (l'animé)
Rating : R (violence, sang, douleurs et j'en passe) // Je sais pas le nouveau rating : 1x2 6+2+6 (amitié) // autre ?

Fic UA.
Il n'y a pas de guerres ni rien, ça se déroule sur notre terre à nous. Notre temps actuel, précisément.

Conversation téléphonique :téléphone
Anciennes pensées : « blablabla »

Note de l'auteur : Je m'excuse du temps d'écriture de ce chapitre. J'ai eu des difficultés IRL (dont je ne m'appesantirai pas dessus), et le chapitre n'est guère long, ce dont en revanche je m'excuse. Mais broder, sur ce point, ce n'est pas trop mon point fort, surtout que ce chapitre est nécessaire, même court. J'espère que vous prendrez plaisir à le lire, et je promet que le chapitre suivant sera plus rapide à arriver que celui-ci (et plus long aussi !)

You're Not Alone
++ Chapitre cinq : De la discussion autour d'une femme ++

« - Mission accomplie. »
L'homme blond déposa le journal qu'il était en train de lire sur le vieux bureau, hocha la tête. Il prit une enveloppe dans un tiroir délabré, et la déposa sur le journal.
« - Je te fais confiance. J'espère simplement que cette fois, nous n'aurons pas de nouvelle de cette mort en première page des journaux qui vont encore faire les choux gras de toute l'histoire… » fit Quatre en levant les yeux, en même temps qu'il esquissait un sourire. Sourire qui ne plut pas vraiment à son interlocuteur.
« - Depuis le temps que nous sommes ''partenaires'', tu n'as eu à te plaindre de moi qu'avec la mort de Chang ; et ce n'était pas spécialement ma faute : j'ai bâclé le travail, c'est vrai, mais ce n'est pas non plus la meilleure solution que de me le rabâcher sans arrêt.
Quatre se leva très lentement de l'ancien bureau, sans détacher son regard de celui de Heero. Les yeux bleu turquoise étaient glacials, et le visage – habituellement impassible – était légèrement agité par un tic d'énervement. De plus, une veine battait au niveau du front, nettement visible, et la mâchoire, crispée, tendue au maximum, indiquait qu'il faisait tout pour se calmer.
Oui, Quatre prenait beaucoup sur lui pour se calmer. Car si Heero avait un don, c'était bien de l'énerver prodigieusement !!
« - Ecoute-moi bien, Heero. Tu seras dans une merde noire, une merde jusqu'au cou et entouré de je ne sais combien de flics que moi, en revanche, je serai toujours tranquille, assis dans mon fauteuil de politicien – très confortable, soit dit en passant – sans avoir peur d'être emmerdé.
« Même si tu as du pognon – argent sale, n'est-ce pas, tout comme moi ? – à quoi va-t-il te servir ? Les flics sont loin d'être cons. Et si Duo te reconnaît et te balance, tu n'imagines pas un seul instant la montagne d'emmerdes qui vont t'attendre. Et même si tu essayais de me balancer, tu te casserais les dents. Tu sais à quel point je connais du monde… »
En disant ces mots, le blond coula un regard plein de sous-entendus. Oui il connaissait beaucoup de monde, même en prison. Et cela, Heero le savait, vu que c'était en tôle qu'il avait entendu parler de Quatre Winner.
« - Je n'ai jamais eu à me plaindre de toi. » reprit Quatre. « Bien au contraire, tu m'as toujours aidé et je dirai presque servi sans jamais rechigner. C'est toi et personne d'autre qui fait mon sale boulot, et je dois avouer que tu exécutes toujours très bien ton travail. Mais le problème Chang, c'est LA tache sur ton CV d'assassin professionnel. Maintenant, si tu tentes de te mettre en travers de mon chemin, j'ai également les moyens de te faire rejoindre le cimetière… »
« - Et tu crois me faire peur, Winner ? J'peux aussi dire aux flics qui me couvrent pour la maison close pour toi et tes politiciens. Tu peux aussi être emmerdé, autant que moi. On est à égalité. Mais si un jour tu veux éviter de voir ta gorge de véreux ouverte avec un sourire rouge jusqu'aux oreilles, évite de me reparler de cet ennui. »
La mâchoire contractée se calma, et un sourire très amusé ourla les lèvres du politicien. Décidément, le brun l'amusait toujours autant. Et malgré son sale caractère, il appréciait Heero. Oui, il faisait vraiment un excellent nettoyeur. Mais surtout dans le sens nettoyer ses ennemis…

Heero le regardait, l'air impassible. Comme à son habitude. Puis il se leva, effleura l'enveloppe d'un doigt.
« - Elle est gonflée. »
« - Oui, j'ai décidé de t'octroyer un petit plus… »

Le brun arqua légèrement un sourcil, sans pour autant ouvrir l'enveloppe. Il la palpa encore un instant avant de lâcher un

« - Et pourquoi ? » d'un ton rogue.

Quatre s'était détourné, semblait regarder avec beaucoup d'attention un des tableaux accrochés au mur. Il semblait fané, les couleurs adoucies par l'âge. Le cadre aussi semblait mal vieillir ; l'ébène – ou ce qui semblait être de l'ébène – incrusté de petites perles dorées [1, était mal soigné. Un coup de vernis ne serait pas du luxe… Voir même un bon coup de ponçage… Pourquoi il n'y avait aucun gramme de poussière sur le petit tableau, chose étonnante, quand on connaissait un peu le quartier… Un quartier connu pour être mal famé, où chaque rue sentait pisse et déjections mélangées, où l'odeur vous prenait à la gorge et vous faisait remonter l'estomac. Un quartier où les SDF, plus qu'en surnombres, dormant quasiment les uns sur les autres, n'hésitaient pas à jouer du couteau sur les quelques promeneurs pour obtenir la moindre piécette.
Un quartier où les jeunes, souvent très mal habillés, volaient les enjoliveurs des voitures pour les revendre au noir, récupérer quelques argents, non pour se nourrir ou faire vivre la famille, mais pour se procurer la seule chose ici qui faisait que tout le monde cohabitait quasiment bien : la drogue.
Que ce soient prostituées, SDF, gamins, tous étaient drogués jusqu'aux yeux, habitaient des taudis, sales et infects.

Et c'était pourtant ce quartier qu'avait choisi Quatre pour avoir un mini « pied-à-terre », afin de mettre un peu de recul ; afin d'éviter trop la foule, mettre en pause sa vie de politicien, et jouer avec son autre casquette : celle de l'homme qui gérait les filles sur le trottoir, celle de l'homme qui effaçait ses ennemies sans laisser de preuves accablantes, Qui les envoyait dans la tombe parce qu'il le gênait.
Quatre n'avait jamais été quelqu'un de fondamentalement « bon ». Il avait toujours su ce qu'il voulait. L'argent, par tous les moyens.
Par chance, Dame Nature l'avait gâté au niveau du physique, et Dame Fortune avait également posé son doigt sur son front, le faisant naître dans une famille où l'argent ne manquait pas, sans pour autant couler à flot.

Alors qu'il essayait de récupérer une fille sur un trottoir, il avait rencontré Heero. Le brun, avec son air sombre, ses cheveux en bataille et des yeux bleus qui tranchaient sur une peau semi orientale – peut être que son père ou sa mère devait être japonais ? Il n'avait pas le type chinois, ni vietnamien [2 – lui avait plu immédiatement. Il se doutait bien que Heero cachait pas mal de secrets et que cette carapace de froideur servait à les dissimuler de plus belle. Quatre se doutait également qu'il avait sûrement bien des talents cachés.
Un peu d'argent, proposer une certaine protection, et c'était dans la poche. Le brun serait le meilleur des hommes de main. Surtout dans l'ombre.

Le politicien se tourna et regarda le brun, un sourire en coin.
« - Yuy, tu as eu des nouvelles de Duo ? Ou bien tu es vraiment un incapable au point de laisser s'échapper une aussi belle proie et preuve ? »
« - Je t'ai déjà expliqué. »
« - Non. Tu m'as surtout donné des excuses pour me prouver ton incapacité à trouver quelqu'un, qui pourtant est facilement reconnaissable, je te l'ai déjà dis. Comme si Duo était quelqu'un qui passe inaperçu dans la rue… Des yeux améthyste, tu ne va pas me dire que ça se rencontre à tous les coins de rue. De plus, vu qu'il doit être constamment surveillé, ça doit aussi se remarquer. Ou alors tu vas vraiment me faire croire que tu es totalement inutile. »
Heero serra les poings pour la énième fois, presque à s'enfoncer les ongles dans la paume. Il siffla une remarque incompréhensible et reprit l'enveloppe, qui commençait à se froisser sérieusement.
« - Si tu n'as plus rien à me donner, ou à me faire faire, je retourne à mes putes. »
« - Elles te manquent tant que ça ? Je croyais que t'arrivais pas à te faire bander sans cogner ? »
Les poings se serrèrent une nouvelle fois et du sang coula le long d'une des jointures.
« - Ma vie sexuelle » gronda Heero « ne concerne que moi. Et que même de toute façon, ça te concernait, ma queue, comme tu dis si bien, a toujours un trou à remplir afin de calmer leurs ardeurs de fuites. »
« - Je me demande ce qui fonctionne le plus chez toi… La tête, les mains, ou le bas ventre… » sourit Quatre.
« - Va te faire foutre. »
« - Avec plaisir, quand tu voudras. »

Heero attrapa franchement l'enveloppe, la froissa une dernière fois et se retira sans un mot. S'il restait deux minutes de plus avec le politicien, il risquait de faire une erreur. Pas que tuer Quatre ne lui procurerait aucun plaisir – bien au contraire, s'il pouvait l'étrangler, il le ferait volontiers et d'une seule main s'il le pouvait ! – mais sa disparition risquerait surtout d'être très remarquée dans le monde de la politique.
« - Attend Heero… J'ai une dernière chose à te dire. »
« - Va te faire foutre. »
« - Oh si tu veux, mais ce que je te proposais était quand même de la viande royale, ou presque. »
Le mac dans la peau de Heero tendit l'oreille et il s'arrêta de marcher. Néanmoins, il continuait de tourner le dos au blond.
« - Hn ? »
« - Toujours aussi bavard quand quelque chose t'intéresse à ce que je vois ! Bien. Tu te rappelles que la petite qui n'arrête pas de me tourner autour ? »
« - Hn. »
« - Personnellement, elle me gêne plutôt qu'autre chose… Pour ne pas dire qu'elle m'emmerde, bien que ça soit moins politiquement correct à dire. »
« - Je croyais justement que les vierges, c'était ton fort, avant de les jeter. »
« - Très drôle. »

Quatre, et ça Heero le savait bien, avait une nette préférence pour les femmes expérimentées, soumise, et qui se laissaient faire au lit. Passives et expérimentées, silencieuses et soumises. Tout ce qu'il aimait… ou plus exactement, ce qu'il désirait.
Alors que la petite Hélène, Relena pour ses amis les plus proches, Princesse du Royaume de Sidon [3, minuscule pays que même sur la moindre carte du monde, elle avait bien du mal à préciser où il était, pure oie blanche et innocente, ne connaissait rien du monde du sexe, semblait totalement inintéressante. Et l'instruire dans ce qui lui plaisait ne l'intéressait pas non plus.
Quoique… Pour un peu qu'elle soit une élève attentive, il lui faudrait beaucoup de temps, de patience et d'envie pour tout lui apprendre. Et la patience n'était pas la qualité qu'on remarquait en premier chez Quatre. Bien au contraire.
« - Enfin tu sais, si tu veux que je l'éduque à ma manière, ta petite bourgeoise, je peux le faire. » fit le brun, un sourire narquois au coin des lèvres.
« - Oui, pourquoi pas… Je me demande ce que dirait tes clients en voyant la tête de la jolie princesse ! Enfin remarque, pourquoi pas, c'est très érotique comme situation, pouvoir dominer une fille qui a le visage maculé de sperme… »
« - Chacun ses goûts. Enfin tu sais comment je les éduque. »
« - Oui, justement ! N'oublie pas qu'elle a du sang bleu, je n'aimerai pas qu'elle ait des bleus, bosses et toutes sortes de blessures sur le corps. Même marquer le bétail, ça me déplairait. Elle est peut être naïve, mais elle reste quand même quelqu'un de haut rang. »
Heero dévisagea le politicien quelques instants sans rien dire, avant de murmurer :
« - A ce que je vois tu peux aussi faire preuve de douceur. Quelques fois. »
« - Douceur ? Non. » fit le blond avant de marcher de long en large dans la pièce. « Je ne me préoccupe d'elle uniquement parce qu'elle est très jolie, qu'elle est une pièce unique et qu'elle est une valeur rare.

Heero secoua la tête et glissa une main dans ses cheveux ébouriffés. Il avait l'air amusé. Ce qu'oubliait le blond, c'est qu'une princesse, qui disparaît ainsi, du jour au lendemain, ça risquait de faire débat dans les journaux, la police sur le dos, et caetera, et caetera…
Puis même, son principal souci pour le moment était plus de régler son petit « problème » si c'en était un, avec Duo. Car même si Duo avait disparu, il comptait bien le retrouver. Et avant de le tuer, il s'amuserait avec… Et seulement quand il en aurait marre, alors il s'en débarrasserait définitivement.
Mais pour cela, il fallait le retrouver.
Et il y mettrait le temps qu'il faudrait pour…

Quatre finit par remettre ses lunettes de soleil puis les remit sur son nez.
« - A bientôt, Yuy. Je te recontacterai très prochainement. »
« - Hn hn. »
Il regarda le blond sortir, avant de retourner près de ses prostitués.

- - -

L'homme déposa sans rien dire une liasse de billets sur la table de nuit. Petit hôtel minable dans une petite rue tranquille.
« - Merci pour cet agréable moment. Mais si tu veux un conseil, tu ferais bien de t'améliorer et t'appliquer plus pour les fellations. Essaye de te concentrer plus. C'est agréable, mais ce n'est pas encore tout à fait ça. »
Le prostitué le regarda et rougit.
« - Je… Je m'en souviendrai… »
« - Ne sois pas gêné pour ça, tu sais. C'est en forgeant qu'on devient forgeron, comme disait ma grand-mère. Enfin, vu ce qu'elle babille maintenant, il vaut mieux que je ne dise rien. Merci encore pour ce bon temps. »
L'homme enfila un trench-coat sombre et sortit de la pièce misérable. Il remonta le col, descendit les escaliers grinçants. Il fit un sourire.
« - Le jour où j'ai de quoi les coffrer, je me gênerai pas… »
Il éclata de rire et sortit sous le soleil radieux.
« - Un commissariat de police m'attend… Alors allons-y… »

- - -

Un sourire attendri sur le corps couché à côté de lui. Il se lève, s'habille sans un bruit, sort discrètement de la chambre pour ne pas le réveiller.
Le dormeur bouge légèrement, et un soupir glisse entre ses lèvres à demi ouvertes. Les yeux bougent à travers les paupières closes, mais pas assez pour indiquer que le dormeur se réveille.
Celui qui vient de s'habiller sourit. Il sera de retour avant même que son dormeur préféré se réveille…

A suivre dans le chapitre 6

[1 Des petites perles qui sont très décoratives, surtout sur les tableaux en incrustation de bois. Mon grand-père en faisait et en mettait sur certains de ces tableaux, c'est pour ça que j'en ai parlé ici.
[2 Avant qu'on me dise quoique ce soit, personnellement je suis incapable de reconnaître un Chinois d'un Japonais ou d'un Vietnamien. Mais comme on sait que Heero est métissé Japonais, bah… je le précise dans la fic.
[3 Ceci est en fait un clin d'œil au film en 4 parties « Nuit Secrètes ». Le Prince vient de Sidon, et je ne sais pas si ce royaume existe, mais si effectivement il existe, faites comme si ici c'est un minuscule
royaume perdu avec les bédouins ;)