Chapitre 3 - Une équipe soudée

Un grondement infernal suivit d'un tremblement me fit sursauter et me sortit le nez du manuscrit. J'avais un peu froid et entièrement absorbée par ma lecture, je ne m'étais pas aperçue que le feu se mourrait dans l'âtre. Et que surtout, je n'y voyais plus grand-chose. Je posais délicatement l'ouvrage qui m'avait ainsi hypnotisée et allais remettre du bois dans la cheminée. Dehors, c'était toujours une pluie drue qui tombait. Je jetais un rapide coup d'œil à ma montre, me disant qu'il ne fallait pas que cela dure trop longtemps. Je me réinstallais confortablement et repris le livre. De nouveau, la magie opéra, trente seconde plus tard, je n'entendais déjà plus l'orage, transportée dans un autre monde.

La rencontre avec Sephiroth devait changer radicalement notre vie sur Ulette. En effet, après l'attaque de notre percepteur, nous étions devenus ami. La défense du percepteur s'étant plus transformée en grande discussion qu'en réel combat. Nous partions donc souvent ensemble et son aide était précieuse. Peut-être parce que c'était un assez bon guerrier, les dissensions avec mes sœurs s'atténuèrent. Mon moustique de sœur lui fit, en vain, un grand numéro de charme. Sacri était ravie d'avoir un autre combattant spécialisé dans le corps à corps avec qui partager la myriade de tiques qui pullulait dans la fourrure des monstres. Et moi… bref.

Sephiroth avait un compagnon de combat qui nous rejoint rapidement. C'était un être squelettique, d'apparence assez refroidissant. De nature discrète, Sylis gagnait pourtant à être connu. Notre petite troupe, ainsi réunie, pouvait s'attaquer à des expéditions plus ardues. C'est alors qu'un jour de Maisial, nous débarquâmes sur l'ile d'Otomai. Cette ile portait le nom d'un célèbre alchimiste qui faisait des expériences un peu obscures sur la faune locale. Il payait d'ailleurs très cher, tout spécimen qu'on lui amenait vivant. Sa vie ressemblait à une éternelle quête. Quand, plus tard, on s'avança dans l'ile, en voyant des Bitoufs pour la première fois, je me demandais si on n'était pas tombé sur l'ile du docteur Moreau…

Village côtier – Ile d'otomai

Mystic : Oula c'est cool ici ! Haaa, je n'ai pas pris ma crème solaire à l'huile de sésame.

Sacrie : ….

Sephiroth : Elles ont l'air sympa les maisons ici. Ça a un air de vacances ! On devrait s'en acheter une !

Angel : Euh… avec quels kamas

Sephiroth : Avec ceux qu'on n'a pas hihi.

Angel : Alala…

Sylis : On va voir dans la plaine, si on peut trouver des Kidos et des kilibriss ?

Mystic : Et si on restait sur la page ? … Pourrait aller faire trempette…

Angel : On n'est pas là pour bader !

Sephiroth : Aller hop ! Direction les grandes plaines herbeuses.

La traversée pour arriver sur l'ile d'Otomai, n'avait pas été de tout repos. Les navires se faisaient souvent attaquer par des pirates. Nous avions d'ailleurs fait naufrage lors de cette première traversée. Heureusement, nous nous étions échoués sur une petite ile, sains et saufs. Nous étions alors tombés sur un capitaine qui tentait de réparer son rafiot. En nous y mettant tous ensemble, son embarcation pu reprendre la mer et nous avec. Arrivant ainsi sur Otomai avec deux jours de retard sur notre planning initial. Pas grand-chose à manger, mais pas mal de rhum…

Si le village côtier d'Otomai avait au premier abord, l'air accueillant. On était vite mal à l'aise avec ces maisons de pécheurs et tout ce matériel de pêche qui pendaient à l'abandon. Les poissons avaient désertés les côtes et les pécheurs avec. Les plages étaient peut être paradisiaques, mais la faune locale se faisait des festins avec les imprudents. A la suite de Sylis, je m'avançais vers la sortie nord du village. Sephiroth suivait, musardant autours des maisons souvent à vendre. Mon moustique de sœur (un papillon selon elle) avançait les bras écartés pour un bronzage optimum. Sacri fermait le cortège, les mains dans les poches. Rapidement le sable fit place à l'herbe. Celle-ci était suffisamment haute pour servir de camouflage. Il faisait chaud, l'air vibrait. Sylis contourna une gros touffe d'herbe, quand un gros oiseau l'attaquât par derrière. Je ne sais lequel des deux se fit le plus mal, Sylis dont le postérieur était coincé dans le bec du Kido, ou le volatile qui venait de se heurter à un os et pas des moindre. L'animal était seul, on eut vite fait de le tuer et le dépecer. Cependant, nous décidâmes de resserrer les rangs. L'attaque avait été rapide.

L'après-midi passa vite, nous avions évité les gros rassemblements de monstres, privilégiant les petits groupes, plus faciles à maitriser. Vers cinq heures, nous nous décidions d'arrêter là et d'aller squatter une maison vide au village de pécheur. Sephiroth marchait en tête, ravi de l'expérience acquise pendant la journée. Tout à l'idée de la journée du lendemain, Il ne vit pas le troupeau de Kilibriss qui se confondait avec les hautes herbes. L'agressivité des monstres ne fit pas un pli dès qu'ils aperçurent l'Ecaflip et fondirent sur lui avec deux Bitoufs qui trainaient par là. Vrüt vrüt. Nous nous précipitâmes pour aider notre compagnon qui était déjà totalement paralysé et dont les deux joues enflaient suites aux baffes que lui donnèrent les Bitoufs avec… leurs pattes. Deux minutes plus tard, c'était au tour de Sacrie d'être complétement bloquée. La soudaineté de l'attaque, ne nous avait pas permis de bien nous placer vis-à-vis des monstres qui avaient un pouvoir redoutable. Ils paralysaient leur adversaire, celui-ci était réduit à encaisser les coups sans pouvoir esquiver ou riposter. Sylis eut le temps de se lancer un sort d'invisibilité et attaqua les monstres avec des poisons insidieux, tandis que je réussi à m'éloigner du cœur de la bataille essayant d'entraver au maximum cette horde hostile. Comme pour accentuer la scène, le ciel se couvrit d'épais nuages gris sombre. Autant sous le soleil, les grandes plaines herbeuses offraient un paysage gai, autant sous ce ciel plombé, l'atmosphère devenait pesante. J'entendais l'épée de Sephiroth, enfin délivré, taper sur les Kilibriss. Il devait leur courir après, car les monstres faisaient des bonds prodigieux. Mystic se mis au milieu de la bataille avec un bouclier, essayant d'attirer sur elle les sorts de paralysie. La tactique fonctionna. Et les combattants de l'équipe purent finirent de mettre en pièces les bêtes féroces sans se faire paralyser. Épuisés, on finit par rejoindre le village côtier avec la plus grande prudence. Cette ile ne pardonnait pas aux étourdis. On finit par s'installer sous une grande maison qui avait dû être un établissement bancaire. Mystic trouva une pièce de monnaie dans le sable et passa le reste de la soirée à creuser un peu partout. Si elle trouva de quoi acheter une dizaine de pains, ce fut bien tout.

Sephiroth : Bon, demain on recommence. C'est fou l'expérience que l'on engrange vite ici !

Sylis : Exact. Mais il faut que l'on s'améliore encore. J'ai entendu dire qu'il y avait une immense bête, le Rasboul majeur, dont les plumes permettraient de confectionner une belle ceinture.

Sacrie : Je vois de quoi tu parles, mais il me semble que cette ceinture est trop puissante pour tes capacités actuelles.

Sylis : C'était en prévision.

Sephiroth : Et si on allait du côté de la grotte Hesque demain ? D'après ma carte c'est de l'autre côté de la grande jungle obscure que l'on a aperçus tout à l'heure.

Mystic : Bah, on n'aura qu'à la traverser pour y aller.

Angel : Je préfèrerais qu'on fasse le tour par le sud.

Mystic : Froussarde !

Angel : Non, juste prudente. On a eu déjà du mal avec le dernier groupe. Et j'ai dans l'idée que ce qui peuple cette jungle soit beaucoup plus dangereux.

Sylis : Bon demain, direction la grotte hesque. En plus Angel pourra nous faire quelques potions bulbiques non négligeables. Il est temps de dormir.

Le lendemain, la lumière étincelante du soleil nous réveilla tôt. Après un frugal repas, nous nous mimes en route, direction l'ouest. A la sortie du village, un animal étrange nous attendait : un craqueleur poli. J'en avais déjà entendu parler, car cette bête était douée de parole. En effet, quand Sylis et Sephiroth lui tombèrent dessus, il cria « Je souffre » à chaque coup, mais le plus déconcertant est qu'avant de mourir, il nous dit : « Au revoir M'sieur, Dames ». Quel étrange animal ! Je me demandais ce que l'on allait trouver d'autre sur celle ile !...