[Un petit délire qui m'est venu quand j'écrivais le chapitre précédent. Le chapitre 14 aurait put être ainsi...]
Chapitre 15 - La fin... reload
Je me débattais dans cette forêt sombre. Des ronces entravaient mon chemin, me griffant de toute part. J'avais chaud et soif. Une violente douleur irradiait de mon bras droit. Celui-ci pendait lamentablement. Je n'avançais pas, comme si je m'enlisais dans le noir de la nuit. J'étais totalement sonnée. Soudain j'aperçus une lueur, un peu en hauteur. Qu'est que… une torche ! Oui c'était une torche. Je me redressais un peu, mais une douleur foudroyante venant de l'épaule me recolla au sol… mes doigts s'enfonçaient dans une mousse sombre, épaisse et… poisseuse. Poisseuse du sang de la première bête que j'avais égorgée, poisseuse de mon propre sang. Devant moi, Dark-Angel et ses hommes faisaient un demi-cercle, au centre, l'homme qui m'avait « aidé » à m'évader, moi en arrière-plan dans leur champ de vision. Le Crä n'était visiblement pas heureux de cette remise en cause de sa capacité de Boss. Les regards furieux qu'il me lançait, semblaient me promettre une sentence de mort. Je devais fuir, mais comment ? Un(e) versus cinq, dague et robe d'apparat versus arc, épée, marteau et armures… Pas besoin d'être fortiche en math pour estimer que la probabilité que j'avais de : soit les vaincre en un round, soit de leur fausser compagnie avoisinait le zéro absolu.
Dire que ma cervelle turbinait à fond était une métaphore s'approchant de la vérité vraie. J'avais l'impression que les méandres de mon cerveau se tortillaient sous l'effort… Bon si je ne peux pas fuir et si je ne peux pas les vaincre… La vérité est forcément ailleurs ! Mulder au secours ! Trouvez-moi un alien qui vienne mettre son grain de sel que je puisse me casser de là !... Ca y est j'ai craqué, je dis n'importe quoi ! Euh Scully est médecin, non ? I need it !
Concentrée sur mes délires cérébraux plus dingues les uns que les autres, je n'avais pas vu que Dark s'était rapproché. Grrr dégage démon ! A mon plus grand étonnement, il se figea ! Et comme deuxième effet Kiss Cool, j'entendais un grognement féroce venir de mon dos. Ah non ! Ca suffit la ménagerie ! Stop ! Temps mort ! J'en ai ma claque ! Ce n'est pas l'heure de la pause pub là ? Hein ! S'iou plait ! Cette histoire tourne au grotesque et au drame exagéré. Sérieux quoi !
Je me retourne, certaine de me retrouver face à une gueule avec quinze milliard de canines. (Je suis douée pour ça) Ben non ! Je râle. Le grognement est de nouveau dans mon dos… Rapide la bestiole ! Je me retourne, et au lieu du monstre attendu, voilà Dark qui ouvre la bouche façon « poisson hors de l'eau »… plus vraiment sexy le démon là… Il gobe les mouches ou bien ?
Et merde, elle est où la tronche d'horreur qui grogne comme un moteur V6 en manque de carburant ?! Toute cette histoire commence à me courir sur le haricot (géant). Je dois fuir. Fuir ? Euh pourquoi déjà ? Je râle ! Et voilà que le V6 mal réglé recommence, mais va donc chez speedy bordel ! Pas possible de grogner si faux ! Monstre de pacotille ! Quasimodo à deux balles. Oh ! On est en territoire démon non ! C'est quoi cette voix de crécelle ! Pitoyable !
Bon, faut que je me décide à agir. Et la tête d'ahuri que me fait Dark me donne qu'une envie. Je m'avance vers lui. Et fait :
-BOUH !
Il recule, manquant de s'affaler par terre. J'aurai volontiers rit si à la place de « Bouh », je n'avais pas entendu « GROAHHHHH GRRRRR »… Euh ? Dites ? C'est moi la voix de crécelle ? Le moteur avec des ratées ? Hé ! Y a pas une voix « OFF » qui explique la scène là ?… Je suis (a little) perdue…
C'est quoi l'histoire déjà ? A oui, je m'évadais, peinard et paf le chien… Euh paf le monstre… Ou paf le loup ? … Enfin paf un truc avec des dents, des griffes… Que vous avez de grandes dents mère-grand ! … Non ce n'est pas tout à fait ça…
Saleté de trou de mémoire ! Ah oui y avait le type aux éclairs, Dark-Vador non ? Ah ce n'est pas ça non plus ? Après Dark-Angel, Dark-Heal… Dark-Machin… Ok ok ce n'est pas Dark-Vador qui lançait des éclairs… Je l'aurais juré pourtant ! Je suis ton père Luc ! Nooooonnnnnnnnnnnnn.
Punaise que j'ai chaud au front ! Je couve quelque chose moi… Mon épaule me gratte. Ça doit être cette maudite bestiole qui ne s'est pas lavé les pattes avant de passer à table ! Tsseuh ! L'hygiène c'est plus ce que c'était ma brave dame !
Bon revenons à nos moutons, euh non à nos démons ! Hi hi ça rime ! Plus je regarde Dark-Angel, plus je le trouve beau, euh… appétissant ! Tout cet exercice m'a donné faim ! Je me redresse et fait craquer mes os. C'est quoi ce truc qui me gêne à l'épaule, ça picote. Tiens, on dirait que je suis plus grande. J'y vois mieux aussi, j'entends les battements du cœur de Dark ! Boum ! Boum ! Quel son mélodieux. Le rythme s'accélère, j'adore ! Je passe ma langue sur mes Crocs, j'ai faim !
- Ang… Angel ! Que…
- Groahhh ! Répliquai-je. Oui je te veux aussi mon agneau.
Je tends mes muscles et bondis. Hé ! Ne vous mettez pas devant, vous autres ! Laissez-moi sentir ce joli Crä. Humer son doux parfum, me frotter à sa peau, sentir sa carotide battre, pleine de promesse d'un nectar absolu. Bon ! Je fais encore craquer mon épaule droite, j'ai comme une petite gêne. Rien de méchant, j'ai dû me froisser un muscle. Aller, un coup de griffe à droite, un autre à gauche, déjà deux pénibles en moins. Le pire c'est qu'il faut bien viser ! Avec leurs manies des armures, ce sont de vraies boites de conserve sur pattes ! Bref, tant que l'intérieur reste frais et appétissant. C'est juste que c'est un peu galère à bouffer, ils ne fournissent pas l'ouvre boite !
Aïe ! Mais c'est qu'il me ferait mal l'autre avec son cure dent en acier ! Tiens ! Prends ça ! Et un guerrier volant ! Un ! J'adore jouer avec la nourriture, ce n'est pas bien, je sais… J'avoue ces cinq-là résistent bien, enfin presque. Je n'aime pas l'idée de la bouffe qui arrive trop facilement dans mon estomac. Je veux de l'action, du suspens. C'est pour eux le suspens hein ! Moi je connais déjà la fin du film héhé. Enfin, il me reste le morceau de choix, le Crä. Comment s'appelle-t-il déjà ? Je le tiens contre le sol, mes deux mains… mains ? Pattes, collées sur ses épaules.
-Angel ! Non ! Crie-t-il.
Angel ? C'est qui ça ? Bref, on s'en fout ! Le parfum de cet homme m'enivre. Il a un « je ne sais quoi » que n'ont pas ses amis, étalés çà et là en positions grotesques. Je grogne de plaisir, ma truffe sur sa veine qui palpite dans son cou. Je laisse le plaisir monter. La pauvre petite chose se débat, il m'arrache des poils dans le dos. Oh oui gratte moi le dos ! La faim, au paroxysme de l'envie, je plonge mes crocs dans ce cou offert. La promesse est là, ce nectar est divin ! Je ne toucherai pas aux autres dépouilles afin de garder longtemps ce gout subtil. Et tant pis pour le gâchis.
Je suis repue. Il y avait longtemps que je n'avais pas apprécié un si bon repas. Le museau sur les pattes, je regarde ma bienfaitrice qui m'inonde de sa lumière d'argent. La pleine lune me fait comme un clin d'œil. Ah oui tiens, je n'avais pas une blessure moi ? Sur l'épaule, non ? Je regarde, et observe cinq longs sillons parallèles. Ah c'est cicatrisé. Ce n'était pas grave, je ne souviens même plus comment je me suis fait ça. Soudain un long hurlement perce la nuit. Un copain ! Je réponds, museau en l'air, face à la lune : HOUUUuuuu ! Quelle sensation de plénitude, les griffes plantées dans la terre meuble, la brise sur ma fourrure. La délectation d'être le prédateur suprême. L'extase totale !
J'ai chaud et soif. Une violente douleur m'irradie le bras droit. Je suis totalement sonnée. J'aperçois une lueur, … une torche ! –Encore ?!- Je me redresse. Où suis-je ? Une douleur foudroyante à l'épaule me recolle sur une mince paillasse… Je vois un sol en dalles de pierres humides, de lourds barreaux en fer rouillé. J'ai un mal de tête terrible Soif ! J'ai soif. Je dois avoir une fièvre de cheval. Putain de cauchemar ! Fermant les yeux, j'essaye de rassembler mes esprits, comprendre et analyser… Dur… Je passe ma langue sur mes canines… Juste de quoi effrayer un paquet de biscuit… Hum c'était bien un cauchemar… Quoi me ma situation actuelle semble en être un autre. Et pas de super pouvoir pour m'aider… Je me rendors, on ne sait jamais, sous le coup d'un malentendu, je me réveillerai dans un endroit idyllique… Je n'aurai pas du manger ces champignons...
