Les semaines s'enchaînaient à un rythme fou. Harry me faisait découvrir mille choses. Je me sentais bien avec lui. Je pouvais lui parler de tout enfin… presque tout. Je n'osais pas par contre lui révéler pourquoi j'étais venue à Poudlard. Je n'osais pas lui dire que j'étais malheureuse, que j'avais besoin de réconfort. Je voulais à tout prix éviter de profiter de la situation, mais dans un sens, je ne pouvais pas faire autrement. Lors de nos rendez-vous (et ils étaient nombreux), Harry me portait beaucoup d'attention et d'affection. Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes, du moins je ne l'ai jamais connu comme ça auparavant. Mais là…

J'appréciais les moments où il me prenait dans ses bras et me disait qu'il ne pouvait pas être en meilleure compagnie. Je profitais de chaque instant en priant pour que le temps s'arrête. J'étais heureuse. Je savais que je serais heureuse en revenant à Poudlard mais je ne pensais pas que je le serais tant. Je n'avais aucune envie de revenir chez moi. Je n'eus d'ailleurs pas le temps de le faire.

Au bout d'un mois et demi, je reçus une lettre de mes parents qui disait qu'ils viendraient passer quelques jours à Londres. Malgré les tensions, j'étais trop heureuse de les revoir. J'allai donc prévenir Harry sans cacher ma joie.

- Mes parents viennent me rendre visite ! Tu te rends compte Harry ? Ils vont faire le déplacement jusqu'à Londres rien que pour me voir !

- Oh ! Mais c'est très bien, me répondit-il sans lever le nez.

Apparemment, il ne partageait pas mon enthousiasme et je compris vite pourquoi. Harry était orphelin et il n'avait jamais connu la joie de recevoir des proches. Je reconnus alors mon erreur.

- Euh… excuse-moi Harry. Je…

- Ce n'est rien Hermione. Quand viennent-ils ?

- Le week-end prochain.

- Nous ne nous verrons pas alors…

- Et bien… si. Je te présenterai mes parents !

- Bon. Comme tu veux.

Il reprit ses activités sans faire attention à moi. Je n'en tins pas compte. J'étais très contente de revoir ma famille. Mais j'avais oublié un détail. Ils venaient avec mon oncle Mike et ma tante Fanny. Ils étaient très gentils mais manquaient cruellement de dynamisme. Je me disais cependant qu'ils feraient des efforts pour cette fois mais j'ignorais alors à quel point j'avais tort.

Ma famille vint donc passer quelques jours vers moi. Ils louèrent un petit studio en plein centre de Londres. Le pire week-end de ma vie allait alors commencer. Je décidai, avec l'accord de la Directrice, de faire visiter Poudlard à mes parents. Etant donné que j'y avais passé la plupart de ma scolarité, je pensais leur faire plaisir en leur faisant découvrir ce qu'était mon métier, du moins mon futur métier. Un parcours du combattant allait se mettre en place.

J'entrepris de commencer notre escapade par les pièces entourant le hall, puis les différentes salles de classe, les dortoirs et pour terminer, la bibliothèque. Ils furent émerveillés par la beauté des lieux dans un premier temps puis vite épuisés par les incessantes montées de marches. Je dus momentanément abandonner mon oncle et ma tante en cours de route, « trop fatigués pour continuer » m'avaient-ils dit. Je finis donc la visite par la bibliothèque dont ils savaient que c'était mon endroit préféré. J'entendais ma mère râler derrière moi et mon père particulièrement jovial qui faisait mille louanges de mon école. Quelque peu déçue par l'attitude de mes proches, j'arrivai devant le bureau d'Harry. Il me scruta quelques instants et vit que quelque chose n'allait pas. Il allait me demander quoi lorsque mes parents pointèrent leur nez. Je lui présentai mes parents et les envoyai fouiner quelques instants dans une rangée de livres sur l'Histoire de la Magie. Mon père s'amusait volontiers à lire les histoires de personnages (qui étaient pour nous célèbres) dont il ne connaissait pas les noms. Je poussai un long soupir de désespoir.

- Ça n'a pas l'air d'aller Hermione ?

- Non, pas vraiment.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Mes parents sont pénibles et mon oncle et ma tante sont des vrais boulets. Je ne sais plus quoi faire !

- On peut sortir ce soir. Si tu veux.

Je me tournai vers lui avec une lueur d'espoir au fond des yeux.

- Si tu savais à quel point je préfèrerais passer la soirée avec toi ! Mais… je ne peux pas les laisser… Ils vont encore me reprocher de ne pas être avec eux alors qu'ils sont venus exprès pour moi.

- Tu n'as qu'à leur donner une bonne excuse…

- Oui, mais laquelle ?

- Dis-leur que tu as du travail à la bibliothèque.

- Ils ne me croiront pas…

- Je suis sûr que si…

Il retourna s'asseoir à son bureau et me lança un regard complice. Mes parents étaient revenus vers Harry et moi. Je leur dis donc qu'il fallait que je travaille à la bibliothèque et que je ne pouvais pas passer la soirée avec eux. Ma mère prit une mine déconfite et mon père marmonnait. Je suppliai Harry du regard pour qu'il intervienne. Ce qu'il fit avec brio. Il raconta à mes parents que je lui avais promis de l'aider à ranger la bibliothèque et qu'il avait besoin de moi sinon il ne serait pas prêt d'aller se coucher. Ils semblaient convaincus. Je les raccompagnai dans leur studio avec un soupir de soulagement.