Bonjouuuuur!

Et me revoilà après une semaine de retard pour laquelle je m'excuse platement mais, sérieusement, si j'avais posté mon chapitre en temps et en heure, il aurait été nul puisque je l'ai réécrit entièrement au cours de cette semaine...

Couple: Arthur/Merlin, of course U_U.

Genre: Romance, UA (je crois que je devrais mettre "Humour" aussi... Peut-être un jour =D)

Disclaimer: Evidemment, rien ne m'appartient, sinon je ne posterais pas d'histoire ici et la série Merlin aurait pris un tout autre tournant...

Note: Vous remarquerez, très chers lecteurs, que, pour m'excuser de mon retard, ce chapitre compte presque 5500 mots et qu'il est aussi accompagné d'un petit lemon, un peu moins romantique que le premier et qui laisse peut-être un peu plus place à l'imagination... Je suis si généreuse (ou pas).

Note 2: Outre le fait que cette semaine m'ait servit à réécrire mon chapitre, elle m'a aussi permis, entre autre, de regarder la fin de "Merlin" (parce que, non, je n'avais pas pu me résoudre à regarder la saison 5 avant cette semaine) et d'imaginer la fin de cette fic. Je vous passerai le moment comique de la révélation divine mais, en tout cas, l'inspiration est venue à moi et je connais donc désormais la fin de l'histoire. Qui n'est plus très loin, mes amis. Maintenant, il faut juste que je l'écrive...

Note 3: J'aimerai remercié pour ce chapitre Lovelessnaru-chan dont la review (même involontairement) m'a remise sur le droit chemin lorsqu'il m'a fallu réécrire ce chapitre. Je me dois aussi de remercier Malfoyaddict qui s'est tapée mon prologue, mes douze chapitre et mes deux bonus en une fois avant de me laisser une magnifique review alors que j'ai été vilaine avec elle (pour ma défense, je n'ai jamais prétendu être gentille, sauf ironiquement). Voilà, merci ma cousine d'amour (et désolée pour les vilains messages)!


Chapitre 13:

(ou abandon du PFNL et grandes découvertes)

"-Euh, je, euh, non, je-

-Laisse tomber et viens avec moi, il faut que je te montre quelque chose, me coupe-t-il à mon grand étonnement – et soulagement aussi un peu."

Il me tire ainsi par le bras dehors et nous commençons à nous enfoncer dans la forêt.

"-Dis, t'es sûr de toi là? Parce que cette forêt est plutôt grande et j'aimerais qu'on évite de s'y perdre...

-Tu me prends pour qui? J'ai déjà fait des repérages et je sais exactement où on va, dit-il sans se retourner vers moi, un peu de son agacement face à mon comportement encore présent dans sa voix."

Je décide alors de me taire et de me mettre à son niveau pour ménager mon pauvre petit poignet. Comme pour tester son humeur, je tortille mon bras pour qu'il desserre sa prise et glisse ma main dans la sienne. Il resserre alors l'étreinte de ses doigts, refusant de tourner la tête vers moi, et je sais que j'ai gagné et que je suis totalement pardonné pour l'avoir évité - et puis, trois jours, ce n'est pas la mort non plus. Reportant mon attention sur la forêt, je reconnais très vite le chemin.

"-On va au lac?

-Zut, je savais que j'aurais dû te bander les yeux! Lanc' m'avait prévenu pourtant...

-Ah! Je savais qu'au moins un de mes frères était de mèche dans cette sombre affaire... Quelle qu'elle soit, rajouté-je, hésitant."

Cette fois, Arthur prend le temps de se tourner vers moi pour m'offrir un sourire triomphant puis se place derrière-moi et met ses mains sur mes yeux en me guidant vers le lac. J'entends d'ici le clapotis de l'eau et, en soi, ce n'est pas comme si c'était la première fois que je voyais le lac, certes magnifique, et ce n'est donc pas une énorme surprise pour moi, mais je joue quand même le jeu.

"-Doucement, avance encore un peuuu... Ça y est, tu peux ouvrir les yeux!"

Roulant des yeux sous mes paupières, je m'apprête à prendre une fausse expression émerveillée, mais c'est une véritable expression surprise qui sort à la place.

"-Est-ce que... Est-ce que c'est ce que je pense que c'est?

-Oui! Pique-nique au lac!, annonce-t-il fièrement avec un grand sourire."

Ça tombe bien parce qu'il est déjà deux heures de l'après-midi et que j'ai super faim - vive les horaires de vacances. Miracle de la nature, nous avons aujourd'hui le droit à un doux soleil de début de printemps qui fait scintiller l'eau et rend la scène quelque peu magique. C'est fou comme le fait de me retrouver face à ce lac avec Arthur peu rendre le geste encore plus beau.

Sur l'herbe, une grande nappe rouge est étendue avec le panier traditionnel trônant au milieu.

"-Alors?, demande-t-il en se tournant vers moi.

-D'accord, j'avoue, c'est génial, dis-je en ayant l'air d'avouer ma défaite. Et, aussi, euh... Merci."

Il me fait un autre grand sourire mais celui-ci n'est ni narquois, ni sarcastique, ni triomphant, ni rien d'autre. Il est juste magnifique et je ne peux pas m'empêcher d'y répondre.

XxX

"-Non, il m'a juste dit... Ah, merde, attends, c'est important."

Alors que nous sommes toujours sur la rive du lac, mon portable se met à sonner et le nom de Mike apparaît sur l'écran. Je me redresse et vais un peu plus loin pour répondre.

"-Oui?

-Merlin, j'ai réussi!

-Tu as réussi quoi?

-Ton dossier! Je vais le récupérer!"

Je me fige à l'idée, ne sachant comment réagir. Ce dossier, c'est celui de mon adoption où figure le nom de ma mère, un dossier scellé à ma naissance parce qu'elle était mineure. Celui que Mike, fils du maire, tente de m'aider à obtenir depuis deux ans. Faisant fi de mon silence, il continue de babiller joyeusement.

"-J'ai trouvé un moyen de contourner la vieille qui garde les dossiers en posant des questions autour de moi - subtilement - sur les dossiers d'adoptions et j'ai alors appris qu'une femme avait aidé plusieurs enfants à retrouver leur dossier mais il m'a fallu du temps pour la retrouver elle, n'ayant pas eu le droit à un nom. Finalement, j'ai pu la rencontrer et il se trouve qu'elle a travaillé là-bas il y a quelques années. Bon, ça va pas être simple mais elle m'a promis d'essayer de récupérer le dossier, après-demain!"

Il me faut bien ce temps là pour sortir de ma torpeur.

"-Après-demain? Où est-ce que vous vous retrouvez?

-Désolé Merlin mais tu ne peux pas venir, moi non plus d'ailleurs. On a convenu d'un point de rendez-vous, elle et moi. Et puis, n'espère pas trop non plus, elle n'est pas sûre de pouvoir trouver ton dossier, du moins peut-être pas du premier coup."

Je prends une grande inspiration, soupire.

"-Bon, ok, euh... Tiens-moi au courant, d'accord?

-Evidemment! Bon, il faut que je te laisse, Sefa va venir.

-Amuses-toi bien... Et pas de bêtises!

-Pff, c'est l'hôpital qui se fou de la charité, là..."

Après ce petit commentaire désobligeant, il raccroche. Je soupire à nouveau, passe une main sur mon visage et tente de reprendre mes esprits avant d'aller retrouver Arthur. Je me retourne donc au bout d'une bonne minute et sursaute violemment en trouvant mon petit ami face à moi. Il me regarde, inquiet et je sais que cacher mon trouble est inutile puisque visiblement monsieur écoute les conversations des autres.

"-Qu'est-ce qui se passe?"

Je pense un instant à m'énerver parce que je déteste qu'on se mêle de mes affaires de cette façon mais je suis assez intelligent pour ne pas déclencher de dispute dans un moment pareil et pour utiliser la seule source de réconfort présente.

"-C'était Mike (il fronce les sourcils à la mention de mon ami d'enfance qu'il n'a pas l'air de porter dans son cœur). Il... Ça fait quelques années qu'il essaie de m'aider à retrouver un dossier et... Ben, je vais peut-être bientôt l'avoir."

S'il veut en savoir plus, il ne le montre pas, attrape juste ma main, s'assoie sur la nappe et me tire jusqu'à ce que je me retrouve à moitié affalé sur lui. Nous restons comme ça en silence pendant un long moment avant qu'il ne se relève.

"-Allez, viens, la surprise n'est pas terminée!"

XxX

"-J'en ai marre de marcher! Et je fais que tomber avec ce bandeau sur mes yeux!, me plaignis-je pour la centième fois au moins depuis une heure.

-Tu veux bien arrêter de te plaindre deux secondes, oui? J'essaie de rester sur le bon chemin!

-Si j'avais pas ce putain de bandeau, peut-être que je pourrais t'aider. Parce que je connais la forêt, moi!"

Arthur soupire et décide visiblement de m'ignorer. Résultat des courses, je me prends les pieds dans les racines et des branches dans la figure. Au bout de quelques mètres à peine, je recommence à parler, quitte à monologuer pour remplir le silence.

"-Est-ce que je t'ai déjà dit combien je trouve que le bandeau est une idée merveilleuse?, demandé-je sarcastiquement."

Silence.

"-Tu pourrais au moins me dire quand il y a un - aïe - obstacle!"

Toujours pas de réponse.

"-Eh oh! Tu m'écoutes au moins?"

Cette fois, j'ai le droit à un grognement.

"-Pff... Et où est-ce que Sa Majesté nous emmène gracieusement, au juste?

-Si je te le disais, ce ne serait plus une surprise.

-Tiens, tu parles toi, maintenant!"

Il soupire et continue à avancer. Très vite, je recommence à me prendre branches et racines. Alors que je rouspète dans ma barbe inexistante, Arthur s'arrête, passe un bras dans mon dos, l'autre derrière mes genoux et me soulève. Après un petit cri de surprise très viril, je m'accroche désespérément à son pull, pas très rassuré.

"-Qu'est-ce que tu fais, bon sang?!

-Je te porte, ça se voit pas?

-Laisse-moi descendre tout de suite!

-Non.

-Arthur, fais-moi descendre!

-Non! Au moins, là, tu ne te prendras rien ni dans les pieds ni autre part, tu n'auras pas à marcher et peut-être qu'enfin tu arrêteras de me casser les pieds à te plaindre!"

Cette réponse me laisse sans voix et je me laisse - une fois n'est pas coutume - docilement porter sur le chemin. Heureusement pour Arthur et son dos, il ne nous faut pas longtemps pour arriver à destination et il me repose sur la terre ferme. Avec soulagement, je porte mes mains au bandeau.

"-Non, attends, ne l'enlève pas tout de suite!"

Je pousse un soupir exaspéré mais obtempère et le laisse me guider dans un intérieur en bois, récemment lavé à en juger par l'odeur de produits ménagers.

"-Cette fois c'est bon."

J'enlève le bandeau et reconnaît immédiatement la cabane dans la forêt de Balinor, mari de Hunith qui, elle, est la sœur de Mike. Je lance un regard interrogateur à Arthur.

"-Ne t'inquiète pas, nous ne sommes pas ici en clandestins. Lanc' m'en devait vraiment une bonne et il s'est occupé de tout. Enfin, pas sans beaucoup de menaces et une poigne écrasante sur mon épaule.

-Attends, tout ça ne se fait pas du jour au lendemain, non? Depuis quand exactement est-ce que tu avais prévu tout ça?"

Il ne me répond pas et préfère m'embrasser pour me faire taire.

"-Juste pour que tu saches, puisque tu avais l'air de te fourvoyer sur la signification de mes paroles il y a quelques jours : oui, je veux respecter l'autorité de ton père mais, non, je ne compte pas me tenir à au moins deux mètre de toi pendant toutes les vacances pour cela et donc, nous avons cette petite cabane plutôt confortable à notre disposition et personne ne viendra nous déranger."

Bon, d'accord, au temps pour moi. Puis que monsieur se sent victorieux à mes dépends, il ne me reste plus qu'une chose à faire pour retourner cette situation à mon avantage.

"-Et si on commençait par profiter de notre liberté et que tu m'expliquais combien tu es grand, beau, fort et intelligent après, hein?, dis-je en le traînant vers la chambre qui contient un lit double."

Ceci change efficacement son petit air triomphant en expression de pur désir. Que voulez-vous, nous sommes des animaux...

Etant bien plus disposé aujourd'hui à gaspiller du temps en préliminaire que la dernière fois à Venise - où nous étions plus désespéré de sentir l'autre qu'autre chose -, je le pousse pour qu'il s'asseye sur le lit et commence à me déshabiller. Mais, apparemment, Arthur n'est pas fan des strip-teases ou ne supporte pas bien la pression puisqu'il tente de m'attraper pour me tirer sur ses genoux. Je dis bien "tente" parce que je suis pour une fois plus rapide que lui et, alors qu'il se relève et s'approche de moi comme un prédateur prêt à fondre sur sa proie, je recule avant de m'échapper une fois sorti de la pièce.

Mais, forcément, parce que nous ne sommes pas dans une grande villa mais dans une petite maison dans la forêt, le jeu est voué à l'échec. Je profite donc d'une meilleure connaissance des lieux pour prendre une avance considérable, enlève ce qu'il me reste de vêtements et retourne dans la chambre pour m'asseoir à mon tour sur le lit, le dos appuyé contre le mur. Très vite, Arthur me rejoint avec un air légèrement agacé d'avoir "perdu". Par contre, je trouve qu'il porte beaucoup trop de vêtements sur lui - surtout comparé à moi - et je décide d'y remédier, me levant à nouveau. Je crois que c'est à partir de ce moment-là que j'abandonne l'idée de perdre du temps en préliminaires puisque Arthur décide alors de m'aider dans ma démarche de déshabillage et, une fois le contact entre nos deux corps brûlants rétabli, j'oublie tout. Je ne pense plus et la seule chose que mon cerveau semble enregistrer est Arthur: Arthur qui me prend dans ses bras, Arthur qui m'embrasse, Arthur qui me soulève, Arthur qui me dépose sur le lit, Arthur qui caresse mon corps, l'embrasant de plus belle, Arthur qui me murmure à l'oreille sensuellement.

J'essaie de dissiper les brumes de volupté qui m'empêchent de réfléchir mais, alors que je tente de parler, la bouche de mon beau blond trouve un point sensible dans mon cou et j'ai déjà oublié ce que je voulais dire. Je reste quand même un peu déçu lorsqu'un doigt lubrifié cherche le chemin du plaisir, ne pouvant m'empêcher de penser au fait qu'à ce rythme, le premier round sera bien vite terminé. Mais, très vite, Arthur trouve ma prostate et je suis bien incapable de recommencer à penser, alors me plaindre...

Déjà, au bout de quelques secondes, j'ai envie de hurler à mon petit-ami de se dépêcher mais il m'embrasse pour faire taire toute protestation et continue de me préparer avec ce rythme lent qui semble le caractériser durant nos ébats. Ou peut-être s'est-il rendu compte que ça me rend fou? Car je ne suis déjà plus qu'une masse tremblante et gémissante entre les draps, à la merci du Prince qui semble se délecter de mon état. Je trouve alors la force de lui dire de se dépêcher sur tous les tons, d'énervé à suppliant, ce qui semble beaucoup plaire à Arthur puisqu'il accède enfin à ma demande et me pénètre, toujours lentement. Je me serais d'ailleurs sûrement plain si je n'avais pas autant été au bord de l'orgasme. Je le laisse donc mener la danse à sa guise pour cette fois, me contentant de répondre oralement aux vagues de plaisir qu'il me procure. Je me rends vaguement compte que ce que je dis n'a plus aucun sens, entre déclarations d'amour, prières, supplications et grossièretés, avant qu'Arthur n'attrape ma verge gonflée et que je ne vienne instantanément. Arthur lui n'est pas long à me suivre et mort mon épaule pour étouffer un cri.

Il se retire ensuite et s'allonge à côté de moi. Nous restons un instant comme ça, sans bouger, étendu l'un à côté de l'autre, essoufflés. Une fois que j'ai repris mes esprits, je me fais rapidement la réflexion qu'Arthur a vraiment un problème avec mes hanches pour les serrer comme ça pendant l'acte mais, quelques secondes après, Arthur m'embrasse à nouveau, frôle mon ventre de ses doigts, et je décide qu'il y a des choses plus importante que ça dont je vais devoir m'occuper.

XxX

Plus tard le lendemain, en me réveillant, je me suis rendu compte qu'Arthur avait transféré nos affaires dans la cabane, nous permettant d'y passer autant de temps que nous le voulons et nous ne nous en sommes pas privé. Mais, aujourd'hui, alors que Mike doit revoir son contact qui est sensé retrouver mon dossier, je ne me sens pas en position de profiter du calme de la forêt. Se rendant compte de mon incapacité à rester immobile plus d'une seconde, Arthur propose qu'on aille se promener et peut-être qu'on aille même faire un tour à Ealdor. Heureux d'avoir enfin une distraction, je le suis sans rechigner.

La cabane est à presque deux heures de marches du village et, une fois arrivés, il est déjà l'heure du déjeuner. Evidemment, ce n'est qu'une simple coïncidence si nous décidons de manger dans le restaurant face à la mairie.

Même distrait, j'arrive tout de même à apprécier le repas à sa juste valeur jusqu'au moment où une femme d'une cinquantaine d'année entre dans la mairie vers deux heures de l'après-midi. Me coupant en plein milieu de ma phrase, je me relève et commence à la suivre d'assez loin pour ne pas être repéré. Mes soupçons sont confirmés lorsqu'elle se retrouve dans la salle des archives où se trouve hypothétiquement mon dossier. Là-bas, elle salue la vieille acariâtre à l'accueil et elles se tombent dans les bras comme les deux meilleures amies du monde. De mon côté, je profite de la distraction pour me dissimuler derrière une grande plante d'où ma visibilité est meilleure.

Apparemment, Mike a fait un bon boulot en trouvant son contact puisque la femme obtient immédiatement le droit d'entrer dans la salle d'archive pour chercher mon dossier, accompagnée par la vieille folle. Il m'est arrivé plusieurs fois par le passé d'entrer dans cette salle par effraction mais l'absence de surveillance rend cela encore plus facile que ça ne l'a jamais été. Je me cache derrière une étagère d'où je peux espionner la conversation des deux femmes et remonte ma capuche.

"-... Ne peux pas te laisser y accéder, tu le sais bien...

-Oh, allez, s'il te plaît! On se connaît depuis combien d'années toutes les deux, hein?

-... Bon, d'accord, dit la vieille folle dans un soupir. Mais pas aujourd'hui, c'est..."

Alors que j'écoute attentivement la conversation, une main se plaque sur ma bouche et je sursaute violemment, mon cœur battant la chamade. Je tourne un regard paniqué vers mon agresseur et me détend instantanément en le reconnaissant.

"-Arthur! Qu'est-ce que tu fous ici, bordel?!, chuchoté-je.

-Tu t'es levé d'un coup pour suivre cette femme alors j'ai suivi le mouvement, chuchote-t-il à son tour en haussant les épaules."

Je lève les yeux au ciel mais le laisse rester avec moi, n'ayant pas le temps d'argumenter avec lui. Prenant exemple sur moi, il relève sa capuche. Lorsque je retourne à la conversation, celle-ci est bientôt terminée et je me retiens de jurer pour ne pas attirer l'attention.

"-... Mardi prochain? Moi, ça me va.

-Bon, très bien. En plus, j'ai dû donner la clef pour ces dossiers au maire et je ne sais pas quand je la récupérerais."

Mince, ça ne m'arrange pas! La clef en question est celle qui ouvre les étagères renfermant les dossiers d'adoption - je le sais parce que Mike et moi avons fait beaucoup de recherches avant de nous lancer à l'assaut de la salle d'archives. La vieille et l'autre femme repartent en suite en fermant la porte à clef derrière elles et Arthur et moi nous détendons. D'un pas décidé, je me redresse et me dirige vers l'étagère qui renferme mon dossier - comme je vous l'ai dit, nous avons vraiment beaucoup cherché...

Je teste la poignée mais c'est vraiment verrouillé. Qu'à cela ne tienne, je ne suis pas du genre à me laisser abattre. Je cherche rapidement dans les poches de mon sweat et en ressort avec une épingle. Je commence alors à forcer la serrure mais suis interrompu par Arthur.

"-Merlin, qu'est-ce que tu fais? C'est verrouillé!

-Ça, je le vois bien. Rends-toi utile et fais le guet. Et trouve nous une sortie, aussi."

Sans même rechigner, Arthur s'exécute et je continue tranquillement à trifouiller la serrure. Il me faut un peu plus de temps que d'habitude, ne l'ayant pas fait depuis longtemps, mais, éventuellement, un petit clic finit par retentir et je tourne avidement la poignée pour ouvrir. Je cherche dans les dossiers - qui semblent heureusement être rangés par ordre alphabétique selon le prénom des enfants - et trouve le mien lorsque j'entends un bruit de clef derrière la porte de la salle. Rapidement, je vérifie que j'ai bien emporté mon dossier et pas celui de quelqu'un d'autre avant qu'Arthur ne me tire par le bras alors que la porte s'ouvre. Nous nous précipitons vers la fenêtre qu'il a laissé ouverte tandis qu'un agent de sécurité, qui ne connait apparemment - malheureusement - pas les stéréotypes puisqu'il semble parfaitement en forme et apte à nous rattraper, commence à nous poursuivre. Arthur passe en premier et m'aide ensuite à passer l'encadrement. Une fois dehors, nous commençons directement à courir sans attendre de voir si l'agent nous suit toujours.

Arthur se dirige vers la forêt mais je le fais changer d'itinéraire en le tirant par le bras.

"-Il faut qu'on passe chez moi d'abord!

-Hey, arrêtez-vous!

-Et merde!, s'exclame Arthur en courant encore plus vite et en me tirant derrière lui."

Lorsque nous arrivons à la porte de la maison, celle-ci est fermée à clef et, malheureusement, je ne me trimbale pas mon trousseau sur moi. Arthur s'apprête à jurer à nouveau mais un éclair de génie me traverse et je le tire avec moi vers l'arrière de la maison. En même temps, ça fait presque deux ans que je n'ai pas fait le mur par là alors je n'ai pas tout de suite pensé à cette option mais il se trouve qu'on peut escalader l'arrière de la maison pour monter sur le toit. Arrivé là, on peut ensuite passer par le velux du grenier qui n'est pas verrouillé puisque mes frères et moi l'avons utilisé pendant des années pour nous échapper. Et le pire dans tout ça, c'est que l'escalier rétractable du grenier donne sur ma chambre. Doucement, j'entrouvre la trappe pour vérifier que personne n'a eu la bonne idée d'entrer dans ma chambre au même moment que nous puis l'ouvre en entier, les escaliers se déployant sous moi. Je descends rapidement, dissimule le dossier sous une latte du parquet mal fixée sous mon lit puis remonte très vite l'escalier et referme la trappe juste à temps pour voir Gwaine débouler dans la chambre, nous ayant sûrement entendu. Tout doucement, nous repassons par la fenêtre tandis que nous entendons en bas la sonnette de la porte d'entrée retentir.

"-Bon, maintenant, on s'échappe dans la forêt."

En ressortant par la fenêtre, je vérifie que personne ne nous attend en bas. J'entends de l'autre côté l'agent de sécurité discuter avec un de mes frères et nous nous dépêchons de profiter de cet instant de distraction pour descendre et se barrer en vitesse dans la forêt. Sûr de moi, j'emprunte un autre chemin qu'à l'aller, un chemin très peu connu, pour être sûr de ne pas nous faire choper. Lorsque l'on rentre enfin à la cabane, Arthur et moi poussons un soupir de soulagement et nous écroulons dans le canapé.

"-Merlin, ne me fais plus jamais ça."

XxX

Presque une semaine est passée depuis cet événement et je n'ai toujours pas touché au dossier, attendant que les choses se tassent. J'ai eu le droit à une engueulade de la part de Mike pour avoir été aussi inconscient et avoir mis en péril ce qui était ma seule chance de retrouver ma mère. Une fois calmé, il a quand même daigné me promettre de m'appeler lorsque plus personne ne chercherait du côté de ma maison pour qu'Arthur et moi puissions revenir et faire comme si de rien était.

Donc, lorsque nous sommes rentrés ce lundi, nous avons joué la surprise et avons demandé des détails sur l'affaire. Pour notre petit village, c'est comme si c'était une affaire d'état et "le dossier volé" a fait la une du journal local pendant quelques jours avant que la monotonie s'impose à nouveau dans la vie des habitants.

Vous devez sûrement vous dire que ça fait donc quelques jours que j'aurais pu ouvrir ce dossier et découvrir mes origines, mais je n'ai pas pu m'y résoudre. Et pourtant, nous partons après-demain, soit samedi, ce qui me laisse très peu de temps pour me décider, en somme.

Je suis donc actuellement face à la latte de mon parquet, me demandant si oui ou non je dois la retirer. Prenant une grande inspiration, je lance ma main en avant, l'approche à quelques millimètres de cette fichue latte mais la rétracte avant d'avoir pu ne serait-ce qu'effleurer - littéralement - mon but. Il faut me comprendre aussi: évidemment, je ne rêve que de connaître ma mère, et ce depuis des années, mais, en même temps, je ne peux m'empêcher d'imaginer le pire. Et parfois, je pense même à la possibilité qu'elle soit morte avant que j'ai pu la rencontrer.

Mais je crois que, même avec une imagination sans limite, je n'aurais jamais pu imaginer la vérité.

Alors que mes frères et même Arthur - le lâche! - m'abandonnent pour aller dehors par cette belle journée annonçant la venue du printemps, je décide de rester à l'intérieur, attends encore cinq bonnes minutes et finis par retirer la latte du parquet et attraper le dossier. J'ouvre et tombe sur la première page, très peu intéressante puisqu'elle ne concerne que ma famille d'adoption. Pourtant je prends quand même le temps de la lire en entier, comme pour retarder encore le moment fatidique où je découvrirai le nom de ma mère. Mais un détail attire mon attention: en bas de la page apparaît mon nom. Mon véritable nom. Et je sens le sang quitter mon visage. Mon véritable nom de famille, c'est "Morgan". C'est aussi le nom de famille de Mike. Le nom de la famille du maire.

Cette fois, je suis plus rapide que jamais pour lire la deuxième page et trouver l'information que je cherche. Sous mes yeux se trouve le nom de ma mère mais mon cerveau refuse d'enregistrer l'information. Il me faut au moins une minute pour revenir à moi. Une fois cela fait, je me lève en trombe, sors de la maison sans même fermer la porte derrière moi et cours jusque chez eux, abandonnant le dossier ouvert dans ma chambre.

J'arrive à destination en moins de cinq minutes et me cale contre un arbre de l'autre côté de la route. Essoufflé, j'attends contre l'arbre un moment mais rien ne se passe. Puis, j'entends un aboiement, la porte de leur maison s'ouvre sur Kilgharrah, leur chien, qui court vers moi dès qu'il m'aperçoit, m'ayant toujours beaucoup apprécié. Il se colle contre moi mais je n'ai même pas la force de lever la main pour le caresser tandis que je vois Balinor et Hunith sortir de leur maison, tenant chacun une main de leur fille de dix ans, Freya. Ils portent des sacs qu'ils amènent jusqu'à leur voiture, ils partent sûrement se promener, comme ils en ont l'habitude. Ils ont tous de si grands sourires.

Sentant mon trouble, Kilgharrah gémit et donne des coups de truffe dans ma main pour me réconforter. Pour ne pas craquer tout de suite, je passe ma main dans sa fourrure et m'y accroche désespérément. C'est à ce moment-là que Balinor se tourne vers moi, cherchant son chien, et me fait alors un grand sourire.

"-Oh, Merlin! On va se promener et Hunith a fait du gâteau! Tu veux venir?, me crie-t-il de l'autre côté."

Chaque mot et comme un poignard pour moi. Les membres de la joyeuse famille se tournent tous vers moi mais mon regard cherche celui de Hunith, celui de ma mère. Lorsque ses yeux croisent les miens, son sourire en prend un coup et s'efface doucement. Elle a compris et lance sa main en avant, ouvre la bouche pour m'appeler mais les larmes que je retenais se mettent à couler et je m'enfuis en courant vers la forêt, l'endroit que je connais mieux que personne pour y avoir passé des jours et des jours, découvrant de nouveaux coins secrets, de nouveaux chemins encore inexplorés. Là-bas au moins, je suis sûr que personne ne me trouvera parce que la dernière chose dont j'ai besoin actuellement, c'est d'une présence humaine.

XxX

Ça fait bien deux heures maintenant que je suis parti et j'ai eu le temps de me calmer. J'arrive même à relativiser en me disant que ce qu'il y a de bien avec toute cette affaire, c'est que je n'ai besoin de personne pour comprendre tous les tenants et aboutissants de cette histoire, Mike m'ayant déjà raconté en long, en large et en travers la magnifique histoire d'amour de Hunith et Balinor. Enfin, sans passer par la case grossesse parce qu'apparemment personne n'était au courant de ça.

Quand Hunith avait quinze ans, c'était une véritable rebelle en pleine crise d'adolescence - comment ça, ça vous rappelle quelqu'un?! - qui faisait le mur presque tous les soirs pour aller faire la fête avec ses amis. C'est lors d'une de ces fêtes qu'elle rencontra le jeune Balinor, cinq ans plus vieux qu'elle et homme sans attache et sans famille passant sa vie à voyager. Ce fut, à ce qu'il paraît, le véritable coup de foudre et ils sortirent ensemble en cachette. Pour vous la faire courte, un jour le père de Hunith les a trouvé ensemble et a chassé Balinor en menaçant de le faire mettre en prison pour détournement de mineure s'il ne désertait pas la ville. Avant de partir, il promit à Hunith de revenir à sa majorité et s'en alla vivre dans la fameuse cabane dans les bois pendant trois ans. Un véritable retour aux sources! Je suppose qu'il avait dû mettre Hunith en cloque avant de partir puisque ça correspondrait avec mon âge. Du reste, je ne sais pas comment elle a pu dissimuler sa grossesse à tout le monde mais je sais au moins que Gaius, mon père, est celui qui l'a faite accoucher - ce qui est étrange puisque ce n'est normalement pas son travail. Sans oublier qu'il travaille dans le grand hôpital de la ville d'à côté et pas dans la petite clinique d'Ealdor. Enfin, quoi qu'il en soit, je ne peux que supposer mais, puisque mon père avait déjà adopté Leon et Lancelot à l'époque, je pense que Hunith a dû lui demander de m'adopter aussi.

Cette histoire n'est pas vraiment ce qui me fait mal. Je peux comprendre qu'elle n'ait pu pas me garder à l'époque. Ce que je ne peux pas comprendre c'est pourquoi n'être jamais venu me voir, ne m'avoir rien dit, au lieu de jouer juste aux bons voisins? Et ce qui fait vraiment mal, c'est de savoir qu'elle a refait sa vie si facilement, m'oubliant bien vite dans l'équation alors que j'ai habité pendant tout ce temps à moins de cinq cents mètres de chez eux, juste derrière la rivière...

Je suis presque sur le point de me mettre à pleurer lorsque j'entends des feuilles bouger puis un halètement, des aboiements. Je me fige, tétanisé, mais c'est Kilgharrah qui sort des feuillages en me sautant dessus, remuant la queue. Derrière lui arrive Balinor qui me fait un petit sourire un peu crispé lorsqu'il me voit.

"-... Je suis venu te chercher. On s'est tous inquiétés, tu sais?"

Incapable de lui répondre ou même de le regarder dans les yeux, je prends silencieusement le chemin du retour et il me suit sans mot dire, Kilgharrah sur les talons.

XxX

Lorsque nous rentrons après une bonne heure de marche dans un silence gêné de son côté et pensif du mien, il fait déjà nuit. En entrant dans la maison, je vois tout le monde réuni autour de la table de la salle à manger se tourner vers moi. Quand je dis tout le monde, c'est vraiment tout le monde: même mon père est rentré plus tôt. Je remarque tout de même qu'il manque Percy. Le même silence que tout à l'heure s'éternise et, au bout d'une minute où personne n'ose prononcer un mot, je me tourne vers les escaliers pour monter dans ma chambre.

Arrivé devant ma porte, j'entends des exclamations dans la chambre d'à côté et vais jeter un coup d'œil. J'y retrouve Percy qui s'amuse avec la petite Freya et un sourire tendre vient ourler mes lèvres, parce que je ne peux pas résister à cette petite, quoi qu'il arrive. Je rentre dans la chambre pour jouer avec eux et elle se jette sur moi. Perceval, lui, m'observe un instant mais, au moins, il n'a pas cette même expression de pitié que tout le monde en bas semblait aborder.

"-Merlin! Tu viens jouer avec nous?, me demande Freya en tournant vers moi ses grands yeux bleus tellement semblables aux miens.

-Bien sûr, ma puce. A quoi on joue?, demandé-je."

Freya me présente ses poupées et, très vite, elle réussit l'exploit de me faire sourire et rire à mon tour. Comme quoi, il n'en fallait pas beaucoup.

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Hunith et Balinor ont demandé à me parler cette soirée là mais j'ai refusé catégoriquement et Perceval, prenant en compte mes sentiments, a refusé de les laisser entrer dans sa chambre. Lorsqu'ils sont partis, mon père m'a complété l'histoire en m'expliquant que Hunith l'avait appelé paniquée le jour de ma naissance et qu'elle-même ne savait pas qu'elle était enceinte, ayant fait un déni de grossesse. Il m'a confirmé aussi que c'était elle qui lui avait demandé de m'adopter, ne sachant que faire d'un enfant à à peine seize ans. Plus tard, elle n'a pas été capable de parler de ça à Balinor et, ainsi, ils ont commencé une nouvelle vie. Sans moi.

Je dois dire que ça fait un peu mal quand même, de penser qu'elle s'est dit à un moment que sa vie serait plus simple sans moi mais plus les heures passent et moins cela m'importe. Evidemment, je ne pourrais peut-être jamais pardonner à Hunith mais, si elle ne m'avait pas abandonné il y a plus de quinze ans, je ne serais sûrement pas actuellement entouré de mes frères, de Gwen, d'Elyan et de Morgana, dans les bras d'Arthur, dans le train en direction de Camelot.


Voilà, mes amis, ce chapitre est fini (enfin! On en voyait plus le bout!) et je vous dis donc à dans deux semaines pour la suite (en espérant que, d'ici là, j'aurais eu le courage de me taper le peu de chapitres qu'il me reste à écrire...)!

En passant, si certains veulent me donner leur avis, vous savez quoi faire! (et sans me tromper sur mes conjugaisons, cette fois!)

A bientôt, compagnons de voyage!

KroB.