Je rejoignis Harry à la bibliothèque. Il me sourit, apparemment satisfait.
- Alors, qu'est-ce qu'on fait ? me demanda-t-il.
- Peu importe du moment qu'on sort !
- D'accord. Prépare-toi pour minuit.
- Minuit ?
- Oui.
- Et… qu'est-ce qu'on va faire ?
- Tu veux sortir, alors on va sortir ! me répondit-il simplement.
Je ne savais pas à quoi m'attendre. Je commençai à me diriger vers la sortie lorsque je sentis une main m'attraper le bras droit.
- Attends.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demandai-je.
- En fait… je voulais savoir si…
- Si quoi ?
- Si tu voulais, avant de sortir, m'accompagner dans un restaurant de Londres.
- Euh… oui. Pourquoi pas !
- Dans ce cas, soit prête à 8h !
Il retourna s'asseoir à son bureau en me souriant. Je sortis rapidement de la bibliothèque car je m'aperçus qu'il était déjà 6h30 et me retrouvai dans ma chambre, cherchant quelle tenue j'allais mettre pour la soirée. J'optai pour un pantalon bleu imitation jean et un débardeur noir. Je pris également une chemise noire et un pull de la même couleur étant donné qu'il commençait à faire froid, l'automne ayant dangereusement pointé son nez. A 8h10, j'entendis quelqu'un frapper à ma porte. J'allai ouvrir et j'aperçus Harry vêtu d'une chemise blanche sous un pull gris et d'un jean bleu très tendance. J'étais sous le charme.
- J'ai presque fini. J'arrive, lui annonçai-je.
- Très bien. Je t'attends dans le hall.
Il disparut dans le couloir. Je l'observai jusqu'à ce qu'il soit hors de ma vue. Je finis de me préparer et descendis les marches conduisant au hall. Il me sourit lorsqu'il me vit.
- Tu es magnifique ! me lança-t-il.
- Euh… merci.
Nous sortîmes du château et il me conduisit à Londres. Nous entrâmes dans un restaurant moldu. Le décor, d'une simplicité éloquente, était néanmoins très romantique. On nous installa à une table en retrait au fond de la salle. Après avoir consulté la carte, je ne sus que choisir. Je pris finalement un rumsteck accompagné de frites. Harry prit la même chose que moi. Nous discutâmes encore de tout et de rien lorsqu'une question me troubla.
- Tu t'entends bien avec tes parents ?
- Euh… oui, mentis-je, surprise par sa question.
- Ah bon. Ça n'avait plus l'air de te réjouir de les voir d'après ce que j'ai pu remarquer tout à l'heure.
- C'est vrai. Tu as raison, lui avouai-je. Disons que… je n'entretiens pas une relation idyllique avec eux. Et ce depuis un moment maintenant.
- C'est-à-dire ?
- J'ai… des problèmes… avec ma mère surtout. Et puis… j'ai l'impression qu'ils veulent se débarrasser de moi…
Harry ne répondit pas. Il semblait choqué par ma révélation. Sentant qu'il fallait que je me confie, je continuai mon récit.
- En fait, ils me font sans arrêt des reproches comme quoi je ne les aide pas suffisamment ou encore que je deviens fainéante avec le temps. J'ai l'impression que je ne corresponds pas à l'image qu'ils voudraient de moi. J'ai beau faire de nombreux efforts pour qu'ils soient fiers : je travaille bien, je fais des petits boulots lors de mes vacances pour payer mes études mais ça ne semble pas suffisant.
- Avec les résultats que tu dois avoir, ils devraient être satisfaits non ?
- Normalement oui mais ce n'est pas le cas. Tu ne peux même pas imaginer à quel point j'étais heureuse de partir de chez moi !
- Dans un sens, je comprends. Se retrouver au milieu des tensions n'est pas facile à vivre.
J'acquiesçai pour unique réponse. Il détourna ensuite la conversation, ne voulant pas à mon sens réveiller trop de mauvais souvenirs. Je le remerciai silencieusement. Nous finîmes bientôt de dîner et on approchait les minuits ! Je ne m'étais pas rendue compte que le temps était passé si vite.
En sortant du restaurant, il me conduisit dans la rue la plus animée de Londres. Je crus comprendre où il voulait m'emmener. Une longue file d'attente se profila petit à petit devant mes yeux et une musique rythmée parvint à mes oreilles.
- C'est quoi ça au juste ? demandai-je innocemment.
- Ne me dis pas que tu n'as jamais été dans ce genre d'endroit !
- Eh bien…, hésitai-je. Je ne suis pas sûre que…
- Hermione, tu as besoin de te changer les idées. Et puis, tu vas voir on va bien s'amuser !
- Bon d'accord.
Nous rentrâmes donc dans l'une des discothèques les plus en vue de Londres. J'eus déjà l'occasion d'en fréquenter quelques-unes à Paris mais je m'y ennuyais profondément. Etrangement, je me fis rapidement à celle-ci. Ce retour à la vie moldue avait du bon finalement. Je pris vite mes aises et me mis à danser. Harry m'accompagna durant toute la soirée. La musique m'enivrait. J'avais l'impression que mon corps ne m'obéissait plus. Au bout d'un moment, Harry s'approcha de moi et glissa une main derrière mon dos. Je me retrouvai tout contre lui, mon corps suivant le rythme du sien. Tout d'abord gênée, je me laissai ensuite conduire. Je sentis mon cœur s'accélérer pour je ne sais quelle obscure raison. Je fus envoûtée par le parfum qui émanait de lui sans trop comprendre pourquoi. Je sentais que je n'avais plus aucun contrôle et le pire était que je l'appréciais au plus haut point. Je ne voulais plus le quitter, j'étais si bien. La chaleur de son corps me procurait un bien-être que je n'aurais jamais cru possible. Une autre sensation me submergea. Je levai les yeux vers lui et n'aperçus plus mon meilleur ami. Je le voyais comme un homme. Un homme qui me donnait envie d'aller plus loin, beaucoup plus loin… A mon grand regret, la musique s'arrêta. Il était déjà 5h du matin et la discothèque devait fermer. Nous nous séparâmes et rejoignîmes la sortie. Jamais je ne m'étais autant amusée !
Nous rentrâmes à Poudlard en essayant de faire le moins de bruit possible. Nous retrouvâmes nos appartements respectifs avec un seul regret : notre soirée hors du commun était finie. Harry me souhaita bonne nuit, bien que nous approchâmes davantage de la matinée, et me laissa devant ma porte. J'entrai et me déshabillai péniblement. Cette soirée m'avait épuisée et troublée. Je me couchai tout en sachant que je n'allais pas mettre longtemps à m'endormir. Je restai tout de même sur une réflexion avant de sombrer dans le pays des rêves. Moi, qui avais toujours été la fille la plus sérieuse de Poudlard, je venais de prendre goût à l'indépendance et à la joie de vivre sans retenue. Ma vie prenait enfin le sens que je souhaitais : je voulais vivre tout simplement.
