Bonsoiiiiiiir!

Héhé, je suis là à temps cette fois pour vous délivrer ce chapitre, et c'était vraiment pas de la tarte parce que je sors tout juste d'un marathon Bruce Willis... Bref, je suis crevée mais, pour garder un semblant de crédibilité, je suis quand même là pour publier un nouveau chapitre!

Couple: Arthur/Merlin.

Genre: Romance, UA.

Disclaimer: ils ne sont toujours pas a moi (et ne le seront sûrement jamais, si j'ose dire...).

Note: Comme je l'ai dit plus haut, je suis légèrement fatiguée et je voudrais donc m'excuser auprès de vous, très chers lecteurs, si vous trouvez une faute car, oui, je me suis relue mais, dans mon état, je ne sais pas vraiment ce que ça vaut...


Chapitre 14:

(ou une rentrée foirée)

Malheureusement, il faut toujours retourner en cours un jour ou l'autre. Le week-end a été surprenant dans sa normalité et son manque d'événement et le lundi est arrivé bien trop vite à mon goût, ayant passé la journée de dimanche à ma cacher avec Arthur dans les couloirs sombres pour s'embrasser sans être vus - ce qui est plutôt amusant, avec la peur de se faire surprendre et l'adrénaline qui monte à chaque fois qu'on entend une porte et qu'on se carapate sans demander notre reste.

Bref, je retrouve donc avec un bonheur inouï mon cher professeur de mathématique en ce lundi et m'endors à la moitié du cours, ne supportant plus sa voix soporifique. A la sonnerie, je suis dans les premiers à sortir, n'attendant personne et me dirigeant vers un couloir sombre et peu utilisé, point de rendez-vous caché où Arthur et moi avons prévu de nous retrouver. Au bout du deuxième jour, ça devient tout de suite moins marrant… Enfin, on n'a pas vraiment le choix. Mais, lorsque je me rends sur les lieux du futur crime, je me retrouve face à Pom-pom.

"-C'est quoi cette tête? Tu comptais retrouver quelqu'un ici, peut-être? Attends... Ne me dis pas que tu crois toujours avoir une chance avec lui?, dit-elle en cachant son sourire sadique derrière sa main. Je suis désolée, reprend-elle, mais ton Prince ne viendra pas aujourd'hui. Le directeur l'a appelé pour sceller son destin et vous séparer définitivement.

-Qu'est-ce que tu veux dire? Et qu'est-ce que tu fais ici d'abord?, demandé-je, sur mes gardes.

-Moi? J'ai juste de bonnes informations qui m'ont permises de me rendre ici à sa place.

-Et pourquoi? Pour te débarrasser de moi?, dis-je sarcastiquement."

Je dois dire qu'habituellement, elle n'a pas l'air vraiment tranquille, mais ce sourire... Il la rend plus flippante que jamais.

"-Exactement."

Sur cette phrase prononcée d'un ton lugubre, elle commence à s'approcher de moi, lentement. Ayant trop peur pour lui tourner le dos, je recule jusqu'à la porte et tâtonne jusqu'à trouver la poignée, seulement pour me rendre compte que la porte est fermée à clef. Devant moi, Pom-pom me bloque le passage, mais je doute que j'aurais eu plus de chance avec la porte de l'autre côté du couloir. Il ne me reste plus qu'à prier qu'elle ne soit pas encore assez folle pour être capable de commettre l'irréparable.

Elle se place ensuite face à moi, toujours le même sourire aux lèvres tandis que je déglutis en me demandant à quel point son entraînement de sportive la rend plus forte que moi. C'est là que son regard se pose sur la chaîne autour de mon coup et que son expression de plaisir malsain se transforme en haine pure. Elle commence par me tirer en avant pour enfoncer son genou dans mon estomac. Le souffle coupé, je me plie en deux et elle en profite pour balayer mes jambes d'un coup de pied, m'envoyant au sol, ma tête se cognant contre le mur au passage et elle me roue de coups en prononçant des phrases que je n'arrive même pas à comprendre, résultat du coup à la tête. Au bout de plusieurs répétitions des mêmes mots, je crois bien comprendre quelque chose comme "voleur" et "cette chaîne m'appartient", aussi peut-être quelques insultes entre deux coups portés à l'estomac. De mon côté, je n'en mène pas large, tentant tant bien que mal de protéger mes organes tout en recrachant de la bave, peut-être un peu de bile, en essayant de respirer. Essoufflée, elle s'arrête, juste avant que je ne régurgite mon petit déjeuner, et glisse contre le mur en face de moi.

"-Tu crois qu'il t'aime vraiment parce qu'il t'a offert le collier, hein?, crache-t-elle, acerbe. Mais il me l'a donné en premier. J'étais son premier amour, celle à qui il a fait ses promesses de toujours et à jamais. C'est moi qu'il aime et il me reviendra à la fin. Ce n'est qu'une phase de sa vie, une petite expérimentation. D'ailleurs, je vais anticiper et récupérer ce qui m'appartient..."

Sur ces mots, elle se redresse, s'approche de moi, mais quelqu'un essaie d'ouvrir la porte de l'autre côté du couloir, la déconcentrant. Sachant reconnaître une ouverture quand j'en vois une, je balance mon pied le plus fort possible dans son genou droit, le sentant craquer. Pom-pom hurle en s'écroulant et je me redresse difficilement, m'appuyant contre le mur d'une main, l'autre sur mon ventre, pour progresser lentement vers la porte qui est en train d'être ouverte. Le hurlement se change en gémissements et j'entends la brune se traîner derrière moi. En me retournant, je me rends compte qu'elle est effectivement en train de ramper sur le sol, semblant tout droit sortie d'un film d'horreur. J'accélère alors ma progression du mieux que je peux mais elle attrape ma cheville juste au moment où la porte s'ouvre sur Will.

"-Merlin!... Jenny? Qu'est-ce que-"

Il n'a pas le temps de finir sa phrase que je m'effondre sur lui, déséquilibré par la main de Pom-pom - Jenny, apparemment -, et perds connaissance presque instantanément.

XxX

Je me réveille dans un lit pas tout à fait confortable mais bien assez pour avoir envie de me rendormir. Seulement, quelqu'un ne semble pas être de mon avis puisque je l'entends s'énerver d'ici. Ma respiration est un peu courte et je me trouve incapable de prendre une grande inspiration, bien que je ne ressente aucune douleur, juste une pression désagréable sur mon thorax. Une fois que le brouillard c'est un peu estompé, je reconnais la voix de Will et en attendant un peu, je pourrais peut-être capter la conversation. Parce qu'il me semble qu'il est dans la même pièce - oui, "semble", je n'ai toujours pas trouvé la force d'ouvrir les yeux alors je ne peux pas être sûr...

"-... fait ça, hein? T'es tarée, ma pauvre fille!, hurle Will à Inconnue n°1.

-Mais c'est lui qui a commencé en me volant ce qui m'appartient!"

Tiens, la voix d'Inconnue n°1 me dit quelque chose... Peut-être que si j'arrivais à me rappeler de quelque chose, ou à savoir où je suis, je comprendrais enfin ce qui se passe? Oh, bonne idée ça, Merlin! Allez, concentration!

...

Oui, bon, mon cerveau n'est pas plus réactif que ça donc je vais devoir me contenter d'attendre pour l'instant pour ce qui est de ce qui se passe. En tout cas, ayant l'habitude avec mon père qui est médecin, il ne me faut pas longtemps pour comprendre à l'odeur que nous sommes dans une chambre d'hôpital.

"-Sérieusement, c'est la dernière fois, Jenny. Cette fois, ton père ne pourra pas te protéger. Tu as déjà fait trop de mal autour de toi, dit Will, calmement cette fois.

-Comment ça, j'ai fait trop de mal autour de moi? Je veux juste que les gens comprennent qu'Arthur est à moi, qu'il l'a toujours été et le sera toujours!"

Cette fois, Inconnue n°1 - ou devrais-je dire Jenny - a piqué mon intérêt et je tente vainement de me rappeler de quelque chose, mais mes pensées m'échappent et je commence à comprendre que mon sommeil n'est pas si naturel que ça. D'ailleurs, maintenant que j'y pense, je ne sens rien. Rien du tout. Et j'arrive à peine à soulever mes bras du matelas. A vrai dire, ça commence à devenir inquiétant.

"-Tu délire complètement ma vieille. Tu l'as perdu le jour où tu as couché avec moi... Bien avant même. Le jour où tu as décidé que le fait qu'il t'appartenait était établi. Rien n'est acquis, chérie, et tu paies maintenant le prix de tes erreurs. Mais oses encore une fois t'approcher ne serait-ce qu'à un mettre de Merlin et je te jure que tu n'approcheras plus jamais personne.

-Je n'ai pas peur de toi, je sais que tu es incapable de penser à lever la main sur moi, dit-elle, sûre d'elle.

-Tu as raison. Mais après ce que tu as fait, même le souvenir de notre amitié, de votre relation ou de tes troubles mentaux n'empêcheront pas Arthur de te rendre la monnaie de ta pièce."

S'ensuit un long silence tendu durant lequel j'essaie de comprendre ce qui a bien pu se passer, de quoi ils parlent, vu qu'apparemment ça me concerne. Oui, comprendre, comprendre, je ne pense qu'à ça depuis que je suis réveillé - ou presque - et ça m'énerve vraiment de ne pas savoir! Une fois de plus, je tente de bouger et arrive à lever la main... Avant qu'elle ne retombe sur mon visage de son propre chef. Un grognement m'échappe et j'entends du mouvement à côté puis le bruit d'un rideau qui est tiré.

"-Merlin, tu es réveillé?, me dit Will de quelque part sur ma droite - non, je n'ai toujours pas ouvert les yeux, trop dur."

Bah tiens, c'est maintenant qu'il s'en rend compte! Si j'avais pu parler, j'aurais sûrement commencé à poser tout plein de questions auxquelles il n'aurait pas eu le temps de répondre mais seul un nouveau grognement s'échappe de mes lèvres. De son côté, il soupire de soulagement. Ensuite, des bruits de pas précipités s'approchent de la pièce et une porte s'ouvre. Frottant mes yeux avec la main restée sur mon visage, je les ouvre faiblement pour tenter de voir le nouvel arrivant mais je ne capte que beaucoup de blanc et des formes floues.

"-Arthur, tu es venu me v-, dit Jenny avec excitation avant de se couper elle-même lorsque la forme qui doit être Arthur continue sa route jusqu'à moi.

-Merlin! Est-ce que tout va bien? Tu as mal quelque part?"

J'aimerais bien répondre mais, de un, je ne sais pas de quoi il parle et, de deux, je ne suis pas sûr de pouvoir parler pour l'instant. Mais, ne voulant pas l'inquiéter - et dans le but de prononcer autre chose qu'un grognement - j'essaie à nouveau de prendre une grande respiration… mais échoue et une toux qui demande désespérément à sortir reste coincée dans ma gorge, le tout se soldant par un gargouillement suivit d'un gémissement de douleur.

"-Dempsie, appelle une infirmière.

-Tu me prends pour un débile, maintenant? Je m'en suis occupé à la seconde où j'ai vu qu'il était réveillé."

Je ne le vois pas mais j'imagine très bien leur duel de regards. En me disant qu'il serait utile de calmer le jeu, je décale ma main de mon visage et me force à parler même avec la gorge sèche et ma bouche pâteuse refusant de répondre fonctionnellement aux ordres de mon cerveau.

"-De... De l'eau...

-Hein?, répondent-ils intelligemment de concert.

-Apportez-... moi... de l'eau."

Will s'empresse d'attraper ce qui doit être un verre sur une table de chevet tandis que je me frotte à nouveau les yeux pour tenter d'y voir un peu plus clair, au sens littéral comme au figuré. J'arrive cette fois à distinguer mon environnement un peu mieux et vois Will avec son verre à la main, se demandant que faire. J'essaie alors de me redresser mais la douleur revient, encore plus forte. L'infirmière entre à ce moment-là et me demande de rester bien allongé - comme si j'allais me relever maintenant que je sais ce que ça fait - tandis qu'elle commence à s'agiter autour de moi. Elle attrape ensuite une télécommande et le lit se redresse tout seul, lentement et bien moins douloureusement. Elle me donne ensuite un cachet à prendre avec le verre d'eau et part chercher le médecin.

Arthur et Will restent chacun d'un côté de mon lit, me regardant fixement, comme s'ils attendaient quelque chose de moi ou ne savaient pas quoi dire. Pour l'instant, je préfère plutôt avaler ma codéine en silence tout en réfléchissant sur les derniers événements dont je me rappelle avant mon réveil ici. Comme je le pensais, l'eau, combinée au fait que mon cerveau se débarrasse des dernières brumes du sommeil, me rafraîchit la mémoire et j'arrive enfin à me rappeler de mes derniers souvenirs: avoir été douloureusement tabassé par Pom-pom, une fille complètement tarée qui se trouve en fait s'appeler Jenny et connaître Arthur et Will. Et qui prétend qu'Arthur et le collier qu'il m'a offert lui appartiennent.

Génial. Je crois qu'il me faut des explications. Mais ça attendra peut-être que mon frère, Leon, habillé d'une blouse blanche, me donne le diagnostic puisqu'il est apparemment le docteur tant attendu.

"-Merlin!, dit Leon en entrant dans la chambre d'un air soulagé avant de s'approcher de mon lit. Quand j'ai su que tu étais aux urgences, j'ai réussi à convaincre le docteur titulaire de me laisser m'occuper de toi. Et je dois dire que tu ne t'es pas raté sur ce coup-, arrive-t-il à prononcer avant d'être interrompu par la porte s'ouvrant violemment.

-MERLIN!

-Qu'est-ce qui s'est passé?!

-Est-ce que tu vas bien?

-Mais pousses-toi de cette putain d'entrée, Lanc'!"

Mes frères viennent de débarquer et le fouillis de questions qu'ils me lancent est de plus en plus incompréhensible jusqu'à ce que...

"-STOP!"

... Leon mette à contribution sa légendaire autorité de grand-frère qui réussit à calmer les plus turbulents des enfants, et même ses chers petits frères.

"-Je suis en charge de Merlin pour l'instant et, si vous le permettez, j'aimerais discuter de sa condition avec mon patient. Alors vous allez tous sortir de cette salle et attendre sagement que je vous donne le feu vert pour revenir l'embêter. Cela vaut aussi pour vous, messieurs Pendragon et Dempsie."

Ils sortent ainsi tous de la pièce, penauds. De l'autre côté du rideau maintenant fermé, j'entends avec soulagement une infirmière - qui avait sûrement dû se dissimuler dans un coin en tremblant - annoncer à la folle qu'elle doit la faire changer de chambre, ordre de M. Moffett, son père. Je me fais la réflexion un instant que ce nom ne m'est pas inconnu mais oublie bien vite tout ça lorsque la porte se ferme et que mon frère quitte sa posture stricte, droit comme une piquet et les mains derrière le dos, pour venir s'asseoir sur le coin de mon lit et passer une main fraîche sur mon visage fatigué en me présentant un sourire faible laissant tout paraître de l'inquiétude que j'ai fait peser sur ses épaules et j'essaie de faire passer ma culpabilité en parlant.

"-Dis, comment est-ce que tu les a retenus jusqu'ici?"

Ça semble marcher puisqu'un petit rire lui échappe et qu'une lueur d'amusement prend place dans ses yeux.

"-Disons qu'on ne les a pas vraiment mis au courant. Sachant comme on est tous un peu proche, Papa s'est dit que ce serait mieux si on était pas immédiatement prévenus quand un de nous aurait un accident, histoire de ne pas engendrer la Troisième Guerre Mondiale rien que pour un bobo au genou."

Nous rions ensemble, nous rendant compte que notre famille est peut-être un peu trop portée sur l'exagération, avant que Leon ne reprenne malheureusement son air sérieux, inquiet et protecteur à la fois.

"-Quoi que tes blessures soient un peu plus grave qu'un simple bobo au genou. Est-ce que c'est vraiment cette fille qui t'a fait ça?"

Un peu honteux, j'opine légèrement du chef en gardant la tête baissée.

"-Merlin! Si tu avais des problèmes avec une élève prête à aller aussi loin, tu aurais dû nous prévenir!, me réprimande-t-il gentiment en se retenant de me prendre dans ses bras.

-Bah, le problème, c'est que j'étais pas au courant que ça allait aussi loin justement. La seule fois où j'ai eu un semblant de conversation avec cette fille, elle m'a accusé d'avoir essayé de tuer Arthur à sa place...

-C'est la même fille que... Enfin, qu'importe, le tout c'est que tu ailles bien. Et puis, dès que tu seras prêt, la police prendra ta déposition pour agression et les mesures nécessaires seront prises, dit-il avec un sourire rassurant avant de reprendre sur un ton professionnel. Bon, c'est pas comme si j'étais là pour rien non plus alors voilà le topo: tu as deux côtes cassées et une fêlée et beaucoup de chance que cette folle n'ai pas visé autre pars car aucun organe n'a été touché gravement. De même pour ta blessure à la tête qui n'entraîne aucune complication. En soi, tu es plutôt chanceux sur ce coup là!"

Ouais, génial! Je suis tellement chanceux de me faire tabasser et de m'en tirer avec seulement trois côtes abîmées, une énorme bosse derrière la tête et plusieurs méchants bleus sur le reste du corps! D'accord, ça aurait pu être pire, mais j'ai du mal à voir où il trouve l'optimisme de parler de "chance". Quoi qu'il en soit, il m'explique comment vont se dérouler les prochaines semaines et je grogne de frustration face à la perspective d'une quasi-immobilité pour un petit moment.

"-Voilà, je t'ai tout dit et j'ai encore du travail alors je vais partir et relâcher les fauves. Toi, essaye de te reposer un peu, tu veux?"

Plus facile à dire qu'à faire lorsqu'il laisse les hyènes se jeter sur moi, pauvre petit animal blessé et sans défenses, leur rappelant tout de même qu'ils doivent se tenir et que j'ai besoin de repos. De toute façon, qu'il leur dise d'être sage ou non ne change pas grand-chose puisque, à peine le bruit de pas de Leon s'est-il évanoui dans le couloir que je sombre dans un sommeil profond.

XxX

Le lendemain, Gwen profite d'un trou dans son emploi du temps pour venir me rendre visite seule, l'hôpital se trouvant assez près de l'école à pieds. Nous parlons et rions ensemble - même si je tente désespérément de limiter cette deuxième activité puisque les infirmières sont beaucoup moins enclines à me droguer maintenant que le premier jour est passé et, sérieusement, ça fait un mal de chien!

Toute la soirée, j'attends la venue de mon Prince charmant qui n'arrive jamais. Ma seule visite après Gwen est celle de Vincent, m'amenant de faux espoirs mais étant au moins de bonne compagnie.

XxX

Le mercredi, je ne désespère toujours pas de voir Arthur revenir puisque je n'ai pas vraiment eu le temps de discuter avec lui le lundi, m'étant endormi assez rapidement.

Heureusement, il ne me fait pas l'affront de se dérober deux fois à son devoir de petit-ami et vient me rendre visite - et il a même pris des fleurs et des chocolats!

Lorsqu'il entre, je relève mon lit en position assise (vive la technologie) et il vient m'embrasser en faisant très attention, ses lèvres frôlant seulement les miennes avant de se rétracter.

"-Tu sais, je ne suis pas en sucre, tu peux encore m'embrasser.

-J'aimerais bien moi aussi mais j'ai peur qu'un baiser plus approfondi que ça ne réchauffe un peu trop l'atmosphère..., dit-il d'un ton concupiscent."

Ah ben bravo, maintenant je fantasme alors que je n'y avais même pas songé en premier lieu! Ne pouvant même pas tousser pour évacuer la gêne et changer de sujet, je me contente de me bouger inconfortablement sur mon lit tandis qu'il prend place dans la chaise à côté, attrapant ma main entre les siennes.

"-Alors, quand est-ce que tu sors?

-Demain! D'après mon frère, mes blessures ne sont pas graves et mes deux côtes cassées ne nécessiteront que trois semaines pour se remettre en place.

-C'est génial!, dit-il avec un grand sourire.

-Oui enfin, en attendant, je suis condamné à souffrir!, dis-je en feignant de me plaindre."

On rigole - moi, en essayant de ne pas vraiment rire parce que, au cas où je ne l'aurais pas assez dit, ça fait toujours vraiment mal -, mais notre rire s'efface très vite et il devient évident qu'Arthur n'est pas juste venu prendre des nouvelles de moi par hasard. Il prend une grande inspiration - le veinard! - pour se donner du courage et me regarde droit dans les yeux avant de parler.

"-Je ne suis pas venu te voir hier parce que j'avais quelques petites choses à régler. De plus, j'ai... Eu une discussion avec Dempsie et il m'a dit que tu avais sûrement dû entendre quelques menues détails sur notre passé commun. Avant que tu ne puisses me reprocher quoi que ce soit - ne me regarde pas comme ça, je te connais assez bien pour savoir combien tu rêves d'avoir un peu de matériel contre moi -, j'aimerais que tu comprennes que je n'ai en aucun cas voulu te cacher la vérité, mais que ce sujet est encore un peu sensible pour moi. Quoi qu'il en soit, je suis prêt à en parler avec toi et à répondre à tes questions… si c'est ce dont tu as besoin."

Il a déballé tout ça sans me laisser le temps de parler et j'essaie une fois de plus - la troisième fois - d'en placer une mais il ne m'en laisse pas le temps.

"-S'il te plaît, mon ange, laisse-moi terminer."

Et, ne sentant aucun piège cette fois dans le petit surnom affectueux, je sens mon cœur faire un bond douloureux dans ma poitrine.

"-Je disais donc que je te dirais tout, mais plus tard. Pour l'instant, tu vas devoir te contenter de cette explication..."

J'attends qu'il développe mais il semble avoir besoin d'un moment en plus avant de tout me dire, moment que je lui accorde sans piper mot, me contentant de maintenir mes yeux dans les siens.

"-J'ai une mauvaise et une bonne nouvelle. La mauvaise, c'est que mon père a arrangé un mariage entre moi et Jenny Moffett, mon ex-petite-amie psychopathe qui a essayé de te tuer dans ce couloir lundi et n'hésitera pas à recommencer si on lui en laisse la chance. La bonne nouvelle, c'est que, grâce à elle et à son acte de violence, on va pouvoir faire d'une pierre deux coups en se débarrassant d'elle et de ce mariage arrangé arbitrairement par mon père et le sien."

Je reste bouche bée et il en profite pour se rapprocher de la porte.

"-Je sais que ça fait un peu beaucoup à avaler d'un coup mais les circonstances ne nous laissent pas vraiment de choix. (Il ouvre la porte avec le même air que s'il me montrait mon cadeau de Noël.) Je te présente l'agent Coleman et l'agent Oliver, les deux officiers de police qui vont prendre ta déposition pour ton agression!"


Dun dun dun! Alors oui, voilà, j'ai révélé - plutôt facilement d'ailleurs - le mystère Moffett: une sombre affaire de mariage arrangé... Alors oui, vous l'aurez compris, Uther est vraiment en avance sur son temps (n'est-ce pas?) et j'ai donc décidé de pousser le vice jusque là. Mais ensuite, je me suis dis que la fin approchait et qu'il allait me falloir une résolution, d'où ce retournement de situation.

Si ce chapitre vous a fait chier ou si vous avez été choqué par la démonstration affective de Jenny envers Merlin, vous savez ce que vous devez faire!

A bientôt!

KroB.