Les jours suivants, malgré les nombreuses heures de cours que je devais suivre avec mon tuteur, mes parents me demandèrent de les rejoindre pour passer la soirée avec eux. J'y allai donc tous les soirs sans grand enthousiasme. Je n'avais qu'une envie : rester près d'Harry. J'avais besoin de lui. Je le savais. J'appris bientôt que mes parents allaient retourner en France. J'attendais ce moment avec impatience ! J'aimais beaucoup mes parents, qu'on ne s'y méprenne pas, mais supporter mon oncle et ma tante une journée supplémentaire m'était inconcevable. Je les laissai donc partir sans regret. Dès que je pus m'éclipser, je courus jusqu'à la bibliothèque. Je trouvai Harry à son bureau. J'étais surexcitée ce qui l'étonna.
- Ça va Hermione ? me demanda-t-il surpris.
- Très bien, lui répondis-je gaiement. Mes parents viennent de partir. Heureusement, je n'en pouvais plus ! Mon oncle et ma tante ont été insupportables !
- A ce point ?
- Oui ! J'ai voulu leur faire visiter la cité de Colleer. J'aurais mieux fait de rester couchée !
Je lui expliquai alors mes mésaventures. Je n'avais pas eu le temps de lui parler tant que mes parents étaient là puisque je devais être constamment avec eux. Il éclata de rire devant mon récit rocambolesque et me promit de m'emmener à la cité de Colleer afin d'en profiter. Je repris mes activités avec entrain. Mes cours me passionnaient de plus en plus et mes élèves semblaient conquis par mes prestations. Mon moral atteignit très vite un haut niveau et je me donnais à fond.
Les jours passèrent trop vites à mon goût. Nous étions déjà à la fin du mois d'octobre et Halloween approchait. Harry et moi continuions à nous voir tous les soirs. Je passais d'agréables moments en sa compagnie et je n'arrivais pas à m'en lasser. Deux mois s'étaient donc écoulés et nous y étions enfin. La veille du bal d'Halloween, la Directrice nous avait demandé à Harry et à moi de décorer la Grande Salle. Nous nous exécutâmes. De longues banderoles oranges et noires tombaient ici et là, de gigantesques citrouilles ornaient les tables. Nous étions satisfaits de notre travail. La Directrice nous convoqua bientôt avec tous les autres professeurs.
- Messieurs et Mesdames les professeurs. J'ai décidé que cette année nous ferions parti de la fête. Aussi, je vous demande de vous trouver un cavalier ou une cavalière. Les époux et épouses sont bien sûr conviés. Vous devrez cependant arborer une tenue digne d'un professeur !
Cette remarque nous fîmes sourire. Nous nous imaginâmes peu, déguisés en citrouille ou en troll pour l'occasion. Nous sortîmes du bureau, certains visiblement satisfaits de se distraire un peu. Je tournai inconsciemment mon regard vers celui d'Harry. Il me sourit. Il semblait avoir deviné mes pensées.
- On y va ensemble Hermione ?
- D'accord, m'empressai-je de répondre.
Le jour du bal, une multitude de questions s'insinua bientôt dans mon esprit au moment de choisir ma tenue. Quelle robe vais-je bien pouvoir mettre ? Si je choisis celle-ci, est-ce qu'elle lui plaira ? Ou celle-là peut-être ? Ou encore celle-ci ? Je n'arrivais pas à me décider. J'optai finalement pour une jolie robe bleu nuit, rappelant un ciel étoilé. Je me plaçai devant mon miroir et me préparai. Tout en me coiffant, une question me vint. Pourquoi est-ce que je prenais tant de temps pour me préparer chaque fois que je sortais avec lui ? Je brossai nonchalamment mes cheveux, les yeux dans le vide. D'autres questions suivirent. Pourquoi me manquait-il tant lorsqu'il n'était pas près de moi ? Pourquoi pensais-je à lui en permanence, rêvant même de lui ? Je ne savais pas répondre à ces questions qui étaient pourtant si simples. Je réussis finalement à me coiffer convenablement. J'ajustai mon maquillage et j'entendis frapper à ma porte. Je me précipitai pour ouvrir.
- Bonsoir, me dit Harry. Tu es prête ?
- Oui, j'arrive.
J'enfilai mes chaussures en quatrième vitesse et sortis de ma chambre. Il me contempla un moment.
- Tu es très belle ce soir.
- Merci.
Décidément, j'adorais ses compliments et je faisais bien sûr tout pour en avoir. Il m'en faisait de merveilleux d'ailleurs. Et en plus, il était vraiment séduisant. Ce que je ne comprenais pas c'était que je le considérais comme un ami depuis toutes ces années et pourtant… quelque chose avait changé depuis notre rencontre mais je ne savais pas encore quoi.
Nous descendîmes les marches menant à la Grande Salle. Harry m'avait pris la main et m'amena jusqu'à la table des professeurs. Certains étaient accompagnés de leurs conjoints d'autres avaient préféré y aller entre collègues. Ainsi, notre Directrice se trouva-t-elle avec mon tuteur, Mr Hutklin. Nous nous assîmes puis la Directrice prit la parole.
- Mes chers élèves, c'est avec une immense joie que je déclare ce bal d'Halloween ouvert !
Elle fit jaillir une pluie d'étoiles oranges et or du plafond. Tous les élèves applaudirent et une musique entraînante fut immédiatement jouée par les Terrified, nouveau groupe à la mode. Nous dînâmes tout d'abord, attendant patiemment une danse moins rythmée. Vers la fin du repas, les Terrified entamèrent une série de musiques romantiques. La Directrice fut rapidement invitée par son cavalier dans une révérence théâtrale puis se fut mon tour.
- Voulez-vous m'accorder cette danse ? me demanda Harry en me prenant délicatement une main.
- Avec plaisir, répondis-je en souriant, flattée de sa proposition.
Il m'entraîna sur la piste de danse avec grâce. Il m'attira vers lui et bloqua mon corps contre le sien, sa main droite posée derrière mon dos. Une vague de chaleur me parcourut toute entière. Les battements de mon cœur s'accélérèrent sans que je puisse le convaincre qu'il n'y avait aucune raison à cela. Harry était un ami. Juste un ami. Tout se passa exactement comme cette fameuse soirée où je m'étais retrouvée contre lui bien malgré moi. Je perdis vite le contrôle de mon corps, me laissant glisser sur la piste. J'avais l'impression d'être dans un rêve. Il n'y avait plus que lui et moi. J'étais heureuse. Je me sentais bien avec lui et c'était le principal. Plus rien d'autre ne comptait. Les morceaux s'enchaînèrent et nous ne nous lassions pas de cette danse infinie. Des slows arrivèrent enfin et, prise par une soudaine fatigue, je me blottis contre lui. Je déposai ma tête sur son épaule et il m'entoura la taille de ses mains. Je soupirai d'aise. Quelques instants plus tard, je levai les yeux vers lui et mon regard se plongea dans le sien. Il me sourit tendrement et je vis son visage s'approcher dangereusement du mien. Je détournai alors mes yeux et reposai ma tête sur son épaule. Nous continuâmes à nous balancer sous le rythme lent de la musique jusqu'à ce que la fête se termine. Harry me raccompagna à ma chambre. Il m'embrassa sur le front en me remerciant de cette merveilleuse soirée puis partit dans sa chambre. Je rejoignis mon lit avec une vérité que je venais tout juste de découvrir.
