J'avais enfin compris pourquoi mon comportement avait tant changé. Cette soirée m'avait ouvert les yeux. Je ne croyais cependant que ce n'était pas possible et pourtant… Je m'assis sur mon lit, complètement désemparée. Etait-ce ça ? Non, enfin. Harry est un ami, rien de plus. Oui mais…

- Je l'aime…, murmurai-je comme un secret.

Je me cachai le visage dans mes mains. Comment ai-je pu en arriver là ? L'évidence de cet aveu était bien réelle. Je ne savais plus quoi faire. Visiblement, à cette heure, il n'y avait plus rien à faire. Je me déshabillai et me couchai. Je fixai désespérément le plafond, cherchant une solution qui n'existait pas. Je finis par m'endormir.

Le lendemain matin, je me réveillai de bonne humeur et la première image qui m'apparut fut le visage d'Harry. Décidément, je n'arrivais pas à me libérer de son emprise. Je le voyais partout ! Je me préparai et sortis de ma chambre, espérant inutilement que je pourrais me changer les idées en dehors du château. Mais à peine arrivée dans le couloir, je croisai Harry. Mon cœur et mon esprit se perdirent. Je le trouvai si irrésistible. Je voulais m'approcher de lui et l'embrasser. Je souhaitais qu'il ait deviné mes pensées et qu'il agirait à ma place mais il n'en fit rien.

- Bonjour Hermione. Ça va ? me demanda-t-il innocemment.

- Bonjour Harry. Oui, ça va. Et toi ?

- Très bien. On a passé une bonne soirée hier.

Je me remémorai le bal et sentis un frisson parcourir mon dos. Je ne me souvenais que trop bien de cette soirée.

- Oui, en effet, répondis-je.

- Tu sors ?

- Euh… oui. Je voulais faire un tour dans le parc.

- Je t'accompagne.

Il ne manquait plus que ça ! Il allait me suivre jusqu'au parc. Qu'est-ce que j'allais devenir ? J'osai à peine le regarder de peur qu'il ne soupçonne quelque chose. Il me souriait sans cesse et je ne pouvais m'empêcher de le dévorer des yeux. Ce petit jeu devenait insupportable. Et pourtant… En me rappelant les deux mois qui s'étaient écoulés, je m'aperçus que ce manège durait déjà depuis tout ce temps. Je n'arrêtais pas de le regarder, de l'observer parfois à son insu, de le toucher en espérant finalement qu'il s'apercevrait de mon comportement. C'était ridicule en somme ! Je voulais qu'il voie que mes sentiments à son égard avaient changé mais en même temps je ne voulais pas qu'il s'en rende compte pour préserver notre amitié. A croire que je ne savais pas ce que je voulais. Mais depuis hier, je savais exactement ce que je voulais. C'était lui dont j'avais envie. Je n'aspirais qu'à une seule chose : me retrouver dans ses bras et profiter de tous les moments que la vie voudrait bien me donner en sa compagnie.

Nous nous retrouvâmes au pied d'un chêne. Le ciel était clair et l'air frais mais non désagréable. Harry s'assit près de moi. Je sentis son corps contre le mien. J'étais bien. Il me parla de choses et d'autres. Tout en le regardant, je m'imaginais avec lui, ses mains entourant ma taille, ses baisers au creux de mon cou, son souffle chaud dans ma nuque. Il s'interrompit subitement et me contempla quelques instants. Je ne m'en aperçut que lorsqu'il reprit la parole.

- Hermione, tu vas bien ? me demanda-t-il.

Je sortis de ma torpeur.

- Euh… oui. Pourquoi ?

- Tu n'arrêtes pas de me regarder depuis tout à l'heure.

- Et bien, commençai-je gênée, je t'écoutais.

- Tu en es sûre ?

- Oui. Qu'est-ce qui te fais croire le contraire ?

- Rien. C'était juste une question.

Je soupirai de soulagement. Il n'avait pas l'air d'avoir remarqué que je m'intéressais à lui. Il me fit un grand sourire.

- Tu es extraordinaire Hermione…

Je le regardai sans comprendre.

- Je suis content que tu sois venue à Poudlard. Tu me manquais.

Mes oreilles ont-elles bien capté le message qu'il venait de m'envoyer ? Je n'en étais pas sûre.

- Je te manquais ? lui demandai-je en guise de confirmation.

- Oui. Je t'apprécie beaucoup Hermione. Et… je crois que je t'apprécie de plus en plus en fait. Tu es une amie formidable.

Une amie ? Juste une amie ? Je pris une mine déconfite. N'y avait-il aucun espoir pour qu'il partage les mêmes sentiments que moi ? Il me dévisagea.

- Ça va ? me demanda-t-il à nouveau.

- Oui, oui. Ça va.

- Ça n'en a pas l'air. J'ai dit quelque chose de mal ?

- Non, bien sûr que non. Au contraire. C'est juste que je ne m'attendais pas à ça…

- Oui, c'est sûr ! Mais…

Il ne termina pas sa phrase. J'eus droit à l'un de ses merveilleux sourires qui me faisaient fondre. Je le lui rendis. Nous rentrâmes peu de temps après au château. Finalement, je ne savais pas quoi faire. Devais-je tenter de lui parler et de lui avouer mes sentiments ou… devais-je me taire et lui laisser croire que seule notre amitié comptait à mes yeux ? J'étais désemparée. Je devais me décider pourtant. Il ne me restait que peu de temps. Mon stage allait bientôt se terminer et j'allais peut-être passer à côté du bonheur.

Les semaines se suivirent et se ressemblèrent. Mes yeux ne quittaient plus Harry et nous nous retrouvions toujours aussi souvent ensemble pour mon plus grand plaisir mais aussi mon plus grand désespoir. Je ne mettais toujours pas résolue à lui parler. En effet, j'avais estimé que, quitte à recevoir une réponse négative d'Harry, je devais lui avouer mes sentiments. Après tout, je n'avais plus rien à perdre. Le temps nous avait déjà tant séparés. J'essayai à plusieurs reprises d'engager la conversation sur le sujet mais aucun son ne voulais s'échapper de ma bouche. C'est alors qu'il me fit une proposition que je ne pouvais pas refuser.