Le dimanche matin arriva trop vite à mon goût. On nous apporta à nouveau le petit-déjeuner. Harry me souriait. Il semblait heureux. Dès qu'il eut fini, il s'approcha de la fenêtre. Le temps était maussade.
- Je crains qu'il pleuve aujourd'hui. Nous allons quand même à la cité. Au pire, on rentrera quand on sentira les premières gouttes ! ironisa-t-il.
- Je vais me préparer.
Il m'observa lorsque je pris mes affaires et que je rejoignis la salle de bain. Je fis semblant de n'avoir rien remarqué et partis me changer. Je jetai un coup d'œil dans le miroir et vis que mes joues avaient rosi. Il me troublait tellement ! Après un moment d'absence, je secouai la tête et entrepris de prendre ma douche. Je sortis au bout d'une demi-heure. Harry était toujours planté devant la fenêtre, pensif. Je me mis à côté de lui et l'observa un moment. Il semblait perdu dans un pays lointain. Son regard resta figé quelques minutes. Il se tourna ensuite vers moi. Son sourire était fade.
- Je vais me changer, m'annonça-t-il.
Que s'était-il passé durant ces quelques minutes d'absence ? A quoi ou à qui pensait-il ? J'eus beau me retourner les méninges, aucune réponse ne me vint. Je m'assis sur le lit et restai en admiration devant la porte de la salle de bain. Nous étions déjà le dernier jour du week-end et je n'avais toujours pas avoué à Harry mon terrible secret. Je poussai un profond soupir.
- Oh Harry, si tu savais à quel point je t'aime…, murmurai-je.
La porte de la salle de bain s'ouvrit et Harry en sortit torse nu. Je fus surprise de le voir débarquer en jean. Il fouilla dans son sac et en sortit une chemise noire. Je l'observai, toujours plus attirée. C'était terrible ! Je n'arrivais décidément pas à me contrôler. Il fallait que je le voie toujours plus. Il passa près de moi et enfila un pull gris. Je sentis son parfum. Je rêvais de pouvoir le sentir davantage, au creux de son cou. Je voulus qu'il me prenne dans ses bras, pour mieux apprécier cette agréable odeur. Il me tendit la main.
- Mademoiselle, me dit-il en prenant un air noble, voulez-vous m'accompagner à la cité ?
- Bien sûr. Avec plaisir !
Nous partîmes à la cité. Nous montâmes une longue pente pavée avant d'atteindre la première porte de la ville médiévale. A moitié essoufflée, je m'arrêtai quelques instants. La ville semblait entièrement pavée. Nous prîmes la première rue qui se présenta devant nous. Je pus admirer la beauté des habitations. De nombreux petits commerces et restaurants avaient envahi les rues. La cité était très touristique et il fallait bien que les personnes de passage puissent dépenser allègrement leur argent. Nous fîmes le tour de la ville puis nous cherchâmes un restaurant à la hauteur de nos moyens. Nous mangeâmes en tête-à-tête et parlâmes de notre avenir professionnel. Je ne cessai de le regarder en me lamentant intérieurement de ne pas avoir encore oser lui dévoiler mes sentiments. Je me décidai alors de le faire lorsque nous serons à l'hôtel. Sur cette bonne résolution, nous réglâmes la note puis nous nous dirigeâmes vers les remparts. La cité était en effet une ville fortifiée. Je levai les yeux au ciel et vis que le temps était de plus en plus menaçant. Nous marchâmes côte à côte. Je profitai le plus possible de ce moment. J'appréciais tellement qu'il soit près de moi.
Les nuages étaient noirs. Nous arrivâmes presque vers l'une des portes intérieures de la ville. Nous avions à peine fini de faire le tour des remparts que nous sentîmes les premières gouttes. Nous accélérâmes le pas mais sans précipitation. Soudain, la pluie devint de plus en plus intense et des trombes d'eau tombèrent bientôt. Harry me prit la main et nous courûmes jusqu'à la porte la plus proche. Nous nous mîmes à l'abri. Un orage éclata. Harry me poussa à l'intérieur de la porte afin que je sois protégée au mieux de la pluie. Il se mit près de moi, au bord de la porte. D'autres personnes avaient eu la même idée et nous dûmes nous serrer les uns contre les autres. Harry se tourna à moitié vers moi. J'avais très envie de me coller à lui mais je n'en fis rien. L'orage dura plus d'une demi-heure. Lorsqu'il s'atténua, nous décidâmes de retourner à l'hôtel. Nous rejoignîmes la porte où nous étions arrivés quelques heures auparavant. La pente pavée était devenue glissante. Sans hésiter, Harry me prit la main et m'aida à descendre. Je fus soulagée d'arrivée en bas.
- Eh bien, quelle aventure ! lançai-je à Harry.
Il me sourit et nous prîmes la route de l'hôtel.
Lorsque nous arrivâmes, je m'assis sur le lit comme épuisée par notre escapade. Mes vêtements étaient trempés. Harry m'apporta une serviette et vint me rejoindre sur le lit. Il me regarda longuement comme si j'allais subitement disparaître. Tout en me séchant les cheveux, je me tournai vers lui et lui adressai un regard interrogateur.
- Je ne veux pas que tu partes, me dit-il soudainement.
J'arrêtai machinalement le mouvement de la serviette sur mes cheveux et la déposai à côté de moi. Je lui souris, heureuse de l'entendre prononcer ces mots.
- Ça me fait très plaisir que tu dises ça ! lui lançai-je en le serrant dans mes bras.
Il ne me fit qu'un demi-sourire.
- Tu sais… je n'ai pas vraiment le choix…, lui dis-je.
- Rien ne pourrait te faire changer d'avis ?
Je le dévisageai. Bien sûr qu'une chose pourrait me faire changer mes plans. Je serais certes obligée de rentrer chez moi mais je reviendrais en trombe ! « La seule chose qui pourrait me retenir, c'est toi Harry », pensai-je. Je ne lui répondis pas.
- Je suis heureux d'avoir passé ce week-end avec toi, enchaîna-t-il. J'aimerais que… qu'il y en ait d'autres…
Que devais-je comprendre ? Est-ce que je me faisais des illusions ou m'avait-il presque demandé de sortir avec lui ?
- Si on regardait un film ? me proposa-t-il.
- Oui, pourquoi pas.
Je pris le temps de me changer et me glissai dans le lit. Harry me rejoignit peu de temps après. Nous relevâmes les coussins et il me suggéra d'un geste de poser ma tête sur son épaule. Je n'hésitai pas une seconde. Tout au long du film, il me caressa le bras droit. J'étais si bien. J'avais posé mon bras droit sur son ventre et je le caressai nonchalamment. Le film n'avait que peu d'importance pour moi et j'y faisais de moins en moins attention. Il se releva plusieurs fois, cherchant une position plus confortable. Je me levai également puis me remis au creux de son épaule, priant pour que cet instant ne s'arrête jamais. Je ne savais pas pourquoi, mais je sentis qu'il allait se passer quelque chose.
Une énième fois, il se releva mais, au lieu de se replacer plus confortablement, il se tourna vers moi et me domina. Je ne compris ce qu'il avait l'intention de faire que lorsqu'il se pencha sur moi. Il s'approcha de plus en plus puis déposa ses lèvres sur les miennes. Tout d'abord surprise, je me laissai finalement aller. Ma main vagabonda bientôt au niveau de sa nuque puis dans ses cheveux bruns. Ses bras entourèrent progressivement ma taille. Il reprit sa respiration en m'adressant un joli sourire. Je le lui rendit et il m'embrassa à nouveau. Je ne voulais pas que ça s'arrête. Il continua, ses baisers devenant de plus en plus intenses. J'avais l'impression d'être dans un autre monde. Je croyais rêver ! C'était si réel ! Etais-je vraiment avec Harry dans cette chambre ? Etait-ce bien lui qui m'embrassait à cet instant ou n'était-ce qu'un fantasme éveillé ?
Il se détacha finalement de moi à mon grand regret.
- On devrait dormir tu ne crois pas ? me dit-il. On doit se lever tôt demain.
- Oui, tu as raison.
Il se leva et éteignit tout appareil susceptible de diffuser encore de la lumière. Il se coucha à côté de moi. Mon cœur battait très vite et une angoisse inexplicable m'envahit. Il mit rapidement fin à mes doutes. Je sentis sa main caresser mon visage. Il m'attira vers lui et m'embrassa. Il se mit progressivement sur moi. La chaleur de son corps m'enivra rapidement. Ses mains parcoururent mon corps frémissant. Peu sûre de moi, je tentai de l'imiter, glissant mes mains sur son dos. Je sentis petit à petit que son désir s'intensifiait. Malgré la pénombre, je pus distinguer de petites flammes se dessiner dans ses yeux. Je compris qu'il avait envie de moi et son désir ne faisait qu'attiser le mien. Si je n'avais pas gardé le peu de raison qu'il me restait, j'aurais certainement cédé à la tentation. Ce surplus d'émotions ne fit qu'augmenter notre fatigue. Après un ultime baiser brûlant, il se remit à côté de moi. Je déposai ma tête au creux de son épaule et m'endormis.
