Chapitre 27 - Épilogue
Mes yeux regardaient la signature qui marquait la fin du livre. « Silver-Angel » murmurais-je. Je me rendis compte que j'avais la nuque raide. J'avais lu le livre d'une traite, totalement absorbée par l'histoire. Avec un sursaut je regardais par la fenêtre. Évidement il faisait nuit noire. 22h30 indiquait ma montre. Oula, on allait s'inquiéter pour moi dans la vallée. Je saisis mon portable… toujours pas de réseau et batterie presque à plat. La poisse ! L'orage était passé mais la pluie n'en finissait pas de tomber. Dans cette obscurité et sur ce terrain trempé, cela aurait été une folie que de vouloir rentrer. La colonie de fourmis aperçue dans l'après-midi était partie se coucher depuis longtemps. Je devais me rendre à l'évidence, la nuit ne serait pas confortable.
Je m'installais donc du mieux que je le pus sur ce banc en bois, me disant que j'allais finir sur le sol. J'avais l'estomac qui gargouillait. J'espérais sincèrement m'endormir rapidement. Et ce fut le cas car lorsque je me réveillais dérangée par les piou piou des oiseaux, je tenais encore le manuscrit dans la main. Un coup d'œil à la fenêtre m'annonça une bonne nouvelle : le beau temps était revenu ! Je rassemblais donc mes affaires et mon sac à dos qui m'avait servi d'oreiller. J'ouvris la porte en bois et eu une minute d'arrêt. J'avais toujours le livre à la main. Je ne savais que faire. Pouvais-je l'emmener ? Et je me rappelais l'une des dernières phrase de ce manuscrit que je n'avais pas pu poser tant que je ne l'avais pas entièrement lu « Le hasard de la vie le transportera vers d'autres mains… ».
Je retournais donc dans la petite maison. Caressais pour la dernière fois le cuir de la reliure, si doux au touché. « Ce n'est pas du cuir de vache, ça ! ». Et je me remémorais tous les noms étranges d'animaux cité dans cet ouvrage… Je repliais délicatement le précieux livre dans les tissus, le reposais telle une sainte relique dans son coffre. Je dus m'aider de mes pieds pour re-glisser le coffre au fond de la niche où je l'avais trouvé. Le tas de bois qui avait été devant avait fortement diminué. J'avais lu à la lueur du feu de cheminée.
Enfin prête, je sortis. Après un dernier coup d'œil à cette petite maison de pierre nichée dans son bosquet d'arbre, je repartis vers le grand chêne où j'avais laissé le chemin. Cela ne faisait pas trois minutes que je m'étais mise en route que j'apercevais les secours qui avançaient dans ma direction.
- Bonjour, nous sommes à la recherche d'une femme qui s'est égarée hier ! Dis un pompier qui semblait être le chef des trois hommes qui me faisaient face.
- Cela doit être moi, je me suis faite surprendre par un violent orage hier après-midi.
- Vous n'êtes pas blessée ?
- Non, non ! J'ai eu la chance de trouver cette petite maison là derrière.
- Quelle maison ?
- Ben celle-là ! Dis-je en me retournant.
Le temps s'arrêta quelques secondes. Où était le bosquet d'arbre, où était la maison ?! Je voyais bien le grand chêne qui était à cinquante mètre de mon abris d'un soir, mais… Tout autour s'étendait une grande plaine herbeuse, sur laquelle il aurait été difficile de cacher une maison.
- Je… je ne comprends pas ! J'en sors. Cela ne fait même pas cinq minutes que je me suis mise en route !
- Euh madame ? Sans vouloir vous contredire, je connais bien la région pour y faire beaucoup d'intervention. Il n'y a aucune maison de pierre dans un rayon de 10 km.
- …
- Cela doit être le choc. Ou un mauvais rêve. Par sécurité, on va vous emmener à l'hôpital. On appelle l'hélico, asseyez-vous là.
- Je peux marcher !
- Vous avez passé une nuit dehors sous un sacré orage, on ne va pas vous demander d'efforts supplémentaires. Allez-vous avez gagné un petit tour d'hélico !
Certes présenté comme ça, cela avait l'air ludique. Mais enfin autant de moyens pour si peu… Je me retournais vers le grand chêne et l'endroit où était censée se tenir une solide petite maison… M'enfin, je ne pouvais quand même pas avoir inventé tout cela. J'entendis l'hélicoptère arriver. C'était impressionnant ! J'avais le cœur à fond. Ne pas me faire faire d'effort qu'il disait ! J'étais comme un gamin qui monte dans un manège pour la première fois de sa vie, ravie et inquiète. Quand l'engin pris de l'altitude, je regardais avidement par la fenêtre, j'allais forcément la voir cette foutue maison… Ni cette fois, ni les autres fois où obstinément j'étais revenue quadriller la zone, je ne revis cette petite maison avec son toit de lauses, son bosquet d'arbre…
Alors que l'hélicoptère faisait des manœuvres d'approche aux abords de l'hôpital, je percutais sur une évidence :
Si j'avais passé une après-midi, plus une nuit entière sous un orage intense, comment cela se faisait-il que j'étais parfaitement sèche et absolument pas en état d'hypothermie. J'allais en parler à l'officier qui m'accompagnait, puis me dis que j'allais m'attirer des complications à parler d'une maison fantôme… Je n'aime pas les blouses blanches.
« C'était un lieu secret que de rares personnes connaissaient. Un lieu où l'on pouvait parler sans être dérangé. Je me rappelle de Dark adossé à la petite maison de pierre, ses murs chauffés par le soleil renvoyaient une douce chaleur. Il était magnifique avec ses longs cheveux et son aura d'un rouge flamboyant. J'aurai peut-être dû lui dire... oui. »
ψψψψ
Et voilà, ainsi se termine « Les mémoires de l'Ange d'Argent ». J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire.
J'ai passé des heures passionnantes sur ce MMORPG qu'est Dofus. J'ai croisé tout un tas de gens, des « ti-jeunes » et des moins jeunes. Des qui savent à peine écrire français (le SMS c'est le mal) et des qui manipulent la langue de Molière à la perfection. Oui, oui, j'en connais beaucoup qui s'astreignent à commencer par une majuscule et finir par un point, même sur un canal de chat. Ce role play s'inspire donc beaucoup de ce que j'ai réellement vécu en jeu. J'ai gardé le nom des guildes par lesquelles je suis passée.
« Les joyeux Loufokes » : petit clin d'œil à « Kakku » et à « Pet » les Bordelais un peu Bohème. Petite guilde de « viocs » ultra discrète. De bons fous rires aussi avec « Krole ». (Sur ce genre de média, on est considéré comme vioc après 25 ans !)
« Les fruits exotiques ». Grosse guilde sympathique. Sa meneuse « Figue » beaucoup plus sympathique que ne peut le laisser penser le RP, qui n'est qu'une élucubration tirée de mon imagination. Les anciens membres qui ont lâché Dofus depuis longtemps, « Colt », « Malachim », « Vegetal », « Minato », ceux qui sont encore là « Alshyros », et j'en oublie.
«Les Chokobons ». autre petite guilde de "viocs" où était rangées notre Pandawa (Panda-One) et l'Osamoda (Fantasya). Au Grand Keolan notre meneur et maitre après dieu, ou c'est l'inverse !? A Pulchen grand manitou et bras droit toujours disponible et de bonne humeur (C'est lui qui nous a écrit la fameuse recette du Poolay à la bière de Bwork). Pour la petite histoire Pulchen a réussi l'exploit de me décoller de Dofus pour me coller sur Minecraft le monde des cubes ! Bon j'ai réussi à le scotcher sur TERA now, héhé. Et enfin, une grande pensée à ma Fecatte préférée Zazaa. Faut se tenir les coudes, il y a si peu de "vraies" filles sur ces jeux
Ensuite ma dernière guilde : « Les Latcho Niglos ». Sa meneuse Daladia, une maman comme moi ! On a inondé le canal guilde avec nos histoires de cuisine faisant saliver tous les autres loulous connectés, les déconcentrant de leur combat. C'est aussi la guilde qui m'a permis de me relever du vol de nos équipements. Car effectivement, on a eu la malchance de se faire piller 7 de nos 8 persos . Rude coup. Beaucoup nous ont aidés, donnés, prêtés, soutenus. Je ne cite pas les pseudos, mais si vous cliquez ici : fr/guilde/ulette/latcho-niglo-62300028/membres vous ne trouverez que des gens sympathiques.
A cette occasion, je remercie aussi les « connaissances », certains m'ont donnés 500 kamas (« je ne peux pas plus, mais c'est déjà ça »). Oui cela semble ridicule par rapport au prix d'un dofus ocre à 60 million. Mais la mer est composée de gouttelettes d'eau ! Et chacun vous a donné à sa mesure. J'ai été touchée par cette générosité venant parfois de joueurs que je connaissais à peine. La mise à nu de nos persos m'a montré un autre côté du serveur Ulette que je n'espérais plus dans ce monde de kikoulol. Celui de l'entraide, de la gentillesse, de l'échange. Cela change de ce que l'on peut observer sur les « map agro » où se tiennent des propos souvent lénifiants.
Enfin, cette aventure n'aurait pu exister sans mes deux compagnons de jeu « Sephiroth-Deceived » et « Sylis-Blood ». On a réussi l'exploit de coexister dans la même team plusieurs années malgré notre large différence d'âge. (Non je n'ai pas connu les dinosaures ! Mais enfin !) J'ai beaucoup appris de leur part sur le jeu en particulier et comment sont les jeunes en général. Confrontation qui a été enrichissante pour moi. J'espère qu'elle aura été réciproque.
Je suis encore mille fois désolée les gars, pour le million de boulettes que j'ai pu faire en combat. Je ne suis qu'une fille
