Le monde de Peeta venait de s'écrouler lorsque son nom avait été tiré au sort lors de la moisson. Katniss s'était portée volontaire pour sauver sa petite soeur. Mais personne ne s'est porté volontaire pour lui, pas un membre de sa famille ni d'amis. Deuxième coup de poignard. Au moment des adieux avec sa famille son père avait clairement dit qu'il espérait voir Katniss revenir. Troisième coup de poignard. Après tout il ne manquerait à personne. Sa famille le reniait et la fille de ses rêves ne faisait toujours pas attention à lui. Même aujourd'hui. Il n'était rien d'autre qu'une vache destinée à l'abattoir.

Peeta attendait dans l'antichambre de la mort. Celle où les moissonnés se préparaient à l'interview de César. Katniss venait de sortir de scène sans lui accorder aucun regard. La sonnette lui indiquant son entrée retentit. C'est le moment. Le moment de jouer la comédie pour sa propre survie.

Les lumières l'aveuglent. D'étranges vagues de couleur s'étendent à perte de vue face à ses yeux. Des perruques multicolores. Les visages qui le scrutent sont barbouillés de plusieurs couches de maquillage qui ne les rendent qu'un peu plus laids. Le surplus de graisse est apparent sur chaque citoyen du Capitole. Ils sont tous joyeux et cela ne les rend que plus dégoûtants de seconde en seconde. Comment un humain peut-il faire preuve de tant de frivolité alors que la moitié de la population meurt de faim au-delà de ses remparts ?

Peeta s'avança avec une infinie lenteur vers César qui lui indiqua le siège à côté de lui. Échange de courtoisie. Peeta joue docilement le jeu sans jamais faillir. Il répond à César du tac au tac. Les citoyens du Capital sont conquis. Il est en train de leur offrir un spectacle grotesque alors qu'ils savent tous qu'une mort imminente l'attend à la sortie de cette ville de lumière. Il étouffe sous cette atmosphère pesante. Il ne se sent pas lui-même. Peeta est accablé. Non pas parce qu'il sait pertinemment qu'il va mourir mais parce que Katniss vient avec lui vers une mort certaine. Il voulait la protéger même si de son côté elle nie l'existence du blond.

César, en grand présentateur, lui demanda s'il était amoureux. Bien sur qu'il l'était ! Et cela depuis l'âge de 5 ans. Cette pensée le conforta dans son grand malheur.

- Oui. Mais elle ne sait même pas que j'existe.

La réponse était brève. Il n'arrivait plus à rire. Fini de jouer à la comédie. Peeta en avait marre, marre de jouer un rôle qui ne lui va pas. De mettre les baskets d'un homme heureux de participer à l'exécution annuelle du Capitole. Il devait dire la vérité, sur ses sentiments. Être lui-même, même si cela devait lui coûter des sponsors. Après tout il sera mort de toute manière, avec ou sans sponsor, dans quelques jours.

- Remporte les Hunger Games et quand tu rentreras elle n'aura d'yeux que pour toi.

- Le fait de gagner les Hunger Games ne m'aidera pas ... Parce qu'elle ... est venue ici avec moi.