Merci à ceux qui me laissent une review ou qui me lisent juste. Voici le chapitre 2.
Le jeune femme fut réveillée par son bipeur à une heure des plus indécentes. L'hôpital réquisitionnait tout le personnel disponible car un accident venait de se produire sur l'autoroute impliquant un camion et une dizaine de voitures. Elle laissa un mot aux garçons et même si elle détestait les accidents mortels (qui pouvait aimer ?) elle était heureuse de cette distraction.
Elle resta près de vingt-quatre heures sans dormir. L'accident avait fait de nombreux blessés graves et certains étaient décédés. L'hôpital était en effervescence et en sous effectif de personnel, c'est pour quoi personne n'avait pu la relever avant. Elle rentra exténuée et se mit directement au lit sans prendre la peine de toucher au repas laissé par son fils.
Une cure de sommeil. Voilà ce qu'elle fit. Lorsqu'elle émergea, elle réalisa qu'elle avait dormi quasiment douze heures. Elle prit une douche rapide pour effacer les dernières brumes de sommeil et descendit dans la cuisine, son ventre criant famine. Elle salua son fils, Isaac et Stiles qui jouaient joyeusement à un jeu vidéo dans le salon. Elle s'installa devant son assiette avant d'être rejointe par Isaac. Il semblait vouloir dire quelque chose sans oser le faire. Elle entendit les rires de Scott et de son meilleur ami dans le salon et Isaac ferma la porte.
─ Ai-je fait ou dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? demanda soudain le jeune loup.
La question surprit Melissa et Isaac s'en aperçut.
─ C'est juste que j'ai l'impression que je vous mets mal à l'aise. Si ma présence vous gêne je peux trouver un autre endroit...
─ Tu es toujours le bienvenu ici. Sois en sûr. J'ai...
Elle savait qu'elle ne pouvait pas mentir sans qu'il ne s'en rende compte alors elle décida de jouer carte sur table en veillant à ne pas se trahir.
─ Je n'ai pas été franche la dernière fois. La nuit où je veillais sur toi, tu as eu une crise et on a discuté.
─ Oh.
─ Je suis désolée de ne pas te l'avoir dit avant mais c'est assez compliqué. Pendant tes crises de somnambulisme, tu crois être en couple avec ….
─ Vous, compléta Isaac pour elle. Avec vous n'est-ce pas ?
Elle acquiesça silencieusement et les joues du garçon s'empourprèrent violemment.
─ Tu savais ? demanda-t-elle.
─ Non. Enfin pas réellement. Je commençais à avoir des doutes. Et puis je ne suis pas débile. J'ai beau vouloir le nier de toutes mes forces, vous me plaisez.
Le jeune homme avait murmuré les derniers mots. C'était la première fois qu'il avouait à une personne être attiré par elle. Il n'était pas à l'aise avec l'expression des sentiments. De plus, il fallait que cette personne soit la mère de son ami. C'était extrêmement embarrassant comme situation. Et même s'il commençait à bien connaître Melissa, il avait peur de sa réaction.
─ Vous devez être en train de me prendre pour un fou.
─ Non. On ne contrôle pas toujours ses sentiments.
Et elle savait de quoi elle parlait même si elle ne pouvait pas être plus explicite sur le sujet sans se vendre.
─ Je vais partir. Ça vaudra mieux pour vous comme pour moi. Ainsi ma présence ne vous mettra plus mal à l'aise.
─ Isaac, non. Ne fais pas ça. Je ne mentais pas quand je disais que tu étais le bienvenu chez moi.
─ Est-ce parce que vous êtes la cause de mon somnambulisme que vous avez décidé de me parler le moins possible et de m'éviter au maximum ?
─ Pas seulement.
Les deux petits mots avaient fusé tout seul. Réfléchir avant de parler, voilà ce qu'elle avait oublié de faire. Elle se leva et s'activa à faire la vaisselle, croisant les doigts pour qu'Isaac n'ait pas repéré l'accélération significative de son rythme cardiaque. Elle se mit à frotter son assiette puis son verre. Ses doigts tremblaient et le verre lui échappa pour venir se briser dans l'évier.
─ Maman ça va ? cria Scott depuis le salon.
─ Oui, oui.
La voix de Melissa manquait d'assurance. Néanmoins son fils n'y prêta pas attention contrairement à Isaac. Il s'approcha lentement d'elle. Il posa ses mains sur les siennes pour l'empêcher de ramasser les éclats de verre.
─ Laissez-moi faire.
─ Non c'est bon.
Le torse d'Isaac se colla à son dos sans pour autant lâcher ses mains.
─ Je cicatrise plus vite que vous.
Son souffle lui caressait doucement la joue et elle s'arrêta de respirer. Elle se mit à serrer les poings oubliant qu'elle tenait déjà un bout de verre. L'éclat lui entailla la main, lui arrachant un gémissement de douleur.
─ Je vous l'avais dit.
Il lui desserra les doigts pour retirer le morceau de verre de sa paume et épongea le sang à l'aide d'un torchon.
─ Isaac... Stop.
Il la lâcha à regret et la regarda l'air piteux.
─ J'avais raison. Partir est la meilleure solution. Le moindre geste, la moindre parole... Vous n'allez pas savoir comment les interpréter. Vous allez vous demander à chaque fois si je n'ai pas quelque chose derrière la tête. C'est de ma faute et je m'en excuse. Je ne voulais pas vous causer de problèmes. Je ferai mon sac et je partirai. En attendant, avez-vous besoin de quelque chose pour votre main ?
Melissa avait envie de lui dire que rien n'était de sa faute, qu'elle aussi avait ses torts mais pour l'instant elle devait se préoccuper de sa main qui continuait de saigner. Elle ne voulait pas se rendre à l'hôpital et préféra appeler son amie.
─ Tu peux me passer le téléphone s'il te plaît ?
Le jeune loup s'exécuta et elle composa le numéro du Dr Wright.
─ Jenna ? Tu pourrais passer à la maison ?
─ Oui j'arrive, répondit-elle toute joyeuse.
─ Avec ta trousse de suture ?
─ Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu vas bien ?
─ Je me suis coupée avec du verre, j'ai besoin de quelques points.
─ Je suis là dans cinq minutes.
Scott alerté par l'odeur du sang vint voir sa mère. Elle le rassura et lui permit de se rendre chez Stiles. Elle se demandait d'ailleurs si elle n'avait pas perdu trop de sang car c'était la première fois que son fils lui demandait l'autorisation de se rendre chez son meilleur ami.
On sonna à la porte et Isaac alla ouvrir.
─ Tu dois être... Isaac ?
─ Exact. Et vous devez être Jenna. Enchanté.
Il l'accompagna jusque dans la cuisine où Melissa semblait plus blanche que lorsqu'il l'avait laisseé.
─ Vous avez besoin d'aide ?
─ Non, je te remercie.
─ Je serai à côté au cas où, expliqua-t-il en tournant les talons.
Les deux filles se retrouvèrent donc seules et Jenna attrapa la main blessée de son amie pour observer la profondeur de l'entaille.
─ Tu n'y es pas allée de main morte dis-moi.
─ Depuis quand je fais les choses à moitié, répliqua Melissa en rigolant faiblement.
Jenna nettoya la plaie et appliqua un anesthésique locale.
─ Il faut du temps pour que ça agisse. Ça nous laisse un petit moment pour discuter. Tu ne m'avais pas dit qu'il était aussi mignon.
─ Jen' pas maintenant. Pas ici.
─ Pourquoi ? Ici ou ailleurs c'est pareil. Je comprends mieux que tu...
─ Jen ! s'exclama Melissa. Pas ICI.
Son amie la regarda comme si elle avait perdu la tête et haussa un sourcil d'incompréhension.
─ Les murs ont des oreilles, chuchota l'infirmière tout en sachant que si Isaac écoutait, ça ne servait pas à grand chose.
─ Quoi ? Tu penses que ton protégé écoute aux portes ? demanda Jenna en imitant la blessée.
─ Je préfère ne pas prendre le risque.
Elle ne pouvait pas lui expliquer qu'Isaac était un loup-garou et que par conséquent, il avait une ouïe sur-développée.
Jenna ne chercha pas plus loin même si elle brûlait de curiosité.
─ Sujet neutre. Tu t'es fait ça comment.
─ Un verre m'a glissé des mains. J'ai voulu ramasser les morceaux.
─ A mains nues ?
─ Mmmmm.
Evidemment, ça ne s'était pas tout à fait passé comme ça mais révéler l'exactitude des faits alors qu'Isaac se trouvait à portée d'oreille n'était pas le meilleur moyen de garder son secret.
Jenna se mit à fouiller dans sa sacoche et constata qu'elle avait oublié les bandages. Elle rédigea une ordonnance et alla trouver le loup. La pharmacie se trouvant en ville, cela laissait aux deux jeunes femmes le temps nécessaires pour discuter.
─ Nous voilà seules, déclara fièrement le Dr Wright.
─ Super, fit Melissa faussement enjouée. Je suppose que tu vas me cuisiner pendant que tu me recouds ?
─ Tu as tout compris. Comme ça je pourrai te torturer à volonté.
Les deux amies pouffèrent et Melissa se lança.
─ Je lui ai dit le pourquoi de ses crises de somnambulisme mais il avait déjà ajouté un plus un. Je n'ai fait que confirmé ses doutes.
─ Oh ! Il savait.
─ Plus ou moins. Il m'a clairement dit que je lui plaisais.
─ Wouah. Et ?
─ Il veut partir.
─ Et à quel moment as-tu fait preuve de stupidité en prenant un bout de verre à pleine main ?
─ Au moment où il a posé ses mains sur les miennes pour m'empêcher d'être stupide. Ce contact était tellement...tellement...J'ai serré les poings et voilà.
Jenna se mit à recoudre rapidement la coupure de son amie. Il fallut tout de même cinq points de sutures pour complètements refermer la plaie.
─ Le problème, c'est que lorsque je lui ai demandé d'arrêter de me toucher, il a mal interprété ce que je disais. Il a cru que j'étais gênée par rapport à ce qu'il m'avait dit plus tôt. Mais ce n'est pas le cas. C'est juste que, en sa présence j'ai du mal à rassembler mes idées. Je sens que je suis sur le point de craquer mais je ne peux pas. Jen', je n'ai pas le droit de craquer. C'est moi l'adulte dans cette histoire, je dois être raisonnable et faire les bons choix.
Une larme coula le long de la joue de Melissa. L'accumulation de la fatigue et du stress venait d'avoir raison de ses nerfs.
─ Les bons choix pour qui Mel' ?
─ Lui. Moi. Pour tout le monde. Promets-moi que ça restera notre secret.
─ Bien sûr. Une dernière question. Imagine, si tu décidais de te montrer déraisonnable, tu ferais quoi ?
─ Ça n'arrivera pas. Il y a beaucoup trop de choses en jeu.
─ Je sais mais juste, imagine. Tu lui sauterais dessus, enlèverais son T-shirt et...
─ J'ai compris l'idée merci, annonça Melissa en rougissant. Je laisserais parler mes sentiments sans retenue.
─ T'es pas marrante.
─ Eh ! J'ai pas dit ce qui suivrait.
Elles partirent dans un fou rire incontrôlable alors qu'Isaac faisait son entrée dans la pièce. Aussitôt, les filles reprirent leur sérieux et Jenna banda la main de son amie. Isaac resta à les observer depuis le pas de la porte.
Un téléphone vibra et le jeune loup expliqua à Melissa que son fils restait dormir chez Stiles.
─ Je m'en doutais. Et toi ? Tu restes ou tu pars ? Tu es le bienvenu ici peu importe ce qui a été dit tout à l'heure.
─ Je reste pour ce soir. Je verrai demain.
Le cœur de la jeune femme fit un bond dans sa poitrine et elle se tourna vers son amie qui avait le sourire aux lèvres.
─ Tu restes dîner ?
─ Désolée, je suis de garde.
Jenne lui fit un clin d'oeil tout en rangeant ses affaires. Melissa n'eut qu'une envie, la tuer. A la place elle articula un ''Je te déteste'' silencieux que son amie contra en lui déposant un baiser sur la joue. Puis elle s'adressa à Isaac.
─ Il faut qu'elle se ménage pour ce soir et surtout, par pitié, ne la laisse pas approcher les verres, les couteaux ou les fourchettes.
Isaac hocha la tête et la raccompagna à la porte.
─ Je la déteste, je la déteste, je la déteste, marmonna Melissa en faisant les cents pas.
─ Je suis désolé que tu doives passer la soirée en ma compagnie, déclara Isaac.
Melissa fut stoppée dans son élan par la voix chaude du jeune homme. C'était la première fois qu'il la tutoyait. Pourtant, elle l'avait poussé à le faire à plusieurs reprises. En vain.
─ Je ne disais pas ça dans ce sens.
─ Je sais, fit posément Isaac.
Préférant éviter le sujet, elle se mit à fouiller dans les placards, cherchant de quoi préparer le dîner. Il fallait qu'elle s'occupe l'esprit pour ne pas penser à la soirée à venir. A Isaac et elle en tête à tête. Elle tendit les bras pour attraper le paquet de spaghetti mais deux mains vinrent lui enserrer les poignets.
─ Tu vas me faire le plaisir de t'asseoir confortablement sur le canapé ou où tu veux mais ce soir, tu dois te ménager. Ordre du docteur.
Elle ne chercha pas à contester, voulant rompre le contact avec le jeune homme le plus rapidement possible. Elle s'assit donc sur une chaise de la cuisine alors que le loup attrapait les pâtes.
─ Tu voulais faire quoi avec ? lui demanda-t-il.
Elle lui indiqua la recette à suivre et il s'activa à préparer le dîner. Le silence dans la cuisine était pesant. Melissa se sentait oppressée. Isaac s'en aperçut et lui servit un verre de vin qu'elle refusa.
─ Tu as le droit de te montrer déraisonnable pour une fois, déclara-t-il sans lever les yeux du plan de travail. Et puis ce n'est qu'un verre...
Les mots firent l'effet d'une claque à la jeune femme. Elle attrapa son verre et but une gorgée.
─ Qu'est-ce que tu as entendu de ma conversation avec Jenna ?
─ Tout ou presque. En tout cas, assez pour savoir l'effet que je te fais quand je te touche.
Cette fois, il avait ancré ses yeux dans les siens. Il entendit son cœur accélérer mais ni l'un ni l'autre ne détourna le regard. Pour se donner un peu de contenance, elle prit une nouvelle gorgée de vin.
─ Tu n'aurais jamais dû entendre tout ça, murmura-t-elle.
Ne tenant plus en place, elle se leva dans le but de mettre la table. Toutefois, Isaac la prit de vitesse et lui bloqua l'accès au tiroir à couverts.
─ Tu fais quoi là ?
─ Je nous évite un autre accident pour la soirée. A moins que cinq points de sutures ne te suffisent pas ? répliqua le jeune loup.
Au même moment, l'eau des pâtes se mit à déborder de la casserole et tous deux se précipitèrent pour baisser le feu. Leurs doigts se frôlèrent et Isaac en profita pour lui caresser doucement la main du pouce. Elle ferma les yeux, rassemblant ses forces pour le repousser. Elle fit l'erreur de se retourner et leur corps se retrouvèrent plaqués l'un contre l'autre. Le pouce d'Isaac continuait ses aller-venu au creux de son poignet et Melissa se sentit perdre pieds un peu plus à chaque seconde. Le loup le perçut et il se pencha vers le visage de l'infirmière.
─ Isaac, souffla-t-elle. Arrête.
─ Pourquoi ? Tu en as autant envie que moi.
─ On ne peut pas.
─ Une fois. Juste une fois et je disparaîtrai de ta vie.
Le voix du jeune homme n'était qu'un chuchotement au creux de son oreille. Melissa frémit imperceptiblement lorsque le souffle chaud du loup vint lui caresser la joue.
─ Une fois, supplia-t-il. Une parenthèse dans ta vie. Un moment de folie.
Lentement, elle leva les yeux vers lui et il vit qu'il avait presque gagné. La jeune femme était en train de se noyer dans cet océan bleu. Elle était vaincue.
─ C'est de la folie, laissa-t-elle échapper.
Isaac s'empara doucement de ses lèvres lui laissant ainsi une dernière chance de s'échapper. Mais elle n'en fit rien. Il venait d'abattre les dernières barrières érigées par la jeune femme. Ils s'embrassaient tendrement, leurs lèvres s'épousant parfaitement. Sans rompre ce contact, il tendit la main pour éteindre le gaz puis passa une main sous le T-shirt de Melissa pour venir trouver la cambrure de son dos. Contre toute attente, elle ne le repoussa pas et l'imita. La passion les embrasa petit à petit et ils se retrouvèrent bientôt à bout de souffle.
Ils reprirent leur respiration avant de reprendre là où ils s'étaient arrêtés. Les mains du loup se promenaient le long du dos de l'infirmière.
─ Isaac, gémit-elle contre ses lèvres.
Il se recula légèrement pour essayer de déchiffrer son visage.
─ Tu veux que j'arrête ?
Ne trouvant pas ses mots, elle secoua simplement la tête et il fondit sur ses lèvres. Il la souleva et la déposa sur le plan de travail. Enfin elle se trouvait à sa hauteur. Les mains de Melissa se posèrent sur son torse puis descendirent le long de ses côtes pour venir finalement trouver son T-shirt. Elle lui enleva découvrant ainsi sa musculature parfaite.
La bouche d'Isaac vint embrasser délicatement son épaule, le creux de son cou puis remonta jusqu'à sa joue et finit par retrouver sa bouche. Il ne fallut pas longtemps pour que leur langue se rencontrent. La fièvre du désir ne cessait de croître au fur et à mesure de leur exploration mutuelle. N'y tenant plus, Isaac fit passer le T-shirt de Melissa au-dessus de sa tête, dévoilant pour la première fois son corps. La jeune femme se sentit soudain mal à l'aise. Elle n'osa pas le regarder de peur de voir qu'elle ne lui plaisait plus. Le loup perçut son malaise. Du bout des doigts, il la força à relever la tête, déposa un chaste baiser sur ses lèvres et lui glissa à l'oreille :
─ Tu es magnifique.
De nouveau, ils se laissèrent envahir par la passion et le désir. Ils devinrent peu à peu plus tactiles et sans savoir comment, ils se retrouvèrent dans la chambre de Melissa. Celle-ci sembla légèrement hésiter au moment où ses doigts se posèrent sur la ceinture du jeune homme.
─ Il est encore temps de tout arrêter.
Mais elle savait qu'elle n'était pas capable de faire marche arrière. Elle avait franchi le point de non-retour depuis longtemps déjà.
Ils se déshabillèrent mutuellement et plongèrent entre les draps laissant leurs sentiments prendre le contrôle de leur corps.
OooOooOooOooO
Le réveil de Melissa fut chaotique. D'abord, elle s'éveilla en sursaut pensant qu'elle était en retard pour prendre son service. Il lui fallut plusieurs secondes pour se souvenir qu'elle était en repos. Chose faite, d'autres souvenirs lui revinrent. Ceux de sa nuit. Se tournant, elle découvrit qu'elle était seule dans le lit. Une note était simplement posée sur l'oreiller.
J'ai voulu t'éviter un réveil embarrassant et surtout je ne voulais pas lire le regret dans tes yeux. Alors comme promis, je disparais. Sache que je ne regrette rien de cette nuit et j'espère que toi non plus.
PS : Je n'ai qu'un regret, que cette nuit n'ait pas de lendemain.
La panique s'empara d'elle. Qu'avait-elle fait ? Elle s'habilla rapidement et attrapa son portable.
─ Allô, fit une voix encore ensommeillée.
─ Je te réveille ?
─ Non, c'est bon. Ça va ?
─ J'ai fait une bêtise...
Le tremblement de la voix de l'infirmière était très perceptible même à travers le téléphone. Son amie l'entendit clairement et cela finit de la réveiller complètement.
─ J'arrive. Tu m'offres le café et j'amène les muffins. A tout de suite.
On sonna à la porte dans le quart d'heure suivant. Melissa alla ouvrir et Jenna, au visage de son amie comprit qu'elle en avait gros sur le cœur.
Les deux jeunes femmes se préparèrent un plateau avec les muffins et du café tout chaud pour s'installer confortablement sur le canapé.
─ J'ai craqué, déclara Melissa de but-en-blanc.
Les yeux de Jenna s'écarquillèrent de surprise, restant sans voix quelques instants.
─ Tu veux dire que tu l'as embrassé ?
─ Pas seulement.
Et la jeune femme se lança dans le récit de sa folle nuit. Jenna n'en croyait pas ses oreilles. Elle n'aurait jamais pensé que son amie se laisserait aller. Elle qui était toujours très sérieuse et qui réfléchissait toujours avant d'agir avait succombé. Mais Jenna ne la jugeait pas.
─ Et il est où là ? demanda-t-elle à la fin de l'histoire.
─ Parti.
Elle lui tendit la note et Jenna comprit pour quoi le visage de son amie était aussi grave. Elle connaissait la Melissa forte et sûre d'elle et c'était la première fois qu'elle la voyait dans cet état, le cœur meurtri et le doute illuminant ses yeux.
─ Tu regrettes ?
─ Oui et non. Oui parce que je savais que craquer entraînerait souffrance. J'avais tout fait pour me protéger jusque-là. Et non parce que c'était magique. Mais je suis censée faire quoi maintenant ? Et comment je vais pouvoir regarder mon fils dans les yeux hein ?
─ Que veux-tu que je te dise ? De l'oublier ? De ranger ce souvenir au fond de ta mémoire ? Ne compte pas sur moi pour ça. Tu en avais envie, lui aussi vous en avez profité, tant mieux pour vous. Personne n'a besoin de savoir ce qu'il s'est passé sauf si tu en décides autrement. Maintenant, tu sais ce qu'il veut. Il a été plutôt clair. Reste à savoir ce que toi tu veux.
─ On n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie, répliqua Melissa.
─ Donc tu veux la même chose que lui, en conclut Jenna. Pourquoi tu t'en empêches ? Donne-moi une bonne raison !
─ Déjà, j'ai plus du double de son âge. Dans dix ans ou vingt ans, je serai toute ridée et lui aura encore de belles années devant lui. Ensuite, c'est un ami de mon fils qui, soit dit en passant a le même âge. Je vais passé pour quoi moi ? Une détraquée ? Une vieille qui s'attaque au petit jeunot qu'elle a hébergé ? Et puis, je ne suis sûrement qu'une passade pour lui. Il va bientôt découvrir les joies de la fac. Je ne serai plus qu'un fantôme du passé.
─ Ok, tu as de bonnes raisons mais je peux toutes les contrer aisément. L'âge. J'avoue dix-sept ans, c'est jeune. Mais il a l'air mature pour son âge et sûr de ce qu'il veut, ce qui me fait dire que tu n'es pas seulement une passade. Après, vingt ans d'écart ce n'est pas insurmontable je pense. Et puis, vis ta vie au jour le jour, tu ne sais pas ce qu'elle te réserve. Ensuite, il y aura toujours des gens pour parler sur ton dos mais si tu es heureuse, tu passeras outre. Pour ton fils, tu le connais mieux que moi mais je ne pense pas me tromper en disant qu'il ne trouvera rien à redire si tu es heureuse dans ta vie amoureuse.
Melissa resta silencieuse, réfléchissant aux paroles plus que pertinentes de son amie. Jenna était toujours de bons conseils et encore une fois, elle le lui prouvait.
─ Merci, dit l'infirmière.
─ De …. ?
─ De ne pas me juger. De m'écouter. Bref, d'être mon amie.
Elles se prirent dans les bras, scellant un peu plus leur amitié.
─ Plan d'attaque ? demanda Jenna.
─ Je ne sais pas. Je pense qu'il vaut mieux que je parle à Isaac d'abord. Parce que si je discute avec mon fils et qu'Isaac a changé d'avis...
─ Même si je ne pense pas que ce soit le cas, trouver ton Isaac en premier est une bonne idée.
─ Ce n'est pas...
─ ''ton Isaac''' ? Presque. Alors maintenant, tu me fais le plaisir d'enlever ce jogging et de t'habiller convenablement.
Les deux jeunes femmes se rendirent dans la chambre de l'infirmière et Jenna commença à fouiller dans la penderie de son amie. Elle lui tendit sa nouvelle robe verte et une paire de sandales compensées.
Melissa avait l'impression d'être une adolescente allant à son premier rendez-vous. Etait-ce normale qu'à son âge, elle se sente toujours aussi fébrile et que des papillons voletaient dans son ventre ? L'amour n'a pas d'âge, finit-elle par en conclure.
─ Bon, te voilà prête, annonça Jenna en l'observant de la tête au pieds. Tu es à tomber. Tu n'as plus qu'à le rejoindre.
─ Et c'est là que le bât blesse. Je ne sais pas où il est et je n'ai pas son numéro.
─ Ça fait deux mois qu'il vit chez toi et tu n'as même pas son portable ! T'as plus qu'à demander à Scott.
A contre cœur, elle appela son fils.
─ Maman ? Tout va bien ? attaqua tout de go Scott.
─ Oui. Je voulais juste savoir si tu avais le numéro d'Isaac.
─ Euh...oui.
Il lui donna avant de raccrocher. Melissa fut soulagée qu'il ne lui demande pas pour quelle raison elle en avait besoin.
Jenna la vit hésiter et composa le numéro pour elle puis l'encouragea du regard. Melissa prit une profonde inspiration au moment où le loup décrochait.
─ Allô.
─ Isaac ?
─ Melissa.
Cette dernière ne savait pas quoi dire. Les mots se bousculaient contre ses lèvres mais aucun ne voulaient sortir. Le silence se prolongea et Jenna battait des mains pour l'encourager à parler.
─ Melissa, ça va ? commença à s'inquiéter le jeune homme.
─ Je...J'aimerai qu'on discute. De vive voix.
─ Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Je sais déjà ce que tu vas dire. Je préfère ne pas vivre ça.
─ Non, tu ne sais pas.
La jeune femme cria presque ces mots. Elle avait pensé à tort que ce serait facile d'amener Isaac à discuter.
─ Tu veux me faire croire que tu vas me dire que tu ne regrettes pas ce qu'il s'est passé ?
─ Viens et tu sauras. Chez moi dans vingt minutes.
Et elle raccrocha sans lui laisser le temps de répondre. Il fallait qu'il vienne, c'était indispensable.
─ Alors ? fit Jenna plus curieuse que jamais.
─ Dans vingt minutes, si tout va bien.
─ Je n'ai pas de conseils à te donner si ce n'est, ne réfléchis pas trop. Laisse les mots sortir comme ils viennent.
Cela faisait à peine une minute que Melissa avait raccroché et déjà on sonnait à la porte.
Chapitre 2 fini. Votre avis ? Je ne mords pas =)
