Deuxième parti de cette fiction.
Bonne lecture
Quelqu'un frappa à la porte du loft. Derek était tout seul ruminant sur le canapé. Dès qu'il entendit les coups, tous ses sens se mirent en éveil. D'abord son ouïe. Il entendait le battement régulier d'un cœur. Il battait un peu trop vite. Ensuite son odorat. Il sentait un parfum qu'il reconnaîtrait entre milles. C'était le parfum de l'espoir. Il se dirigea donc vers l'entrée et ouvrit la porte.
― Jennifer, la salua-t-il.
― Derek.
Il s'écarta et l'invita à entrer. Elle était nerveuse, il le sentait.
― Vas-y, installe-toi, dit-il en désignant le canapé. Tu veux boire quelque chose ?
― Non, merci, ça ira, répondit-elle en s'exécutant.
Il s'assit sur le fauteuil en face d'elle.
― J'ai longtemps hésité avant de venir te voir, expliqua-t-elle.
― Je m'en doute, mais je suis heureux que tu l'aies fait.
― J'ai plein de questions sans réponses...
― Et je suis prêt à y répondre.
Jennifer osait à peine le regarder. Toutefois, Derek ne s'en formalisa pas.
― Je ne sais pas par quoi commencer...J'ai lu tellement de choses en deux jours...
― Lance-toi, je ne mords pas.
Il avait mal choisi ses mots mais contre toute attente elle lui sourit.
― Quelle est la part de vérité dans les mythes ?
― La pleine lune. Après les balles d'argent ne nous font rien mais l'aconit tue-loup peut nous tuer. Notre vitesse, nos réflexes, nos sens sont améliorés.
Elle écoutait attentivement ce qu'il lui disait assimilant doucement chaque information.
― ''Nous'' ? Tu n'es pas seul ?
― Non. Ma sœur et mon oncle sont comme moi, c'est héréditaire dans ma famille. Et il y en a d'autres qui ont été transformés.
― J'en connais ?
― Tu es certaine de vouloir le savoir ?
― Oui.
― Scott McCall, Isaac Lahey et Vernon Boyd en sont.
― Oh !
Elle resta muette quelques secondes.
― Et vous fonctionnez comment ? En clan ?
― En meute mais ça revient au même.
Un détail lui revint en mémoire.
― Dans la chaufferie, quand tu m'as sauvé... C'était la pleine lune si je me souviens bien ?
Il acquiesça silencieusement.
― J'ai vu des yeux jaunes. Je n'étais pas sûre de ce que j'avais vu mais ça se tient. Pourtant tes yeux sont rouges non ?
― Les miens sont rouges parce que je suis le chef de la meute, l'alpha. Et tu as bien vu des yeux jaunes.
Il lui raconta alors comment leur plan avait mal tourné.
― On aurait dû être plus prudent, ajouta Derek. Tu aurais pu être blessée ou pire.
― Ce n'est pas le cas, tu es venue à mon secours et je t'en suis reconnaissante.
― C'est ma faute si tu t'es retrouvée en danger.
― Arrête !
Elle tendit la main vers son bras. C'était la première fois qu'elle le touchait depuis la révélation de son secret. Elle fixa ses yeux bleus avant de déclarer :
― Si ça ne s'était pas passé de la sorte, je ne t'aurais peut-être jamais rencontrée.
― Ça aurait sûrement été préférable, murmura le loup.
Elle dégagea sa main et le regarda gardant tant bien que mal son calme.
― Tu regrettes ce qu'il s'est passé l'autre nuit ?
― Non ! Je regrette que tu te retrouves impliquée dans mon monde. Tu vivais paisiblement, n'imaginant pas un seul instant que le monde qui t'entoure pouvait être plus complexe qu'il en a l'air et maintenant, ta vie s'en retrouve bouleversée.
― Donc tu ne regrettes absolument pas ce qu'il s'est passé entre nous ?
― Non. Ça faisait bien longtemps que je ne m'étais pas senti aussi vivant et aussi bien avec quelqu'un.
― Alors arrête de t'en vouloir de m'avoir fait découvrir une autre facette de ce monde. C'est vrai qu'il va me falloir un peu de temps pour assimiler tout ça mais je serais heureuse d'en apprendre plus sur toi. Je veux te connaître, savoir qui tu es...
Derek était abasourdi. Elle ne fuyait pas malgré sa nature lupine.
― Moi aussi, annonça-t-il.
― Mais ? Je sens qu'il y a un ''mais'' ?
― Me côtoyer te met en danger. Je te l'ai déjà dit, tout le monde autour de moi finit par être blessé.
― Donc tu ne veux rien avoir à faire avec moi sous prétexte...
― Ce n'est pas un prétexte. Je ne veux pas perdre une autre personne qui m'est chère.
Elle sourit à cet aveu. Elle ne lâcherait pas le morceau mais voyait bien qu'il campait sur ses positions alors elle préféra clore le sujet. Pour le moment.
― Pourquoi est-ce moi que tu es venu voir l'autre soir ? Tu aurais pu prendre contact avec les autres. Pourquoi moi ?
Il n'en savait rien. Son instinct l'avait guidé jusqu'à elle. Dans une demie-conscience, le loup avait pris le dessus et ses pas l'avaient mené jusqu'à elle.
― Je n'en ai pas la moindre idée. La seule chose que je sais, c'est que si je n'étais pas arrivé jusqu'à toi, je ne serais pas là pour te parler.
Elle rigola doucement ce qui le fit sourire.
― Tu veux me faire croire que je t'ai sauvé la vie ? C'est gentil mais tu cicatrises tout seul d'après ce que j'ai compris alors je n'y suis pour rien.
Il lui prit les mains et les pressa doucement. Il se pencha vers elle et elle fit de même.
― TU m'as sauvé...
Alors qu'il allait continuer, il se releva brusquement.
― Tu...Tu m'excuses une seconde ?
Elle hocha la tête et il s'éclipsa en direction de l'entrée. Il fit glisser la porte et découvrit Peter.
― Tu pourrais éviter de laisser traîner tes oreilles.
― Ça commençait à devenir intéressant, se lamenta son oncle.
― T'es là depuis combien de temps ?
― Pas assez à mon goût.
― Rentre chez toi.
― Très bien, très bien, dit Peter en faisant demi-tour.
Derek regagna le salon la mine désolée.
― Je m'excuse pour ce contre-temps. C'était mon oncle...
― Comment t'as su qu'il était là ?
Puis elle secoua la tête se rappelant qu'il avait l'ouïe ultra-développé.
― Question bête, désolée.
Il se rassit en face d'elle et Jennifer se mordit la lèvre inférieure une question lui brûlant la langue.
― Quand tu m'as retrouvée sur le parking, tes blessures étaient loin de cicatriser, idem quand on s'est retrouvé au loft. Mais le lendemain matin... Il te faut toujours autant de temps pour cicatriser ?
― Non, c'est ce que je te disais. C'est grâce à toi.
― Mais en quoi ?
― Les sentiments que tu me portes...
Elle baissa les yeux. Il venait de la percer à jour alors qu'elle n'arrivait pas à lire en lui.
― Tu est télépathe également ? demanda-t-elle en riant nerveusement.
Il rigola à son tour.
― Non. Mais il y existe une légende chez nous qui dit qu'un humain qui arrive à entrer dans le cœur d'un loup est capable de soigner tous ses maux.
Derek ne l'avait pas regardé, il n'avait pas l'habitude se confier sur ce qu'il ressentait. Il avait beau utiliser un moyen dérobé, ouvrir son cœur n'était pas chose aisée.
― Donc c'est réciproque ? le questionna timidement Jennifer.
On aurait dit deux adolescents de quinze ans vivant leurs premiers émois. C'était ridicule.
― Tu en doutais ? Même après la nuit qu'on a passé ? répliqua gentiment Derek.
― Excuse-moi, mais tu n'es pas l'homme le plus facile à déchiffrer.
A présent ils se défiaient du regard. Le loup était comme hypnotisé par la jeune femme.
― Est-ce que tu as peur de moi ?
Le ton de l'alpha était anxieux. Elle passa sa main sur son menton mal rasé lui caressant doucement la joue.
― Non. La peur est sûrement le denier sentiment que tu m'inspires.
La voix de Jennifer était teintée d'une pointe de séduction et ses lèvres ne demandaient qu'à être embrassées. Il se pencha vers elle jusqu'à ce que leur bouche se rencontrent. Baiser tendre, passionné et rempli d'amour, voilà le goût de ce baiser. Il l'attira sur ses genoux et elle entoura ses bras autour de son cou. Ils rompirent le contact de leurs lèvres et Derek ancra son regard dans celui de Jennifer.
― Il va falloir que je rentre.
― Tu ne veux pas rester ? J'aime bien t'avoir dans mes bras...
― Moi aussi mais il faut vraiment que j'y aille.
Le bleu des yeux du loup s'assombrit. Elle s'en rendit compte et déposa une bref baiser sur ses lèvres.
― Ne va pas croire que je te fuis. J'aurais bien voulu rester mais pas ce soir.
― Très bien. Demain soir je passe te chercher au lycée et on fera tout ce que tu voudras.
― Parfait, déclara-t-elle en se levant.
Mais il la retint prisonnière encore quelques secondes le temps d'un baiser.
Elle prit la direction de chez elle le coeur léger. Même si tout ce que Derek lui semblait encore surréaliste, elle avait apprécié le moment partagé avec le loup.
Derek de son côté était adossé à la porte du loft là où il avait laissé partir Jennifer. Pour la première fois depuis bien longtemps, il se sentait heureux et insouciant. Elle ne l'avait pas rejeté malgré sa nature lupine. Au contraire, elle voulait continuer de le voir.
Ce soir-là, ils s'endormirent chacun de leur côté rêvant à leur rendez-vous du lendemain.
Toute la journée, Derek refréna son envie d'appeler Jennifer. Juste entendre sa voix parce qu'elle lui manquait. C'était fou à dire mais ne pas la voir, l'entendre parler ou rire provoquait un grand vide en lui. Il se demandait à quel moment elle avait pris cette place aussi importante dans sa vie et plus particulièrement dans son cœur. Il résista, comblant ce manque par un entraînement intensif.
A 17h, il attendait patiemment sur le parking. Le lycée se vida rapidement. Au bout de dix minutes, Jennifer n'était toujours pas là. Il décida de la rejoindre dans sa salle. Les couloirs étaient déserts. Il avait un mauvais pressentiment. A chaque pas qui le rapprochait de la classe de la jeune femme, il sentait une sourde angoisse s'insinuer en lui. Il accéléra et se mit à courir. Il ouvrit à la volée la porte et découvrit la salle vide. Il s'avança vers le bureau quand on l'interpella depuis la porte.
― Tu cherches quelqu'un ?
― Oui Stiles et ce n'est pas toi.
― Non sans blague !
― D'ailleurs qu'est-ce que tu fais là ?
―J'ai oublié un livre. Je peux te renseigner ?
― Je chercher Jenni...Mlle Blake ?
― Oh vous vous appelez par vos prénoms ? Peter nous avait bien dit qu'il y avait un truc entre vous mais...
― Stiles, grogna Derek.
― Elle n'a pas assuré ses cours de toute la journée donc je ne peux pas t'aider. Désolé.
Il s'était passé quelque chose. Elle n'aurait pas fui. Il la connaissait depuis peu de temps mais il était sûr qu'elle n'était pas le genre de femme à se dérober. Il se mit à farfouiller dans le bureau sous le regard médusé de Stiles. Il tomba sur une enveloppe scellée portant son nom. Il la retourna et découvrit avec effroi le symbole de la meute des alpha imprimé dans la cire rouge. Son visage se décomposa et inquiéta Stiles. Jamais il n'avait vu le loup perdre ses moyens.
Derek ouvrit l'enveloppe et lut le message.
Prêt à perdre un nouvel être cher ? Tu sais ce que j'attends de toi. La vie d'un membre de ta meute contre sa vie à ELLE.
Derek tomba à genou, totalement désemparé. Ses yeux brillaient, les larmes prêtes à rouler le long des ses joues. Stiles ramassa le bout de papier qu'il avait laissé tombé et prit connaissance de l'ultimatum. L'alpha se relava, le regard plein de détermination et de rage. Alors qu'il s'apprêtait à passer la porte Stiles le rattrapa.
― Tu vas où comme ça ?
― La chercher !
― Et tu penses t'y prendre comment ? Tu vas te pointer chez eux et les supplier de la libérer.
― Oui, assura Derek. Mais pas aussi gentiment.
― Parce que face à une meute d'alpha tu vas faire le poids peut-être !
Le jeune humain n'avait pas tort, seul face à cinq loups il perdrait toutes chances de la sauver.
― Et tu proposes quoi petit génie ?
― On réunit tout le monde au loft, y compris ton oncle et Allison et après on avise.
Derek acquiesça silencieusement et suivit le jeune adolescent.
Une demie-heure plus tard, le loft était en ébullition. Même s'il ne s'était pas étendu sur les détails, les autres avaient compris que Jennifer Blake était importante pour l'alpha. La mise en place d'un plan fut des plus chaotiques. Derek était partisan d'attaquer de front mais il était le seul. Même Peter était contre. Ils finirent par se mettre d'accord. Scott ayant également attisé l'attention de Deucalion, il lui fixerait un rendez-vous. Il serait accompagné d'Isaac, de Boyd et d'Allison. De son côté Derek irait, avec sa sœur et son oncle au penthouse, refuge de la meute adverse. Ils partirent du principe que Deucalion ne viendrait jamais seul et donc que le clan adverse, déjà diminué en nombre serait plus facile à affronter.
Scott décida de rencontrer Deucalion à l'entrepôt abandonné qui avait déjà été un lieu de bataille. A vingt heure tapante, Deucalion se montra. Scott malgré ses amis à ses côtés ne se sentait pas rassuré. Si leur plan tournait mal, la vie de Jennifer serait encore plus en danger.
― Je vois que tu as pris tes précautions cette fois, déclara l'alpha.
― Comme vous, lança Scott.
A ce moment-là, les jumeaux firent leur entrée. Allison hors de vue ne le lâchait pas, une flèche toujours pointée sur eux. Isaac se transforma tout comme Boyd. Scott leur fit signer de se calmer.
― Ecoutez donc votre ami, nous sommes là uniquement pour discuter. N'est-ce pas Scott ?
Le ton du loup fit frémir le jeune homme. Son intonation laissait entendre qu'il n'était pas dupe. A moins que ce ne soit l'effet de son imagination.
― Que veux-tu Scott ?
― La vie de Jennifer Blake contre mon silence !
De leur côté, Peter et ses neveux avaient réussi à s'introduire au penthouse. Le silence leur avait indiqué qu'il n'y avait personne si bien qu'ils commencèrent à fouiller un peu partout pour voir s'ils pouvaient trouver où était retenue Jennifer. Allison les avait prévenu que le seul alpha qu'ils étaient susceptibles de rencontrer était Kali. Derek savait qu'elle ferait tout pour venger la mort d'Ennis si jamais elle se retrouvait face à lui. Ils continuèrent de farfouiller sans rien trouver.
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― Ton silence ? Et pourquoi aurais-je besoin de ton silence ?
Scott avait gardé un atout dans sa manche, une information qu'il était le seul à détenir.
― Sur la mort d'Ennis, cria-t-il.
Il vit alors Deucalion se mettre à jouer nerveusement avec sa canne.
― Alors mon silence vous intéresse ?
― Tu ne sais rien !
― Au contraire, je sais beaucoup de choses.
― Très bien que veux-tu ?
Au penthouse, les recherches n'avançaient pas. Les trois loups devaient se rendre à l'évidence, ils ne trouvaient rien.
― Elle était là, s'énerva Derek. Je peux sentir son parfum.
― Elle ne peut pas être loin, déclara sa sœur Tu crois que tu peux la suivre à l'odeur ?
― Non. Ils ont été très prudents. Je ne sens presque rien.
Puis un détail sur l'immeuble lui revint.
― Allison a dit qu'il y avait d'immenses caves que personne n'utilisait. Peut-être que...
Déjà Derek se précipitait vers les escaliers, son oncle et Cora sur les talons.
A l'entrepôt, tout le monde était tendu. La chasseuse ne savait plus sur qui pointer ses flèches, Isaac et Boyd tentaient de se contrôler mais l'envie de sauter à la gorge des jumeaux se faisait grande, Scott savait que menacer Deucalion n'était pas la meilleure chose à faire même pour sauver la vie de quelqu'un. Ce dernier se demandait si le jeune loup bluffait ou s'il savait réellement quelque chose. Dans tous les cas, il ne pouvait pas prendre le risque que son secret soit révélé. Les jumeaux, quant à eux commençaient à douter de leur chef. Bref la situation était sur le point d'imploser.
― Je veux que vous arrêtiez de vous en prendre aux humains proches de la meute de Derek et de moi. Et surtout que vous libériez Jennifer.
Ce n'était pas vraiment une négociation mais s'il pouvait gagner du temps et en plus mettre à l'abri ses amis, il fallait tenter le coup.
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Les caves étaient en rénovations. Des échafaudages, des bâches, des outils jonchaient le sol. Leurs sens aux aguets, les trois loups avançaient prudemment. Derek se stoppa devant une lourde porte. Il tendit l'oreille et distingua le battement régulier d'un cœur. C'était celui de Jennifer, il en mettrait sa main à couper. Il voulut défoncer la porte mais son portable se mit à vibrer dans sa poche. Stiles. Ce n'était pas le bon moment. Il raccrocha mais le jeune homme rappela immédiatement.
― Pas maintenant, dit-il en décorchant.
― Attends, le supplia l'humain. Kali arrive.
― Quoi ? Comment tu sais ça ?
― Il est fort probable que je vous ai suivi et que je sois garé devant l'immeuble. Elle passe la porte d'entrée.
― Merci.
Derek raccrocha. Cora et Peter n'avaient pas perdu une miette de la conversation et étendaient les ordres de l'alpha. Mais il n'arrivait plus à réfléchir lucidement. Jennifer était juste derrière la porte et il ne pouvait rien faire.
― Trois contre un, on peut le faire, déclara sa sœur pleine de rage. Il nous faut juste l'effet de surprise.
― Elle va nous flairer, grommela Derek.
― Pas avec la tonne de solvants et de peintures qui se trouvent dans ces caves, intervint Peter.
Ils décidèrent de se cacher et d'attendre Kali. Elle viendrait forcement voir la prisonnière et jubiler d'avoir atteint Derek. Un coup rendu pour un coup donné pensa l'alpha. Il lui avait pris Ennis et elle se vengeait sur Jennifer.
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― Scott, Scott, Scott. C'est courageux de ta part de prendre la défense de tes petits humains mais ils ne te servent à rien. A quoi bon les garder en vie ?
Le jeune loup préféra ne pas répondre.
― Alors ?
Deucalion savait que si Scott avait en sa possession de réelles informations il courait à sa perte. Sa meute volerait en éclat et ce n'était pas vraiment le moment idéal. Pourtant il décida d'y aller au bluff et de sonder le loup.
― Je pense que tu ne sais rien.
― Ah oui ? La mort d'Ennis n'est pas due à sa chute. Deaton avait réussi à le sauver, dit-il en s'adressant aux jumeaux. Vous pourrez dire à Kali que votre alpha a du sang sur les mains.
Sur ces mots, il s'éclipsa avec Boyd et Isaac profitant du moment de flottement de leurs ennemis. Il restait plus qu'à espérer que Derek avait eu suffisamment de temps pour sauver Jennifer.
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Au même moment dans les caves, les trois Hale guettaient la louve. Elle ne tarda pas à montrer le bout de son nez. Ils lui laissèrent juste le temps de franchir la porte de la prison avant de l'attaquer. Prise par surprise, elle se défendit tant bien que mal avec ses griffes causant quelques blessures à ses adversaires. Mais ces derniers la neutralisèrent, l'assommant de toutes leur force avant de l'enfermer dans la cave adjacente.
Peter et Cora décidèrent de faire le guet à la porte de l'immeuble, laissant ainsi Derek s'occuper de Jennifer.
La jeune femme était installée sur une chaise, ligotée et bâillonnée. Ses yeux étaient clos et les larmes roulaient lentement le long de ses joues. Elle avait peur.
Lorsqu'elle avait entendu les grognements et les hurlements, elle avait compris qu'on venait la chercher. Que Derek était venu la secourir. Elle s'était mise à prier silencieusement pour qu'il ne soit pas blesser mais depuis que le silence s'était installé, elle avait peur qu'il n'ait pas survécu. Elle ne pouvait pas imaginer un seul instant qu'il ait quitté ce monde. Elle refusait d'ouvrir les yeux par crainte d'affronter la réalité et surtout de vivre un cauchemar en découvrant le corps sans vie de celui qu'elle aimait. Parce que c'était ce qu'elle ressentait. Elle se mit à repenser aux moments qu'ils avaient partagé. Derrière ses paupières, se glissa un regard bleu glace. Ce regard perçant serait gravé à jamais quoiqu'il advienne.
Le cœur de Derek se serra lorsqu'il l'aperçut. Il s'approcha doucement.
― Jennifer ?
Il s'agenouilla pour défaire son bâillon et passa son pouce pour essuyer ses larmes.
― Jennifer, tu n'as plus rien craindre.
Elle entendait sa voix. Etait-elle en train d'halluciner ? On lui défaisait ses liens.
― Jennifer, ouvre les yeux. Regarde-moi.
Elle s'exécuta et rencontra le bleu des yeux de Derek. Son cœur s'emballa. Il était vivant et il était là pour elle.
Il la prit dans ses bras et sentit le corps de la jeune femme se mettre à trembler. Il la ramena chez lui et avec la plus grande des précautions, la déposa sur son lit. Il s'installa sur le fauteuil et attendit qu'elle se réveille tout en se maudissant de l'avoir embarquer dans cette affaire.
Jennifer se réveilla deux bonnes heures plus tard. Elle s'assit et reconnut immédiatement l'endroit. Elle distingua ensuite Derek assoupi dans le fauteuil. Elle tendit la main vers sa joue et se mit à la caresser doucement.
― Tu es là.
― Oui je suis là, annonça-t-elle. Tu pensais que j'allais partir ? Te fuir ?
― Tu devrais. Je...
― Arrête ! Derek, ne va pas plus loin.
Il vint s'asseoir sur le lit.
― Tu ne sais même pas ce que j'allais dire...
― Si. Tu allais me dire que tu t'en voulais pour ce qui s'est passé. Que si tu ne me fréquentais pas, ça ne serait jamais arrivé. Que ma vie serait plus en sécurité loin de toi. Je me trompe ?
― Non mais...
― Mais je ne veux pas entendre tout ça. Je suis bien avec toi malgré ce qu'il a pu se passer. Jamais je ne tiendrais rigueur de ce que les autres font. Tu n'y es pour rien. Je t'aime et ça, ça ne changera pas. Quoique tu me dises, quoique tu fasses, tu n'arriveras pas à m'éloigner de toi !
Derek la dévisagea les yeux brillants. Une larme solitaire roula sur la joue de la jeune femme. Il l'essuya du pouce avant de l'embrasser avec tendresse.
― Je t'aime Jennifer mais...
Elle l'empêcha de continuer en posant un doigt sur ses lèvres.
― Il n'y pas de ''mais''. Je connais les risques et je suis prête à affronter venst et marées avec toi.
Elle lui vola un baiser avant de continuer.
― Maintenant, redis-moi ces trois petits mots et seulement ça.
― Je t'aime.
