«Etre en retard, le jour-même de mon examen ; Pourquoi faut-il que cela m'arrive à moi ? »
se lamenta Rose, en jurant à voix haute, s'attirant ainsi les regards courroucés des passants.
L'examen avait été catastrophique, si ce n'est pire.
Tout d'abord, elle était entrée dans l'amphithéâtre en trébuchant contre la marche de l'estrade, ce qui avait réussit à la discréditer en quelques secondes. Par la suite toutes ses réponses avaient été hésitantes, voir nébuleuses, et je vous épargnerez le fait qu'elle ait bâillé a de nombreuses reprises. Son cerveau encore embrumé par les vapeurs de Morphée. Pour conclure en beauté, c'est en sortant de la pièce qu'elle comprit ce qui avait déclenché l'hilarité d'un des membres du jury. Rose s'était présentée à un examen officiel, en pantoufles!
« Si tu existes vraiment, Qu'ais-je donc pu te faire, pour que tu me déteste autant! » Pesta la jeune étudiante en levant les yeux vers le ciel nuageux.
Il fallait encore qu'elle se rende à son cours de littérature du Moyen âge, et celui-ci se trouvait à l'autre bout du campus. C'est donc toujours en pantoufles qu'elle reprit sa course, dans le but d'arriver plus ou moins à l'heure exacte.
« Vite, Vite.. » marmonait-elle en fixant le feu devant elle. A croire que tout, aujourd'hui, avait décidé de lui rendre la vie impossible. Cédant à son agacement, elle franchit le trottoir, s'avançant sur la chaussée, malheureusement Rose ne put atteindre l'autre coté. Un vacarme assourdissant fit sursauter les passants, puis plus rien ne survint. Une silhouette immobile demeurait étendue sur le bitume, baignant dans un halo sombre et ensanglanté.
Tout était obscur.
Avait-elle conscience de ce qui l'entourait, de cette obscurité omniprésente, de ce vide à la fois plein. Un espace où aucun écho ne subsiste. Etendue, son cœur s'afaisant lentement. Le sang occultait son visage blanc. Ses lèvres pâles étaient tâchées du liquide rougeâtre, qui glissait le long de sa gorge fine.
A la hauteur de l'abdomen siégeait une plaie béante laissant entrevoir ses tissus musculaires et sa chair déchiraient. Il ne lui restait que peu de temps. Plus les secondes défilaient, plus la tâche écarlate, dans laquelle le corps gisait, grandissait.
Un rayon de lumière semblât apparaître . Une douce chaleur envahit l'espace, jusqu'à pénétrer le corps agonisant. Etait-ce cela la mort? Pensa-t-elle, dans un bref instant de lucidité. Cette lueur, l'encourageant à sombrer, à lâcher prise.. Fermant lentement ses paupières, elle se laissa guider par ce sentiment de bien-être, la dernière chose qu'elle perçut, fut des mots inconnus, incompréhensibles.
Puis vint le néant, ou du moins la conscience d'un monde qui n'est plus.
