Chap.2

House: - « Vous n'êtes qu'une petite vicieuse Mme Metameyer…

Vous ne venez dans ce cabinet que pour mater les fesses de mon assistant!

Attendez…non! Ce ne sont quand même pas les miennes qui vous attirent…MADAME METAMEYER!!! »

Mme M:- « Comment pouvez vous manquer de respect à ce point vis à vis d'une honorable vieille dame comme moi! Docteur! »

House: - « Vous adorez ça ...presque autant que mater et cela depuis le premier jour de mon arrivée ici. »

Madame Metameyer sourit finement . House utilisait toujours les moyens les plus fantasques pour la détourner de la douleur de ses soins quotidiens . Il travaillait vite et habilement mais la gaze adhérait aux ulcérations de ses jambes et le plus doux des anges n'aurait pu lui éviter de souffrir.

Se sachant en position de force , Mme Metameyer décida d'en abuser un peu.

Mme M:- « Montrez moi donc une photo de votre fille, ça fait longtemps que je n'en ai pas vu! ».

House:- « Elle a beau être ma fille, Aurore ne peut changer au rythme de vos désirs, comme je tente de le faire quotidiennement pour vous….

D'ailleurs, je n'ai pas du tout envie qu'elle grandisse trop vite!

Désolée; miss, mais la photo d'hier était ma plus récente. »

Prenant un air boudeur, Mme Metameyer supplia House: « zut, tant pis…j'aimerai quand même la revoir… »

Après avoir fixé longuement le portrait avec attendrissement, Mme M releva des yeux brillants de colère vers son médecin: - « que faites vous donc ici avec une vieille ronchon, Dr House?

Vous aimez donc gaspiller votre temps? ».

Interloqué, House mit un peu de temps à réagir, puis il reprit les soins en marmonnant: « vous je vous interdis désormais de fréquenter mon assistant.

Arthur a une très mauvaise influence sur vous!

Et pas la peine de me répéter mot pour mot son discours, il me bassine avec à chaque instant… ».

Mme M:- « Dr House, il n'y a ici que de vieux malades comme moi ou de très jeunes enfants.

Jacques, votre ami, était un médecin de campagne .C'était sa vie et il n'en aurait pas voulu d'autre. Maintenant qu'il est mort, vous avez eu la gentillesse de nous consoler en nous râlant dessus et en nous obligeant à guérir de maladies dont on ignorait même l'existence…pas même sure que nous en ayons été réellement atteints…

Mais il va falloir repartir…On est guéris…Et vous aussi…

House poussa un profond soupir sans oser lever le regard vers la vieille dame.

Il était touché par l'affection et l'attention de tous ces gens simples qui l'entouraient depuis son arrivée.

Elle n'avait pas tort.

Il avait cru être le sauveur en venant relayer un ami en phase terminale…

Dans les faits , sa disparition brutale alors qu'ils venaient juste de se retrouver, l'avait atomisé.

Après toutes ces émotions suscitées par son départ du P/P et sa brouille avec Lisa, il se permettait enfin de lâcher prise et de laisser passer un peu de chagrin.

Il avait assisté perdu, aux funérailles de son ami au milieu d'étrangers qui peu à peu, s'étaient rapprochés de lui. Il l'avaient invité chez eux et l'avaient initié aux grands secrets de ce village: où acheter le meilleur pain, qui faisait la tarte la plus moelleuse…bref toutes ces petites choses incongrues à Princeton mais qui font ici le sel de la vie.

Il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait repris le cabinet médical. Une chose en amenant une autre, les gens étaient venus de plus en plus nombreux à sa porte pour demander un conseil ou faire vérifier une prescription.

Un matin, il s'était dit en souriant qu'il serait plus pratique de fixer des heures de consultation.

Il avait donc accroché un panneau, bien conscient d'être tombé dans un piège et personne n'en avait reparlé depuis…

La solution provisoire durait depuis quatre mois.

Les gens grincheux de cette commune grincheuse aimaient et respectaient ce Docteur qui leur ressemblait .

Ils l'aimaient tel qu'il était, sans contrepartie, ravis de le voir secouer les vieilles bigotes qui s'entêtaient à régenter le village et se racontant la dernière prescription qui avait suscité scandale ou crise de fou rire …

Depuis qu'une vieille demoiselle était venue chercher du Viagra pour soulager ses problèmes cardiaques, chacun guettait avec le sourire la clochette tintinnabulante du pharmacien.

Après un long silence, House ôta lentement ses gants et répondit enfin à Mme Metamayer: « je vais appeler Arthur pour qu'il finisse votre pansement…vous avez gagné…à demain ».

Quittant rapidement le cabinet, il n'entendit pas la réponse de son honorable amie…