Lentement, elle s'éveilla.
Ces yeux furent aveuglés par une lumière qui semblait être celle du jour. Petit à petit, ils s'habituèrent, et purent découvrir ce qui était une bien étrange chambre, aux voûtes et arabesques gracieuses et sveltes. Une chambre aussi agréable qu'un matin d'été ou le soleil s'éveille à peine, et dont les rayons vous caressent le visage tendrement.
Rose bougea légèrement pour s'immobiliser brusquement la seconde suivante. Une douleur effroyable lui arracha un cri étouggé. Instinctivement, elle porta son regard vers la source de ce mal. Un bandage sanguinolant occultait une bonne partie de son ventre.
« Comment?... » Songea la jeune anglaise
Des flashs lui revinrent en mémoire
« Examen... Le cours de littérature... Retard... Je traverse... Tout noir... »
Rose avait eu un accident, elle passa ses doigts sur sa tête en gémissant de douleur. Il n'y avait aucun doute, le traumatisme avait du être violent.
Son intêret se porta à nouveau sur l'endroît ou elle se trouvait. Elle ne connaissait aucun hôpital aussi paisible que celui ci, si cela en étant un. Un établissement privé, peut être ? Ou bien une clinique. Ou se situerait-elle ? Certainement pas à Oxford, elle n'entendait ni bruits ni automobiles, encore moins des appareils médicaux, ou les conversations du personnel. Ou qu'elle soit, elle n'était pas rassuré par ce calme inhabituel. La jeune fille voulut appeler quelqu'un, mais aucun son ne s'échappa de sa gorge, comme si elle n'avait pas parler pendant plusieurs semaines.
Ce manque de moyens provoqua une vague de panique en elle.
Elle tenta de sortir du lit, mais aucun de ses membres ne répondit, et son abdomen lui provoqua un nouveau cri de douleur. Elle ne pouvait ni bouger et encore moins marcher. La jeune fille tenta une nouvelle fois de parler, puis une deuxième, une troisième jusqu'à ce qu'un audible « S'il-vous-plait » franchisse ses lèvres meurtries.
Aucun medecin, ni infirmier ne se présenta devant elle. Cinq silhouettes lui apparurent, et elles étaient pour le moins atypiques.
Trois jeunes gens se figèrent autour de son lit, laissant place à un homme et une jeune femme d'une stature noble et impressionnante. Tous avaient de longs cheveux, habilement tressés. Ils étaient richement vêtus, et leurs étoffes soyeuses épousaient leurs corps gracieux.
- Soyez la Bienvenue Etrangère à Fondcombre dans ma Demeure, Je suis le Seigneur Elrond, maître de ces lieux, et voici mes compagnons et serviteurs Eaerendil le Jeune, Elbereth la Douce, et Cyrion. Ainsi que ma fille, Arwen Undomiel.
Tous ses noms étranges, et ses civilités lui rappelèrent aisément un ouvrage anglais. Mais c'était bel et bien impossible. Son traumatisme cranien devait être sévère pour qu'elle s'éveille dans l'univers d'un Best Seller fantastique.
Qu'allait-elle faire, ou même répondre ? Dans la possibilité ou elle était en vie, et à priori plongée dans un coma pourquoi celui-ci avait il reprit l'oeuvre de Tolkien. Elle n'avait pas le souvenirs d'avoir été marqué par ce récit. Et si Rose était morte ?
Non, cela ne se pouvait, la douleur était bien là, décédée elle n'aurait aucune sensation.
Dans les deux cas, elle n'avait pas d'emprise sur la réalité, et encore moins d'autorité dans cette
étrange affabulation. Il fallait dont faire avec, et commencer à répondre à la déclaration de ce Seigneur. Alors, comment parlait-on au Moyen-âge ?
« Dormir, en cours de littérature n'était certainement la plus brillante de mes idées »
Malgré l'hésitation marquée de le jeune, elle se présenta à son tour.
- Seigneur Elrond, c'est un honneur et un Privilège d'être reçu dans votre demeure, je vous suis reconnaissante de m'offrir les soins nécessaire à mon rétablissement ainsi que votre hospitalité.
Quel est donc votre nom Etrangère?
Mon nom est Rose. Rose Meredith William, et je ne suis pas de votre monde.
Rose Meredith William, répéta le Seigneur avec perplexité. C'est un nom peu commun. De qui êtes vous l'enfant ? Quel est donc ce monde s'il n'est pas celui de la Terre du Milieu.
Mon père se nommait Alistair, et ma mère Eléonore. Je vis dans la cité d'Oxford. C'est un monde où seuls les hommes demeurent.
Citer géographiquement le monde réel par rapport à une affabulation fantasque était un peu indélicat. Rose ne pouvait décemment pas leur déclarer qu'ils n'étaient que l'illusion de son esprit plongé dans une léthargie médicale.
- Rose, Fille d'Alistair de la cité d'Oxford. Il me faut consulter Gandalf à votre propos, et si nécessaire, le Grand Conseil également. Déclara-t-il en fonçant les sourcils.
Un silence s'installa entre les elfes et la jeune anglaise. Alors que son regard détaillait chacun des beaux visages. Celui-ci se stoppa lorsqu'il rencontra son propre reflet. Le visage de Rose était pâle, presque cadavérique. Ses joues habituellement rebondies et rosées étaient à présent maigres et creusées. Des cernes violacées avaient pris plac sous les yeux couleur orage de la jeune fille. C'est alors qu'un détail attira son attention. Des plaies, pas encore cicatricées parcouraient son cou étroit jusqu'à la hauteur de sa joue droite. Elles étaient encore gonflées de sang, Rose ne reconnaissait plus son propre visage. Ses doigts hésitants rencontrèrent ses blessures avec prudence, son visage était méconnaissable.
- Cela disparaîtra, Etrangère, Elbereth vous prodiguera ses bienfaits de guérisseure, la rassura la Dame dénommée Arwen avec un sourire qui se voulait réconfortant.
La jeune fille, perçut cela comme de la pitié, et lui lançat un regard sombre en guise de réponse. Disparaitre de telles balafres, elle en doutait fortement. Son visage inspirait l'effroi à présent alors que celui de ses hôtes, la beauté. Est-ce qu'à son réveil, son visage demeurerait ainsi pour le restant de ces jours ?
- En attendant votre rétablissement, vous demeurerez en ces lieux. D'ici quelques jours, Gandalf m'apportera conseil à votre sujet. Puisse-t-il m'éclairer sur votre venue, Rose Meredith William, Dormez, les Valars veillent sur vous. Dés cet instant, vous portez le nom de Morwen, fille de L'Ombre...
Rose n'entendit pas la suite du discours d'Elrond. Elle sombra dans un sommeil profond et agité, seul le nom de Morwen résonnait au sein de son esprit tortueux.
