Toujours cette lumière chaude et apaisante.
Sa tête recommençait à lui faire mal, douloureuse et engourdie mais cette lumière, elle, lui rappeler ses journées d'automne quand le soleil décline lentement, et qui se reflète dans les feuilles mourantes des arbres. Rose allait ouvrir les yeux dans ce qu'elle penserait être la réalité, mais pauvre d'elle. La réalité n'est plus. Prisonnière d'une songe.
Bien loin de cette lumière automnale, de ce silence. Dans une chambre sinistre d'hôpital, un drame est en train de se jouer. Une vie disparaît, la fréquence cardiaque diminue lentement. Un corps est allongé, le visage défiguré. Des tubes respiratoires sont glissés dans ses narines et sa gorge. Sa peau n'a plus de couleurs, elle se meurt. Autour d'elle, une femme sanglotant. Son époux demeure digne dans le chagrin, lui apportant son soutient, essayant de ne pas faillir. Dieu donne et reprend toujours. Ces pauvres gens pleurent leur enfant, en suppliant que quelqu'un, mais elle est déjà partie. Son cœur s'affaisse tendrement jusqu'à ce qu'une sinistre note retentisse dans l a chambre. Le médecin accourt, hurlant des instructions aux infirmiers, le défibrillateur est chargé. Il déverse sa puissance dans le corps mourant de la patiente. Rien, aucune réaction. Ils réitèrent l'opération en augmentant les doses. Toujours rien, le médecin entame un énergique massage cardiaque, fracturant ainsi les côtes. Il compte, lui transmet de l'air, puis compte à nouveau. De longues minutes suivent, lentes oui, comme la chute d'une épée de Damoclès, lente mais meurtrière. L'heure du décès fut annoncé à dix neuf heures vingt sept. Leur enfant est mort; tout est finit. La femme hurle, son cri est sans fin.
Rose s'éveille en sursaut, hurlant à son tour. Des gouttes de sueur perlant, sur son visage. Sa vue est brouillée. Où était-elle? Où sont ses parents? Elle les appelle, ils ne répondent pas.
« Je ne suis pas morte ! » Hurla-t-elle
Sa vue toujours brumeuse lui permet néanmoins d'apercevoir des visages, d'étranges visages. Ils essaient de la calmer, elle se débat avec désespoir.
Encore ses rêves, il faut qu'elle se réveille, tout cela n'est qu'un rêve. Il faut qu'elle se réveille, Ils n'existent pas, les elfes n'existent pas!
« Je ne suis pas morte ! »
Elle se défait de son emprise, sa plaie saigne. Elle court titube poursuivant ses hurlements, les appelant. Ses cris sont noyés de pleurs. Elle s'appuie contre les murs. Elle ne veut qu'une chose, se réveiller.
« Je ne suis pas morte ! »
La voilà qui s'écroule, son poids se fracassant contre le marbre du sol. Leur enfant est mort.
Il n'y a rien de pire que de subir sa propre existence, mais quand est-il de sa propre mort? Y-assister aux premières loges. En être le témoin impuissant.
Regarder, son existence prendre fin comme on regarde un feuilleton sans pouvoir intervenir dans le cours des événements.
Tous sont habillés de noir. Ce jour-là il pleut durement. Les fleurs sont belles, belles à en mourir. La nuée de parapluies forme un sombre nuage mélancolique au dessus du cercueil. Une mélodie s'élève dans le ciel ténébreux.
Regardez ces visages pâles, l'ombre sur eux. Elle ricane, vous ne l'entendez pas? Écoutez mieux. Elle rit de s'être jouée de vous. Dieu donne et reprend toujours. Égoïste qu'il est, mesquin et rancunier. Pourquoi accorder aux Hommes, un bonheur qu'on lui a refusé. L'ombre est là; vêtue de haillons, décharnée, ses longs cheveux sont noirs comme la peste, son sourire carnassier. Elle se nourrit de vos peurs et de vos doutes. Elle vous détruit puis assiste à vos propres obsèques. Elle est ce baiser d'amitié, et cette main meurtrière. L'ombre est partout, dans chacun de vos cœurs. Priez pour qu'elle s'empare du vôtre quand vous ne serez plus de ce monde. Car si les morts sont pleurés, eux ne craignent plus aucune obscurité. Méfiez-vous de ceux qui survivent, leurs rancunes envers le vivants est l'arme la plus dangereuse que l'on peut imaginer.
« Rose, éveillez-vous à présent »
Une brise fraîche vint caresser son visage, sa peau pâle frissonna. Le froid se mit à parcourir son corps, éveillant chacune de ses cellules. Elle bouge ses doigts, grimace immédiatement. Ses paupières bougent, lentement, presque prudemment, elle les ouvres.
Sa vision met plusieurs minutes avant de se rétablir.
Tout est blanc, en faites pas tout, seuls ses cheveux longs et blanc ainsi que sa barbe. Quelques secondes s'écoulent et le blanc immaculé disparaît, il ternit pour devenir gris. Ces yeux demeurent éclatant d'un bleu azur. Il est âgé, de combien d'années, voir de siècles, elle ne saurait le dire. Son esprit est embrumé, tout est confus.
- Rose, éveillez-vous.
La jeune fille cligna des yeux, essayant de reconnaître un quelconque objet, lui rappelant la réalité, auquel elle pourrait s'accrocher. Rien, toujours ce rêve, oui ce n'était qu'un ridicule rêve.
- Tout est réel, Rose.
Que savait ce vieillard, que disait-il ? Tout cela n'était qu'une affabulation grotesque de son esprit dérangé. L'unique fantasme de son accident, et il fallait qu'il cesse. Elle devait se réveiller.
- Mais vous êtes réveillé. Votre vie là-bas est terminée, elle se poursuit ici.
- Je ne suis pas morte! Cria-t-elle brusquement, sa voix était fiévreuse et maladive, comme celle d'un innocent prêt à être pendu.
- Vous avez assisté à votre mort, Rose. L'Ombre était sur vous.
- Taisez-vous ! Je dois me réveillez, vous n'êtes pas réel ! Vous n'êtes qu'un rêve ! Vous n'êtes rien ! Je ne suis pas morte ! Hurla-t-elle de nouveau, ce n'était pas vrai, rien de tout cela n'était vrai. Ce n'était qu'un rêve stupide qui avait assez duré. Au début c'était amusant, mais maintenant plus du tout. Cela devait prendre fin, là, maintenant, tout de suite !
Le vieillard posa brutalement sa main sur le visage de Rose, ele sentit déferlait en elle, une force incroyable. Une sensation de chaleur parcourut son corps jusqu'à s'interrompre et disparaître subitement. A présent chaque parcelle de sa peau était gêlée, comme si elle était nue, étendue dans un lit de neige. Puis tout lui réapparut. Sa dernière journée, son examen catastrophique, sa traversée, l'accident, l'hôpital... Puis la mélodie dans le cimetière. C'était ses souvenirs, sa vie, sa mort. Pourtant ils provenaient de cet homme.
Dans son cœur, Rose comprit à cet instant que c'était la vérité, qu'elle était bel et bien morte. Une larme glissa sur sa joue tandit que l'esprit du visiter quittait le sien. Les sanglots devinrent incontrolables. Elle n'existait plus dans son monde, dans le vrai monde. Plus jamais, elle ne reverrait ses parents, plus jamais elle ne les embrasserait plus jamais. Ils pleureront sa disparition pendant de nombreux jours, mois peut être bien années. Jusqu'à ce que le temps est raison de leur chagrin, et ils recommenceront à vivre en oubliant peu à peu ce qui faisait d'elle leur fille. Sa chambre demeurera froide et silencieuse, ses livres seront recouvert de poussière, ses photos jauniront. Rose Meredith William.
De longues heures passèrent, puis des jours jusqu'à des semaines entières sans que Rose ne prononce un seul mot. Elle sortit enfin de son silence.
- Qui êtes-vous murmura-t-ele à l'encontre du vieillard.
- Gandalf MaisonGrise.
- Qu'êtes-vous?
- Je suis un Maiar, je fais partie de l'ordre des Magiciens, envoyé en Terre du Milieu pour lutter contre Sauron.
- Etes-vous venu me secourir Gandalf MaisonGrise? Sa mine était sombre.
- Seulement, si vous le désirez.
- Je ne désire plus rien à présent. Je suis morte.
- Sur la Terre, votre corps n'est plus mais votre esprit demeure, et celui-ci s'en est aller auprés de vos aieuls.
- Mes aieuls? ...
