Semblable à l'éclat même du mithril qui fit la richesse du peuple de Durin au cœur de la Moria
Les semaines qui suivirent la visite du dénommé Gandalf furent longues et douloureuses pour la jeune fille.
Elle parlait peu pour ne pas dire pas du tout, se murant dans un silence angoissant toute volonté semblait avoir disparue. Bien que guérie physiquement, sa léthargie psychologique demeurait. Elle se refusait à vivre, attendant que la mort vienne la prendre, une seconde et dernière fois.
Le Seigneur Elrond n'avait jamais rencontré un être souhaitant autant mourir.
En cette douce matinée, la lumière du soleil était généreux et égayait les âmes, peut être pourrait-il égayer celle de l'étrangère. Le seigneur elfique se rendit jusqu'à la demeure de la jeune fille, faisant disposer d'un geste gracieux de la main l'elfe qui était à son chevet.
Bonjour Rose, comment vous sentez-vous aujourd'hui, questionna t il de sa voix suave et douce
Son unique réponse prit la forme d'un faible sourire, Elrond s'attarda quelques instants, et la détailla de son regard bleu hypnotique.
Sa peau était d'une blancheur extrême. Si pure et pourtant aussi pâle que le teint d'un mort. Son visage joliment dessiné reflétait la candeur et la jeunesse, entachait par les longues balafres qui ornaient sa joue, et son cou. Ses lèvres fines, il les imagina rosées par la gourmandise, capricieuses et souriantes, mais elles apparurent, ternes et livides. Quand à son regard, il fut troublé par la clarté de ses orbes semblable à l'éclat même du mithril qui fit la richesse du peuple de Durin au cœur de la Moria. Il posa sa main sur l'avant-bras de la jeune fille, et fut surprit de frissonner à son contact, il était glacial songea t il. Cette jeune fille avait tout d'un être vivant, et pourtant elle respirait la mort. L'ombre lui avait voilé le regard. Le seigneur Elrond ressentit une certaine frayeur face à cette funeste enfant, si belle et malgré elle, si sinistre.
- Etes vous humain ? Murmura l'empreinte d'une voix fragile et rauque. Le seigneur de Fondcombre reporta son attention sur l'étrange créature qu'était Rose.
- Non, chère enfant. Je suis le fils d'Earendil et d'Elwing, j'ai fais le choix de demeurer parmi les elfes tandis que mon frère Elros choisit les hommes.
La jeune fille tendit sa main vers le visage du Seigneur Elfique, comme pour s'assurer qu'il était bel et bien présent, dans cette pièce, à ses cotés.
- Suis-je morte ? Questionna t elle, la voix amère emplit de sanglots.
- Dans cet autre monde, votre corps est défait. Mais, en ces lieux votre âme demeure réincarné en ces terres qui sont et ont toujours été les vôtres. Vous êtes ici, chez vous.
- Je crains de ne jamais pouvoir être ici, chez moi. Ce sont les êtres plus chers à votre cœur, qui font d'un lieu votre demeure.
Elrond acquiesça avec un visage désolé, sans son épouse et ses trois enfants Fondcombe ne serait pas réellement ce qu'il est, et son cœur en serait à jamais attristé.
- Je ne peux pas vous rendre vos parents, ma jeune amie, mais si vous l'acceptez je vous chérirais comme si vous étiez de mon propre sang, et je ferais de ma maison, la vôtre.
Confia-t-il pudiquement à l'étrange humaine qui se tenait près de lui. Il ne savait pas la raison de ses mots, peut être était-ce les Valars qui les lui avaient souffler, mais en son cœur quelque chose lui murmurait que c'était ce qu'il devait être dit, et fait.
Rose s'étonna quelques instants de cette offre. A présent, qu'elle était seule dans ce monde dont elle ignorait tout. Que sa vie sur Terre s'était évaporé, quels choix pouvaient ils s'offrir à elle. Si ce n'est l'oubli de sa mortelle existence. Le Seigneur Elrond, s'était préoccupé de sa santé, et de son rétablissement. Il était le seul être en qui elle aurait confiance. Elle glissa avec douceur ses doigts fins dans la main du bel elfe, et lui offrit pour la première fois depuis son réveil, un véritable sourire.
- Dormez à présent, Yendé. Rêvez sans crainte.
