Chap.7

La question n'était que de pur principe, une forme d'élégance et de galanterie dont House avait toujours été dépourvu…du moins en apparence.

Abandonnant Lisa, il se saisit de sa canne pour se diriger aussi vite qu'il le pouvait vers la porte d'entrée afin de la verrouiller. Au passage, il décrocha le téléphone et bascula les appels vers un collègue d'un village avoisinant ainsi qu'il le faisait pour les urgences.

Et Dieu sait si celle-ci en était une!

Revenu dans le cabinet, Lisa ne s'y trouvait plus mais le sol était parsemé d'indices qui lui permettraient de la retrouver rapidement…

Au fur et à mesure de ces trouvailles, House sentait son désir se raffermir et l'envahir…PENSER seulement au corps nu de Cuddy le portait déjà au bord de l'explosion.

Le chemisier de Lisa le mena vers le canapé près du feu de bois qu'Arthur avait eu la prévoyance d'allumer ce matin…

Lisa était assise en boule , les genoux ramenés sous le menton, les yeux perdus dans les flammes.

Elle était ainsi : provocante et fragile,capable de mener d'une main de fer un hôpital entier mais désarmée face à un seul homme. Greg House.

Il décida qu'ils prendraient tout leur temps pour ces retrouvailles intimes.

L'enfer avait duré presque six mois, ils se devaient bien cela.

House n'hésita pas pour la musique, il avait écouté les mêmes langoureuses mélodies des jours entiers , se représentant tant de fois dans sa solitude les formes de Cuddy et leurs amours anciennes.

Lisa fut surprise de voir Greg lui tendre à nouveau les mains et lui dire « tu danses? ».

Son incrédulité lui fit un peu de peine mais ce temps n'était plus celui des conflits ni des blessures.

Il l'aida doucement à se relever puis se plaça derrière elle, l'entourant de ses bras et ils commencèrent à se mouvoir ensemble lentement, langoureusement au rythme de la ballade.

Ils ne pourraient jamais danser en public,la jambe de House et la décence imposée par la société le leur interdisait.

Mais cette danse inédite vers l'amour serait un rituel qui les lierait pour l'avenir…

Lisa avait fermé les yeux tandis que les mains de House parcouraient son corps. Greg était un musicien dans l'âme et chacun de ses mouvements était empreint de cette grâce.

Elle se laissait guider et conduire par lui mais voulait aussi partager.

Elle tourna son visage vers le sien et s'empara avec feu de ses lèvres, les mordant, les aspirant, les léchant jusqu'à ce qu'elle obtienne enfin que leurs langues se rejoignent et se mêlent…

Ils gémissaient tous deux de concert. Ils voulaient tous deux prendre le temps mais se sentaient débordés par le désir.

Lisa aimait ce slow mais elle avait faim de la peau de Greg. Elle se retourna donc totalement pour lui faire face et commença à déboutonner sa chemise, permettant enfin à ses lèvres de tracer des sillons sur son corps, s'attardant aux lieux qu'elle aimait caresser de ses doigts: la toison de son torse, titiller de la langue: son nombril et la zone érogène et particulièrement sensible qui l'entourait.

Ses mains ne pouvaient plus s'arrêter, elle décida donc de les porter plus bas, dénouant la boucle de la ceinture, le caressant enfin au plus près de son désir.

House aimait quand Lisa prenait la main dans leurs ébats, il aimait sa force, sa volonté et sa sensualité.

Mais elle avait repris son avance sur lui et il avait hâte de goûter à son tour à ses seins et d'enfouir son visage au creux de son intimité.

Il voulait plonger à la source et lui donner ce plaisir dont elle le gratifiait et qui ne tarderait pas , s'il la laissait continuer , à le mener à l'explosion.

Reprenant fermement les rênes, il entreprit de dégrafer le soutien gorge de Lisa libérant enfin sa poitrine tout en l'amenant à s'allonger sur le canapé.

Vivre dans un studio avait ses avantages, le divan était un Futon qui se transformait aisément en lit…Sa jambe le tiraillait furieusement mais il ne voulait pas céder ces instants à la douleur.

Lisa devina soudain ce qui perturbait depuis quelques instants son compagnon. Elle l'avait cru un instant déconcerté par les transformations physiques que la maternité avait infligé à son corps: quelques nouvelles petites vergetures sur les hanches, un reste de petites crevasses autour des mamelons, moins de fermeté…

Mais la langue de House sur ses seins, les baisers sur son ventre, le regard éperdu qu'il avait porté sur elle , la fermeté de son désir qui pulsait au creux de ses jambes l'avaient rassurée.

Elle put donc sans crainte repousser un instant ses assauts et se leva avec grâce.

Inquiet, Greg la suivit du regard, se délectant de sa démarche altière et admirant chaque parcelle de ce corps dénudé.

Lisa revint encore plus vite vers lui et sa langue s'empara de nouveau de la sienne , jouant avec lui, déposant avec habilité et sensualité deux petits comprimés qu'il ne se fit pas prier pour avaler…La Vicodine lui avait déjà procuré bien des plaisirs mais jamais à un tel degré.

Ils avaient joué jusque là avec intenté aux jeux de l'amour, il était temps à présent d'en récolter les délices.

Ils désiraient plus que tout entrer au plus profond de l'autre , s'y mouvoir, s'y reposer, en retirer le plus interdit des plaisirs, y retrouver le sens de leur vie.

House caressa sa compagne avec sensualité, imprimant à ses longs doigts le mouvement le plus proche de l'extase.

Lisa gémit, commença à se tendre mais refusa de s'enfuir seule.

Elle repoussa avec douceur les mains habiles de son amant, s'empara délicatement mais fermement de son sexe ; le caressa avec habilité puis le guida enfin en elle.

Ils étaient de nouveau réunis et leurs mouvements d'amour étaient une chorégraphie perpétuellement inédite.

La musique s' était arrêtée mais leurs respirations et leurs gémissements de plaisir emplissaient l'espace et faisaient écho à la passion qu'ils étaient entrain de vivre.

Mais soudain Gregory House fut pris d'un réel vertige, les murs tournoyaient autour de lui, la vapeur le submergeait.

Il avait envie de vomir et il ne devait pas faire l'amour à cette femme…Ce n'était pas elle qu'il voulait…

Son désir perdit aussitôt de son intensité et il repoussa sa compagne avec violence et rancœur, se retirant sans ménagement.

House était assis au bord du lit, sa respiration était sifflante et des gouttes de sueur dégoulinaient de son front jusqu'à ses lèvres. Il était perdu et il se dégoûtait. Il avait envie de pleurer comme on pleure à cinq ans, attendant désespérément qu'une femme se penche vers lui pour le consoler.

Il fut surpris de voir une main se tendre vers son bras et le ramener vers son épaule, puis lui caresser tendrement les cheveux.

Il s'allongea auprès d'elle, goûtant ce moment de paix et osant enfin lever le regard vers elle, croisa le regard un peu inquiet de Cuddy.

La métamorphose du visage de Greg resterait à jamais gravée dans la mémoire de Lisa, aux pires moments de doute, elle pourrait retrouver cette sensation de plénitude.

House, le visage grave mais un sourire de triomphe et de bonheur aux lèvres, revint au corps de sa compagne.

Il l'embrassa à nouveau avec ferveur, retrouva aussitôt la force de son désir, pénétra au plus profond de son être et la mena vers un plaisir intense, d'une violence dont il avait été rarement le témoin .

Puis il s'autorisa à s'abandonner à sa propre jouissance; sa volonté n'ayant de toute façon plus tellement droit de cité dans ce délire des sens.