Des cicatrices sinueuses émanaient de son abdomen, rampant tels des serpents

La jeune Morwen fit glisser la soie de son habit au sol, dévoilant son corps fragile et pâle à la lumière du jour déclinant. Sa peau n'était ni opale, ni laiteuse, elle était d'un blanc translucide, inquiétant. Bleues et apparentes étaient ses veines, ses courbes maigres comme privées de nourriture depuis de longs mois. Ses cheveux étaient fais d'ébène, emmêlés et sans fin, ils retombaient lascivement sur ses reins creux. Des cicatrices sinueuses émanaient de son abdomen, rampant tels des serpents, quelques uns, plus discrètes et venimeuses s'étaient glissées sur son visage autrefois juvénile. Ses yeux étaient plus clairs que l'acier, plus froid que la glace et plus sinistre que l'orage, voilés d'une ombre inconnue. Elle plongea avec lenteur dans l'eau bouillante de son bain, cachant sa nudité par l'eau clair et trouble. Son corps entier fut submergé. Pendant un instant, elle oublia les paroles sinistres de la cruelle Dame, oubliant cette femme d'un autre temps qui avait sombré dans la folie prétendant être sa mère.

Cette vision de quelques secondes fut détenu par un étranger qui passait devant la chambre de la pupille d'Elrond. Cette beauté presque morbide le déstabilisa. Il crut voir Eledhwen telle que les chants la décrivaient, fière et noble, emplit d'un orgueil tel qui pourrait défier la mort elle-même. La silhouette se perdit dans les méandres aquatiques, et l'étranger détourna le regard, continuant sa route dans la demeure d'Elrond.

Après son bain, Morwen revêtit un habit sombre, dévoilant la naissance de ses épaules nues. Elbereth vint tresser sa chevelure avec agilité, lui glissant un peigne d'argent dans les cheveux. L'elfe aux doux regard d'émeraude lui sourit, espérant que que dans le coeur de la jeune fille, la quiétude règne de nouveau. Elle remercia Elbereth d'un geste faible de la main, et quitta ses appartements, rejoignant le Seigneur d'Imladris.

- Yendé, Nous t'attendions. Elrond lui sourit avec une certaine tendresse, se voulant rassurant. Il lui tendit la main, qu'elle saisit avec une certaine prudence. S'avançant dans la lumière de la pièce. Un étrange frisson parcouru les invités en découvrant la pupille du Seigneur de Fondcombe. Elle était d'une étrange beauté, d'une beauté sinistre, tel un tableau qui aurait perdu ses couleurs et ternit à cause de l'usure du temps. Morwen découvrit la belle Dame, le Magicien, un homme qui lui était étranger, deux elfes dont elle ignorait l'identité.
- Ma fille, voici la Dame et le Seigneur de la Lorien ; Galadriel et Celeborn. Legolas Prince du Royaume silvestre, ainsi qu'Estel héritier d'Isildur, et Gandalf dont vous avez déjà fais connaissance.
Elle les salua respectueusement, et les rejoins à leur table. Elle ne dit mot de toute l'entrevue, observant chaque être autour d'elle.

La jeune Morwen se retrouva assise aux cotés de Gandalf, et du dénommé Légolas. La présence du vieux sage la rassurait quelque peu. Mais celle du noble elfe la mettait plus que mal à l'aise. Son regard bleu océan semblait vouloir lire au travers d'elle, le Prince de Mirkwood ressentait un certain effroi en détaillant la pupille du Seigneur Elrond, quelque chose chez elle, l'effrayait. Quelque chose demeurant dans ses entrailles. Il observa ses longues cicatrices sinueuses qui venaient entacher sa beauté juvénile et presque elfique.

- Dame Morwen souffla-t-il à son oreille. La jeune fille frémit brusquement, et porta son attention sur l'elfe blond au regard suspicieux. Ses orbes grises et sinistres se posèrent sur le Prince.
Une Ombre s'est emparée de votre coeur. Mon regard est troublé. Que vous est il arrivé. Questionna t il dans un murmure.

Elle ne répondit pas. Se murant dans un silence étrange. Son regard gris vint se perde dans la contemplation de la vallée de Rivendelle. De longues minutes passèrent. Et sa voix s'éleva morbide comme une plainte.

- Je reviens de la Mort.