Des étendues d'eaux noirâtres et profondes dans lesquelles gisaient des milliers de cadavres aux regards blanc

La jeune fille avait demeuré dans sa chambre toute la matinée. Elle restait inquiète et presque effrayée par la situation du matin-même. Non pas par l'homme, mais bien parce qu'elle avait ressenti dans ses entrailles. Le mal qui s'étendait à l'Est, grandissait.

Allait elle inspiré la crainte, et la convoitise à chaque étranger qu'elle rencontrait. Morwen posa sa main sur son ventre et ferma un instant les yeux. Des hurlements s'emparèrent de ses pensées, Des épées se fracassant entre elles, des créatures immondes crachant leur haine sur les hommes. Elle voyait un long pays fait de prairies et collines sans fin, où des chevaux sauvages galopaient avec Violence. Elle vit un étendard vert se détacher de sa lance.
Des seigneurs à la blonde chevelure sauvage, traversant les terres en direction du Nord. Elle cligna a nouveau les yeux, et vit des étendues d'eaux noirâtres et profondes dans lesquelles gisaient des milliers de cadavres aux regards blanc. Elle ne supporta pas cette vision morbide, et tomba à genoux. Sa poitrine semblait en feu, sa souffle cognait contre son abdomen. Quels étaient ses présages, ses visions. Appartenaient elles au passé, ou à l'avenir.

Un long moment s'écoula avant qu'elle ne reprenne pieds. Le soleil s'allongeait sur l'horizon, l'après midi touchait donc à sa fin. Une nouvelle fois, elle déserta ses appartements pour découvrir les jardins elfiques. Vision enchantée d'une nature presque pas apprivoisée, dont la volonté la sublimée.
Alors que ses pas pudiques avançaient, découvrant des fleurs aux couleurs pastelles, et des arbres centenaires, son regard rencontra celui désigné comme un elfe du royaume silvestre, dont le nom lui échappait à présent. Il vint alors la saluer avec une grande politesse qui mettait mal à l'aise la jeune Morwen.

- Dame Morwen, j'aurais espéré votre présence au repas de midi déclara t il, en marchant à ses côtés.
- Pardonnez-moi, j'étais indisposée. Répondit elle de sa voix grave et glaciale.

L'elfe blond lui avait proposé son bras comme le voulait l'usage, et à regret la jeune fille avait accepté. Elle n'aimait pas le contact de ses êtres étranges qui semblaient la craindre plus que les autres, et lui reprochaient sa propre nature.

- Votre rencontre de l'Aurore sans doute, suggéra le prince de Mirkwood.

Les joues de Morwen, prirent une couleur écarlate. Non pas de gêne mais bien de désagrément, elle lui lança un regard pour le moins courroucé.

- Cela n'est pas votre affaire. Répondit elle avec humeur.
- Ne soyez pas offensé, le Seigneur Aragorn est une personne pour laquelle j'ai beaucoup d'amitié. Son trouble était tel, qu'il s'est permis de me conter votre étrange rencontre.
- Le Seigneur Aragorn a simplement perdu son sang froid. Précisa t elle en serrant les dents. Elle était peut être pupille d'Elrond, mais en rien elle n'était elfique, et leur calme olympien ne fait pas partie de ses caractéristiques.
- Vous savez tout aussi bien que moi, que cela est faux. Et que vous êtes responsable de cet étrange comportement.

La jeune femme retira sa main du bras de l'elfe gracieux et quelque peu efféminé, et s'éloigna de sa personne, contenant sa colère grandissante.

- Je n'ai rien fais pour cela. Cessez donc vos reproches injustes, MonSeigneur.
- Ais-je parler d'une quelconque coupable action. Répondit Legolas, en fronçant les sourcils d'un air détestable. Vous savez, tout comme moi. Ce que vous êtes, sera bientôt cause de malheur pour les hommes tels qu'Elessar.

Cet elfe, lui reprochait ouvertement sa présence en ces lieux. Elle qui avait cru un instant que tous avaient la bienveillance et l'attention d'Elrond, la voilà qui se heurtait à un individu entièrement hostile à sa propre personne.

- Vous ne savez rien de moi, grogna t elle, en crispant sa mâchoire.
- En effet, j'ignore d'où vous venez, j'ignore votre personne, mais si une chose est certaine, c'est que vous êtes marqué par l'Ombre, par le Mal, et qu'il ne cessera de croître en vous, atteignant chaque personne qui serez amené à vous côtoyer.

Il avait craché ses mots, avec haine et mépris, effrayant la jeune humaine. Son visage si habituellement gracieux, et sa voix suave, avaient laissés place à une colère déchirant ses traits. Ses mots mielleux avaient disparus.
Elle n'était que maudite à ses yeux, une créature dont il fallait se débarrasser au plus vite. C'est alors, que toutes traces de ses sentiments disparurent. Et son visage retrouva sa beauté et sa grâce. Il se ressaisit avec délicatesse de son bras, et poursuivit la promenade comme si de rien n'était, saluant avec courtoisie et respect les elfes qui flânaient dans les jardins enchantés de Fondcombe, allant jusqu'à raccompagner Morwen dans ses appartements, toujours le même sourire, et la même sérénité exprimaient dans ses gestes. C'était comme si la conversation n'avait jamais eu lieu. La jeune fille rentra précipitamment dans sa chambre, le visage livide de frayeur. Quels étaient ses monstres, beautés cruelles, aux cœurs de glace.

Cette nuit, Morwen ne put dormir. Le souvenirs de sa rencontre avec le Seigneur elfe, était encore trop présent, elle goûtait à l'amertume de sa propre condition. Qu'allait il advenir d'elle, si dans cet étrange monde elle n'avait pas sa place. Devait elle partir malgré ce que dirait Elrond pour l'en dissuader. Elle voulait simplement recommencer. Mais prendre un nouveau départ ne pouvait être envisageable. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle était, d'où elle venait. Qui était donc ses propres parents. Si ce n'est cette aïeul dont elle portait le prénom. Cette femme qu'elle avait vu. Cette femme que l'on disait folle, et maudite. Qui était-elle, si ce n'est un nom qui avait traversé les âges. Les paroles du Prince de Mirkwood résonnaient dans sa tête. Allait elle causé la perte des hommes de Numenor, était elle un fléau comme il le prétendait.