Chap.11

House roulait à moto depuis deux bonnes heures et les tiraillements s'intensifiaient au point qu'il ne parvenait pas à empêcher l'ensemble de sa jambe de trembler…Il ralentit sa vitesse pour tenter de gagner en confort ce qu'il perdrait de toutes façons en temps s'il avait un accident ou un malaise.

Il n'était plus équipé pour ce type de « randonnée »…trop de distance, pas assez de pause et puis trop de stress; mais cela n'avait rien à voir avec la moto et tout avec Cuddy.

Elle devait avoir raison Cuddy, il vieillissait et assez mal.

Après encore une heure de trajet , House aborda les environs de Princeton.

Sa jambe entière était un bloc de glace, froide et rigide; devenue presque insensible mais aussi fantomatique .Il n'était pas certain de pouvoir ne serait ce que poser le pieds à terre sans que son corps entier ne s'effondre.

Encore un beau résultat de son entêtement. A vouloir gagner du temps,il allait se retrouver directement aux urgences du P/P et avec un peu de chance, ce serait à Thirteen de le prendre en charge.

House respira profondément afin de juguler le fou rire désespéré qui était entrain de le submerger, il était entrain de perdre le contrôle…

Il pensa un instant appeler Wilson pour l'aider à « retomber sur ses pieds » dans tous les sens du terme…mais cela aurait été trop facile et hum, humiliant aussi…

House prit alors dans la poche de sa veste un petit flacon dans lequel il devait rester un fonds de whisky qui lui permettrait d'avaler une double dose de Vicodine…il n'avait pas encore posé son fichu pieds dans le P/P qu'il reprenait déjà ses plus mauvaises habitudes.

A nouveau , un rire s'échappa de sa gorge alors que le liquide râpeux diffusait son intense chaleur immédiatement dans l'ensemble de son corps …le fonds était conséquent, ;l'Écosse et Glenn machin en soient remerciés pour l'éternité.

La chaleur diffuse commençait à provoquer des picotements dans sa cuisse , il fallait qu'il arrive à descendre de sa moto et marche au plus vite…l'étape suivante serait les aiguilles monstrueuses, dignes des envoûtements de vaudou et le résultat serait encore pire que celui envisagé précédemment: il s'affalerait sur le sol et il arriverait aux urgences avec en plus un taux d'alcool dans le sang supérieur à la normale…

Comment avait il pu agir de manière aussi précipitée et sans réfléchir aux conséquences? Pourquoi avait il cédé à son impulsivité?

Cuddy s'était lassée de l'attendre et elle avait disparu de son nouvel univers…tout à coup, ce qui avait fait sa vie depuis quelques mois lui avait paru terne et insignifiant.

Il n'aurait pas quarante chances avec Cuddy, il en avait déjà eu plus que son compte.

La discussion qu'il n'avait pas pu avoir elle dans sa chambre, il la poursuivrait dans le bureau de la doyenne au P/P et il s'humilierait même devant témoin s'il le fallait…

House vacilla légèrement et agrippa sa cuisse pour la masser ; il était parvenu à descendre de la moto mais sa respiration était entrecoupée de gémissements qu'il ne pouvait retenir. Posant ses avant bras sur la selle, il souffla profondément , chassant peu à peu les étoiles lumineuses qui dansaient devant ses yeux…à la place, il vit apparaître le visage rond de Cameron qui lui souriait avec son air à la fois étonné et inquiet.

Cameron serait toujours Cameron pour House…Elle pouvait gagner en prestige, en froideur, en manipulation; elle serait toujours déstabilisée et touchée par cet homme…et il en était de même pour lui…

Il ne put s'empêcher de grommeler « tu devrais arrêter les sucettes rouges et recommencer le jogging, t'as pris du bide en occupant mon poste… »

Cameron- « moi aussi je suis heureuse de vous revoir, …Greg répondit elle dans un murmure…je repartais à la maison mais je peux vous aider à faire quelques pas?

House:- « merci…Alysson…j'ai besoin d'un peu d'entraînement avant de rentrer dans la cage aux lions.

Prenant d'autorité son ancien patron sous le bras, Cameron se dirigea vers le petit parc à l'opposé de l'entrée du P/P.

Son entrée dans l'hôpital, il devait la faire seul et sur ses deux jambes, ce serait primordial pour les jours à venir.

Cameron était trop fine pour ne pas le comprendre.

Ils marchaient lentement et silencieusement .

House se centrait sur la fonction mécanique de la marche pour tenter de canaliser la douleur qui continuait d'irradier l'ensemble de sa cuisse.

Le voyant gagner en stabilité, Cameron ne put s'empêcher de poser la question qui lui trottait dans la tête…

C:- « Cuddy sait que vous êtes de retour?

H:- « Elle est venue me rendre visite hier dans l'après midi et -hum- ce matin, elle est partie…hum…un peu vite.

C:- « Vous avez encore foiré ,House?

H:- « Maintenant que tu le dis…Alysson….il me semble bien que les derniers mots qu'elle m'a adressé étaient effectivement « enfoiré ».

House et Cameron échangèrent un long regard. Ils étaient au même diapason: un peu tristes de ce qu'ils n'étaient jamais parvenus à atteindre ensemble mais confortés par leur amitié paradoxale pour deux humains aussi différents que pouvaient l'être un fétu de paille face à la meule…

House marmonna d'une voix un peu émue: - « je suis heureux pour toi et Wilson, cette fois je crois que j'accepterai d'être son témoin; à moins que tu ne me le demandes. C'est une union qui viendra mettre un terme à une longue série de divorce…j'en suis sûr.

Le parasite se porte bien?

Cameron:- « tout va bien ! Wilson me rend folle! Depuis que vous êtes parti, il n'a plus personne à surveiller et à sermonner…l'arrivée du bébé lui a rendu un peu de tonus.

Mais vous lui avez manqué et je crois qu'il vous en veut de l'avoir écarté.

House: « Oups, finalement, je vais peut être te demander de m'aider à remonter sur ma moto…deux lions à affronter, ça fait beaucoup pour le faible homme que je suis…

Cameron:- « eh bien le moment me semble idéal pour vous laisser tomber…vous recommencez à mentir…vous allez bien!! GO!

Cameron poussa House de manière très irrévérencieuse en donnant une impulsion sur le bas de ses fesses…

En s'éloignant HOUSElui renvoya un regard choqué et goguenard… »je te revaudrai ça un jour…Alysson… »

Alors qu'il s'éloignait, Cameron ne put s'empêcher de crier « Au fait, c'était bien Paris ou ce n'était que du bluff? »

House haussa les épaules sans se retourner mais pénétra dans le hall du P/P le sourire aux lèvres et la démarche assurée.