Message pour Christine : Je suis contente que cela te plaise et, pour tout avouer, je n'ai pas la moindre idée de la forme animagus de Harry lol! Je pense juste qu'il se serait entraîner à le devenir...
Chapitre 16
«Si nous ombres, vous avons offensés
Pensez alors (et tout est réparé)
Qu'ici vous n'avez fait que sommeiller
Lorsque ces visions vous apparaissaient.
Et ce thème faible et vain
Qui ne crée guère qu'un rêve
Gentils spectateurs, ne les blâmez pas.
Pardon nous ferons mieux la prochaine fois.
Aussi vrai que je suis un honnête Puck,
Si nous avons la chance imméritée,
D'échapper à vos sifflets de serpent,
Nous vous consolerons avant longtemps;
Sinon, traitez Puck de menteur.
A tous bonne nuit de tout cœur.
Si nous sommes amis, applaudissez très fort:
Et Robin saura réparer ses torts.» (1)
Ce fut sur ces mots que termina Peter, avant de descendre prestement de la scène improvisée dans leur salle de classe, et Harry ainsi que tous les enfants autour applaudirent.
«C'était génial, les enfants!» félicita le Professeur de défense contre les forces du mal. «Et c'était également la toute dernière répétition. J'espère que vous n'avez pas trop le trac pour demain?»
Au vu des têtes que faisaient les enfants, ils avaient l'air de l'avoir quelque peu mais il avait toujours été dit à Harry qu'un peu de stress avant le spectacle était une bonne chose, tant qu'il n'était pas trop grand. Il ne se faisait de toute façon pas autrement de soucis pour ses élèves. D'après ce qu'il avait pu voir lors de cette répétition, ils étaient totalement prêts à affronter le public et, même s'il devait y avoir quelques fausses notes, personne ne leur en tiendrait rigueur. C'était une pièce assez difficile comme cela, surtout pour des gamins de onze ans.
«Maintenant, pour vous détendre un peu, j'ai décidé de respecter la promesse que j'ai fait à une de vos camarades,» continua Harry et jetant un coup d'œil imperceptible à Lily. «Et je vous emmène vous, et toutes les autres premières années, pour un moment à Pré-au-Lard,» annonça-t-il.
La nouvelle fut accueillie avec des exclamations de joies de la part de tous ceux qui avaient des frères et sœurs de plus de treize ans et qui savaient ce qu'était le village sorcier. Tous se réjouissaient tellement d'être en troisième années pour pouvoir y aller et voilà que leur professeur allaient les y emmener deux ans avant l'heure.
«Vous êtes génial, Monsieur!» s'exclama James Potter, oubliant toute retenue, avant de se rendre compte de combien il avait élevé la voix. «Euh…»
C'était bien la première fois qu'Harry voyait le garçon qui allait devenir son père sans voix. Néanmoins, au vu des pouffements de rire des personnes alentours, il se doutait qu'il n'était pas le seul et il décida de rassurer James.
«Ca me fait plaisir que tu penses cela,James,» lui dit-il, un sourire aux lèvres. «Et maintenant, je vais vous demander à tous d'aller vous changer et prendre de quoi sortir. On se rejoint dans une heure devant les portes de la Grande Salle. Allez, filez, vos camarades savent déjà qu'ils doivent nous rejoindre.»
Sans attendre plus longtemps, les enfants délaissèrent tout leur matériel de scène et se précipitèrent en direction des dortoirs, excités comme des puces, laissant à Harry le soin de tout remettre en place. Il ne fallait pas qu'il perde trop de temps, il ne souhaitait pas être en retard au rendez-vous qu'il avait lui-même fixé.
De plus, ses collègues n'apprécieraient probablement pas trop d'avoir à attendre. Il avait déjà eu un certain mal à les convaincre de prendre part à cette expédition mais il savait qu'il était obligé de prendre quelques accompagnants avec lui. Il ne pouvait pas lui-même surveiller toutes les premières années et la menace de Voldemort se faisait de plus en plus inquiétante. Il était peut-être un bon combattant, mais il lui aurait été impossible de tenir tête à des mangemorts et de protéger autant d'élèves, seul.
Heureusement, le charme qu'il avait développé ces dernières années lui avaient été bénéfiques, encore plus du fait que, contrairement au gamin de quinze ans qu'il avait été quand il avait eu cette désastreuse relation avortée avec Cho Chang, il savait parfaitement comment s'en servir pour arriver à ses fins. La gente féminine de staff de Poudlard n'avait eu aucune chance, excepté peut-être MacGonagall, puisqu'elle savait qui il était. Cela lui enlevait la mystérieuse aura qui l'entourait.
Revenant dans le présent, Harry rangea la pièce et, après un détour par ses quartiers, histoire de passer une tenue un peu plus appropriée et de prendre un peu d'argent avec lui, il se dirigea vers la Grande Salle où, déjà, une bonne partie de ses élèves l'attendaient, impatients de se retrouver au village sorcier.
Heureusement, les accompagnants et lui-même n'eurent pas trop de soucis à se faire, les premières années étant nettement plus sages lors de cette sortie qu'Harry se rappelait ses camarades dès leurs troisièmes années. Sans parler de lui-même qui s'y était rendue sans son autorisation, mais il n'avait jamais prétendu être un modèle à suivre, qu'importe ce que disait la plus grande partie de la population sorcière à son époque.
Alors que les enfants se précipitaient dans les boutiques, dépensant leur argent de poche en sucreries ou farces et attrapes, Harry se dirigea vers la Cabane Hurlante. Il ne comptait pas y entrer, il ne fallait après tout pas pousser les élèves à faire cela, il savait trop ce qu'il en coûterait si un accident se produisant lorsque Remus y était. Il n'empêchait qu'il avait envie de la voir.
Il s'arrêta avant d'entrer dans le champ qui y menait et s'assit comme une pierre, de la même façon qu'il l'avait fait des années auparavant, cet hiver où il croyait encore que le dangereux criminel Sirius Black était avec lui. Ses pensées le ramenèrent, non pas à cette époque lointaine, mais à sa dernière année de classes, lors de la sortie à Pré-au-Lard qui avait été sa dernière entourée de Ron et Hermione, le «Golden Trio», comme on les surnommait encore.
«Allez, viens Harry, on va faire tous les magasins les uns après les autres!» s'exclama Ron, tout sourire, alors qu'Harry était quelque peu hésitant.
«Oh, sérieusement Ronald. Tu ne penses pas que nous sommes trop grands pour adopter une telle attitude?» morigéna Hermione, sans pouvoir pour autant supprimer le sourire de ses yeux.
«Mais c'est la dernière fois que l'on se retrouve ici,'Mione» insista Ron. «Après cela, il va y avoir la graduation et on va partir chacun de notre côté. Bien sûr qu'on va rester amis, mais ce ne sera plus la même chose. Il faut en profiter.»
Le jeune rouquin plaidait du regard et Harry regarda avec un sourire en coin sa meilleure amie céder petit à petit à la tentation qui menaçait également de la submerger. Finalement, elle prit les deux garçons dans ses bras, pour une étreinte telle qu'Harry en avait eu reçu de Madame Weasley.
«Promettez-moi que ce n'est pas la fin, que peut importe ce qui nous attend après Poudlard, après… la guerre, promettez-moi qu'on restera toujours amis.»
«Hey, t'en fais pas, sis',» la rassura Harry qui avait commencé à se référer à Hermione comme à sa sœur au cours de leur sixième année.«Rien ne pourra séparer le 'Golden Trio'».
Rien, excepté la mort, songea Harry, fixant toujours la Cabane, perdu dans ses souvenirs. Deux mois plus tard et Hermione et lui assistaient à l'enterrement de Ron, se sentant comme si une partie de leur être leur avait été arraché. Ils avaient tous les trois fait la promesse de ne pas se perdre de vue, après leur graduation, de ne pas se quitter. Malheureusement, la vie en avait décidé autrement.
«Professeur?»
L'appel, aussi hésitant soit-il, eut pour effet de faire revenir Harry dans le présent et il s'essuya rapidement les yeux, avant de se retourner vers la source de la voix, souriant doucement.
Il eut la surprise de se retrouver non seulement face à face avec Remus, comme il l'avait deviné au son de la voix, mais également au reste des maraudeurs ainsi que Lily et Narcissa. Il devait s'avouer que c'était la première fois qu'il les voyait tous réuni au même endroit, à part bien sûr lors des répétitions de la pièce de théâtre. Mais, étant donné le nombre d'autres personnes présentes, il ne pensait pas que cela comptait.
«Et bien, vous n'êtes pas en train de vous amuser?» demanda-t-il, ayant pensé qu'il profiterait de cette visite si inhabituelle pour de si jeune élève jusqu'au bout.
Comme lorsque les maraudeurs étaient venus lui demander conseil pour aider Remus, se fut Sirius qui prit la place de porte-parole. Harry était amusé de voir les autres lui lancer des regards pesant, le forçant à parler, mais plus qu'un peu intrigué. Qu'est-ce que lui voulaient ces petits protégés?
«A vrai dire, Professeur Cendrars. On se demandait, vous savez, vous avez pris des… euh, des photos lors des répétitions et… et aussi pendant les vacances de Noël,» commença à expliquer Sirius. «Et on aurait bien voulu savoir… enfin, si c'était possible… si vous pouviez nous faire des copies? Je veux dire, pour qu'on ait des souvenirs… et, heu… voilà,» termina-t-il.
Oh? Harry cligna des yeux. Il avait oublié qu'il avait fait des photos. Il était vrai qu'il avait voulu avoir des souvenirs, histoire de ne pas oublier l'année merveilleuse qu'il avait pu passer au côté de personnes qu'ils ne reverraient qu'adultes.
«Bien sûr. Ne vous en faites pas, je vous ferais des copies. Pourquoi est-ce que vous ne passeriez pas à mes quartiers plus tard dans la semaine et qu'on voit tout cela ensemble, d'accord?»
Les enfants lui sourirent de toutes leurs dents avant de le remercier et de s'en aller en trottinant, probablement visiter une autre boutique ou, alors, aller boire une bonne bierreaubeurre chez Rosemerta. Tous, sauf Remus, qui resta en arrière..
«Il y a quelque chose dont tu voudrais me parler, Remus?» demanda Harry.
Le jeune garçon ne répondit pas à la question posée mais inclina la tête sur le côté.
«Est-ce que vous allez bien, Professeur?» interrogea-t-il, n'ayant pas manqué de voir que son enseignant avait versé des larmes.
«Oui,» sourit Harry, rassurant immédiatement le petit. «Je vais bien, ne te fais pas de soucis. J'étais juste dans mes souvenirs et, disons que j'aurais pu en trouver un quelque peu plus joyeux. Mais tout va bien, merci.»
Rassuré, Remus sourit avant de partir à son tour, probablement rejoindre ses amis, où que ceux-ci soient partis.
(1) Le songe d'une nuit d'été, William Shakespeare (Traduction: Jean-Michel Déprats)
