Message à tylia : merci beaucoup pour ton message et... oui je suis d'accord, un prof comme ça, ça aiderait beaucoup... dommage, y'en a pas tant que ça

Message à katia: et oui, ça sent la fin de la fic. C'est triste mais, en même temps, je suis contente... j'avais abandonné tout espoir de finir cette fic, il y a quelques années. En tout cas, je suis contente que tu aimes


Chapitre 17

Le temps passait vite, filant à une vitesse immense, sans jamais ralentir sa course, songeait Harry alors qu'il se tenait dans la Grande Salle les yeux rivés sur la cérémonie de graduation des septièmes années qui avaient lieu cet après-midi là, quelques heures à peine avant que les premières années ne s'approprient à leur tour l'estrade mise en place pour l'occasion, afin de finalement montrer les fruits de leur travail dans une représentation qui, malgré ce que certains continuaient de dire, tous sans exception se réjouissaient de voir.

Mais, pour l'instant, il s'agissait du directeur lui-même qui tenait la place d'honneur sur la scène, libérant un flot de parole presque rituel, à propos de la fin d'une ère pour tous ceux qui allaient bientôt défiler devant lui et qui se retrouverait, dès les derniers jours de l'année terminés, projeté dans la vraie vie, sans n'être plus à l'abris des plus grands malheurs du monde, toujours plus, se laissait gagner par la puissance de Lord Voldemort.

Harry ne pouvait s'empêcher de penser que les pauvres étudiants qui avaient été si bien protégés par Dumbledore, à l'abri au sein de l'école qui, encore en plein cœur de la deuxième guerre qui feraient rage dans presque une trentaine d'année, restait pour tous un sanctuaire protecteur, se verrait bientôt livré à eux-mêmes, forcés de choisir leur camps et de devenir acteur d'un massacre qui ne prendrait fin qu'en ce jour fatidique d'Halloween où la vie de James et Lily Potter s'arrêterait.

Tout cela était si injuste…. Il savait ce que le futur réservait à ces personnes, il savait qui serait condamné et qui en réchapperait avec le moins de blessures, jamais indemnes mais tout de même épargnés. Pourtant, il lui était interdit de les prévenir, interdit de leur venir en aide et de les aider à faire les bons choix, il était lui-même condamné à devoir laisser les mêmes erreurs se reproduire, à laisser l'histoire suivre son cours comme si jamais ce temps n'avait hébergé de voyageur égaré. Lui serait-il possible de jamais oublié cela, d'effacer de sa conscience les tourments auxquels ils condamnaient des personnes qui bientôt lui ouvriraient les bras? Seul le temps le lui dira.

Une slave d'applaudissement sortit Harry de ses bien mornes pensées et il se concentra à nouveau sur la cérémonie, voyant que le directeur avait fini son discours et faisait maintenant place aux élèves qui, tous autant qu'ils étaient, se réjouissaient de finalement tenir entre les mains leur diplôme.

Dans sa propre époque, la cérémonie n'avait pas eu lieu. Les lieux étaient, au moment où ils auraient dû recevoir le titre qui leur revenait de droit, encore ravagé par les restes de la bataille et les étudiants qui avaient survécu n'avaient pas le cœur à la fête de toute manière. Trop de leurs camarades étaient tombés et ne pourraient jamais recevoir les honneurs qu'ils méritaient. Dumbledore leur avait donc remis les documents en mains propres, donnant ceux qui ne pouvaient être réclamé par qui de droit à leurs parents, leur offrant ainsi un dernier témoignage de la vie de leurs enfants, trop tôt écourtée.

C'est pourquoi le Survivant ne se sentait pas spécialement à son aise, à regarder défiler les différents diplômer sur les estrades. Bien entendu, en tant que professeur, il se devait d'être à cet endroit et, de toute façon, il était sûr qu'il se serait forcé à y assister, même si sa position ne l'exigeait, afin de voir Arthur Weasley, Amos Diggory et Mollie Prewett graduer.

Mais, une fois tous les diplômes en main, Harry s'excusa rapidement auprès de ses collègues, prétextant des derniers préparatifs pour la pièce de théâtre et, avec un rapide regard pour rassurer Minerva qui, il le savait s'inquiéterait pour lui, il s'éclipsa et rejoignit ses quartiers. Une fois arrivé, il se laissa glisser au sol et laissa les larmes couler.

Il ne savait pas combien de temps il était resté comme cela mais quand il releva les yeux, une fois les pleurs apaisés, il s'aperçu qu'il n'était plus seul. Face à lui se tenait Severus, se mordant la lèvre, n'étant pas sûr de la conduite à adopter.

«Je suis désolé, j'aurais dû partir,» s'excusa-t-il après quelques secondes.

Harry secoua la tête, se remettant debout rapidement.

«Non, c'est pas grave. C'est moi qui m'excuse, tu n'aurais pas dû avoir à me voir comme cela,» avoua-t-il, essayant d'essuyer les traces de larmes et ne sachant pas s'il y était parvenu efficacement. «Alors, qu'est-ce qui me vaut l'honneur de la visite.»

«Je venais juste parler des dernières corrections pour la mise en scène. Qu'est-ce qu'il s'est passé? Est-ce que tout va bien?» demanda Severus, maintenant qu'il savait que son professeur n'était pas fâché qu'il l'ait vu dans un état de faiblesse.

«Ce n'est rien, ne te fais pas de soucis pour cela,» répondit évasivement Harry, ce qui fit froncer les sourcils à l'enfant.

«Vous savez, je peux comprendre,» insista-t-il, quelque peu ennuyé que le Professeur Cendrars le prenne pour un enfant.

Harry ne fit que lui sourire.

«Je sais que tu peux comprendre, Severus. Mais je souhaite seulement que tu puisses encore garder une part n'innocence en toi. Avec la guerre qui se rapproche de plus en plus de nous, tu la perdras bien assez tôt, je n'ai pas envie de déjà t'en priver maintenant.»

A cela, le jeune Serpentard ne trouva rien à redire.

«Maintenant, pourquoi est-ce que tu ne me parlerais pas de ces finitions…»

Et avec cela, professeur et élève se mirent à converser aux sujets des derniers détails importants de la pièce, oubliant la guerre et le chagrin, se concentrant totalement sur leur travail.


Quelques heures plus tard et c'était au tour des premières années de se retrouver sur l'estrade de la Grande Salle, remplie pour l'occasion par, non seulement les élèves et les professeurs, mais également une bonne partie des parents qui avaient été invités à assister à la prestation de leurs chers bambins.

Si les plus jeunes, avant de commencer à jouer, se sentaient pris par un effroyable trac, quelques mots d'Harry suffirent à les relaxer assez pour qu'ils puissent jouer sans trop se faire de soucis. Ils savaient, après tout, qu'ils étaient libres de se tromper quelque peu dans les gestes et les répliques et que personne à part eux ne s'en rendraient compte. Mais ce dont ils avaient le plus peur étaient que les spectateurs n'apprécient pas la pièce. Craintes qui se révélèrent inutiles.

Elèves comme parents et professeurs se retrouvèrent, au bout de quelques répliques à peine, pris dans la féerie songée et crée par William Shakespeare, fabuleux auteurs moldus qui, dans ces écrits, mêlait à la vie de tous les jours, une magie sans limite.

Si les gens se concentrèrent durant les premières scènes, intégrant le décor qui leur était posés, les rendant ainsi capable de reconnaître les personnages, leur relation, et de comprendre plus tard les enjeux de la pièce - le théâtre n'était peut-être pas un passe-temps très répandu dans le monde sorcier, il n'empêchait pas que tous en avaient déjà entendu parler assez pour savoir que les premiers moments étaient important -, ils ne purent s'empêcher de rire au moment au Puck, à qui Peter donnait une personnalité tout à fait attachante et attendrissante, sous les ordres d'Oberon, magnifiquement incarné par James, utilisa le suc de la fleur sur le mauvais couple.

La dispute entre Oberon et Titania fut, aux yeux de tous ceux qui connaissaient Lily et James, hilarante car elle rappelait en tous points plusieurs des échanges qui leur avaient été donné de voir au long de l'année, eux bien spontanés, entre les deux enfants.

Vint ensuite le fameux carrés amoureux entre les quatre jeunes Athéniens, interprété par Narcissa, Remus, Stella et Sirius qui, grâce à une complicité immense entre eux, arrivaient à donner à leurs personnages tout ce dont ils avaient besoin pour se faire aimer du public.

Les scènes d'intermède, pendant lesquelles le récit s'éloignait des aventures de ses personnages principaux, parurent quelque peu étrange au public et les déboussolèrent légèrement, mais pas assez pour que le reste de la présentation leur soit désagréable. Voir leurs enfants ou camarades sur scènes étaient quelque chose de presque magique pour tous ceux qui regardaient, qui plus est grâce à la merveilleuse mise en scène – incluant elle une magie bien réelle – réalisée par Severus.

Ce fut donc avec regrets qu'ils regardèrent la pièce se terminer, sur la réplique de Puck mais ils applaudirent tout de même à tout rompre les jeunes acteurs qui revinrent tous autant qu'ils étaient sur scène afin de saluer ceux qui les avait suivit. Ils restèrent, pendant bien quelques minutes, mains dans les mains, sur devant de l'estrade, recevant les applaudissements qu'ils avaient bien mérités et Harry ne put s'empêcher de sourire à s'en décrocher la mâchoire quand il vit les visages si heureux de tous ses petits protégés.

Il prit une photographie de cet instant, sans que personne ne s'en aperçoive, souhaitant le garder à jamais gravé dans sa mémoire et pouvoir s'en souvenir pour lorsqu'il sentirait que se battre n'en vaut plus la peine. Car, à regarder ces enfants se mouvoir en souriant sur la scène rappelait à Harry toute l'innocence qu'il fallait à tout prix protéger.