Nyshts

Bonjour ou Bonsoir, j'en sais rien je m'en fiche à vrai dire. Je tiens à m'excuser de nouveau pour le retard que je prends dans l'écriture de mes fics. Mea Culpa, c'est tout ce que je peux dire. Ah grande nouvelle l'année prochaine je me casse à Paris pour mes études de droit, certes je ne suis pas encore acceptée ou même je ne sais si je suis admissible mais j'ai envie d'y croire pour une fois.

Je vous remercie chaleureusement de me suivre dans cette aventure scripturale. Nyshts c'est tout une histoire pour moi et le fait que vous suiviez ce projet me donne du baume au cœur mais aussi m'a redonné le goût d'écrire que j'avais perdu depuis plus d'un an.

Pairing, rating, etc… : aux chapitres précédents

« « O.o » »

Afrique, Tanzanie, région d'Iringa :

« C'est encore loin monsieur Korloma ? »

« Encore quelques kilomètres mon petit monsieur. Regardez, on commence à apercevoir la lisière de la partie Est de la réserve de Ruaha »

Le conducteur de la jeep ponctua sa phrase d'un mouvement de tête et à perte de vue se dessinaient des océans d'ocre, d'émeraude et de tâches bondissantes.

Agnès regardait de toute part frénétiquement. C'était un songe éveillé, tout ce qu'elle espérait c'était de ne pas rêver.

Heinrich, quant à lui, était plutôt occupé à regarder l'émerveillement de sa compagne de voyage. La Tanzanie, il l'avait vu des centaines de fois avec son père et il ne trouvait rien d'intéressant à regarder bondir des mammifères ou regarder les quelques touffes d'herbes qui se battaient en duel sur l'horizon terreux. Les reflets de la crinière brune étaient plus beaux que la terre sèche volant au grès du vent.

Le professeur riait intérieurement : d'une part parce que cet étudiant avait beau avoir les meilleures notes du monde et une fortune colossale il n'en était pas moins un benêt face à la fille qu'il aimait et d'autre part parce que Mlle Renard, sous ses airs d'étincelle, se laissait apaiser par l'idiot cendré.

Quelques heures plus tard, ils arrivèrent enfin sur le site des fouilles et une tornade blonde sauta sur Harry.

« Te voilà finalement, j'avais peur que tu ne te sois fait manger par un Croca »

« Luna les Croca n'existent pas allons, c'est une créature que tu as imaginé quand on était aux Baléares et que tu avais trop bu du cocktail cérémonial »

« Oui oui oui, bon c'est qui ceux-là ? »

Offusqué Heinrich fit mine de bouder alors qu'Agnès rit doucement.

« Je suis Agnès Renard et voici Heinrich Bismark. Le professeur Potter nous a emmenés avec lui pour l'assister dans ses recherches »

« Ah et bien venez vous devez avoir faim avec tout ce voyage. Je vais vous montrer là où vous dormirez durant votre séjour »

Luna pria le chauffeur et quelques hommes de bien vouloir transporter les bagages et de les suivre jusqu'aux tentes. Elles se situaient à environ 20 mètres à l'Est du site des fouilles mais, au grand dam d'Heinrich, non magiques donc selon ses dires « inconfortables, spartiates et totalement inutiles » ; néanmoins il révisa son jugement quand Luna leur appris qu'elle avait prévu seulement deux tentes puisqu'elle pensait qu'Harry n'emmènerait qu'un seul élève.

« Le professeur Potter étant notre supérieur, nous nous devons de ne pas lui imposer notre présence dans ces mi… tentes »

« Ah non les garçons ensembles ! »

« Harry c'est à toi de décider, moi je vais prévenir Towaba de faire à manger pour trois personnes en plus pour ce soir »

Le brun regarda Luna s'éloigner et tourna ensuite sa tête vers les deux jeunes qui se chamaillaient une nouvelle fois, le soleil cognait fort, la chaleur l'étouffait et le brouhaha ambiant achevait son cerveau. Il décida donc d'en finir au plus vite avec ces histoires de tentes afin justement de pouvoir aller se pieuter tranquillement.

« Mlle Renard vous dormirez avec Mr Bismark et pas de discussions. Heinrich enlevez ce sourire de votre tête et portez les bagages de votre camarade à votre tente commune »

« Mais monsieur … »

« FIN DE LA DISCUSSION ! »

Fatigué et énervé, le jeune professeur s'engouffra dans sa demeure textile en marmonnant diverse noms d'oiseaux exotiques.

Les jeunes gens se regardèrent ne sachant que dire ou comment réagir face à la tornade potterienne.

« Bien joué Agnès tu l'as rendu furax »

« Quoi ?! Et puis quoi encore ! Oh merde Bismark, portes nos bagages qu'on en finisse, j'ai envie d'aller voir les ruines »

« Pas question ! »

« C'est le prof qui a dit que tu devais le faire »

« J'ai dit non ou du moins pas sans compensation »

« Tu me casses les ovaires Heinrich, tu veux quoi ? »

« Te prendre dans mes bras »

À ces mots Agnès piqua le fard du siècle, son cœur s'emballa, tout tournait autour d'elle mais elle su que ce n'était point l'amour ou la joie quand elle senti son cœur commencer à la lâcher et sa vue se brouiller. Le blond eu juste le temps de la rattraper avant qu'elle s'écroule à terre.

Dans la tente d'Harry (Tanzanie Afrique) :

Dieu qu'ils m'énervent ces deux là quand ils s'y mettent !

Ces mots furent les premières pensées du brun quand il entra dans son trou pour une durée indéterminée. L'endroit se composait d'un lit de camp, d'un meuble avec un pot à eau et un évier pour une toilette d'usage ainsi qu'une sorte de croisement entre une chaise et une table de chevet où trônait une lampe à pétrole.

Le professeur exténué lança un sort de fraîcheur dans son logis et s'allongea sur sa couche passablement inconfortable.

Comment puis-je ne serait-ce que me reposer les méninges avec cette chaleur et les deux autres qui beuglent comme des poissonnières en rut…

Néanmoins la fatigue du voyage aidant, le brun finit par s'endormir doucement au son du vent jouant contre la toile de lin de sa tente.

Un endroit frais, l'eau, le sable sous ses pieds, toujours le même endroit. Néanmoins cette fois c'était différend, un puits de lumière illuminait tendrement les contours de sa « prison » encéphalique. Cela ressemblait à une grotte.

Les parois étaient recouvertes d'une sorte de mousse phosphorescente alimentée en air et eau par la grotte elle-même et en lumière par un jeu de miroir relié au faisceau de lumière. Celui-ci partait du plafond et s'écrasait au milieu d'un lac turquoise emplit de poissons vaporeux argentés et blancs pour la plupart.

Harry était fasciné par l'atmosphère paisible qui régnait dans le lieu, cela ressemblait à un temple bouddhiste où les gouttes d'eau battaient la mesure du temps et créaient une mélodie languissante de paradis tranquille.

Il s'approcha du lac et s'assis puis il finit par avoir envie de se divertir un peu. Le brun enleva ses chaussures et chaussettes et commença à marcher sur l'eau ; arrivé au centre du puits de lumière il se mit à créer des volutes de liquides, à les faire virevolter autour de lui.

Un merveilleux balai aquatique brillait et l'entourait.

Son corps de mit à tourner dans tous les sens, à sautiller sur la surface de l'eau ; il ne su combien de temps…

Harry s'éveilla la tête apaisée. Cette fois il n'y avait eu personne durant son rêve ; se mettant en position assise sur son lit de camp il se mit à espérer que son rêve n'en était pas un et que ce paradis souterrain existait.

C'est à ce moment là qu'Heinrich surgit dans sa tente essoufflé et visiblement inquiet.

« Professeur, Agnès vient de s'évanouir et elle ne semble pas aller bien »

« Je vais la rejoindre, toi va chercher Luna »

À peine sortis, les deux hommes se séparèrent dans des directions opposées.

Tente d'Heinrich et Agnès (Tanzanie Afrique) :

Quand Harry arriva près de son élève, il vit que celle-ci allait visiblement mal voire très mal. S'approchant d'elle, il prit un linge imbibé d'eau et le posa sur son front. La jeune tremblait légèrement puis s'apaisa un peu au contact du frais.

Quelques minutes après elle se mit à balbutier des mots sans queue ni tête, Harry tenta tant bien que mal de la rassurer par de légères caresses dans les cheveux et des mots affectueux de père inquiet.

Soudain Agnès saisi le poignet de son professeur violement et se mit à le fixer avec des yeux couleur ambre étincelante.

« Il faut faire vite »

« Que…Quoi vite ? »

« La fleur d'équilibre, trouvez la fleur d'équilibre. Le temps presse, les choses risquent de s'aggraver »

« Quelles choses ? Agnès, Agnès ?! »

Mais la jeune fille venait de s'évanouir de nouveau. Harry ne comprenait plus ce qui se passait. Il se tourna violement quand il entendit quelqu'un entrer.

Site des ruines Nyshts (Tanzanie Afrique) :

Juste après avoir quitté son professeur, Heinrich courue aussi vite qu'il pu jusqu'au site de fouilles. Celles-ci sortaient comme des champignons de la terre sèche s'élevant ainsi au milieu de la nature sauvage de Tanzanie et de la région d'Iringa ; mais cela n'intéressait que moyennement l'héritier pour l'instant il lui fallait trouver la seule tête blonde de l'assemblée.

Après 10 minutes de recherche, il finit par trouver Luna près de ce qui semblait être une maison.

« Excusez-moi Mlle Lovegood mais mon amie ne se sent pas bien du tout, elle s'est évanouie »

« Très bien, Mawala va nous accompagner, c'est le soigneur ici. Il connaît les plantes la région comme son crâne »

Face à la réponse Heinrich ne pût s'empêcher d'observer le crâne du dit médecin ou marabout. Vu que celui-ci n'avait pas un poil sur le caillou comment pouvait-il connaître les herbes ? Après ses digressions grotesques, le blond repris ses esprits et couru pour rattraper l'archéologue et le soigneur. Quand ils arrivèrent près de la chambre, l'écho de deux voix distinctes arrivèrent jusqu'aux oreilles de l'étudiant qui ouvrit brutalement la tente.

Il croisa le regard de son professeur qui lui intima de laisser entrer sa collègue et l'autre homme pour qu'ils puissent s'occuper de la jeune fille.

En dehors de la tente, Harry et son élève se dirigèrent vers l'ombre d'arbres pour s'asseoir. Le brun fit apparaître des gourdes emplies d'eau fraîche qui se renouvelleraient une fois vide.

Ils restèrent silencieux pendant 10 longues minutes jusqu'à ce que le blond prenne la parole.

« Elle a juste une insolation hein professeur ? »

Harry pris une gorgée d'eau puis souffla doucement en fermant les yeux.

« Honnêtement je ne sais pas Mr Bismark, je ne suis pas médecin mais je pense que nous pouvons faire confiance à Luna et à la personne qu'elle nous a amené. C'est une personne qui se trompe rarement »

« Si vous le dites »

« Vous êtes bien inquiet. Je trouve cela étrange pour quelqu'un qui prêtant en détester une autre »

« Euh, je…Je ne souhaite la mort à personne ou ne serait-ce que la maladie »

« Mais bien sûr Mr Bismark et moi je suis la Reine d'Angleterre »

« Cela se voit-il tellement ? »

« Je l'ai vu avant vous. Vous n'êtes pas franchement mauvais face à la plupart des gens mais quand vous restez longtemps en sa présence, vous finissez par vous fissurer »

À ces mots Heinrich écarquilla les yeux, il était donc si transparent une fois que l'on ouvre les mirettes un tant soit peu ? Il repensa à la première fois où il avait croisé Agnès.

C'était au parc Longchamp, un ancien zoo du 19ème siècle d'où les animaux étaient partis depuis bien longtemps. L'immense fontaine, quant à elle, déversait des litres d'eau par les bouches de poissons et autres bestioles marines ; on se demandait ce que les taureaux foutaient là, de même que pour Neptune mais bon lui c'est de l'eau - alors c'est « normal » -.

La marmaille hurlait et courrait dans tout le parc alors que lui cherchait désespérément à lire son ouvrage sur les influences politiques des Reines françaises.

Soudain un ballon arriva à ses pieds.

Il leva la tête de son ouvrage pour voir arriver un modèle réduit châtain clair souriant accompagné d'une jeune fille.

Pour Heinrich ce fut le choc : tout chez cette demoiselle était vaporeux comme une brume rafraîchissante en plein été : le denim large, le marcel en coton blanc, les sandales compensées en cuir marron et la chevelure lâchée ou à peine retenue en un chignon grossier.

L'enfant s'approcha pour récupérer son bien et s'excusa auprès de lui mais l'autre ne lui avait accordé aucun regard. Il aurait pût être un extraterrestre mauve à poids verts et jaunes, cela aurait été du pareil au même.

Harry observait son élève plonger dans ses réflexions et décida de le rassurer.

« Allons, elle vous a bien supporté pendant deux ans ; ce n'est pas une petite fièvre qui va l'achever »

« Vous avez raison ou alors j'ai dû trop l'affaiblir ces derniers temps »

Ils rirent puis se levèrent pour retourner vers la tente. Une fois plus proches, Luna commença à jouer les traductrices avec Mawala.

« Il dit que ton élève est reliée à une dimension parallèle et que quelqu'un de la région a dû lui lancer un sort »

« Est-elle en danger ? »

« Non mais cela l'affaiblie un peu et surtout la déshydrate ; pour cela soyez tranquille, j'ai enchanté la tente pour qu'elle ne risque rien »

« Merci Luna »

« De rien c'est bien normal. Bon le soleil commence à se coucher, mieux vaut que nous allions près du feu pour manger sinon on va crever de froid. »

Ils se dirigèrent vers le centre du campement à la nuit tombée.

L'ensemble des membres de l'expédition étaient présents entrain de manger au rythme de la musique. L'orchestre semblait jouer l'accompagnement d'une histoire de la région : certains jouaient des paysans et d'autres des sortes de démons ou créatures folkloriques.

Le plat principal se composait d'une soupe à la viande accompagnée d'un pain à la farine de manioc.

Intéressé par le spectacle, Harry demanda à Luna de le lui expliquer.

« C'est une légende locale sur les protecteurs du peuple de la région. Un jour il y a bien longtemps, le prince tomba amoureux de la fille d'un autre village. »

Un jeune très musclé commença à danser, vêtu d'un masque d'apparat et de lanière de cuir sur son torse, autour d'une jeune fille aux cheveux perlés portant une poterie. Leur ballait se dessinait en ombres chinoises grâce à l'énorme feu.

Puis d'autres individus arrivèrent et emmenèrent la jeune fille, laissant le « Prince » désemparé.

« Mais le village de la jeune fille était sous la coupe de démons très puissants. C'étaient des gardiens du noir, de la maladie et des mauvaises récoltes qui avaient besoin de l'énergie des villageois pour vivre. Le Prince rentra malheureux chez lui et demanda conseil aux trois Temps »

C'est ainsi que s'avancèrent trois personnes d'âges différents : une petite fille représentant la fougue de la jeunesse et les idées nouvelles, un homme d'âge normal, une petite trentaine, qui était le temps présent et l'équilibre à maintenir et un vieillard pour la sagesse de l'expérience.

Le guerrier se mit à psalmodier devant les 3 entités.

Quand il eu fini chacune, à son tour, donna une réponse ; voyant qu'Harry ne comprenait rien, Luna continua à traduire l'histoire.

« La jeunesse lui a conseillé d'attaquer de front au nom de son amour et surtout pour asseoir son statut. Le présent la freine en disant que seul il n'arriverais à rien mais la soutient en disant qu'il doit attaquer de front. L'ancien est plus atténué et propose au Prince d'être comme les esprits et donc d'être aussi fourbes qu'eux »

Peu après ces paroles, les 3 s'éloignèrent et les danseurs se mirent à imiter un paysage défilant autour du Prince qui errait au travers de la savane à la recherche de la Malice, la Fourberie et L'ingéniosité.

Fatigué il s'arrêta auprès d'un point d'eau et se mit à dormir. Ce fût à ce moment là qu'Harry eut le choc de sa vie et Luna sourit.

« Tu comprends pourquoi je suis venue ici n'est-ce pas ? »

« Oh que oui »

Les 3 divinités que cherchait le jeune s'étaient approchées de lui. Une femme au masque de lionne, les seins nus recouverts de perles d'os et des hallebardes croisées dans le dos fût la première et lui souffla de chercher les alliés opposés aux ombres puis disparue.

La seconde entité était un homme plutôt robuste avec des bracelets de force et un masque d'oiseau à base d'un crâne peint de symboles ronds entrelacés, de sa voix roque il murmura que le Prince devait trouver le bois qui chante.

Et enfin la troisième divinité : l'ingéniosité. Un Nysht ou du moins le déguisement de l'un d'eux : un jeune plutôt fin couvert d'ornements sophistiqués et dont les jambes étaient cachées par des peaux de reptiles cousues ensemble. Il raconta à l'endormi comment enfermer la source de ses malheurs dans un puits de lumière.

La légende se finit bien pour les amoureux et les trois créatures furent élevées au rang de divinités protectrices.

Harry et Luna restèrent à parler longuement de l'histoire contée durant la soirée. La blonde raconta comment elle avait découvert cette vieille légende locale, qu'elle l'avait transposé aux divers écrits ou recherches sur les créatures mi-serpent.

« C'est comme ça que je suis arrivée ici. Au départ le village n'appréciait pas que je cherche par ici, ils disaient que d'autres l'avaient déjà fait que cela avait mis en colère les Kalahëtowa »

« Les Nyshts tu veux dire »

« Nysht est le nom occidental, le nom africain ou du moins pour les tanzaniens est Kalahëtowa mais ce n'est pas un mot africain par nature. Tu pourrais me le traduire toi ? »

« Heu comme ça à chaud, je vais essayer. Kalahë est le soleil en vieux fourchelangue et towa l'enfant, je pense que l'on pourrait traduire par « Enfant du soleil » »

« Ah cela explique pourquoi ils ont changé de nom »

« Pardon ? »

« Quand on m'a raconté l'histoire et que l'on m'a expliqué qu'il ne fallait pas que je cherche, les vieux distinguaient deux périodes : le moment où les Nyshts s'appelaient Kalahëtowa et après leur colère, leur abandon du village, ils les appelaient Masaramoï »

« Bannis de la Lune…Mais pourquoi leurs dieux se seraient mis en colère, les Nyshts semblent être un peuple pacifique et avide de transmettre son savoir enfin d'après les premières études que j'ai pu réaliser à partir de tes clichés »

« Les villageois ne se souviennent pas mais en tout cas depuis que les fouilles ont commencées, ils sont très angoissés, plusieurs familles sont déjà parties. Ceux qui restent sont ceux qui n'y croient pas ou alors qui veulent apaiser la colère des dieux »

« Mmmmh, bon Luna ce n'est pas que ta présence soit désagréable mais je n'ai qu'un rêve : dormir »

« Je comprends, ne t'en fais pas pour ton élève je vais passer la voir à ta place »

« Merci, bonne nuit »

« Bonne nuit »

Plus tôt dans la journée (Tanzanie Afrique) :

« Lame étincelante ? »

La Reine se tourna au son de son nom et vit le shaman du Palais. Plume noire s'avança doucement. Il était vêtu d'une ceinture en tissu bleu et vert, des bracelets imposants sur ses bras et les cheveux ramenés en une haute queue de cheval tenue par des lanière de cuir et un crâne aux yeux en saphir. Arrivé plus près de sa souveraine il s'inclina et elle répondit d'un signe de la tête.

« Comment va-t-il Plume noire ? »

« Il est fatigué ma Reine et refuse de stopper les liens de rêve avec l'humain »

« Quel enfant têtu »

« Si je puis me permettre, il n'a que 120 ans ; il est toujours dans la fougue de la jeunesse et surtout son inconscience »

« Ce n'est pas raison ! Il est Prince, futur souverain de ce royaume et surtout notre unique chance de lever la malédiction ! », Dit-elle rageusement.

Les yeux bleus de la dame étaient entrain de virer au marine, signe de son mécontentement grandissant. Son aura se développait et un léger souffle froid balayait la pièce creusée dans la roche grise et bleue, des tentures souples volaient doucement.

Le shaman esquissa un mouvement de soumission reptilienne en s'entortillant sur lui-même face à la furie de sa supérieure.

La reine se calma et repris son discours :

« Comprenez moi mon ami, je m'inquiète pour ce qui pourrait advenir de notre peuple si les éléments ne s'encochaient parfaitement »

« Je le conçois bien Majesté mais projeter ainsi votre co… inquiétude ne peux que causer plus de problèmes qu'il n'y en a à l'heure actuelle »

À ces mots, Lame étincelante serpenta jusqu'à une fenêtre du palais. Ses longs cheveux blancs et sa veste bleue transparente flottant doucement au son du vent, les perles grises parcourant sa chevelure tintaient en percussions pour une musique douce et inquiète.

Le shaman fondait en pamoison devant la mère de son filleul, il l'aimait depuis enfant mais c'était son ami qui avait réussi à la séduire ; ainsi il s'était effacé préférant l'ombre du pouvoir, œuvrant sans attaches avec la magie.

Il pria la Reine de lui donner congé, ce que celle-ci fit d'un revers de la main, et parti vers son laboratoire non sans rendre visite au Prince.

Celui-ci se trouvait dans le jardin avec son meilleur ami.

« Vif il faut que tu bombes plus le torse si veux être impressionnant »

« Mais je ne fais que ça idiot ! »

« Ah ? Alors c'est que tu as du gras qui se balade »

« QUOI ?! Tu vas voir si j'ai de la graisse ! »

Le brun observait en riant les deux jeunes qui s'amusaient à se battre, crocs et griffes dehors néanmoins il choisit d'intervenir quand il vit que leurs instincts respectif de chasseur ressortir. Leurs appendices se couvraient de veinures rouges et des gouttes de poison suintaient de leurs ongles. Ne voulant prendre un coup, le shaman utilisa la télékinésie pour les séparer puis, les voyant rire, il les fit virevolter dans les airs.

« Plume noire laisse nous redescendre »

« Ah, je ne sais mon cher Yeux de feu, as-tu bien étudié le langage des écailles comme je te l'avais dit ? »

Tout en disant cela, il avait ramené à lui le compagnon de jeu de Vif Argent. C'était un jeune homme plus massif que le blond avec une peau étonnamment bronzée, des yeux jaunes, des cheveux cours châtain foncé dont quelques mèches étaient cerclées de perles bleues de différentes couleurs et une queue jaune pâle avec quelques étincelles plus orangées par moment.

Le jeune fit la moue en répondant à son maître.

« Mais plumes et poils n'ont plus de secret pour moi »

« Ce n'est pas une raison ! Tu es mon élève en conséquence tu dois m'obéir »

L'homme fit un mouvement de main pour faire redescendre, sur le sol caverneux, les deux « petits ». Ceux-ci firent la tête mais il en fallait plus pour attendrir un shaman surtout quand qu'il s'appelle Plume noire et qu'il a plus de 260 ans.

Après un sermon dans les règles sur leur manque d'attention et d'assiduité aux vertus de la connaissance des anciens, il les emmena à son laboratoire.

Le bâtiment se situait un peu en retrait du palais dans une bâtisse blanchie à la chaux. L'architecture rappelait les monuments indiens de part l'immense coupole en vitrail qui servait de toit à l'édifice et l'architecture très ronde des formes. La seule entrée était une porte où chaque pan était l'aile d'un corbeau, afin de pouvoir pénétrer à l'intérieur Plume noire enfonça l'œil droit de l'animal ; ce qui fit bouger dans un bruit sourd l'aile qui se ferma après que les individus soient entrés dans la demeure.

De lourdes tentures noires et bleues ornaient les murs, par endroit on pouvait distinguer des poignards ou des arcs en argent richement ouvragés. La plupart des meubles des pièces à vivre se résumaient au stricte nécessaire mais le plus impressionnant était la bibliothèque. Celle-ci avait une pièce qui lui était entièrement réservée : le bois soutenant les milliers d'ouvrages était un bois sombre parcouru de feuilles et un genre de lierre se chargeait de transporter, ranger les livres au bon endroit. L'entrée du lieu était surplombée par une statue en bois de femme dont les bras se divisaient en branchages pour finalement rejoindre les deux côtés de la bibliothèque.

En fait c'était cette entité de bois qui régissait l'équilibre de l'endroit, ses yeux en jade bougeait de part et d'autre surveillant le travail de ses feuilles adorées et de ses branches travailleuses.

« Bonjour Mira »

Le buste, voyant son maître s'adresser à elle, hulula et s'approcha plus près de ses visiteurs ; Plume noire se mit à lui caresser les feuilles comme un petit chat que l'on veut apprivoiser. Il adorait cette bouture qu'il avait fait grandir.

« Dis moi ma douce, peux-tu ouvrir mon laboratoire ? »

Mira fit un grand sourire et hulula de nouveau. Revenue à sa place, ses yeux se mirent à briller et une partie du sol se mit à mouvoir jusqu'à créer des escaliers émoussés s'enfonçant dans la terre. Ils remercièrent la statue et se mirent à descendre.

Ils arrivèrent enfin dans l'antre du shaman. D'énormes alambiques de cuivre distillaient des effluves de fleurs et autres herbes, plusieurs feuilles étaient éparpillées sur le sol ou les différentes tables.

« Plume noire, je comprends que Yeux de braise soit ici mais pourquoi moi ? »

« J'ai décidé de créer du mouvement »

Le shaman fit apparaître un chaudron où il plongea plusieurs ingrédients créant ainsi un tourbillon de couleurs. Celui-ci fini par se stabiliser.

On y voyait un campement où des gens se déplaçaient puis il y eu un focus sur un petit groupe composé de plusieurs blancs qui contrastaient dans le paysage : il y a avait un couple de jeunes qui semblaient se disputer et un autre composé d'un brun et d'une blonde qui discutaient plus calmement.

« C'est Lui mon Prince ? »

Vif argent regarda plus précisément les images et son destiné lui apparu encore plus net, son ami dû le retenir de poser sa main sur le reflet de peur que celui-ci ne se brûle avec la potion.

Il hocha violemment de la tête en réponse.

« On peut dire que les Dieux ont eu bon goût. Je vais essayer d'accélérer les choses mais je ne peux te garantir que cela marche »

« Comment allez-vous faire maître ? »

« Reculez »

Les plus jeunes éloignés, le shaman se mit à psalmodier au-dessus du chaudron d'où s'échappa successivement, au son de ses paroles, du blanc au rouge puis au bleu. Il murmura quelques phrases et tout s'arrêta.

« J'ai établi un brève connexion »

« Cela a donné quoi maître ? »

« Cette fichue humaine avait des barrières mentales très puissantes mais j'ai pu parler de la fleur qui garde l'entré de la porte »

À ces mots le Prince se jeta au cou de son parrain.

« Merci »

« Erf oui mais lâches-moi tu m'étouffes »

« Ha ha pardon »

Le shaman leur demanda de partir car il devait continuer quelques expériences, les jeunes le titillèrent une dernière fois puis partirent.

Le prince et son ami se dirigèrent vers le jardin botanique du palais royal. D'immenses orchidées blanches veinées de rose ou de jaune jouaient une petite musique de salon, quelques nénuphars diffusaient une petite lumière et la mousse formait un tapis de velours sous leurs appendices reptiliens.

Les jeunes hommes s'installèrent à terre et commencèrent à discuter sur tout et rien.

« Alors tu comptes rester là à attendre ? »

« Oui »

À cette parole, Yeux de feu releva la tête avec un air étonné sur le visage. Il s'approcha de son meilleur ami et haussa le ton de sa voix.

« Attends un peu, tu veux me faire croire à moi que Toi, Draco tu vas rester là à rien faire ?! »

« Oui »

« Qui êtes-vous ? »

Vif argent ria et pointa un petit lézard qui se trouvait au dos de son ami et d'un geste vif il planta son poignard dans la tête de l'animal qui aussitôt s'évapora dans un petit nuage gris.

« Mon père me surveille trop. Blaise, cela te dirait-il d'aller voir les humains là-haut ? »

« Mais c'est trop risqué. Au moindre rayon du soleil nous sommes foutus ! »

« Certes mais… »

« Tu veux le voir en vrai c'est ça ? »

Le Prince se mit à rougir. Ils prirent des capes pour se protéger et se dirigèrent vers la sortie de la cité, parcoururent les différents tunnels et finirent par sortir à la surface.

Yeux de feux soupira d'aise en sentant l'air frais sur son visage.

Furtivement, ils se mirent en route pour le campement, le bruissement du serpentement dans la savane était camouflé par le souffle du vent et les cris de zèbres.

Au bout d'une heure de recherche ils arrivèrent près du campement ; pour éviter de se faire repérer, les deux fugueurs se dissimulèrent derrière des rochers.

« Il y a plusieurs veilleurs et toutes les tentes se ressemblent. Comment vas-tu faire pour le retrouver sans te faire repérer ? »

« À l'instinct ? »

« Mais bien sûr, tu files droit à la broche si tu fais cela »

« Peut-être »

« Draco ! Bon sang ressaisis-toi un peu ! Tu ne le connais même pas ce bipède »

« Retires ça immédiatement ! »

« NON ! »

« Rrrrrsssshhhhhh »

« D'accord calmes-toi, ranges tes crocs, je vais créer une diversion mais dépêches-toi »

« Merci »

L'apprenti shaman descendit vers l'Est du campement en prenant garde de ne pas se faire voir des gardes. Arrivé à l'orée d'un bosquet, il sorti un sachet dont il jeta le contenu à terre ; une sorte de petite fée jaune poussa un petit cri.

« Chut Pizzi tu vas nous faire repérer »

« Piiiiiii ! »

« Oui oui, pardon j'ai été brutal. Peux-tu allez endormir les gardes afin que le Prince puisse traverser le campement des humains sans se faire capturer ? »

Bien que faisant la moue, le petit être secoua ses pétales puis se mit à sautiller vers les tentes. Il se mit à tournoyer sur lui-même et un léger vent de spores se diffusa alors sur toute la surface. Les gardèrent s'endormirent tout doucement, Pizzi créa des petits nuages orangés afin de les amener doucement vers le sol. Son travail fini, le lutin retourna vers son maître qui le félicita ; puis Yeux de feu fit un signe à son ami en s'éloignant dans la brousse.

Voyant l'apprenti-shaman partir, Vif argent glissa doucement vers les abris. Il ouvrit quelques tentes mais rien qui ressemblait à un brun. Puis il remarqua quelques tentes plus éloignées et en déduisit que son futur devait se trouver là, la première abritait la demoiselle blonde avait qui il l'avait vu discuter dans le chaudron ; il dû se retenir de la mordre par jalousie.

Puis il se mû vers la seconde tente où, cette fois, c'étaient les deux plus jeunes qui s'étaient disputés néanmoins quand il ferma l'entrée il ne remarqua pas que deux yeux jaunes l'avaient observés.

Enfin, la troisième tente. Comme une enfant ayant peur de défaire l'emballage de sa poupée, il poussa doucement les pans de la tente et s'approcha furtivement de son aimé.

Masara qu'il est beau à ta lumière

Ne résistant à la tentation, il repoussa quelques mèches du front du brun prenant soin de dessiner chaque contour du visage tant désiré pour les graver dans ses souvenirs.

Sentant quelque chose le frôler, Harry se réveilla et intima un mouvement de défense en saisissant brusquement le poignet de son agresseur et le Prince, n'ayant eu le temps de s'éloigner, sorti ses griffes par réflexe de défense.

Les deux hommes restèrent paralysés. Ils s'observaient mutuellement fascinés, ne sachant que dire.

Harry avança doucement sa main libre de la joue de l'être qui lui faisait face ; il ne pu croire à la sensation de réel que lui renvoyaient ses doigts. Draco, lui, savourait la presque caresse ; il fermait doucement ses yeux pour ensuite les rouvrir.

Deux orbes bleus scintillantes contemplaient le visage du brun.

L'ethnologue prononça quelques mots auxquels le blond tiqua.

« Tu sais parler ma langue ? »

« Apparemment ce que nous appelons le Fourchelangue est votre langue »

« Fourchelangue… »

Soudain un sifflement retenti et plusieurs grognements se firent entendre au dehors, le Prince se mit à paniquer. Harry, remarquant le subit affolement de son compagnon reptilien, lui fit signe de passer sous le pan de sa tente afin de s'enfuir rapidement.

Mais alors qu'il soulevait le tissu, Agnès entra brusquement dans l'antre ; ses yeux étaient encore plus jaunes qu'avant.

Elle tourna son regard brûlant de fureur vers le Nysht et commença à parler avec un mélange de sa voix et d'une autre plus masculine.

« Petit imbécile ! »

« Parrain ?! »

« Qu'est-ce qu'il t'a pris de venir ici ! Dés que tu seras rentré je t'assures que tu auras droit aux pires sermons de ta misérable vie »

Ayant fini de parler, la jeune fille s'évanoui mais son professeur eu juste le temps de la rattraper. Tournant la tête vers son lit, il vit que son visiteur avait disparu et il pouvait entendre au-dehors les cris de panique des membres de l'équipe de Luna.

Archéologue qui déboula comme une folle dans la tente de son ami.

« Harry viens m'aider, les hommes sont paniqués. Ils disent qu'un Nysht ou même deux sont venus ici, je n'arrive plus à les tenir, ils veulent ravager les ruines »

« Ils ont raison »

« Quoi comment ça ?! »

« Ils existent vraiment »

« Mais qui ils ? »

« J'en ai vu un »

Aux mots de son compagnon, la jeune femme resta interdite. Ces créatures millénaires seraient donc réelles et non de banales rumeurs ? C'était une découverte fabuleuse voire monumentale dans l'histoire de la magie internationale.

Mais avant cela, il fallait à tout pris calmer les esprits sinon ils couraient droit à la catastrophe historique.

« « O.o » »

Mon dieu 14 pages sur Word, mon bébé a grandit. C'est impressionnant, je suis toute émue.

J'avoue qu'à des moments je me demandais si j'allais les faire se rencontrer dans ce chapitre, craignant sûrement de partir trop vite dans le sentimental gnangnan qui me répugne dans beaucoup de fics, mais j'ai changé d'avis et je suis plutôt fière du résultat.

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