- Je te dis que je suis tout à fait en mesure d'y aller! Je ne suis plus la petite fille que tu as connu, j'ai grandi, GRANDI! Ce mot de 6 lettres existe et qu'importe ce que tu me diras..J'irai...
Miranda El Capoln était hors d'elle. La soeur de Gibbs savait où était Salomon Erdiffe, un esprit de vengeance l'enflammait. Chaque fibre de son corps ressentait ce sentiment, cette faiblesse pour certains...Mais Jethro ne voulait pas, ne voulait pas qu'elle règle ses comptes, il la couvait, elle détestait ça. Elle était assez grande. L'ordre avait claqué, sec. Et il s'entaîtait, mais elle irait. Pour sûr, elle s'assagit et ferait profil bas.
- Je préfère ça Miranda, c'est beaucoup mieux, crois moi. lui déclara son frère. Bon j'y vais, si tu as besoin de moi tu sais...
-...dans ton sous sol, acheva d'une voix lasse la jeune femme, je sais.
Il embrassa son front comme à son habitude et disparut dans l'ascenseur.
Il restait les agents Di Nozzo et David. A leurs bureaux ils pianotaient sur leurs claviers sans quitter l'écran du regard.
Dame Lune se levait et Reine Nuit la saluait, le balet des étoiles était encore plus beau à voir, douce lumière, illuminant toute la ville. Miranda colla sa joue contre une des baies vitrées de l'étage. Les astres semblaient se moquer de ses êtres perdus ne sachant que faire, que dire. Un vieil homme cherchait quelque chose dans les poubelles, son dîner du soir surement, il était couvert de haillons qui lui pendait de partout, et en avait vu plus que ce couple d'amoureux qui se promenait bras dessous, bras dessus à moins de dix mètres de cet homme. Miranda regardait la scène, et se dit qu'elle faisait partie de la catégorie de cet homme, désoeuvré. Elle avait longtemps supplié de partir avant son heure. Et quand ses amis, s'en allèrent un à un, elle comprit, comprit qu'elle devait qu'elle devait résister et tenir encore un peu. Mais comment tenir quand la solitude et le vide vous agrippe pour ne plus vous lâcher? Et pourtant Yahvé seul sait le nombre de fois où elle avait failli y passer. Par exemple pendant cette explosion en Israël. Des centaines de morts, plus de blessées encore. Elle aurait donné cher pour être pour être à leurs places. Mais elle ne s'en était sorti qu'avec des brûlures qui ne s'effaceront jamais. La défigurant comme tout. Deux jours après, elle s'était regardé dans la glace sans se reconnaître, frêle, des cicatrices, des brûlures.Chaque parcelle de son passé.
- DiNozzo qu'est ce que tu regardes? murmura Ziva, les yeux au dessus de son écran d'ordinateur.
- Rien...Rien...fit il, le regard rivé sur Miranda.
- Arrête de la regarder tu vas lui faire peur. essaya de plaisanter Ziva toujours d'une voix aussi basse.
Anthony ne prêta pas attention a la remarque, il continuait de la regarder...Cette femme...Ce corps, ce visage, elle semblait irréel, tellement la beauté. Un frisson lui parcourut l'échine, son coeur s'accelera, ce n'était pas une femme comme tout les autres qu'il se serait permis de draguer avec ses phrases toutes faites, mais bon sang que lui arrivait il!
"Allez Tony, arrête de baver...Et puis elle est comme les autres!"
Non justement...C'était ça le malaise.
Pendant ce temps là, Miranda pensait à toute autre chose...cet usine...par exemple...Quand Salomon l'y avait emmené elle les avait senti, ils criaient de vouloir sortir de cette prison, de cet enfer, Les Younes ont les avait appellé ainsi, ceux qui ont vu l'enfer dans le paradis. Seuls témoin qui ne parleront plus jamais. Qui ne sentiront plus le soleil filtrer à travers les fenetres pour déposer son doux reflet sur leurs visages. C'est eux qui ont le plus souffert, parce qu'il fallait faire vite sans laisser de trace. Yahvé n'a pas créé un homme, mais un monstre, infâme et cruel. Il devait bien avoir picolé ce soir là. C'est ce que disait Margarette El Capoln. Mère de Miranda, elle était partit trop tôt...la laissant à un homme qui pensait, ressentait plus comme une bête. Leroy Phoebus Gibbs, indigne père aimant plus la bouteille que sa fille. Miranda se rendit compte qu'elle était perdue dans ses pensées. Qu'elle était contre une vitre de la Naval Investigative Service. Elle ne voulait qu'on voie qu'elle était au fond du trou, mais Ziva s'en était apperçu. Elle se leva de son bureau et chuchota à Tony:
- Je crois que Miranda ne va super...vas y...
- Compte sur moi...
- Je vais rentrer chez moi je suis crevée, à demain!
L'ex agent du mossad prit ses affaires. Le jeune italien attendit qu'elle disparaise, englouti par l'ascenseur, pour se lever. Il s'approcha derrière la soeur de Gibbs sans lui arracher aucune réaction, et posa ses mains hésitantes, tremblantes sur la taille de Miranda, elle ne se retourna pas. Il appuya sa tête sur son épaule, sentant leurs respirations mutuelles. Et dans un silence total, ils regardèrent la pluie naissante, la pluie qui voulait tout dire...Nettoyant les décombres...Nettoyant juste pour un instant la cruauté de l'homme...
Le soleil filtrait doucement à travers les baies vitrées du NCIS, les rayons rougeâtres et chauds réveillèrent Anthony Di Nozzo, endormi sur son bureau. Le jeune homme ouvrit à peine les yeux qu'il eut devant son visage deux yeux océans qui le scrutait dans les moindres détails.
- Bien dormi, Di Nozzo? J'espère bien...Parce que Miranda n'est pas là. Ni chez moi, ne chez personne d'autre, et je ne crois pas qu'elle puisse être chez toi.
Jethro Gibbs ne rigolait pas, son visage était dur et son regard glacial...Et ce fut la goutte de trop pour Tony.
- J'y suis pour quelque chose c'est ça? Tu me regardes comme si je venais de la tuer! Tu crois que je dois boucler la perfection, c'est ça!? Nous sommes humains, Gibbs, nous ne sommes pas comme toi. Et ne le serons jamais. J'ai eu la faiblesse de m'endormir! Et Miranda est partie, mais elle serait aller tuer Salomon à un moment parce que c'est ta soeur...Et sa phylosophie c'est obtenir tout par nimporte quel moyen, mais tu vois c'est pas ma faute...
Il eut un silence lourd et pesant Gibbs regarda son agent, et il était fier, fier d'avoir dit tout ce qu'il venait de raconter, parce que ça l'avait soulager.
- Ne refais plus jamais ce que tu viens de faire...As tu déjà eu entendu parler d'un agent qui hurlait sur son patron? Je te jure Di Nozzo, ne refais plus jamais ça sinon tu le regretteras. Ma soeur est en danger je le sens, je le sais. On va partir à sa recherche, tu lève ton derrière et on y va!
Les agent Mc Gee et David qui étaient à leurs bureaux s'éxécutèrent. Et Di Nozzo aussi. Quand ils eurent tous pris leurs biens, ils suivèrent Gibbs et rentrèrent dans l'ascenseur qui les englobba.
Elle était tout près. Elle pouvait sentir leurs souffles, de l'autre côté de ce satané baril. Ses deux armes elle les tenait aussi fort qu'elle pouvait, se tenant prête à les lacher s'il le fallait et prendre sa dague. Miranda savait, savait qu'elle ne pourrait pas tenir éternellement, mais elle s'en contrefichait, et elle était bien décidée à les abattre. Jusqu'au dernier. Jusqu'a son dernier souffle. Les gémissement des Younes lui donnaient envie de s'enfuir, mais il fallait qu'elle tienne. Ceux qui n'avaient pas pu partir, coincé entre deux mondes, Miranda les entendait et ça la ralentissait, plus que tout.
Cette nuit elle était partit, sachant pertinnemennt où se trouvait Salomon. Et c'était comme ça qu'elle s'était retrouvé dans l'usine jumelle, la même désafectée que Washington sauf qu'elle se trouvait à Norfolk, même passé, présent, futur, même massacre.
- El Capoln, face à ton destin, face à toi même. fit Salomon d'une voix calme.
Elle entendait son pas, il était tout près.
- Les relations distantes finissent toutes de manière tragique, lui répondit elle.
- Si tu appelles cela une relation...J'ai derrière moi des hommes à mes ordres. Quand je leur donnerai le commandement de t'abattre, ils le feront...Sans aucun regret.Miranda...tu es une ange des ténèbres, comme j'aimerais tant t'appeller, froide, dur, sombre, et tu es un agent... tu seras te défendre...Mais tu ne survivras pas...ce soir est ton dernier...Ca doit faire mal, de savoir que celui qui vous aime va vous abattre, moi je t'aime encore, mais je dois venger mes frères...Comme je te l'ai déjà dit...
- Je ne t'aime plus Salomon, tu as tué Roland, tu t'es enfui comme un firla...un traitre, un fourbe...voilà ce que tu es...
- ...C'est fou comme on peut passer, comme tu peux passer d'un extrème à l'autre...Tu m'as aimé, et maintenant tu me haïs, as tu une logique El Capoln, j'en doute...Au fait comment va ce cher Giovanni? Mal, j'aimerais bien...Mais je vois que tu as une forte attirance pour les italiens...J'ai fait une recherche sur ce...hum...Di Nazzi, non...Di nozzo, voilà, très joli nom!
- Touche à un seul de ses cheveux et au lieu de te tuer en une fois comme je l'avais prévu tu ressevras à des endroits très spécifiques mes coups de dagues...Jusqu'a que tu n'es plus une seule goutte de sang...
- D'accord...Je vois donc que tu as tout ton temps...Donc nous allons parler de ton frère...c'est fou mais je n'arrive pas à croire qu'il est le fils de ta mère. Une belle petite faïse, à ce que j'ai entendu dire, ça doit être un beau batard...Alo...
Miranda venait de sortir de sa cachette, elle venait de se mettre à découvert. Alors Salomon murmura à ses hommes:
- Abbattez cette chienne...
La chasse venait d'être ouverte, ces hommes exécuteraient les ordres jusqu'à... la mort. Salomon souriait, et elle le maudissait plus encore. Un homme tira en sa direction, elle évita la balle comme si ça avait été un vulgaire morceau de papier et eut vite fait de l'abatre. Encore un autre, mort de la même manière. Elle les abattait tous de la même façon. Sautant de part en part, utilisant pour le plus souvent sa dague aiguisée. Semblant être invisible tellement elle fusait l'air maniée par les mains fluides et souples comme le corps de la jeune femme. Miranda venait d'en égorgé un quand, un autre lui tira dans la jambe, elle se retourna et le tua d'un seule coup de dague, puis elle se mit devant Salomon, si près qu'elle pouvait sentir son souffle.
- Alors, je suis morte? se moqua t'elle
- Une seule balle? Bravo! Bien El Capoln...Mais ce n'est pas fini, ce n'était que l'entrée, je vais te donner le plat principal et je serais le dessert, à part si Allah décide de te punir et de t'envoyer au lit sans manger...Ce qui risque fort bien d'arriver...
- Dois je comprend qu'il y a un plat principal?
- On dit que c'est ce qui nous gave le plus...
Pandora ne les vit nullement venir, mais elle réagit au quart de tour et les repoussa autant qu'elle pouvait. Son corps de fine acrobate se pliant à ses volontés, mais la fièvre montait. Miranda ignora ses cris de détresse. Elle savait qu'elle allait mourir, mais elle tenait bon. Tenir jusqu'au dernier, c'est ce qu'elle s'était promis, c'est ce qu'elle ferait. Bientôt son corps ne fut qu'ématomes, plaies, griffures, et autre blessures en tout genres. Elle montait de plus en plus, ardente et dévastatrice, mais ils tombaient un à un...Quand elle put les compter sur ses mains, elle se cacha la respiration haletante derrière un container à moitié défoncé. Pas pour se reposer...Pour les prendre par surprise.
- El Capoln, tu ne peux fuir! lui cria Salomon
- Mais je ne suis pas lache, comme toi...
Et comme dans un dernier aveu, elle sortit, sa chemise en lambeau, tout comme son pantalon, criblé de trou, laissant entrevoir ses jambes blafardes et blessées à vif. Mais elle ne semblait pas ressentir la douleur. Salomon ne riait plus. Elle continuait à marcher silencieusement, et puis s'arrêta. Pandora leva ses deux armes jumelles, le silence régnait, et l'on pouvait entendre la respiration des derniers survivants qui avaient peur...
- Est ce que je dois sacrifier les vies devant moi?
Le silence lui répondit.
- Est ce qu'il va falloir que je tue le reste!!??
- Ken, Ken Pandora...
Et cette affirmation fut la détonation finale, le bouquet de la fin, comme dans un feu d'artifice. Salomon escalada rapidement le containeur, laissant ses hommes à la merci de cet ange déchu. Alors elle avanca, appuyant sans cesse sur les deux détentes. Et c'était comme avancer dans le feu. Elle tirait deux balles pour s'en recevoir le double. Mais elle ne sentait plus rien. Obstinée à tous les tuer. Et quand le dernier chancela elle se baissa, tel une prosternation devant Salomon qui venait de toucher terre. Elle posa ses armes.
- Alors tu abandonnes, hein c'est fini?! Tu en as assez de te battre!? Veux tu que je t'achève Pandora?
- Le contraire Salomon...
Elle se leva d'un coup et plongea sa main dans le fourneau servant à garder ses dagues qu'elle avait délaissé, Miranda la lanca sans état d'âme et Salomon, s'agenouilla à ses pieds, s'agrippant au pantalon de la jeune femme...
- Bravo Pandora. Bravo...
Une seule larme coula sur la joue de Erdiffe, une larme emplie d'une vraie tristesse. De pitié Miranda s'abaissa à sa hauteur et lui retira le couteau, elle enleva sa chemise et lui déposa sur la blessure. Elle n'avait aucune idée du pourquoi de sa réaction. Elle le fit se coucher et il effleura de ses doigts sa joue.
- N'oublie...Pas...que...ani ohev otakh...
- Jamais...Salomon, Jamais...
Elle le lacha et avanca parmis les cadavres des hommes de Salomon, elle ne sut jamais si ce dernier était mort. Elle reprit ses armes et les remits sur sa ceinture et se fit au tour de sa dague qui subit le même sort. L'ombre d'un sourire décharné se dessina sur la visage de Pandora. Elle fit un tour sur elle même pour observer le massacre et leva les yeux vers les fenetres crasseuses qui laissaient afficher la lune pleinement ronde. Et elle s'effondra parmis tout les hommes qu'elle s'était promis de massacrer. L'ange des ténèbres avait tenu sa promesse...
