Mensonges

Vigilance constante ! Il faut toujours s'en rappeler et le répéter.

L'ennemi peut-être n'importe où, il peut-être n'importe qui.

J'ai vécu un bon nombre de pertes, de trahison, de coups bas. Je croyais savoir qui était l'ennemi et à chaque fois je finissais par être surpris, même lorsque j'en venais à soupçonner Dumbledore en personne, j'ai tout de même été pris de court.

C'était durant la première guerre contre Voldemort et ses sbires. J'avais été promu au poste de chef des Aurors depuis un bout de temps déjà, mais dire que c'est pour mes capacités seraient de la vantardise ou de la crédulité. Le Ministère craignait les procès, Barty Croupton commençait déjà à les passer à la trappes et pour faire encore plus vite, avait donné le droit aux Aurors d'utiliser les Impardonnables. Il sacrifiait des âmes pour sa propre situation professionnelle. Une belle ordure que ce Croupton.

Lui et moi on ne s'est jamais entendu, malheureusement, je n'avais pas le temps de lui mettre un bon coup de bottes aux fesses : les Mangemorts se faisaient de plus en plus nombreux et de plus en plus virulents.

Bref, la vraie raison pour laquelle j'ai été placé à ce poste est pour ma popularité selon Dumbledore et, plus certainement, à cause du rythme auquel mes prédécesseurs sont morts. Ca accélère l'avancement, ça je peux vous le dire !

A cette époque, j'étais déjà blasé et bien abimé mais je faisais mon travail et tentais de le faire bien. Pas si facile lorsque, à peine aviez-vous stupéfixié un Mangemort qu'on vous envoyait un hibou express pour vous alerter d'une attaque à l'autre bout du pays.

Ca faisait quelques jours de suites que je n'avais pas pu me reposer à cause de l'Ordre du Phénix, que Croupton était de plus en plus tyrannique et que les attaques se multipliaient. J'en avais marre !

Chaque Mangemort arrêté était un soulagement et une forme de joie presque cruelle naissait en moi mais celle-ci était immédiatement éteinte par la mission suivante. Un jour, j'ai fini par poser la main sur Lucius Malefoy et Mulciber avec Gideon Prewett. Nous étions allé les déposer avec une certaine fierté devant la porte de Croupton quand un autre de ces fichus hiboux est venu.

Des loups-garous, en Ecosse. A croire qu'ils avaient parié sur combien de temps je tiendrais… Et j'étais bien décidé à leur faire perdre leurs paris et leur liberté. J'ai laissé à Prewett le soin de se charger de Malefoy et son copain avant de foncer à toute vitesse vers la sortie.

J'ai préféré prendre la poudre de cheminette afin de ne pas faire de bruit lors de mon apparition et j'ai atterri sur les deux jambes dans une maison complètement vide. Un point de ralliement des Aurors. Dehors, les gens hurlaient, ou alors c'étaient les loups-garous.

J'ai saisi ma baguette qui était caché dans ma botte et, d'une fenêtre, je me suis mis à jeter autant de maléfice que je pouvais, prenant bien soin de ne pas toucher les alliés et de ne pas me faire remarquer.

Puis au moment où j'ai entendu un craquement, j'ai enfin saisit que si la maison été vide, c'était pour une raison.

Comme quoi, même un bâtiment peut vous mener à la mort.

Je me suis retourné immédiatement en balançant quelques sortilèges d'entraves mais mon adversaire a esquivé. Fenrir Greyback sait être rapide par moment. Il n'était pas transformé mais même sous cette forme, il n'est pas humain. Il s'est jeté sur moi, m'a cogné contre le mur puis m'a mis sa main en plein figure. J'ai sentie ma peau se déchirer sous ses ongles hors du commun mais j'ai profité de cette ouverture pour lui saisir le bras et le briser. Par moment, agir comme un moldu à ses avantages.

Il a hurlé puis a sauté par la fenêtre. Malheureusement, on était au rez-de-chaussée donc il ne s'est pas fait trop mal. J'ai tenté de l'arrêter mais je n'ai pas réussi. J'ai failli hurler de rage et de frustration.

Les Aurors se rejoignaient et tentait de secourir les blessés ou de transférer les rares loups-garous qu'ils avaient pu attraper. De mon côté, la douleur dans mon dos et le sang coulant le long de mon visage ne faisaient qu'augmenter ma colère tandis que je recachais ma baguette contre ma jambe.

-Chef ! s'est exclamé une voix sortant de la cheminée.

J'ai fixé l'antre où se dégageait la tête de Prewett.

-Qu'y a-t-il ? j'ai grogné, essayant malgré tout de ne pas rejeter ma mauvaise humeur sur ce brave gars.

-Euh… L'affaire Malefoy a été réglée…

-Déjà ? Encore un procès mis à la trappe ? je m'exclamais, enragé.

Prewett a semblé embarrassé avant de me dire la vérité.

-Non chef, il a prétendu avoir agit sous l'Imperium.

Je me suis tu et j'ai écarquillé les yeux.

-QUOI ?

L'ennemi peut-être n'importe où. Ca peut être un ami, un bâtiment… Ou même vous et votre baguette.

A cause de ma colère, je me suis tranché la jambe moi-même… Et malgré moi.

Il ne faut jamais mettre sa baguette contre soi.

Pour la version officielle, j'ai perdu ma jambe dans une bataille contre une meute de loup-garou.

Malefoy n'a jamais su la vérité et je ne lui donnerai pas cet honneur !