Solitaire

Il y a une chose assez étrange je me rends compte. J'ai toujours été seul dans mes combats. Non pas que je n'étais pas soutenu, Dumbledore prenant un sacré plaisir à me supporter quoique je fasse, ou que je n'avais pas de proches…

Non, volontairement, j'étais seul. Je me fiche de ce que pensent les autres et j'agis comme je le souhaite, pour mon bien-être et rien d'autre. Peu importe si ça gêne le ministère, les riches ou je ne sais qui. J'agis afin de suivre mes valeurs, afin de ne jamais avoir de regrets, afin de pouvoir me regarder dans une glace sans baisser les yeux !

Je cherche uniquement à protéger ma vie, rien d'autre. Lorsque je combats, il n'y a que l'ennemi et la situation qui comptent, il ne faut jamais baisser sa vigilance. Même lorsque je me bats avec mes collègues ou les membres de l'Ordre… Je me considère alors comme seul, car tous peuvent êtres des menaces. Et lorsqu'il est évident qu'ils sont de mon côté, je n'y fais pas plus attention, je me concentre uniquement sur moi.

C'est pour ça que je peux être considéré comme un guerrier… Mais pas un héros.
Ce nom me dégoûte et me fait rire jaune quand on me décrit ainsi. Quelle bande d'ignares. Les vrais héros sont morts de nos jours.

Un quartier sorcier de Plymouth était attaqué alors même que j'y étais pour une mission de l'Ordre du Phénix : je devais demander à une sorcière du nom de Peclercs de nous rejoindre. Les Mangemorts présents étaient quatre. Pas beaucoup mais vu que j'étais seule avec la Miss, ce n'était pas si aisé. Ils ne m'ont pas laissé le temps d'alerter le ministère mais j'avais pu envoyer un message à l'Ordre.

C'est seulement grâce à une veine d'enfer que Fabian Prewett est arrivé, suivit de près par Gideon. C'est pas possible, franchement, je ne crois pas du tout en la chance mais celle-ci s'accroche à moi avec la force d'un strangulot !
En tout cas, leur arrivée a bien aidé. Après une demi-heure de combat, on a réussi à faire tomber deux Mangemorts. Le troisième se débattait comme un diable et a blessé Peclercs qui tentait elle aussi de nous aider comme elle pouvait. Ce n'était pas très grave mais ça l'a considérablement ralentie.

Je n'ai jamais su si c'était une coïncidence ou leur plan mais le Mangemort s'est retrouvé acculé au mur opposé à la sortie. Gideon et moi pointions nos baguettes sur lui quand Fabian s'est jeté sur la fille, sans crier gare.
Je ne pouvais pas détourner mon regard de mon adversaire, ça aurait été du suicide. Tout ce que j'ai vu, c'est une lueur violette et large frapper Fabian Prewett avant qu'il ne tombe au sol.

Un Mangemort était derrière nous… Je croyais que le quatrième avait fuit ou que je m'étais trompé et qu'en réalité il n'y en avait que trois. Comment ai-je pu être si stupide ? Même un débutant n'aurait pas fait cette erreur.
Mais il était là. Bien décidé à nous faire tomber.
Gideon a hurlé avant de se retourner complètement et de se battre contre le Mangemort qui s'en était pris à son frère tandis que celui en face de moi voulait en profiter pour l'attaquer dans son dos.

Je ne lui ai pas offert ce plaisir là ! Je l'ai immédiatement stupéfixié avant de me retourner et de rejoindre Gideon dans son combat. La fille restait près de Fabian, à terre.

Le Mangemort nommé Antonin Dolohov m'a lancé un maléfice de son cru qui m'a salement amoché : j'ai sentit le cartilage de mon nez craquer avec force puis la peau s'arracher. J'ai sentit le sang encore chaud couler le long de mes joues vers mes lèvres tandis que je poussais un cri de douleur. J'ai essayé de ne pas le pousser. Je l'ai voulu. Mais je l'ai fait malheureusement. Gideon s'est inquiété pour moi et ma garde. Quel imbécile.

Il m'a jeté un sortilège de bouclier au lieu de s'occuper de son propre cas. Pourquoi ne peuvent-ils pas agir comme moi ? Ne s'inquiéter que d'eux, peu importe ceux à terre ?

Dolohov a pu modifier son mouvement sans problème et l'a dirigé vers Gideon. Il s'est pris le même sort que son frère.

J'avais du mal à respirer, le sang s'infiltrant dans ce qui me restait de nez mais voir cette ordure s'en prendre à un collègue alors que ce dernier avait bêtement voulu me protéger m'a mis hors de moi.
Je lui ai jeté tous les maléfices que je connaissais, bien décidé à l'envoyer à Azkaban jusqu'à la fin de ses jours. Qu'il pourrisse dans une cellule à son image. Peclercs, la fille que j'étais venue chercher, semblait elle aussi prête à venger ceux qui l'avaient aidé malgré sa blessure.

Finalement, grâce à un de ces sorts, elle a divertit Dolohov et j'ai pu l'immobiliser pour de bon.
Ce Mangemort là, ce n'était pas n'importe qui : il m'a montré que sa puissance magique était supérieure à la mienne. Et le sort qu'il avait envoyé sur Fabian et Gideon les a tués quelques heures après. Nous n'avions pas eu le temps de les ramener à Sainte-Mangouste avant que les dégâts ne soient irréversibles.

C'est pour ça que je ne suis pas un héros. J'ai arrêté des Mangemorts car ils me débectaient, si j'ai sauvé des vies, ce n'était pas spécialement voulu. J'ai juste agis pour être en paix avec moi-même, quoique puisse dire Dumbledore ou le Ministère. Si j'étais si altruiste, cela ferait longtemps que je ne serai plus de ce monde, tiens !

Eux ont oublié leur propre existence pour les autres.
Les frères Prewett sont morts en héros.


Ce texte était un peu compliqué à mettre en place, surtout pour le plan car selon moi, Maugrey considère beaucoup de morts comme du gâchis... Or là, il fallait rendre la mort moins "insensée".

Oui, ici, le prétexte c'est la cicatrice du nez... ou plutôt le morceau de nez qui dégage. Pardon.