Poison
Beaucoup me disent paranoïaque, mais s'ils avaient vécu ne serait-ce qu'un dixième de ma vie, ils ne seraient même plus capable de fermer l'œil la nuit.
J'ai été attaqué depuis toujours et de partout, on s'en est pris à ma famille, à mes amis, à mes collègues bien évidemment. Mon travail même est une provocation pour les Mangemort et les ambitieux. Tous ceux que j'ai enfermés ou tenté d'enfermer me font bien comprendre qu'ils prendraient un malin plaisir à me faire payer… Sans compter les proches de ces derniers.
Il doit bien avoir la moitié de la communauté magique du Royaume Uni qui souhaite que j'ai un « malencontreux accident ». Et encore, dans l'autre moitié, beaucoup ne me connaissent même pas !
Mais c'est sûrement mieux pour eux.
Je crois que si je m'inquiétais de ce que les autres pensent de moi, je me serais jeté devant un quintaped pour mettre fin à mes jours. Malheureusement pour eux, ce n'est pas le cas. Et je continuerai de vivre. Peut-être dans la paranoïa mais il y a moins de risque que je me prenne un sort dans le dos !
La plupart du temps, je me fais un plaisir de déjouer les plans pernicieux et grotesques de mes adversaires mais souvent, il y a un problème : les autres. Il y a ceux qui pensent que je suis le danger, qui refusent que je m'approche d'eux alors qu'un dingue s'apprête à les envoyer voir Merlin dans l'autre monde. Ils me cassent les pieds, c'est énervant au possible ! Mais au moins, avec eux, je peux aller vite, les stupéfixier pour ensuite les embarquer avec moi puis m'occuper du détraqué sans problème. Je m'en fiche que ce ne soit pas très honorable. C'est toujours mieux que ces ersatz d'Aurors qui se permettent les Impardonnables sur leurs adversaires… Tss, il n'y a qu'un aveugle pour ne pas voir l'horreur de ces actes…
Et c'en est un qui a créé cette loi : Croupton. Complètement aveuglé par l'ambition, au point d'en oublier son fils et ses véritables responsabilités. On ne lui a jamais demandé quoique ce soit mais il s'est senti trop impliqué, trop important. Au final, il a échoué sur tous les points.
Il aurait dû être comme Potter… Arthur Potter.
Lui, c'était un vrai sorcier : influent mais pas passionné, pas imbu de lui-même, heureux de ce que la vie lui offrait et sachant où étaient ses limites, que le plus important n'était pas sa renommée mais ses proches. Cependant, il représente la deuxième catégorie de sorciers qui ne veulent pas ma mort mais me gêne dans mon objectif : c'est le genre de personne qui refuse de croire qu'on puisse vouloir l'attaquer, pas par arrogance, au contraire ! Par humilité !
A croire qu'ils sont tous bouchés et ligués à me faire exploser comme un chaudron.
Dire que lui aussi on a essayé de le tuer. Je n'arrive pas à le comprendre : il n'était ni ambitieux ni particulièrement puissant. Peut-être parce qu'il était un meneur, un homme fort, un pilier dans la lutte contre Voldemort. Ces racailles n'ont vraiment aucune morale. Ca ne pouvait être qu'eux car son argent aurait fini dans le coffre de son fils, James, alors ça ne peut pas être des jaloux.
Par chance, j'étais avec lui ce jour là.
Nous nous étions retrouvés dans un bar moldu près de sa demeure pour échanger quelques propos au sujet de l'avancée de Voldemort. Sa femme était chez une amie alors il avait préféré prendre son fils avec lui. Il l'a cependant gardé à distance, et je lui en étais reconnaissant : confier de telles informations à un adolescent aurait été un risque terrible, que seul un fou pourrait prendre… Ou seul Dumbledore.
Bref, ça n'a pas semblé déranger le jeune homme qui discutait lui-même avec un ami. Plusieurs fois ils sont allés voir la barmaid ou ont discutés avec d'autres clients. Ils étaient bruyants et attiraient l'attention sur eux mais c'était exactement ce qu'il nous fallait : ainsi, personne ne pouvait faire attention à nous.
Finalement, il a fait signe aux deux gaillards de le rejoindre. Ils ont obéis sans faire d'histoire, l'ami de James arrivant le premier à notre table. Soudain, un bruit terrible s'est produit derrière moi : j'ai cru à un moment qu'une attaque commençait et j'ai tout de suite saisi ma baguette au cas où je devais botter le train à quelques Mangemorts mais en réalité, c'était juste le fils d'Arthur qui avait trébuché et fait tomber toute une table. Je l'ai fixé d'un air mauvais : j'ai beau être solide, ce genre de plaisanterie ne me plaît pas beaucoup. Il m'a fait un sourire d'excuse et je me suis réinstallé.
Des types se sont approchés de notre table pour demander à James des excuses pour les dégâts. Je n'en connaissais aucun, à la fois bon signe et mauvais signe… Mais je sentais que quelque chose n'allait pas. J'ai le flair pour ça. Finalement, au bout de plusieurs minutes de négociations pitoyables, Arthur et les deux garçons sont allés rembourser le tenancier du pub. De mon côté j'ai tout examiné : table, chaises, sol, lampes… aucun sort mais je savais !
J'ai saisi ma chope et en voulant boire une gorgée tout en réfléchissant si aucun des râleurs ne m'était familier j'ai compris. J'ai immédiatement recraché le contenu de mon verre en le posant violemment sur la table, comme pour l'immobiliser. J'ai brisée l'anse qui s'est enfoncée dans ma main mais qui pouvait bien s'intéresser deux secondes à la douleur quand le goût de la boisson était différent ?!
L'un d'eux avait mis quelque chose dans ma bière. Mais lequel ?
Par chance, je n'ai pas avalé une goute de ce poison qui m'était totalement inconnu, et pourtant, j'étais plutôt un pro en la matière –rien qu'avec l'expérience-, et j'ai rapidement vidé le verre d'Arthur par précaution : un sorcier averti en vaut deux. Ca n'a jamais été aussi vrai. J'avais failli mourir bêtement, je n'avais pas été assez attentif. Il fallait que je trouve une solution à ce problème !
Mais ça pouvait attendre : mieux valait réparer la chope discrètement et arrêter le flot de sang qui se déversait de ma plaie.
J'ai rejoins mon allié au comptoir pour lui dire que je partais de mon côté et qu'il ferait mieux de surveiller ses arrières, qu'on avait voulu nous empoisonner. Il ne m'a pas cru et j'ai reniflé face à tant d'insouciance de la part d'un homme de son âge. Il a finalement dit aux deux adolescents de le suivre. Ces derniers m'ont regardé d'une mine perplexe et déçue. Mais ce n'était pas une place pour des enfants comme eux, surtout après ce que je venais de vivre.
En tout cas, depuis, je refuse de boire autre chose que le contenu de ma flasque ! Et à chaque fois que j'hésite, il me suffit de jeter un coup d'œil à la balafre le long de ma main. Le genre de rappel ineffaçable, inoubliable et indispensable.
Mais aujourd'hui encore je me demande une chose…
Lequel de ces hommes a tenté de nous empoisonner ce soir-là ?
Ce chapitre est pour l'instant le plus long, et il risque de le rester.
Qui sait qui a mis quelque chose dans le verre de Maugrey ? ^^
Je sais qu'il y a une grande théorie sur "qui est le père de James ?" mais j'ai préféré gardé mon OC Arthur en référence à Rebbeca Foist.
Le prochain sera un chapitre "dur", très court mais... Peut-être le plus important.
